La boutique de magie

4 minutes de lecture

Ma journée au travail se répète ainsi chaque jour.

Une fois franchi les portes, je découvre les cartons des marchandises à même le sol jetés ici et là par ces satanés gobelins qui se cachent entre les rayons. Je m'occupe alors avec mes collègues de vider les cartons et d'en remplir les rayonnages. Puis il nous faut gérer Bertha, la machine à laver le sol. Cette dernière n'en faisant qu'à sa tête m'oblige à éviter les rayons qu'elle n'aime pas. Et quand je l'y oblige, elle éternue sa mousse et sa bave tout le long. Mais bon, ce n'est pas très grave de toute façon. Dans ces rayons, il faut toujours que je passe la serpillière car Franc, le monstre de slimes qui vit dans le faux plafond, ne fait qu'y vomir. Puis une fois tout rangé et le magasin propre, je prends la caisse, accueillant avec sourire les premiers clients. Au début ça va, mais petit à petit les articles commencent à vouloir s'amuser, courant et sautant vers le sol afin de retourner dans les rayonnages ou de vouloir jouer à cache cache.
Ma collègue vient me remplacer pour une pause bien méritée avant le gros rush de la journée. Je me dirige vers la salle de repos, dépointe auprès de Miss la Pointe puis je bois et mange quelque chose me préparant au client un peu spécial. Quand je dis spécial.... N'y voyez rien de déplacé, je n'ai rien contre les démons mais avec ces gens-là il ne faut pas faire d'erreur ou alors vous risquez votre vie. Brusquement, j'entends un collègue m'appeler au secours. Je fonce vers l'endroit où il se trouve passant calmement devant les clients. Après tout, eux ne peuvent pas savoir ce qui se passe puisque ici nous communiquons tous par télépathie. Au début c'est bizarre, et lorsque ça s'arrête, cela fait du bien mais c'est quand même bien pratique. Si je ne l'avais pas eu cette technique de télépathie la dernière fois ces foutus articles m'auraient enseveli juste parce qu'ils voulaient jouer à chat. Heureusement que Beni était venu à ma rescousse.

Une fois dans la réserve je franchis les obstacles comme chaque jour, les vêtements ensorcelés et ces cartons emplis de poussière magique. Puis je me retrouve devant Beni enfermé dans ce fichu Rack tentant par tous les moyens de sortir. Les Racks, il faut le savoir, sont des sortes de chariot en métal à roulettes. Sauf qu'à force de transporter nos marchandises ces derniers prennent vie à cause de la magie, du coup lorsque vous prenez les articles ils font tout pour attraper autre chose.

- Rack, ça suffit maintenant, lâche-le ! m'écriai-je.

Le chariot recula secouant la tête.

- Rack, ne m'oblige pas à venir, tu sais ce qu'il se passera si Faucon te voit; il va te renvoyer.

Le chariot recule et tremble de peur, comme d'habitude la menace du faucon fonctionne. Rack ouvre grand la bouche et recrache Beni qui me remercie vivement. Entretemps ma pause est finie, je retourne voir miss la pointe qui cette fois refuse de me laisser y retourner.

- Je vous jure celle la qu'elle capricieuse ! pensai-je

Alors comme d'habitude je suis obligée de lui parler avec éloquence et politesse pour qu'elle me laisse y retourner.

A peine je franchis la porte de la salle de repos que je sens une aura oppressante. Cela ne pouvait signifier qu'une seule chose: Faucon était arrivé. Si vous vous demandez qui est Faucon je vais vous l'expliquer. Faucon n'a pas vraiment de corps à vrai dire, c'est seulement une entité mystique qui surveille le magasin. Il est d'une grande aide pour cela mais il est vrai que son regard inquisiteur est un peu gênant surtout qu'il n'aime pas trop quand on travaille en parlant. Mais bon, comme dans tout travail, il y a des bons et des mauvais côtés. Je regagne ma caisse passant devant ma responsable, cette dernière comme à son habitude est assise sur l'une des étagères, riant et observant la situation avec ses yeux de chat. Car oui ma responsable est une femme-chat, avec des oreilles de chat, une queue et des griffes, heureusement je ne l'ai jamais vue s'en servir. D'ailleurs le plus souvent elle ronronne.
J'arrive enfin à ma caisse prêt à affrontrer les ogres, ces derniers achètent à tout va. Ils sont généralement deux, un posant les articles, l'autre les engloutissant à une vitesse folle. Puis vient les sorcières rouspétant que beaucoup d'articles manquent et que les rayons sont vides. Comme à chaque fois je m'excuse, disant que nous n'avons pas reçu l'article ou qu'il a été victime de son succès. Mais en réalité je sais ce qui s'est passé, comme à chaque fois les articles sont allés se cacher dans d'autres rayons ou sous les étagères. Ce soir encore il va falloir les chercher et les remettre à leur place. La journée est éreintante passant à une vitesse folle, aujourd'hui seuls quelques mages sont venus me poser des questions, malheureusement je n'avais que peu de renseignement.

Puis, une fois le dernier client parti, je retrouve mes collègues pour une petite pause avant le dernier acte, pendant ce temps on s'échange nos histoires de la journée. Une collègue me raconte avoir dû essuyer le sol derrière une limacie (une créature moitié humaine, moitié limace), une autre me dit qu'un vampire a tenté de lui prendre du sang, puis celle à moitié sirène nous dit que tout s'est bien passé pour elle, normal après tout avec sa voix elle a dû tous les ensorceler. Et le dernier, mon Beni qui n'arrive pas à se remettre du baiser d'une grenoumaine (une femme grenouille). Personnellement, je rigole dans ma tête: lui qui s'était vanté la dernière fois d'avoir un ticket avec deux jeunes femmes loup-garou.
Brusquement, ma responsable tape des pattes et dit :

- Dépêchons-nous afin que nous rentrions vite chez nous, miaouuuuu.

Moi et mes collègue nous donnons à fond, rangeant le magasin, retrouvant les articles qui s'était cachés puis préparons le terrain pour l'équipe de demain. Bien qu'hélas comme toujours les créatures qui hantent ces lieux vont encore mettre la pagaille cette nuit.

Enfin, c'est comme ça.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 3 versions.

Recommandations

Vous aimez lire Williams ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0