Esclave

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CAMP DE VAARUN DAM, Dromund Kaas.

Encore une journée de labeur pour Ria sur le mur de Vaarun Dam. Il semble que les fournitures à descendre en bas du barrage pour la construction du domaine de Salonius soient en nombre infini. C'est après avoir mangé une pâtée visqueuse en guise de petit déjeuner qu'elle commence son échauffement matinal avant d'emboîter le pas à ses collègues de travail.

Longue journée grise à s'éreinter sans but précis...

Le soir venu, alors qu'elle déambule, toujours aussi sévère, vive et déterminée qu'à son habitude, sur le chemin du retour au camp, elle sent qu'on lui empoigne le bras. Elle s'arrête, tourne la tête pour regarder cette main qui la tient et suit le bras du regard pour remonter jusqu'au visage de la personne qui la tient. Il s'agit du contremaître, qui la regarde d'un air sombre. Il l'enjoint vaguement à le suivre, la tirant hors de la foule.

Sans plus de détails elle se fait traîner sous la tente où la veille, elle se faisait interroger. Sauf que l'audimat a changé, depuis : En plus du garde et du tatoué, assis là où ce dernier se trouvait lors de sa dernière visite, se trouve un sinistre personnage habillé de sombres mais raffinés vêtements. Pourtant, il n'a, selon la petite Sang-Pur, pas vraiment de prestance ni de charisme. Il est un peu chétif, avec ses épaules étroites et tombantes, sa petite tête dont le visage animé d'un rictus presque forcé n'est pas remarquable non plus. Lorsqu'il la voit entrer, il se lève pour venir l'inspecter, et, d'une voix condescendante, il entame la conversation avec le contramître :

- C'est donc là la raison pour laquelle je me suis déplacé...

- Oui, Excellence, lui répond le tatoué.

- Je vous écoute.

- Cette Sang-Pur s'est retrouvée parmi nos effectifs il y a quelques jours, Excellence, nous avons remarqué sa présence peu avant le repas du soir.

- Quelques jours ? Et que fait-elle encore là..? répond le snob avec, toujours, ce côté méprisant.

- C'est-à-dire qu'elle... A en quelque sorte remplacé un de nos ouvriers.

- Remplacé ? En quelque sorte ? Vous avez perdu un esclave, contremaître ?

- Nous avons eu un décès, Excellence...

- Qu'est-il arrivé ? Pas que je m'en soucie... Mais elle doit avoir eu vent de l'histoire pour venir s'immiscer dans nos réserves de main d'oeuvre en caressant l'espoir de s'y intégrer pour manger gratuitement...

- Pour être... Tout à fait honnête, Excellence... Elle a assassiné l'une de nos propriétés pour prendre sa place.

- Ah ! Ah ah ! le visiteur s'esclaffe. Prendre de plein gré la place d'un esclave, j'imagine que je peux mourir en paix, cette galaxie n'a plus aucune surprise à m'offrir... Allez, dépêchez vous de faire des phrases complètes et de me raconter les détails sordides de vos petites aventures, vous n'êtes pas sans savoir que je suis quelqu'un d'occupé.

- Bien sûr Excellence. Elle a donc jeté un de nos ouvriers du haut du barrage afin de prendre sa place et de manger la part qui lui revenait. Elle travaille avec le reste du groupe, évidemment.

- Et vous l'avez gardée tout ce temps sans m'en informer parce que ..?

- C'est-à-dire que de cette manière elle comblait le manque d'effectif et le chantier pouvait se poursuivre au rythme prévu...

- Si vous n'avez pas de problème de nombre, de nourriture, de place ou même de rapidité, pour quelle raison m'avez vous convoqué en personne aujourd'hui ?

- Eh bien, je voulais vous rapporter les faits et vous demander ce que je suis censé en faire par la suite... Je propose des service de qualité fournis par une force de travail intégralement humaine, je n'ai aucun alien dans mes listes et je ne vais pas commencer aujourd'hui. Disons qu'elle dépanne mais ensuite...

