Partie 11 : Fray

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Fray avait joui quelques instants avant son maitre. Son sperme dégoulinant sur son bas-ventre, il regardait Thalas finir d’un oeil vitreux et béat. Il ne s’était jamais senti aussi bien… Comme s’il venait de retrouver une partie manquante de son être. Le jeune homme pria pour que cet instant dure pour l’éternité. Il en oublia presque Tendal et la menace sur sa famille. Tout cela ne lui paraissait plus si insurmontable... Plus rien n’avait d’importance.

Fray gémit de surprise lorsque le roi se retira. Une sensation de vide l’envahit. Il ne voulait pas que son amant s’éloigne de lui. Il répondit passionnément à son baiser et s’agrippa à ses épaules. Il colla de nouveau son nez dans la chevelure sombre et huma son odeur de toutes ses forces, pour éloigner l’angoisse qui revenait fouiller ses entrailles. Ses mains se crispèrent sur les épaules du roi, qui embrassait ses clavicules saillantes.

— Gardez moi auprès de vous… s’il vous plaît… chuchota-t-il, désespéré.

— Tout va bien, Fray. Je n’ai aucune intention de me débarrasser de toi…

Le jeune homme soupira de soulagement. L’angoisse reflua. Il couvrit à son tour son cou de baisers, moins subtils que ceux de son amant, mais plus passionnés. Sa respiration s’accéléra de nouveau. Thalas sourit de voir naître le désir de nouveau en lui. Il lui frotta doucement le dos.

— Très bien, très bien… rit le roi, mais on continue dans le lit.

Thalas l’embrassa encore puis s’écarta. Il récupéra sa canne et lui tourna le dos, se débarrassant de ses chausses au passage. Fray eut un pincement au coeur à le voir ainsi boiter vers le lit, où il s’allongea sur le dos. Une fois bien installé, le roi lui fit signe de le rejoindre. Le jeune homme descendit prudemment du bureau. Ses genoux se dérobèrent sous son poids, il se rattrapa de justesse au bord du meuble. Ses jambes ne semblaient plus vouloir le porter comme avant… Fray retrouva tant bien que mal son équilibre et tituba vers le pied du lit. Il escalada maladroitement le matelas de fourrures.

Le jeune homme resta quelques instants interdit devant le roi. Lui laissait-il l’initiative ? Que faire ? Fray décida de faire ce qu’il savait faire de mieux : des massages. Il posa ses petites mains sur le pied de son amant et l’embrassa en même temps que ses doigts dessinaient des cercles sur la cheville. Puis il remonta lentement vers ses jambes, déposant de doux baisers sur chaque parcelle de peau. Il prenait tout son temps.

Le roi soupirait de plaisir. Fray sourit, ravi de lui arracher une réaction autre que ses sourires moqueurs, qui le mettaient si mal à l’aise. Il caressa tendrement l’arrière des genoux de son amant, avant de les embrasser. Puis il s’aventura sur l’intérieur de ses cuisses. Il approchait de la zone douloureuse du corps meurtri. Le jeune homme n’arrêta pas ses douces caresses pour autant. Ses mains se mirent à luire faiblement lorsqu’elles atteignirent l’entrejambe du roi.

Fray était déterminé à utiliser son pouvoir jusqu’à la jouissance de Thalas. Ce ne serait pas facile, mais il voulait lui offrir un cadeau d’anniversaire à son tour. Depuis sa capture, le jeune esclave ne possédait plus rien, en dehors de sa perle. Le roi l’avait mieux traité en quelques heures que toutes les personnes sur lesquelles il avait usé de son pouvoir réunies. Il avait donc résolu de lui offrir un orgasme comparable à ceux qu’il avait dû vivre dans sa jeunesse, avant son accident. Avant que la douleur de devienne sa sensation dominante.

— Bon anniversaire, mon roi… dit il en poursuivant ses baisers jusqu’à son sexe.

Malgré la douleur qui commençait à lui vriller le bassin, Fray conserva son sourire. De manière générale, il se sentait toujours mieux lorsqu’il prenait soin des autres. Une douce chaleur émanait de ses mains, qui parcouraient lentement les contours de l’anatomie intime du roi. Le jeune homme ressentit indirectement le plaisir qu’il lui procurait ainsi, car la douleur perdait en intensité. Satisfait de l’effet qu’il lui faisait, il donna de petit coups de langue autour du gland. Thalas laissa échapper un léger gémissement.

