Chapitre III : Mon beau miroir

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Bureau du doc.

Le bureau de l’infirmier n'était pas du tout impropre, seul l'atmosphère sonore était remplis grâce à un poste de radio qui envoyé un morceau de Fall Out Boy. Le morceau était au nom de Just One Yesterday et son refrain était poignant, ça m'émoi presque. Un bureau simple, rempli de conséquence. C'est ce médecin. C'est lui qui annonce la couleur, la sentence. Et comme dirait un certain Denis : elle est irrévocable.

- M. Lucas, je ne vais pas passer par quatre chemin : Vous avez une perturbation psychologique. Votre cerveau à péter un plomb, et c'est un beau bordel à l'intérieur. Es-ce que vous avez été bouleversé ses dernières semaines ?

- Non monsieur.

- Es-ce que vous ressentez des troubles du comportement ? des problèmes de peau liée au stress ?

- Non, non. Ça me chatouille ou ça me grattouille, mais rien d'important.

- Je vais vous soumettre à des spécialistes. Votre vie, physiquement, n'a aucun danger. Par contre psychologiquement... vous risquez des liaisons.

- Des liaisons dangereuses ? demandai-je.

- Dangereuse pour votre vie et celle d'autrui, j'en suis convaincu.

- Et... il existe... une sorte de traitement ?

- On va vous soigner, après il existe plusieurs méthodes pour soigner ce genre de problème. Je suis, par la suite, revenu dans ma chambre d'hôpital pour faire mes valises.

- Vous aller revenir me voire ?

- Je ne sais pas. Par contre, tu peux me tutoyer. Elle sentait le lilas et le litchis. Après avoir bu un verre de cassis, elle me demande pourquoi j'ai peu d'affaire sur moi.

- Je ne viens pas avec ma maison généralement, je sais même pas ce que je fais ici ! J'étais au travail puis... plus rien.

- Tu vis et travaille où ? Demande Marina.

- 31 Rue Kennedy, si ça te dit quelque chose. Je travaille dans le stockage, au doc à côté de la même rue.

- Tu partais donc pour le travail ?

- Oui, il faisait encore sombre et froid. Sur les pavés, et non pas à la plage, il y avait personne et l'ambiance était morte. Pas de vent, pas de passant, uniquement un silence naturellement effrayant.

- Et ensuite ? Dit-elle curieuse.

- Je suis arrivé à destination, j'ai ouvert trois portes pour accéder à mon bureau. Puis mon miroir...

- Quoi ? S'exclame la patiente.

- Non, rien.

- Et donc... tu vas aller revenir me voire... ? Demande une deuxième fois Marina.

- Je ne sais pas, je vais dans un endroit où seul les audacieux sont en paix.

- Je connaît qu'un seul lieu où les audacieux peuvent vivre. Cet endroit, c'est un lieu où la Mort est le maître.