- C'est mon problème, peut-être ? Vous revendrez celle-là, vous rachèterez un esclave avec l'argent gagné, c'est simple et je ne vais même pas vous en inquiéter. Ca alors mais faut-il donc que je fasse tout à votre place, même réfléchir ? Le commun des mortels m'épuise...

- Excellence. C'est une Sang-Pur je ne parviendrai pas à la revendre, c'est sûr. D'ailleurs elle devait aller sur Korriban je crois avec une cargaison, elle est déjà la propriété de quelqu'un, il y aurait litige si je la revendais alors qu'elle n'est pas à moi.

- Sérieusement, vous êtes si honnête que ça ? Bon, recontactez moi à la fin de votre part du travail, nous en reparlerons. Mais je maintiens que cette discussion est vaine et tellement agaçante...

Il hausse les sourcils en soupirant d'exaspération, comme désespéré, avant de prendre congé, laissant Ria en face à face avec le tatoué. Le regard decette dernière se durçit, traversé par une étincelle de folie ; elle cherche à montrer qu'elle n'a pas peur de lui et qu'elle ne manquera pas de lui arracher la gorge avec les dents s'il le faut. Mais elle n'en fait rien, et reste docile et immobile.

- Dégage, aboie-t-il finalement.

Ria sort sans se faire prier et rejoint son campement. Là bas, Perrick et quelques autres se détendent autour du feu. D'un regard, elle enjoint Perrick à la suivre et ce dernier s'exécute prestement.

- Mince, la Rouge à de nouveau besoin de mon aide ? Alors, quel mensonge vais-je devoir t'inventer cette fois ?

- Ils vont se débarrasser de moi à la fin du chantier. Il faut que je trouve quelque chose. Tu n'as pas une idée ?

- Ecoute ma chérie, reprend Perrick, ce chantier est censé durer encore... Je ne sais pas, probablement des années ! Et moi, comme tous les autres, on s'est jamais vraiment posé la question sur notre futur.

La Sang Pur secoue la tête, agacée. Perrick s'enquit :

- Mais d'où tu viens au juste ? Enfin, je sais que tu ne me le diras pas mais.. Les Rouges, normalement, c'est des sorciers, comme ce Salonius... Enfin, pourquoi toi, t'es esclave et pasune de ces mystiques qui utilisent une force occulte pour arriver à leurs fins ? Bien habillée, avec des titres, de l'argent en masse, tes propres esclaves..? Parce que j'en ai vu, des esclaves, mais jamais des Rouges. Et j'en ai vu, des Rouges... Toujours des "siths".

- Tu as raison, répond-elle après un moment de réflexion. Si je veux m'en sortir, il faut que ce Salonius me sorte de là lui même. Si je suis censée être une Sith, comme tu dis, il y a forcément moyen de lui faire croire qu'il y a une méprise quelque part.

- Je ne voudrais pas te saper le moral mais quoi que tu lui dises, c'est acté : Il te voit comme une esclave réchappée d'une dérive stellaire,non, c'est trop tard pour luifaire croie que tu es je ne sais quoi qui pour je ne sais quelle raison s'est retrouvée avec un collier magnétique au cou... Par contre... Bon... C'est une hypothèse mais...

- Mais quoi ? Parle, stupide animal !

- Attends : Si je t'aide, et que le plan réussit... Ne me laisse pas là.

Ria le regarde un moment, interdite, pensant qu'il plaisante.

- Très bien. Parle maintenant.

- Eh bien... Il faudrait étoffer le récit en faisant appel à la culture générale des autres esclaves mais... Salonius ne vient pratiquement jamais sur le site du chantier, c'est son apprenti qui vient contrôler d'habitude. Les grands de ce monde n'ont pas de temps à perdre avec des visites d'entretien évidemment... Le gamin est encore plus méprisable que son mentor, vraiment, la tête à claques des beaux quartiers. Peut-être que...

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