Chapitre 10 - Giulia

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Depuis ces quelques années où je dors seule, j’ai toujours gardé en souvenir mes dernières nuits avec Ethan, ce qui m’apaisait chez lui, ses paroles avant de dormir. Je pensais à lui et l’épaisseur de la nuit me paraissait plus légère. C’est le premier soir où je suis avec quelqu’un dans mon lit. J’ai eu peur de culpabiliser, de ressentir du dégoût envers moi-même mais à cet instant précis, je sens la respiration calme de Maximiliano sur le haut de mon crâne, son parfum et je me sens bien. Légère même. Comme si j’avais aussi le droit à ça, que je ne suis pas seulement une maman. Rien que de repenser au regard dominateur de Max qui voulait juste me donner du plaisir, je me suis rendu compte que j’étais aussi une femme. Il n’est plus qu’en boxer à mes côtés, je passe une jambe légèrement sur lui pour lui montrer que j’apprécie sa présence sans vouloir l’envahir. Je n’ai pas envie de le faire fuir avec une attitude trop envahissante. C’est donc ça un moment post-sexe avec un coup d’un soir ? Je ne sais pas ce que je veux de cette relation et je ne suis pas sûre de vouloir le savoir. Je divague et peu à peu, je sens le sommeil venir à moi.

Mon téléphone sonne. 6h50. Je l’éteins d’un seul coup. Je sens mes membres lourds, ma motivation à sortir du lit n’est pas optimale. Quatre heures de sommeil, j’ai connu mieux. Le bras gauche de Maximiliano est posé sur le bas de mon ventre, il n’a pas bougé d’un poil à la sonnerie de mon alarme. Lui qui montre toujours son attitude de mec sûr de lui, affirmé, me paraît là si tendre. Je serai tentée de le regarder dormir mais je dois me préparer avant de lever Marcus. Je me glisse hors du lit très lentement pour ne pas le réveiller. J’enfile mon peignoir en satin et me dirige vers la salle de bain sur la pointe des pieds. Après ma douche, je prends le temps de me regarder dans le miroir. J'ai quelques cernes bien dessinées mais après un peu de fond de teint, j'ai meilleure mine. Je suis assez rapide et je me rentre discrètement dans la chambre pour récupérer des vêtements propres. Je fouille dans mon tiroir pour trouver un tanga noir.

  • Qu'est ce qui se cache sous ce léger peignoir ?

Je me retourne brusquement. Il est là assis sur le lit, ses cheveux sont légèrement ébouriffés et je retiens ma respiration un instant pour ne pas succomber à son physique extraordinaire.

  • Je pensais que tu dormais.
  • Ça ne répond pas à ma question.
  • Tu sais très bien ce qui se cache dessous.

Il se lève pour s’approcher de moi et m'attire contre lui. Je vois son regard sombre se pencher sur ma poitrine. Son sourire malicieux est bien réveillé.

  • J'aime bien ce que je vois là.
  • T'as bien dormi sinon ?
  • Pourquoi tu changes de sujet ?
  • Parce que je veux savoir si t'as bien dormi.
  • Oui sans problème.

Sa main descend lentement sur ma hanche pour finir sur le haut de mes fesses. Je pense à comment ça peut finir et je recule.

  • Pas maintenant Max.
  • Je suis sûr que tu as une organisation millimétrée à suivre.
  • Tu ne crois pas si bien dire.

Il rigole.

  • Habille-toi et rejoins-moi dans la cuisine.
  • Oui, déesse du contrôle, dit-il pour me taquiner.

Je l'embrasse furtivement, et file avec mes vêtements en direction de la salle de bain. Une fois habillé, je me dépêche de réveiller Marcus qui dort à poings fermés. Il n'est lui aussi pas très motivé à l'idée de se lever et s'accroche à mon cou. Je l'emmène dans la cuisine en le portant malgré son âge. Je ne me plains pas de son aspect câlin. En descendant les escaliers, je vois Max assis sur une chaise dans la cuisine, avec son costume bleu marine de la veille. Son charisme est éclatant par moment. Je le vois droit sur sa chaise et je suis presque perturbée par son charme.

En me voyant ralentir, à cause de ma rêverie, Marcus se retourne et parait tout de suite plus en forme en voyant Max chez nous.

  • Maman, monsieur Manchini est chez nous, t'as vu ?
  • Oui oui ! Tu sais tu peux l'appeler Max ou Maximiliano, comme tu veux.
  • Vraiment ?
  • Oui et me tutoyer même, intervient Max amusé par mon fils.
  • Max pourquoi tu es là ?
  • Ta maman m'a dit que tu voulais une photo avec moi donc je suis là.

Son mensonge est si mignon que je le laisse faire. Marcus a à peine entendu la réponse de Max qu'il descend de mes bras pour se précipiter vers lui et se hisse sur ses genoux. Je laisse mon compagnon de la nuit dernière s'occuper de mon fils pendant que je prépare le petit déjeuner.

  • Max, tu prendras du café ?
  • Oui s'il te plaît.
  • Maman, je peux avoir des grosses tartines, pour être fort ?
  • Oui mon ange, j'arrive, dis-je en me retournant.

Je vois Max qui m’observe. Il remarque que je l'ai vu mais il continue de me regarder, tout préparer pendant que Marcus lui parle de football. Je vois Max faire quelques photos avec Marcus qui fait de belles grimaces.

