02- La capture

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Des bruits de courses, des voix et des cris retentissaient dans l’arrière-cour de la bicoque familiale. Accroupie derrière un buisson, la fugitive observait ses poursuivants passer devant sa cachette avant de repartir. Elle eut un petit sourire triomphant, attendit quelques secondes et détala le plus vite possible en direction de la grange. L’un de ses frères venait de la fouiller. Ils n’y retourneraient pas avant un petit moment. Il fallait faire vite, elle était en sous-nombre et mieux valait qu’elle rentre quand tout le monde se serait un peu calmé. Sans quoi, elle allait trinquer pour deux ou trois malheureux pots de chambre. Elle ne savait pas exactement ce qui se tramait, mais pour que les jumeaux soient allés chercher Gaud, c’est que ça allait chauffer pour elle. La dernière fois qu’on avait appelé Gaud pour l’attraper, elle avait passé une semaine complète à éplucher des pommes de terre et dormir dans la remise. On avait fini par l’en faire sortir quand il était devenu évident que même ainsi elle ne servait à rien et préférait dormir.

Elle atteignit enfin le loquet de la grange et tenta de le soulever. Mais impossible d’ouvrir cette satanée porte. Pat’ se renfrogna. Thean avait dû la bloquer pour lui retirer cette option de repli. Elle regarda autour d’elle et se décida à tenter sa chance dans l’étable. C’est alors que la voix de son père tonna du côté de la maison :

« PATTIEUUUUH !!! »

Mince ! Mais qu’est-ce qu’ils avaient tous aujourd’hui à la fin ?! Bon, foutu pour foutu, autant aller au village et se faire oublier au tripot. Vu l’heure, il serait vide, mais au moins elle pourrait se planquer. Et le vieux Gus n’allait pas moucharder. Elle commença à partir en direction du village, lorsque son père rugit une nouvelle fois son nom. Bon… L’heure était grave. Et elle avait comme l’impression que si elle les faisait cavaler toute la journée, et qu’elle rentrait le soir la bouche en cœur, elle allait dérouiller sec. Mais vous savez ce qu’on dit, mieux vaut remettre à plus tard ce qu’on peut faire maintenant.

Avec un peu de recul, elle considérerait ce moment d’hésitation comme une erreur stratégique déterminante. Son pas, qui s’était ralenti un moment, se figea brusquement. Au sommet de la colline, des silhouettes s’étaient rassemblées et lui barraient la route en direction du village. Elle fit un pas en arrière et se retourna pour tenter sa chance en direction des bois, mais là-bas aussi des ombres étaient visibles à la lisière des arbres. Partout où son regard se posait, des Hodh avançaient vers elle. Pattie sentit son échine se hérisser, elle chercha du regard un maillon faible et repéra Padam. Padam c’était un petit cousin haut comme trois pommes, frêle comme une brindille et avec autant de courage qu’un ver crevé.

Ni une ni deux, Pat’ s’élança vers le marmot alors que l’étau se resserrait autour d’elle. De tous les côtés, des Hodh approchaient brandissant cordes, filets et épuisettes. La fugitive sauta par-dessus le garçon avant que les autres n’aient pu réagir. Malheureusement pour elle la Grande Gaud avait prévu le coup et faucha sa jambe avec un bâton. Pattie s’étala de tout son long et en quelques secondes, on l’attrapa et la conduisit sous le porche comme une prisonnière de guerre. Le petit Padam, fier de sa capture, ouvrait la marche. Il s’immobilisa sur le seuil et ouvrit la porte théâtralement avant de crier :

« Paaaaaaa’ !!! On l’a eue ! »

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