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Deuxième roman, preneuse de conseils, bonne lecture!
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Une limousine noire attendait près d'une barrière en bois. Le moteur chauffé, le tronçon de route bordait une falaise et une vue, sur un gouffre où grimpait une nature vierge. Entre un trench-coat grisâtre et un chapeau grisé par les années, une goutte de pluie vint éteindre une cigarette, dans la main d'un barbu. Il releva son chapeau. Ses yeux étaient de la même couleur que sa cravate, bleue et détachée. Adossé à la voiture, l'agent Storm attendait patiemment que Musashi ait fini de saluer son vieil ami. L'inspecteur avait quarante années de service derrière lui. Il avait quitté son pays avec sa famille et était de retour chez lui depuis qu'Eïchrana avait baissé les armes. L'inspecteur l'avait fait parce qu'il se savait malin. Mais il maudissait sa clairvoyance, pour les moments où elle le trahissait. Comme lorsqu'elle l'avait fait revenir ici. Il avait servi dix ans au Japon, s'était échappé. Puis il s'était transformé en un policier aventureux, d'abord cinq en aux U.S.A, puis huit ans à Haïti et le reste en Europe ; entre la France, l'Italie et l'Allemagne. Il y a du mal partout. Le véritable mal, celui qui dort dans la bête humaine, c'était les hommes comme lui qui y étaient confrontés. C'était involontairement, qu'il était tombé dans le cliché du vieil inspecteur barbu. Se demandant s'il avait tout vu ou s'il ne voulait plus rien voir, il était à quelques mois de sa retraite et aujourd'hui et s'était engagé à assurer la sécurité de l'homme le plus dangereux du monde. Mais il fallait maintenant attendre que ce fantôme, vivant, ait fini de vider sa vessie ! Une jeune femme vint interrompre le va-et-vient de Storm.
" Vous allez bien ? Où est le seigneur ? Dit une voix énergique et aigue. "
À croire qu'elle avait raté sa vocation de journaliste, pensa le bonhomme qui rallumer sa cigarette. C'était une dame de la hauteur et de la posture propre au corps du mannequinat. Ses habits de dirigeant macho faisaient ressortir sa féminité. Elle était rousse, son chignon et les fines rayures argentées de son costume lui donnaient un air sérieux. Elle était souriante, curieuse, pressée d'entendre la réponse, peut-être pressée de parler. Elle n'était pas japonaise, égyptienne, peut-être. L'inspecteur reconnaissait les symboles d'un petit village d'Hokkaido sur ses bijoux; un trop petit village pour qu'un touriste y ait quoi que ce soit à faire. C'était une mémoire eidétique en face de vous, jeune fille. Aussi maline paraissait la nouvelle arrivante, elle ne pénétrerait pas l'esprit d'un homme à ce point différent.
" Le seigneur… Rétorqua-t-il, ironiquement révérencieux. "
Un homme aux dons surnaturels avait été envoyé par la mort pour protéger le Japon et on l'appelait seigneur. C'étaient ses grands-parents, qui devaient se retourner dans leur tombe. Ses intentions étaient bonnes, il coopérait avec la police après tout, ce roi des revenants.
" Pensez-vous qu'il soit réellement sincère inspecteur ?
- Vous êtes le moyen le plus sûr de le savoir si je ne me trompe pas miss…
- Appelez-moi Neki, lança-t-elle avec une tape légère sur son épaule. Vous avez un visage sympathique.
- Merci. Mais Storm reprenait vite son sérieux, comme tout vieux de la vieille. C'est bien là le but de votre présence ici miss Doyeitha, vous êtes responsable de la sécurité publique auprès du seigneur Musashi …
- J'accomplirai ma tâche avec honneur n'ayez aucune crainte monsieur…
- Agent Storm…
- Eh bien agent Storm laissez moi faire mon travail. Je suis sûr qu'il n'est pas si terrible après tout. Il fait un temps splendide plus loin, vous devriez rouler au hasard. Pourquoi ne pas sortir apprécier votre journée et aussi me dire où il est en partant.
- Vous êtes les yeux de la population et la voix de cet homme. Alors, si vous êtes trop impatiente, allez dire au public que le revenant est en train d'uriner. Conclut l'inspecteur avec un sourire radieux.
L'altercation s’arrêta là et Storm s'assit dans la limousine, tandis que Neki s'appuyait sur un pylône les doigts croisés dans son dos.
- Vous pensez vraiment qu'il a raison, que ces choses ne vivent qu'ici ? Vous êtes inspecteur, la déduction c'est votre talent caché non ? Demanda-t-elle, comme si elle l'évaluait, tout en réclamant inconsciemment de l'empathie.
