Lock

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— Par ici ! souffla Lock. Il y a du mouvement.

Il fit signe à ses compagnons avant d'avancer lentement, prenant garde à rester à couvert. Travis et Jake le suivaient avec leurs fusils cristallins en joue, prêts à faire feu. Lock se risqua à jeter un nouveau coup d'œil par-dessus le muret et vit un trio progresser sur la corniche voisine, inconscient du fait qu'un autre le suivait de près.

— Ce sont les équipes orange et bleu, on a moyen de faire d'une pierre deux coup, chuchota-t-il.

— Si on récupère ces six points, en plus des quatre qu'on a déjà, on est presque assurés de remporter la manche, se réjouit Jake.

Lock adressa un sourire complice à son compagnon, un solide gaillard, presque aussi imposant que Travis. À peine plus âgé qu'eux, Jake se montrait bien plus à l'aise sur le terrain. Il y avait une bonne raison à cela : il avait suivi l'entraînement de l'infanterie pendant deux ans avant qu'un test ne révèle son aptitude à rejoindre l'aéronavale. Ayant grandi dans une famille de la classe moyenne, ce jeune homme se montrait parfois un peu naïf, voire carrément candide, mais il faisait partie des rares dans l'académie à avoir sympathisé avec Lock.

— Je prends le flanc gauche, occupez-vous de l'autre, décida Jake.

Les deux autres approuvèrent silencieusement et se placèrent à la limite de leur couverture. Après un ultime hochement de tête de leur co-équipier, ils s'élancèrent en levant haut leurs armes, comme on leur avait enseigné.

Les rayons cristallins, des faisceaux de lumière bleutée, partirent comme une volée d'oiseaux vers leur proie. Lock matraquait la gâchette comme un fou. Il toucha plusieurs fois l'un des membre de l'équipe orange et Travis un second tandis que Jake faisait le ménage dans l'équipe bleu. Le dernier orange parvint à se placer à couvert tout en balançant une série de tirs vers eux, obligeant Lock à se jeter à terre pour éviter l'impact. Le jeune homme sourit, il appréciait de plus en plus ce genre d'exercices. Il se redressa d'un coup, prêt à riposter, quand il sentit une douleur soudaine dans le bas de son dos.

C'était comme un frisson qui se répend dans tout le corps et dure une dizaine de seconde. Pendant tout ce temps, il était incapable de penser correctement tandis que son corps s'agitait. Lorsque l'effet de la décharge énergétique passa enfin, il était en sueur et se tourna pour découvrir Travis qui avançait avec un petit rictus au coin des lèvres. Une voix puissante résonna au-dessus de leurs têtes avant que Lock n'ait pu dire un mot.

— Équipe orange, équipe bleue ainsi que Vend de l'équipe rouge, vous êtes éliminés.

Il se releva, furieux, et prit la direction des vestiaires où le jeune homme tendit rageusement son arme à l'adjudant qui lui tendait le bras. Il fonça vers le sergent instructeur.

— Mon coéquipier m'a tiré dessus ! s'époumona-t-il.

Le sergent détourna lentement le regard de l'écran tactique pour le regarder fixement, sans révéler la moindre émotion.

— Les tirs perdus font partie des situations de combat auxquelles il faut vous préparer, Cadet.

— Mais il m'a visé délibérément !

— Cadet Vend, je vous conseille vivement de garder votre énergie pour l'enseignement suivant, reprit l'officier d'une voix plus dure. Si vous m'adressez encore la parole avec aussi peu de respect, je ferais en sorte que vous vous en souveniez.

Lock serra le poing mais n'ajouta rien. Il se détourna, retira énergiquement son équipement et sortit dans le couloir sans attendre. Il était censé observer la fin de la mêlée sur le grand écran une fois éliminé, « pour apprendre », mais assister au triomphe de Travis était au-dessus de ses forces. Peu importe si cela lui coûtait des points supplémentaires dans l'estime du sergent Felhm.

— Déjà terminé ? Moi qui comptais te voir en action ! s'étonna une voix claire, sitôt qu'il eut franchi la porte.

Lock pivota brusquement pour découvrir un visage familier.

— Lina ? Tu n'étais pas censé être absente pendant trois jours ? grinça-t-il.

Pris par surprise, son sursaut avait été tel qu'il ne pouvait le nier. Une faille dans sa garde qui l'agaçait, surtout devant elle.

