Lock (1/2)

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Lock émergea lentement d'un sommeil sans rêve. Lorsqu'il revint pleinement à lui, ses derniers souvenirs se remirent en place et il se redressa d'un coup. Une vive douleur lui vrilla le crâne. Il n'ouvrit les yeux que pour être aussitôt ébloui. Cette agression n'était en réalité que le soleil traversant une baie vitrée.

Où suis-je ? Que s'est-il passé ?

Complètement ahuri, il remarqua qu'une aiguille était insérée dans son bras, reliée par un tuyau à un réservoir contenant une sorte d'eau trouble. Le jeune homme s'empressa de se débarrasser de la perfusion et repoussa les draps mais marqua alors un temps d'arrêt. Il était dans un lit, le plus confortable qu’il ait jamais connu. Les couvertures étaient plus douces que tout ce dont il soit capable de se souvenir, le couchage moelleux et de taille suffisante pour y tenir à cinq.

Ses jambes se dérobèrent lorsqu'il tenta de se lever et il dû chercher le soutien d'une table de chevet, un meuble en bois foncé et finement ouvragé. Lock fit le tour de la pièce des yeux. Cette dernière était à elle seule plus grande que la totalité de son appartement. L'ameublement ne ressemblait à rien de ce qu'il connaissait, que ce soient les boiseries gravées ou les pièces métalliques très ouvragées : la lampe suspendue au centre de la pièce était moulée pour représenter une sorte de monstre marin à la gueule béante. Le sol était quant à lui couvert d'une texture violette qui chatouillait la plante de ses pieds nus.

Il se dirigea sans plus tarder vers la fenêtre. Un spectacle incroyable l'attendait : il se trouvait au bord d'un précipice à plusieurs dizaines de mètres de hauteur et un paysage invraisemblable s'étendait devant lui .

Je suis dans la ville haute ! comprit-il aussitôt.  

Le paysage était irréel. Toutes les bâtisses semblaient construites pour défier les cieux. Les styles architecturaux étaient incroyablement diversifiés et la palette de couleurs infinie. Lock avait l’impression d’avoir débarqué sur une autre planète. Des routes surélevées reliaient les édifices, mais une fourmilière de véhicules circulait dans les airs. Incapable d'appréhender tout ce qu’il voyait, Lock s’efforça de se concentrer sur une chose à la fois.

Il s'intéressa tout d'abord aux jardins se trouvant sur les toits des tours dont le sommet lui était visible. Des plantes vertes s'y déployaient, des arbustes comme le jeune homme n'en avait plus vus depuis sa prime jeunesse. Certains bâtiments semblaient même entièrement couverts par une forme de végétation rampante.

Au centre de son champ de vision trônait un bâtiment qui jaillissait du sol comme une tour ordinaire mais était surmonté par une énorme structure sphérique. Des véhicules stationnaient sur les petites plateformes qui recouvraient sa surface.

Une gigantesque structure rectangulaire se dégageait plus loin, partiellement dissimulée à la vue du jeune homme. Elle n'était pas la plus haute mais était assurément la plus étendue. Sur son toit plat reposaient des véhicules qui, étant donné la distance, étaient de très grande taille.

Des vaisseaux de guerre peut-être ? Ce serait le spatioport ? 

Mogrador avait été à la pointe de la recherche spatiale. La cité-Etat était la première nation à réussir un vol hors de l'atmosphère, une fierté que même un enfant de la ville basse se devait de partager. Cette avance technologique avait ensuite été détournée vers la construction d'engins de destruction.

Revenant à son inspection des lieux, Lock repéra un grand miroir ovale et le rejoignit. Son reflet lui présenta un jeune homme pâle qui portait une combinaison moulante grise, légère et confortable. Il remarqua une paire de bottes cirées à ses pieds et les chaussa sans hésiter.

Je ne sais pas comment j'ai atterri ici, mais mieux vaut être prêt à s'échapper à la première occasion.

Il s'approcha ensuite de ce qui semblait être la seule porte de la pièce. Il s'agissait d'une surface métallique parfaitement enchâssée dans le mur, presque sans aspérité, mais c'était le seul indice d'une issue. Un panneau de commande trônait à côté, proposant plusieurs boutons colorés sur lequel le jeune homme pianota au hasard. Il n'obtint que de petits bips sonores.