- Il n'a pas aimé qu'on fasse des statues de lui. Il dit qu'il voit tout le Japon. Je pense, que nous pouvons juste prier qu'il ne soit pas trop tard et qu'on peut placer notre confiance en lui, si l'espoir n'est pas qu'un fantasme de nos esprits pollués.
- Il n'y a plus aucune communication possible avec l'extérieur Storm, nous ne savons pas jusqu'à quand. Il ne sait pas jusqu'à quand. L'espoir ce n'est pas assez pour me faire avaler ça. "
L'inspecteur fut surpris, il s'était trompé. Elle n'était pas une bleue, elle n'avait pas de parti pris, elle était réellement noble devant sa tâche. Neki continua de parler, Storm ne s'était donc pas trompé sur ce goût-là.
" J'étais dans les premières lignes, lorsque nous avons brûlé la maison du dictateur monsieur, mon ami a perdu l'usage de ses jambes ce jour-là. Luttons-nous donc pour lutter à jamais ? Vous avez l'air de savoir tant de choses…
Mais cela, il ne le savait pas Mademoiselle, il n'en savait fichtrement rien.
- Pas besoin de faire confiance pour lutter contre un ennemi commun, pas réellement…
- Vous pouvez vous méfier de moi. Je ne vous ferai pas de mal, mais vous ne pourrez jamais en être sûr. Qui est-elle ?
- Nïten, répondit Storm. Je vous présente mademoiselle...
- Abinneki, coupa court la demoiselle en tendant sa main. "
Elle observait le visage du revenant perplexe. Son regard luisait et ne pouvait pas quitter l'étrange œil de son interlocuteur. À travers l’œil d'Abinneki, Musashi alla demander aux étoiles quel avait été le chemin qui avait mené cette jeune femme jusqu'ici et jusqu'où irait-elle, avant sa mort.
" Doyeitha Wahab Abinneki, enchanté, précisa humblement l'icône japonaise.
Elle resta un instant pantoise et reprit : je suis attachée médiatique, responsable du domaine de la sécurité publique. "
Musashi sourit et laissa la jeune femme ouvrir le bal. Elle l'accompagna jusqu'au poste de police et tenu les journalistes à l'écart alors que Musashi avait à converser avec les gardiens de la paix. Il fut retenu, au point de devoir ouvrir la porte, faire fondre les vitres du poste, faire parler les chiens de la brigade canine, pour qu'on puisse enfin l'écouter sans vouloir le piéger. L’œil d'un dieu rêvait désormais dans son visage, rien n'était impossible dans sa conscience, l'énergie était partout. Mais Fujiwara-No-Genshin sentait qu'il ne devait pas abuser de la perspective que donnait cette illusion sur les choses. La réalité, il devait la ressentir. Ce que son cerveau lui montrait désormais était bien trop complet, pour qu'il comprenne ne serait qu'un dixième des choses.
Étrangement et avec le plus grand des plaisirs, il remarqua que le parfum de Miss Doyeitha aussi, le ramenait à la matière qui environnait son corps physique. Lorsque Nïten mit le pied hors du poste de police, une équipe de scientifiques attendait au bas des escaliers. Il était temps d'en finir avec les envahisseurs carnivores. Il fallait commencer par éliminer tous les kwöns qui s'étaient montrés, alors que Musashi devait attendre dans une salle. Il fallut nettoyer les terres nippones, les véhicules militaires à dispositions et les actions misent en œuvre firent désordre sept heures durant. Néanmoins, les terres purgées, il ne resta plus que le sommeil à rejoindre. Le Japon laissa au samouraï le droit de fermer l'œil gauche cette nuit-là et le rêve de Nïten fut bien étrange. Le premier qu'il put comprendre et mémoriser sans aucun effort et Abinneki, était partout où il regardait.
Le samurai évoluait dans un monde sans perspective. Les formes changeaient sans explication, de façon discontinue. Les îles s'imprégnaient comme une toile de fond, sur des taches de couleurs qui se solidifiaient, pour former les décors du songe. Les arbres de son enfance n'étaient plus là. Les troncs et les feuillages de gouache séchée, laissaient leur sève rougeâtre s'étendre, sur la terre et l'herbe blanche. L'écorce orange des séquoias se distordit et la flore muta, pour prendre la forme des anciens ennemis du vagabond repenti. Il les brisa sans faiblir, comme d’antan. La jeune femme était là, elle l'observait, immobile. Un soleil vert déchira la blancheur du ciel et une ombre noire domina le lieu, hypnotique et inquiétant. Des démons brisèrent la terre pour en sortir. Ils courraient, mais ignoraient l'homme en armure. Nïten brandit son sabre. L'ombre au loin s'agita et ses formes se firent distinctes. Le torse d'un chevalier cornu et barbu, qui l'attrapa soudainement dans sa main géante. Il fut soulevé et montré au soleil, d'où retentit un cri strident. À ce moment, Takezo n'eut plus aucun contrôle. Debout dans la paume du colosse qui n'était qu'une épaisse couche d'ombre, il laissa l’œil d'Anubis aller, afin de trouver une signification à tout cela. Dans le crâne sans visage du ravisseur, un trou béant se creusa en déchirant la chair noire. Ses dents effilées et blanche tracèrent un sourire et expliquèrent au revenant :
