Règle #12

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Règle #12 : ne tenez pas compte de la première chose qui vous vient à l’esprit. Faites de même avec la seconde, la troisième, la quatrième et la cinquième. Écartez ce qui est évident. SURPRENEZ-VOUS.

On retrouve ce conseil chez Card : ne jamais se fier à sa première idée, ni même à sa seconde. Bugaj tempère malgré tout ce point de vue en expliquant que toute idée est bonne à creuser. Il faut faire des essais avant de savoir ce qui collera le mieux à l’histoire, ce qui signifie ne rien laisser de côté. Il est même parfois salutaire d’écrire bien que la première idée puisse sembler mauvaise : au moins on ne reste pas bloqué en attendant l’éclair de génie (qui n’arrive pas à tous les coups ;-) - enfin, dans mon cas, hein ! :-P ).

Cette règle n’engage pas à créer systématiquement des situations inattendues et surprenantes (le lecteur n’a pas besoin d’être surpris tout le temps, une ou deux grosses surprises dans une histoire sont largement suffisantes), elle suggère de creuser au-delà de la première inspiration. Elle pousse à chercher plus profond, plus loin, pour construire des intrigues plus singulières, moins « convenues ».

« […] nous aspirons tous à créer des personnages et des idées qui soient d’attrait égal, mais des protagonistes à plusieurs dimensions évoluant dans une intrigue logique (dans laquelle on se reconnaît), plaisent davantage que des histoires se basant seulement sur des idées originales. En d’autres termes : Le personnage surpasse l’originalité. »

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J'ai trop souvent oublié de faire un recueil de ce genre d'écrits dans mes expériences passées et je l'ai toujours regretté.
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Défi
Ghrian

Si je devais choisir un mot rien qu'un seul ce serait "idée".
Pourquoi ?
La réponse n'est-elle pas évidente ? N'est ce pas ce mot là qui est à l'origine de tout ?
Il nous définit en tant qu'êtres capable de pensées, il est la définition même de l'esprit, il est notre moteur de réflexion et de désir, il est abstrait et concret, personnel et universel, bon ou mauvais...
Les idées donnent un sens aux mots et permettent aux Hommes de se comprendre. Elles sont la conscience, la philosophie, la connaissance, la croyance, l'imagination, l'inspiration, l'identité, l'opinion, la perspective, le sentiment, la volonté...
Malheureusement les idées comme toute autre lumière aussi éclatante soit-elle, s'accompagnent nécessairement d'ombres.
Je connais d'expérience le pouvoir des idées. J'ai vu des hommes tuer en leur nom et mourir en les défendant. J'ai vu la folie d'un tyran contaminer la pensées des autres. J'ai vu les Hommes se perdrent dans la doctrine de quelques uns. J'ai vu des peuples naturellement bons s'égarer dans les ténèbres de l'intolérance et de la répression...
Comme je vous le disais les idées sont à la base de tout, c'est d'ailleurs elles qui m'ont donné l'envie de créer l'univers, elles m'ont comblé de bonheur. Seulement j'ai eu la mauvaise idée d'offrir ce bonheur aux Hommes en les façonnant à mon image, quelle erreur n'avais-je pas alors commise...
J'y pense la notion d'erreur n'est-elle pas elle aussi une idée ?

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Défi
Adrien de saint-Alban


Le vent froid et glacial tentait vainement par rafale de percer mon vieux cuir fripé. De gros nuages sombres et funestes couraient dans le crépuscule, poussés par le vent. Ils se précipitaient l'un derrière l'autre, comme pris de panique, comme fous, poussés par un monstre invisible vers on ne sait où.
Seul, au milieu de nul part, j'avançai tant bien que mal dans le sol boueux.Mes bottes restaient collées. Difficile de mettre un pied devant l'autre. Mais j'étais décidé à venir au rendez vous. Je devais donner la preuve que marcher dans la gadoue est pour moi chose commune pour ne pas dire banale. Après avoir marché dans la boue tel le paysan venu constater son blé en herbe et pour s’assurer que la récolte sera bonne, j'ai eu cette impression glaçante que le vent s'était calmé, adouci soudainement. Un silence sépulcral pesait désormais sur cette campagne, sur ces champs labourés dont la vue s'éteignait à l'horizon. Comme par enchantement, tel un entracte de pièce de théâtre jouée par un personnage fantastique et génial, la fureur des éléments avaient disparu. Elle avait fait place maintenant à un silence au cours duquel quelque chose d'extraordinaire était attendue. Le temps s'était étiré à l'infini comme cette terre labourée, que les pluies de la veille avait rendue boueuse. J'avais le sentiment étrange d'être pris dans une mécanique surréaliste qui m'échappait,dont je n'avais pas les leviers. Puis,un bruit sourd, un bruit lourd se levait,montait crescendo tout autour de moi.J’étais cerné.Je me mis à regarder aux alentours, à la recherche d’une échappatoire. Finalement, haut dans le ciel ou plus bas je ne sais plus exactement à quelle altitude, quelque chose comme un vol d’oiseaux se dessinait, se rapprochait. Le vent avait chassé les nuages. Le ciel était d’une clarté sans égal. Un ciel des premiers temps. Aucun souffle, aucun nuage. C’était quelque chose qui ressemblait à des gigantesques V. Il y en avait des centaines, il y en avait des milliers. Les formes géométriques se rapprochaient. Une nuée immense, incommensurable d’oies sauvages passait assombrissait le ciel. Des oies énormes aux dimensions fantastiques. Les premières fendaient l’air et assuraient aux autres un peu moins de résistance. L’une d’elle était chevauchée par un Monsieur. Sans doute un grand Monsieur. Un géant. Au fur et à mesure on pouvait distinguer sa silhouette droite et austère. La silhouette d’un gars venu dire un dernier adieu à cette terre qu’il aimait sans doute. La terre du Loir et Cher. Je compris alors la chose inoffensive. Une sensation de bien être me prenait. J’étais bien. Comme bien d’autres avant lui, il était désormais soulagé, délivré. Je regardais ce quatorze juillet céleste un peu particulier s’éloigner avec la certitude cette fois que la récolte sera bonne.
Un paysan du Loir et Cher
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