Chapitre 2 – Tu prends le 26 ou le 2 ?

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Le regard noirci par les cernes, je regagnais mon poste de travail, en me massant les yeux.

- Bah alors Frost ! On a trop tiré de coups ? me lança Bun, en éclatant de rire.

- Salut Bun ! On peut dire ça ! lui dis-je, en allumant mon ordinateur.

Je partis prendre un café, saluant Sandy au passage. Croisant Raiponce avec sa tasse de thé à la main, celle-ci me dévisagea, ne répondant pas à mes salutations. Dépité, j’attendis mon café seul sous les bourdonnements du distributeur.

La fusion des services avait finalement eu lieu, Monsieur Black avait préféré garder Sandy plutôt que Mer, ayant perdu l’appel d'offres.

En prenant place à côté de Raiponce, je lus les instructions par mail d’Elsa. Je soufflais la vague à l’âme, regrettant les remarques cinglantes de Mer et la présence physique d’Elsa.

- Tu sais, si elle te manque tant que ça. Tu n’as qu’à traverser le couloir ! me murmura Raiponce en me piquant.

Je me fermai à sa remarque, me concentrant sur mes tâches. Raiponce nous en voulait toujours pour l’histoire du punch, mais il lui était impossible de se mettre sa chef à dos, alors elle préférait passer ses nerfs sur moi.

A l’heure du déjeuner, je passai brièvement devant le bureau, constatant qu’elle était en plein brief avec Flynn et Harold. Je dus me résigner à manger seul.

Me retrouvant sur le toit, je savourais ma cigarette, emmitouflé dans mon écharpe, face à la fraicheur de l’hiver. Cela me faisait drôle de me retrouver seul. Me renvoyant à d’affreux souvenirs, je dégainai mon téléphone, cherchant un contact que je pourrais appeler. Harold devait être en rendez-vous clientèle, quant à Punzie, ce n’était même pas la peine d’y penser. Je pris des nouvelles de Mer.

- Yo ça va ? Tu fais quoi ? me fit-elle, avec sa pêche.

- Je fume et je me fais chier ! lui répondis-je ennuyé.

- Je vois ça et Punzie t’en veut toujours ?

- Toujours…Bon ok, je comprends pour le coup du punch, mais je n’y suis pour rien ! Pourquoi elle ne va pas s’expliquer avec Els directement ? lui déroulai-je offusqué

- Tu sais contrairement à nous, elle s’est souvenu de tout. Elle est peut-être choquée ou déçue de toi, va savoir…

- J’ai essayé de la confronter plusieurs fois, mais soit elle s’esquive soit elle ne répond pas ! Si je persiste, elle risque de plaider le harcèlement sexuel ! Je sais plus quoi faire avec elle ! la suppliai-je abattu.

- Elle reviendra d’elle-même t’inquiète ! On va au Jazzmen avec le viking ! Tu viens ?

Je reconnaissais bien Mer avec son sens de la fête. Amusé, j’acceptai avant de raccrocher.

Je partis rejoindre Elsa dans son bureau avec des bons sandwiches à la main. Après avoir « remercié » les postes doublons, monsieur Black avait promu Elsa au poste de directrice de création.

En ouvrant sa porte, une forte odeur de tabac froid m’envahit, la découvrant concentrée sur les différents plannings des projets en cours. En période de rush, Elsa croulait sous le travail, n’ayant plus le temps de sortir pour manger ou de prendre une pause cigarette. Son bureau était lumineux et assez spacieux pour contenir un canapé neuf, qui n’avait jamais servi.

- C’est déjà l’heure de manger ? Je suis désolée, je ne pourrais pas te rejoindre maintenant me fit -elle, surprise, en ne décrochant pas de son écran.

- Je savais que tu dirais ça, lui dis-je en lui tendant son repas.

Celle-ci me prit le sandwich et la boisson de mes mains avant de retourner devant son écran, pendant que je profitais de son canapé pour me reposer un peu. Rabattant ma capuche sur mes yeux, je commençais à m’assoupir sous les cliquetis de sa souris.

- Tu ne manges pas ? me demanda-t-elle en s’asseyant sur mon sexe.

Je me relevais, écrasé par son poids, surpris de pouvoir ressentir son entrée humide sur moi. Celle-ci me lança son regard avide tout en sirotant son soda.

- Ça ne te dit pas de venir t’allonger avec moi ? la suppliai-je épuisé, en remarquant qu’elle avait défait mon jean en douce.