— La mission d'entraînement dure trois jours, corrigea la jeune femme avec un sourire moqueur. J'ai atteint l'objectif en huit heures, treize minutes et quarante secondes, un nouveau record à mon actif. Tu ne devrais pas être surpris ! Pour les mêlées en revanche, sortir tôt n'est pas bon signe, ajouta-elle en fronçant les sourcils.

— Travis... il m'a tiré dans le dos alors qu'on était dans la même équipe. Et les encadrants ne lui disent rien !

— C'est un bon élément.

— Un bon élément ?! C'est le pire coéquipier qui soit ! La confiance accordée à ses compagnons est un élément central dans l'armée non ? enragea le jeune homme.

Lina soupira et fit signe à Lock de la suivre tandis qu'elle s'engageait dans les longs couloirs métallisés.

— Cela ne fait que deux semaines que vous êtes là, pourtant Ordell Travis est déjà parfaitement intégré. Dès les premiers jours, Il est parvenu à tisser de bonnes relations avec des cadets parmi les plus expérimentés et prometteurs... sans oublier ceux de bonne famille. Il affiche également de très bons résultats dans toutes les disciplines physiques. Rien d'étonnant à ce que les enseignants lui accordent de la considération. Je ne peux pas en dire autant de toi.

Lock la foudroya du regard, sans pouvoir la contredire. Il avait pris l'habitude de manger seul et, en dehors des heures d'entraînements, restait constamment dans son appartement. Le jeune homme ne cherchait pas à se rapprocher des autres, il gardait ses distances. Même avec Jake, qui faisait pourtant des efforts visibles pour l'intégrer au groupe. Il y voyait une manière de prouver qu'il restait fidèle à son identité, qu'il ne deviendrait pas un pion dans le jeu des dirigeants de la cité. Qu'il était toujours libre.

Quant à ses résultats sur le terrain, s'il évitait le ridicule, il ne tenait pas la comparaison avec les élèves de l'infanterie dont il partageait les scéances d'entraînement.

— Tu ne gagneras rien à continuer comme ça, asséna Lina qui semblait lire dans ses pensées. Ta vie sera plus simple et agréable lorsque tu auras accepté la chance que tu as. Bon, je dois te laisser, j'ai encore un rapport à écrire. Ton prochain cours est ici non ?

Lock leva les yeux sur le panneau surmontant la porte devant laquelle ils se tenaient désormais.

Centre 106, escrime.

Il leva le bras et pressa un bouton sur le bracelet qui accompagnait l'uniforme blanc de cadet qui lui avait été attribué. Quelques écritures apparurent sur l'écran : sans surprise, l'escrime était son programme suivant.

— Quelle est l'utilité de ce genre d'enseignement quand on ne se bat plus qu'avec des armes à énergie cristalline ? soupira-t-il.

— Les arts martiaux traditionnels sont une part importante du programme. Il s'agit autant d'apprendre la maîtrise de soi que de se forger un physique plus digne des forces mogradorienne, expliqua Lina. Je te laisse, tâche de ne pas te ridiculiser cette fois. À plus !

La jeune femme lui tourna le dos et s'éloigna d'un pas tranquille. Lock ne put empêcher son regard de s'attarder sur les jolies formes de Lina, parfaitement moulées par l'uniforme serré qu'elle affectionnait. Il détourna vivement les yeux et secoua la tête. Aussi jolie soit-elle, sa marraine représentait tout ce qu'il avait toujours méprisé : les classes aisées et l'autorité. Sans oublier que la quasi-totalité des étudiants de l'académie n'avaient d'yeux que pour elle.

Même si je le voulais, comment être populaire quand on m'a attribué d'entrée un tel boulet ? Ils sont tous jaloux de ma « chance ».

Il soupira longuement puis reporta son attention sur la porte de son cours suivant. Cela faisait deux semaines qu'il enchaînait les enseignements martiaux sans avoir pu obtenir une bribe d'information supplémentaire au sujet des fameux Nova. Le seul de ces cristaux dont il se soit approché était celui qui donnait accès au réfectoire. Le contact avec « l’esprit » de la pierre lui donnait encore des sueurs froides, mais ce qui occupait réellement ses pensées était la menace de manque dont lui avait parlé Lina. Peut-être n'était-ce qu'une vaine menace, mais il ne pouvait pas fuir l'académie sans en savoir plus.