  • Marcus fais un sourire, range moi ta langue !
  • C'est pas drôle les sourires alors que les grimaces c'est rigolo, ajoute mon fils.
  • Il n’a pas tort, rigole Maximiliano.
  • Si vous êtes de mèche tous les deux...

Et je vois les deux faire un dernier cliché où tous deux réalisent leur plus belle grimace. J'arrive avec le petit déjeuner et je ne peux que constater le sourire sur les lèvres de mon fils. Il sait qu'il va devenir le roi de la récré et je sais que je le dois à Maximiliano.

Je rentre de l'école de Marcus, et je retrouve Maximiliano qui m'attend sur la terrasse. Il est sur son téléphone, décontracté et s'interrompt quand il me voit passer la porte vitrée.

  • J'attendais que tu rentres pour partir mais faut que je repasse chez moi avant d’aller au centre.
  • Oui je me doute.
  • C'était cool.
  • Merci Max pour cette nuit et les photos pour mon mini monstre, ça comptait beaucoup pour lui.
  • Tant mieux.

Je ne le retiens pas plus, nos derniers échanges sont maladroits, à ne pas savoir comment se comporter. Il m’embrasse très vite mais la pression qui exerce sur mes lèvres me fait le même effet à chaque fois.

Ça fait deux jours et je n'ai pas de nouvelles mais je m'en porte pas trop mal. Je me suis concentré sur les dernières traductions que j'ai reçues et sur Marcus. On est samedi et on a passé la journée au musée avec mon fils. Il voulait sortir mais sous cette pluie, le musée était notre meilleure solution. On rentretout de même trempés.

  • Maman, je peux ouvrir la boîte aux lettres s'il te plaît.
  • Vas-y, dis-je en lui tendant la clé.
  • Cool.

Je me baisse pour le porter afin qu'il atteigne la serrure. Il ouvre la porte, et prend les quelques enveloppes qui s'y trouvent et me les donne. Deux trois factures, une publicité pour le nouveau bar qui vient d'ouvrir dans la rue et une enveloppe avec mon nom sans timbre. Qu'est-ce que ça peut être ? Curieuse, j'ouvre en premier cette enveloppe, j'y trouve un mot «dis-moi oui Giulia» avec deux places. Deux places pour le match de la Juventus de demain. C'est du grand Maximiliano ça. S'il croit que je vais assister à un match et mettre en danger mon fils il rêve. Je fais entrer Marcus dans l'appartement et l'envoie à la douche. Après l'avoir bichonné, je le laisse jouer dans le salon tranquillement. Je prends mon téléphone pour écrire à Maximiliano :

«Je te dis non pour demain, une prochaine fois !»

Je reste courtoise mais clairement il ne me fera pas changer d'avis. Certes, il ne connaît pas mon histoire mais d'où l'on offre des billets juste comme ça. Rien que l’idée de rentrer de nouveau dans un stade, je tremble. Mon coeur se crispe. Je sens la douleur aussi forte qu'il y a quatre ans, entre mon sternum et le bas de mon ventre. Je me vois à nouveau bloquée, dans ces gradins avec des gravats sur mon corps, j'entends encore les sirènes, les cris, et je pense à ce sang sur mes mains, sur le corps d’Ethan. Je me rappelle qu’au moindre geste, les gravats, les bouts de plastiques cassés rentraient un peu plus dans mon corps. Mes plaies étaient si douloureuses. Cette incapacité à bouger, à me sortir de là. Comment pourrais-je oublier tout ça et m'installer en gradin avec mon fils pour faire plaisir à un homme que je connais si peu ? Mon téléphone se met à vibrer et je vois le nom de Maximiliano s'afficher. Je décroche, en m'éloignant du salon.

  • Salut Max !
  • Pourquoi non ?
  • Je vais super bien merci de demander bel apollon.
  • Désolé Giulia. Tu vas bien ?
  • Oui t'en fais pas.
  • Alors pourquoi tu me dis non ?
  • Parce que je ne peux pas.
  • Tu as quelque chose de prévu ?
  • Non mais c'est compliqué.
  • C'est qu'un match tu sais.
  • Oui… mais c'est non Max on se verra une autre fois.
  • Je pensais que ça te plairait, dit-il déçu.
  • L'intention me fait plaisir mais je ne peux pas accepter. N'insiste pas s'il te plaît Max !

Ma réponse est peut-être plus dure que je le souhaitais. Un silence s'installe.

  • Giulia, des fois je n'arrive pas à te suivre.
  • Je ne te demande pas de me suivre.
  • T'es de mauvaise humeur ou quoi ?
  • Venir à ton match c'est trop me demander même si je sais que Marcus adorerait.
  • Tu sais que ça a jamais tué personne d'assister à un match ?

La phrase de trop. Je deviens furieuse. Envers lui, envers moi, envers Ethan. Si Max savait combien sa phrase me frappe fort. Je me sens percutée à nouveau. Les larmes fusent et s'écoulent à une vitesse folle, le long de mon visage.

  • Au revoir Max.
  • T'es pas possible Giulia, on ne peut pas avoir une discussion normale.

Le ton monte et je crois que je vais vraiment raccrocher.

  • Non mais je ne veux pas venir un point c'est tout Max. Je ne veux pas avoir cette discussion !
  • D'accord bah tu me diras quand tu voudras parler avec moi, pour de vrai.
  • Ouais bye, dis-je en raccrochant.

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