- Je voulais prendre mon dessert avant ! me lança-t-elle en déhanchant son sexe contre le mien.

Me procurant une érection monumentale que je tentais de cacher. Je ne répondis pas tout de suite, lâchant des râles de plaisirs sous son regard avide.

Lorsque Raiponce entra, nous découvrant ainsi, celle-ci détourna les yeux gênés.

- Je vais revenir, fit-elle rouge pivoine.

- Mais non ! Reste Punzie ! s’exclama-t-elle en se tortillant sur moi.

Mort de honte, je voulus me lever, mais Elsa s’empala sur moi, tout en sautillant frénétiquement.

- Tes congés Punzie ! Tu prends le 26 ou le 2 janvier ? lui demanda-t-elle en gémissant.

Raiponce baissa les yeux, jetant quelques regards furtifs vers nous. Je serais les dents, gêné et terriblement excité par l’expression et le regard troublé de mon ange.

- Le 2 janvier, répondit Punzie effarouchée.

- Très bien ! c’est noté ! s’écria Elsa en se resserrant sur moi.

- Putain ! Els … lâchai-je malgré moi, en geignant.

Punzie se figea un instant, s’humidifiant les lèvres, en serrant les jambes.

- Je peux y aller ? nous demanda-t-elle, rouge écarlate.

Elsa hocha de la tête, la suivant de son regard avide, tout en accélérant le rythme. Happé par sa cadence et le désir, je ne pus me contenir plus longtemps, me déchargeant en elle.

Puis elle se releva, réajustant sa jupe.

- Fallait absolument qu’on baise devant Punzie ! m’exclamai-je, excédé en remettant mon jean.

- Je voulais la titiller un peu ! Tu me remercieras plus tard, me confia-t-elle en plongeant son regard sournois dans le mien.

- C’est ça ! lui fit -je en quittant son bureau, honteux.

Croisant Raiponce aux distributeurs, j’évitai son regard, embarrassé.

- C’est dégueulasse ! Je ne sais pas qui est le pire des deux ! Elle qui abuse de ta gentillesse et de ta naïveté ou toi qui profite de sa maladie !!? me fit-elle en buvant une bouteille d’eau, le visage encore rouge.

Je la fixai, surpris, qu’elle m’adressa la parole, après deux semaines de silence.

- Bravo Jacky ! T’es devenu un bon gros connard ! me lança-t-elle en pleine figure, en serrant les dents

- Je t’arrête tout de suite ! Je t’aime sincèrement, mais je ne suis pas ton putain de punchingball ! lui répondis-je agacé, en faisant un pas vers elle.

- Arrête de te foutre de ma gueule ! Va donc dire tout ça à ta nouvelle copine ! me lança-t-elle, les yeux humides.

Attristé, je voulus la réconforter mais elle me repoussa.

- Je ne t’ai jamais oublié, ni remplacé par Elsa. Enfin je trouve ça stupide, on ne remplace pas les personnes comme des objets ! J’aime ta joie et ta bonne humeur, tout comme j’aime d’autres qualités chez Elsa, lui avouai-je en lui ouvrant mon cœur.

Troublée par mon regard intense, Punzie persista, abattue.

- Elle t’a rendue complètement fou comme elle, m’ajouta -t-elle les lèvres tremblantes.

Puis elle partit en trombe, me laissant seul avec le grondement des distributeurs.

En regagnant mon poste, j’eus droit aux remarques beaufesques de Bun.

- Bah alors Frost ! On ne t ‘as jamais dit qu’il ne fallait pas l’enfoncer trop profondément ! Sinon ça fait pleurer les petites ! s’exclama-t-il en se moquant de nous.

Raiponce essuya rapidement ses larmes, en baissant les yeux.

- Et si tu la fermais pour changer un peu ! lui lançais-je, excédé

- Oh oh j’en connais une qui a rayé la carrosserie ! me fit-il en ricanant

- T’en à pas marre d’être un gros trou du cul ?! lui répétai-je, énervé

- Exxcuuse moi ! Si on ne peut plus rigoler ! nous lança t-il en reprenant son travail.

- Merci, m’articula Punzie en m’adressant son plus beau sourire.

Le reste de l’après-midi passa rapidement. Me retrouvant seul dans l’open-space, je rangeai mes affaires avant d’aller voir Elsa dans son bureau.