Lock s'était rapidement habitué à la technologie de la ville haute. Il tapa son code personnel sur le clavier de la porte qui coulissa aussitôt. La salle d'escrime était circulaire et constituée d'une succession d'anneaux dessinés sur le sol, dans des couleurs de plus en plus sombres à mesure qu'on s'éloignait du centre. Trois étages de gradins bordaient la zone de combat, pour accueillir le public occasionnel. Le professeur les avait vivement encouragés à assister aux démonstrations et tournois qui se tenaient parfois à cet endroit.

Hum ? Il y a déjà quelqu'un ?

Une jeune femme se trouvait en plein centre du terrain. Lock s'approcha d'elle lentement, en silence. L'inconnue se tenait à genoux, les yeux fermés et les mains posées sur les hanches. Il fut surpris de constater qu'elle ne portait pas un uniforme de l'armée mogradorienne, au lieu de quoi elle était affublée d'une tunique bleu ciel brodée de fleurs, qui tombait sur un pantalon gris serré. Elle avait même les pieds nus ! De simples sandales étaient posées un peu plus loin. Les cheveux auburn de cette femme mystérieuse étaient tressés et lui retombaient loin dans le dos, coupe qui n'avait rien de règlementaire, elle non plus.

Arrivé à trois mètres d'elle, Lock découvrit un petit nez en trompette qui trônait au milieu d'un visage serein dont la beauté lui parut presque irréelle. La jeune femme ouvrit ses yeux verts et les posa calmement sur lui.

— C'est déjà l'heure ? demanda-t-elle directement en se levant.

Lock fronça les sourcils, ne comprenant pas la question.

— Tu n'as pas été envoyé pour m'escorter ? s'étonna l'inconnue en l'absence d'une réponse immédiate. Qui es-tu ?

— Lock... je veux dire, Cadet Vend. J'ai un entraînement qui commence bientôt.

Cette rencontre l'avait prit totalement au dépourvu et son cerveau semblait décidé à tourner au ralenti. Il était incapable de décider comment agir.

Elle ne fait pas partie de l'armée, c'est sûr, mais alors que fait-elle ici ?

L'inconnue le fixa un bref instant, comme si elle se demandait quoi faire de lui, mais se désintéressa rapidement du jeune homme, s'empara de ses sandales et se leva. Elle entreprit de rejoindre la porte, mais Lock lui barra le passage. À sa propre surprise !

— Quel est ton nom ? demanda-t-il, presque malgré lui.

Elle parut décontenancée sur le coup, mais un sourire espiègle germa presque aussitôt au coin de ses lèvres.

— Je te le dirais si tu peux me battre.

— Quoi ?

Pour toute réponse, l'inconnue se baissa et saisit les deux épées de bois posées là où elle se tenait auparavant. Elle lui en lança une, dont il parvint à attraper le manche au vol à son grand soulagement. La première fois qu'il s'était tenu à cet endroit, il s'était ridiculisé dans des circonstances similaires.

— Si tu parviens à me toucher, tu gagnes, annonça la jeune femme d'une voix guillerette.

Lock n'hésita qu'un bref instant avant d'acquiescer.

— Je ne frapperai pas fort, assura-t-il en la rejoignant au centre.

Comme il prenait position, adoptant la seule garde qu'on lui ait enseigné, la femme mystérieuse attendait avec son arme reposant mollement contre sa hanche. Lock ne pouvait détacher les yeux de son opposante et remarqua qu'elle portait un pendentif serré, un petit cristal couleur rubis brillait à son cou.

— J'y vais ! annonça-t-il légèrement déconcerté.

Comme elle était visiblement droitière, il opta pour une frappe de taille au flanc gauche. Il avait à peine armé son bras qu'un sourire franc germa sur le visage de l'inconnue, qui s'élança en retour. Surpris par la vivacité son adversaire, le geste de Lock fut bien trop maladroit et son épée ne rencontra que le vide. Celle de son opposante le toucha brutalement au niveau de l'abdomen.

Le souffle coupé, le jeune homme se découvrit à terre et désarmé à l'instant suivant. Un petit rire cristallin le fit redresser la tête, l'air penaud.

— Dommage, je crois que tu manques bel et bien d'entraînement. Une prochaine fois peut-être ?

Elle lui adressa un nouveau sourire qui réussit l'exploit de paraître à la fois dédaigneux et charmant. L'inconnue s'en alla et Lock l'accompagna des yeux en se redressant douloureusement.

Les dernières paroles de Lina lui revinrent en mémoire.

Éviter de me ridiculiser ? Alors j'espère que personne n'entendra parler de cette histoire !

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