Le regard de Lock revint vers la pièce et tomba sur le panier de fruits qui ornait la table centrale. Il se saisit de l’un d’eux et l'étudia. De la taille d’une pomme, l'aliment était orange et légèrement rugueux. Lock le renifla et découvrit un parfum exotique. Son ventre gargouillant l'encouragea à mordre dedans, mais il recracha aussitôt, choqué par l’amertume.

— La peau ne se mange pas, commenta une voix sarcastique dans son dos.

Lock sursauta et découvrit le battant de la porte décalé sur le côté ainsi qu'une jeune femme dans l'encadrement.

L'inconnue avait des cheveux dorés coupés à la garçonne et laissés en désordre, des yeux bleus encadrés par des traits fins et harmonieux. Le sourire hautain qu'elle lui adressait semblait aller de pair avec son charme indéniable. Ce qui frappa Lock le plus vivement, c'était l'uniforme qu'elle portait : une copie conforme de celui des Gardiens, à ceci près que le siens était blanc et non orange.

— Où suis-je ? Qui êtes-vous ? interrogea-t-il sur la défensive.

— Tu es dans les quartiers résidentiels de l'académie aéronavale de Mogrador, rétorqua-t-elle comme s'il s'agissait d'une évidence. Je m'appelle Lina, j'ai été désignée pour être ta marraine.

— Ma quoi ?

— Suis-moi.

Elle se tourna vers la sortie mais il ne bougea pas. Son cerveau turbinait à vive allure.

Dans l'académie aéronavale ? Incroyable, qu'est-ce que je fiche là ?

— Hé, on va pas y passer la journée ! insista Lina en fronçant les sourcils.

Avec son air sévère, elle le fit brièvement penser à Elia. Ne voyant aucune autre option, il obéit et découvrit un long couloir. Les murs étaient en métal brut et brillant, le sol couvert de ce revêtement textile présent dans la chambre. Lina partit d'un pas vif, il s'empressa de lui emboîter le pas.

— Comment suis-je arrivé ici ? questionna Lock en se mettant à la hauteur de son guide.

— De quoi te souviens-tu ?

Le jeune homme fronça les sourcils.

— Des gens sont venus toquer à ma porte. On m'a assommé, je pense.

— Oui, c'est souvent comme ça que se passe l'enrôlement chez vous, approuva la jeune femme mécaniquement.

— Le quoi ?! Comment ça  « chez nous » ? 

Lina s'arrêta pour le fixer droit dans les yeux.

— T'es long à la détente toi. Les "petites gens", "les habitants des bas quartiers", ceux d'en bas quoi ! T'as dû trouver une sorte de cristal blanc, tu t'en souviens de ça ?

— Heu... oui ? confirma-t-il après une brève hésitation.

"Trouvé" n'était pas le terme le plus adapté, mais son interlocutrice n'avait pas l'air d'y attacher d'importance.

— Pour faire court, ce cristal s'appelle un Nova, le fruit de plusieurs décennies de recherche sur l'énergie cristalline, expliqua-t-elle. Il s'agit à la fois de l'alimentation et du système de commande de la nouvelle génération de vaisseaux de bataille de la flotte Mogradorienne.

— Un Nova ?

Lock songea machinalement qu'il n'avait pas été assez payé pour son butin. Une porte s'ouvrit sur leur droite et un homme mûr pourvu du même uniforme que Lina en émergea. Il fixa les deux jeunes gens à tour de rôle et Lina le salua d'un bref hochement de tête, puis il partit dans la direction qui était également la leur.

— C'est bon, on peut lui emboîter le pas ? reprit Lina sur un ton qui trahissait l'impatience.

— Pourquoi un truc comme ça se trouvait-il dans une caserne de Gardiens ? Le Nova je veux dire, questionna Lock après s'être remis en route.

— Il s'agit d'un test, expliqua Lina avec un rictus de dédain. Seuls des élus peuvent manipuler un de ces cristaux.

— Comment-ça ?