La découvrant entrain de fumer à la fenêtre, celle-ci me lança un regard dépité.

- C’est déjà l’heure de partir ? me fit-elle en écrasant sa cigarette.

- T’en a pour longtemps ? Parce qu’on va se retrouver au Jazzmen avec Mer et Harold, puis il a accepté que tu viennes donc... lui proposai-je avec maladresse.

- Oooh tu es tellement adorable ! Mais non ! me fit-elle en me dévorant des yeux.

- J’aurai essayé ! lui avouai-je déçu

- Tu sais très bien que c’est une mauvaise idée et que Harold a accepté uniquement par politesse ! Va donc retrouver tes amis ! me dit-elle en caressant mes lèvres.

- Très bien ! fis-je en sortant de son bureau, avant de rebrousser chemin.

- Il y aura potentiellement Flynn, aussi ! Et j’aurai voulu que tu viennes, pour m’empêcher de lui foutre mon poing dans sa gueule. T’aurais pas des conseils ? lui avouai-je gêné.

Elsa éclata de rire.

- Comment j’ai fait avec toi ? me lança-t-elle amusée.

- Ah oui ... lui tailler une pipe dans les chiottes comme une péripatéticienne ! ça va tout régler ! lui fit-je en esquivant la chaussure d’Elsa.

- Tant de violences ! Je vais garder ça !

Prenant la fuite avec la chaussure d’Elsa à la main, je l’entendis qui me poursuivit le long du couloir avant de bondir sur moi, cerclant mes hanches avec ses jambes. Elsa nous fit tomber devant l’ascenseur. A califourchon sur moi, je lui maintenai les poignets d’une main, l’empêchant de prendre sa chaussure.

- Rends-moi ma chaussure ! me fit-elle en riant

- Tu viens au Jazzmen et après je te la rends ! lui lançai-je avec le sourire

- Tu vas voir Frost ! me menaça-t-elle avec un sourire démoniaque.

Lorsque Raiponce nous signala sa présence, en raclant bruyamment sa gorge, agacée.

- Hey Punzie, comment ça va ? lui fit Elsa d’une voix enjôleuse.

Je levai les yeux au ciel, excédé.

- J’aimerai parler à Jack seule, lui dit-elle.

- Il est tout à toi ! lui répondit Elsa en se relevant.

Celle-ci m’adressa un sourire complice avant de regagner son bureau.

- Tu vas au Jazzmen ? Je t’y dépose ? me proposa sèchement Raiponce.

Surpris, J’acceptai, prenant l’ascenseur avec elle.

- Tu viens finalement ? lui demandai-je sans réfléchir, en fixant les numéros des étages qui défilaient jusqu'au -1.

- Pour me retrouver avec mes deux ex ? Non je ne crois pas ! me répondit-elle sèchement.

- Alors qu’est ce que tu veux me dire ?

Arrivés au parking, Raiponce pressa le pas jusqu’à sa voiture. En claquant la portière, elle poursuivit, excédée.

- Qu’attends-tu de moi Jacky ? Que j’attende mon tour pour des miettes d’attention ? Que j’attendes que tu reviennes après qu’elle t’ait appelé ? m’affirma-t-elle, en me fixant dans les yeux.

- Je n’en sais rien ! C’est nouveau pour moi ! je sais que j’ai l’air d’un gros naze en disant cela mais j’ai besoin de vous deux ! lui avouai-je désolée.

- C’est bon j’ai compris, c’est dans ton droit d’être tombé amoureux d’elle. Après tout je l’ai mérité non ? me confia-t-elle, en s’agrippant à son volant, les larmes aux yeux.

Attristé, je voulus sécher ses larmes mais elle m’arrêta en prenant une grosse inspiration.

- Jacky, c’est trop pour moi ! J’aimerai qu’on reste amis, m’avoua-t-elle avec un faux sourire, les yeux larmoyants.

Ces paroles furent un choc pour moi. Je demeurais tétanisé, mon cœur brisé en mille morceaux. Les mains tremblantes, je ne sus quoi répondre, étranglé par la tristesse. Punzie reprit ses esprits et démarra la voiture, m’emmenant jusqu’au Jazzmen. Je restais profondément meurtri. Contenant ma peine, je sortis machinalement de la voiture. Apercevant Punzie qui s’effondrait sur son volant, en sanglot. Je serrai les dents, me retenant d’aller la prendre dans mes bras, la regardant démarrer et partir.

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