« Ce n'est pas toi qui rêves misérable, toi, tu ne sais même pas qui je suis. »
Musashi sauta, épée la première, prêt à mettre fin à ses enfantillages.
Il chuta, lorsque ses pieds touchèrent terre, car la terre se brisa tel le verre, comme son propre corps. L'espace d'un instant, le monde ne fut constitué que de nuages, il tomba d'un bout à l'autre du globe, d'une ville à l'autre, jusqu'à tomber sur une surface dure et sentir l'onde de choc se propager jusqu'à sa mâchoire. Il se retrouva au centre de l’œil d'Anubis. Soudain, dans les milliers de symboles qui défilaient sans arrêt, un message glissa devant Nïten : " Mon nom est Mahévé. "
Un détail qui lui revint quelques mois plus tard alors qu'il tentait de rêver, pour la seconde fois, depuis son retour à la vie. Le même colosse barbu se tenait devant lui. La nappe d'ombre qui cachait autrefois sa physionomie, ne le couvrait plus. Ses cornes étaient jaune, sa peau légèrement turquoise. Assis en tailleur, Musashi ne bougeait pas, fixant son adversaire silencieusement. Depuis le jour où le géant noir était apparu dans ses rêves, il n'avait pas pu s'empêcher de vouloir l'affronter. Il n'en avait que faire que ce rêve ne concerne pas son esprit en réalité. Pensait qu'il n'agirait pas, c'était ne pas connaître le démon qui avait toujours sommeillé en Shinmen. C'était lui le monstre dans cette arène abandonnée, sur laquelle il était allé le rencontrer ce soir-là. Cette fois, ils n’échapperaient pas au combat.
Nïten comptait bien utiliser l'œil d'Anubis pour forcer l'adversaire à se tenir face à son destin. L'armure du géant cornu cliquetait, c'était suffisant pour le repérer. Son corps n'était jamais sorti en entier du sol. Une vapeur noire qui sortait de son thorax et de son bassin, était probablement l'énergie qui le rendait dangereux. Musashi avait déjà combattu sur cette plage, dans son autre vie. Il chercha des alliés. Parmi le nombre de fées que compte le monde des rêves, Nïten en décela une qui s'amusait à secouer un parterre de fleur. En échange de trois ans en plus sur sa petite vie, la petite fée au crâne rasé s'envola fermer le décor. Sa tête bleu et tachée de mauve, ainsi que sa robe en tentacules de méduse, gigotèrent pour révéler une serrure céleste à Musashi. Elle devint la clé et s'incrusta dans la peau de Nïten, comme un tatouage.
Il était prêt. Comme lorsqu'il avait tué son premier samouraï. Là aussi, il n'était qu'un enfant devant son adversaire. Comme lorsque le tigre avait accompli sa plus belle chasse. Alors qu'il s'accroupissait en saisissant lentement le manche de son sabre, Takezo lia deux autres pactes. Dans le savoir de la magie, il chercha comment blesser la bête et assurer son retour dans un réveil. Il prononça le nom d'une muse qui avait depuis toujours inspiré les créateurs d'armes, à travers leurs rêves. Elle lui offrit un don, que son rêve éveillé concrétisa dans un bokken d'acier blanc. Mahévé le prévint qu'il n'existait pas de sabre qui puisse trancher la peau d'un djinn aussi important que sa cible.
Un diablotin à la tête démesurée grimpa ensuite sur son épaule et vint négocier à son oreille.
" Je suis celui qui m'amuse avec tes cauchemars Nïten.
- Alors, réveille-moi quand il le faut.
- J'ai bien quelques tours, c'est vrai. Mais ce machin-là, c'est du costaud. S'il est assez bon pour t'avoir et c'est le cas, tu n'auras pas le temps de me faire de signes, mon vieil ami. Te réveiller avant qu'il ne t'anéantisse, c'est ce que je fais depuis que tu as croisé sa route, brute imbécile. Dit-il en sautant partout sur le visage du revenant.
- Pourquoi ai-je tellement envie de l'affronter ?