— Pour contrôler un vaisseau de classe Nova, il faut des pilotes capables de communiquer avec le cristal central. Les pertes ont été importantes au début de la guerre et le nombre de candidats compatibles vite insuffisant en se limitant à la ville haute. Un système de sélection a alors été imaginé pour trouver des recrues dans les classes sociales inférieures.

Lock grimaça à l'idée d'avoir été testé sans le savoir, cette façon de faire était à la fois ingénieuse et incroyablement méprisante. Lina en parlait pourtant comme si la chose était parfaitement normale !

— J'ai donc réussi ce "test" ? lâcha-t-il d'un air aigre. 

— Évidemment ! Tu es en vie non ? 

— Quoi ?

Le jeune homme s'arrêta sur place, médusé de ce qu'elle sous-entendait.

— Ceux qui touchent un Nova sans être compatibles subissent un puissant contrecoup psychique, continua la jeune femme comme si de rien n'était. Leur cerveau ne peut supporter ce contact et, le plus souvent, ils meurent sur le coup.

Un frisson secoua Lock qui repensa à cette pierre, à la façon dont il s'en était saisit à la hâte sans la moindre idée de la mort violente à laquelle il s'exposait. 

— Pas tous ? finit-il par demander d'une voix légèrement éraillée.  

— Il arrive que certains survivent, mais leur esprit en miettes. Ils ne parlent plus, ont des regards vides...

— Combien de gens ont subis ce sort ? Combien ont été "testés" sans savoir ce qu'ils faisaient et en ont payé le prix ? explosa Lock.

Ses émotions devenaient incontrôlables, il passait de la peur à la colère. Que les vies des habitants de la ville basse soient traitées avec si peu d'égard le révoltait au-delà de toute mesure.

Tout ça pour quoi ? Que les nantis puissent mener leurs guéguerres ?

— Pas la peine de t'en prendre à moi, je n'y suis pour rien, trancha Lina d'un ton dur.

Lock la foudroya du regard, mais elle ne détourna pas le sien et lui tint tête suffisament longtemps pour que le jeune homme n'ait d'autre choix que de se capituler. Il était en terrain inconnu et dépendait d'elle. 

— N'existe-t-il pas un moyen d'être testé sans risquer d'y laisser la vie ? lâcha-t-il finalement.

— Bien sûr que si, aucun enfant de la haute société n'aurait pu devenir pilote sinon, rétorqua Lina sur le ton de l'évidence. Il suffit de faire entrer un peu de poussière de Nova en contact avec la peau. Si tu es compatible ça ne te fait rien, sinon tu t'en tire avec une petite cicatrice.

— Mais alors, pourquoi ne pas...

— On ne peut pas laisser filtrer des informations détaillées sur les Nova et leur fonctionnement comme ça. Les ennemis de Mogrador auraient tôt fait d'apprendre comment utiliser nos armes et les retourneraient contre nous.

— Tu viens pourtant de me révéler beaucoup de choses, souleva Lock.

— Oui, mais tu es une recrue désormais, riposta Lina comme s'il s'agissait une évidence.

— Une recrue ? Et qu'est-ce qui va m'empêcher de filer ?

La jeune femme lui adressa un sourire de défi.

— Tout d'abord parce que tu as hérité de la pilote la plus douée et populaire de toute l'académie comme marraine. Tu n'as pas intérêt à me faire faux-bond. Ensuite...

Lock fit la grimace, mais remarqua que le visage de son interlocutrice s'était soudain assombri et craignit le pire.

— Tu as vu la perfusion non ? À ton réveil ? questionna Lina.

— Le truc trouble ?

— Il s'agit de fines particules de Nova en suspension. Tu es resté deux jours sous sédatifs tandis que ces grains de cristaux étaient introduits dans ton organisme. Le but est double : te permettre de contrôler un Nova mais également te rendre dépendant. Si tu passes trop de temps sans entrer en contact avec l'une de ces pierres, tu en subiras les conséquences.

— Comment ça ?

— Faiblesse physique pour commencer, puis viennent les maux de tête, migraines, difficultés à se concentrer... À long terme, le manque rend fou.

— Vous m'avez drogué ?!

— La confiance a ses limites, d'ailleurs je suis dans le même cas que toi. Tous les pilotes le sont. Mais nous arrivons...

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