Fray sentit les doigts de son amant agripper ses cheveux. Il interpréta cela comme le signal pour le prendre en bouche. Il n’était pas particulièrement doué en matière de fellation, mais la douleur lui servait de point de repère. Les avant-bras bien calés sur les hanches royales, il entama un mouvement de va et vient qu’il accéléra progressivement. Le jeune homme prenait le longues inspiration pour mieux supporter la chaleur infernale. Malgré tout, ses genoux tremblaient un peu. La respiration du roi s’accéléra et lui donna la force de continuer.

Fray accéléra la cadence, à mesure que la douleur s’atténuait. Il y était presque. Les doigts du roi se crispèrent davantage sur ses mèches blondes. Son amant était au bord de l’orgasme. La douleur cessa. Thalas émit un grondement sourd et lui tira franchement la tête en arrière pour lui faire lâcher son sexe et éjacula peu après. Le jeune homme avait le souffle court mais un sourire ravi. Il avait réussi.

Fray resta pantelant quelques instants, le front posé sur la cuisse du roi, épuisé par l’effort. Ses mains avaient cessé de luire. Il sentit les mains de son amant se glisser sous ses épaules frêles et le tirer à lui. Le jeune homme ne put aider le mouvement qu’à la force de ses bras, ses jambes refusaient de lui obéir. Il parvint néanmoins à embrasser Thalas en s’agrippant à son cou. Un baiser passionné qui acheva de le vider de ses forces. Le jeune homme s’effondra sur son amant, qui le maintint serré contre lui. L’oreille collée contre sa poitrine, il écoutait ses battements de coeur ralentir doucement.

Fray était sur le point de s’endormir, quand Thalas prit la parole en jouant distraitement avec ses mèches blondes.

— Ce n’était pas très raisonnable… mais merci de l’avoir fait.

— Raisonnable ? s’enquit le jeune homme en redressant la tête.

— Oui. Tu n’es pas habitué à ma douleur pour pouvoir la supporter aussi longtemps… s’expliqua-t-il en lui reposant d’autorité la tête contre sa poitrine.

Fray eut un soupir résigné. Il savait qu’il ne garderait pas son secret très longtemps. Mais il ne s’attendait pas à ce que le roi ne le perce à jour aussi vite.

— Qu’est ce qui m’a trahi ? demanda-t-il.

— Pourquoi te le dirais-je, alors que tu n’as rien voulu me dire à propos des effets secondaires de ton pouvoir ? répliqua Thalas avec un léger rire.

— J’avais peur que… sachant cela, vous ne voudriez pas en profiter… Avoua le jeune homme en rougissant de plus belle.

— Pourquoi cela te fait-il si peur ? Tu n’as donc pas peur d’avoir mal ?

— Disons que… voir la douleur dans vos yeux me fait plus mal que de la ressentir à votre place. Je n’ai jamais pu supporter de voir quelqu’un souffrir.

— Oh Fray… Tu ne peux pas souffrir à la place des autres éternellement. Tu ne le pourras jamais, affirma le roi en déposant un baiser dans ses cheveux.

— Je sais… Mais je ne peux pas m’en empêcher, gémit le jeune homme.

Fray n'osait pas le dire à voix haute, mais il avait peur d'être rejeté, si jamais Xylo décidait de rompre son lien avec lui. Toute sa vie, on lui avait fait comprendre que c'était là sa seule valeur. S'il perdait son pouvoir antalgique, il perdait toute utilité. Il ne savait rien faire d'autre...

Thalas resserra son étreinte sur lui. Fray soupira de contentement. S'abandonner dans ces bras protecteurs le libérait de ses angoisses. Il se sentait si bien. Personne ne l’avait jamais ainsi comblé. A présent, il comprenait à quel point il avait manqué de reconnaissance et de chaleur humaine. Après avoir passé la moitié de sa vie à prendre soin des autres, le jeune homme réalisa qu'il avait aussi besoin que l'on s'occupe un peu de lui.

Fray avait enfin trouvé sa place dans ce vaste monde : dans les bras de son amant. Néanmoins, il savait que le roi ne l’aimait pas d’un amour total et absolu comme le sien. Le jeune homme n’y pouvait rien. Il ne savait pas aimer autrement.

Tendal lui avait ordonné de faire en sorte que le roi ne puisse plus se passer de lui. Pour l'heure, l'inverse s'était produit… Cela serait il suffisant pour contrecarrer ses plans ? Fray inspira à fond pour se remplir de son odeur si rassurante. Il chassa bien vite les sombres pensées qui l’assaillaient. Son coeur trouva enfin la paix et il s’endormit comme une masse, bercé par la respiration calme du roi.

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