- Tu l'as dit toi-même. Tu vas protéger ton pays ! Si cette chose est sur ton pays, ton pays est en danger ! Là où tu es, ne pense pas pouvoir reculer. Ces choses n’appartiennent pas à tes rêves. Ton envie de te battre Nïten, ce n'est que ta malédiction, c'est injuste de te demander de revivre un karma oublié. Mais il n'y a pas de justice chez les dieux. Tu veux la certitude de pouvoir te réveiller. Je t'offre un lien qui n'appartient qu'à toi. La serrure de ta fée t'attirera jusqu' elle. Mais attention samouraï, ce même portail sera fermé, une heure durant chaque jour. Je n'ai pas eu beaucoup de temps pour toi depuis ton retour après tout. Je veux une heure qui n'appartiendra qu'à moi, où ton corps physique n'aura plus aucune influence sur le monde des rêves. Une heure de sieste et le monde réel t'appartiendra comme t'appartiennent tes rêves, pendant tous le temps où tu seras éveillé. Je m'occupe des détails avec l'esprit des terres, n'ai pas d'inquiétude. Donne-moi ton épée."
L'arme fut enduite d'une aurore boréal. Le samouraï ne put en obtenir plus et le diablotin disparut dans une bouffée de fumée rosâtre.
Un chevalier mystique contre un autre, Nïten était curieux. Cette aura attendait depuis longtemps sur les plages nippones, sans s'expliquer.
" D'autres géants siègent sur ces territoires, pourquoi souhaites-tu t'en prendre à moi, petit humain ?
- Toi, tu n'es pas d'ici, que veux-tu à ces terres ?
- J'ai conclu un marché avec ton pays, il aura lieu que tu le veuilles ou non. Sais-tu ce qu'il y a de dramatique dans cela ? Il aura lieu ce soir et ta barrière va s'envoler. Juste un instant, petit homme.
- Tu ne me connais pas. Tu penses que je ne sais pas qui tu es. "
Musashi entama les premiers pas en dégourdissant son bras, fauchant sur les côtés, étirant son épaule.
" Tu ne sais pas... Le jugement humain est faible. Tu perdras pour ça. "
Le géant battit des poings et le sol trembla, Nïten chargea vers la bataille. Il sentait un petit point de chaleur dans son esprit ; la vacuité que lui avait promise le peintre de ses cauchemars. Le mastodonte tenta d'écraser le rônin comme un moustique près du sol, une occasion parfaite pour tester son arme sous sa nouvelle forme. L'impétuosité du géant inspira la sagesse de Nïten et il se cacha sous l'avant-bras du colosse. La lame ne pourrait pas le trancher, mais si elle pouvait lui faire mal, c'était partir sur de bonne base. Le guerrier japonais tenta de briser le poignet de l'ombre sans jambe. La chose agrippa la main de Musashi et le souleva. La vieille barbe resta un instant immobile devant le petit bonhomme. Il se ressaisit et cria avant d'attaquer de nouveau :
" Mon nom est Baldeer !
- Laisse-moi t'appeler, infection, répondit Fujiwara, avant d'être jeté au sol. "
À peine eut-il retrouvé son équilibre que le géant boxa, mais le géant était lent et Nïten avait toujours eut l'œil pour la distance. De plus, lui aussi visait des petites choses avec son arme sans nom. Des phalanges grosses comme sa tête et des os, larges comme des colonnes vertébrales. Mais bien plus durs, trop, pour que ce soit une bonne stratégie que de s'acharner à les frapper. Sur un tranchant de la main, le samouraï dut sauter dans celle-ci pour rouler et tomber, de façon un peu hasardeuse, au bord de l'eau.
Un petit soubresaut de vague s'engouffrant dans ses bottes. Une nuit surchargée d'étoiles observait l'affrontement. La mélancolie de Nïten réchauffa ses mains. Baldeer frappa vite. Nïten s'y était attendu, il frappa de toutes ses forces et cette fois, un os du poignet du colosse céda. Nïten se concentra pour que son corps reste attaché au monde des rêves afin de pouvoir encaisser le choc qui venait. Projeté par l'élan du coup de Baldeer, son corps trembla et ses talons se soulevèrent. Le sol s'éleva et oscilla. Lorsqu'il fut à deux doigts d'exploser, Shinmen retombait en toute légèreté sur le sol, déchiré de-ci de-là.
Nïten reprit sa position et chargea de nouveau. Baldeer balaya devant lui, Musashi était assez près et plongea pour esquiver le bras. Cependant, lorsque le géant disparut soudainement des yeux de Musashi, la surprise fut de taille. Le tintement de l'armure sombre sonna derrière Nïten, le samouraï ne put que plier sous un coup de coude et rouler sous l'avant-bras de l'ombre chevaleresque qui, n'en ayant pas assez de pétrir l'humain perturbateur, tenta de l'écraser avec sa main ouverte. Sans succès, elle asséna une autre pichenette qui déséquilibra le rêveur, Baldeer en profita pour couper le souffle du revenant d'un tranchant de la main. Le corps de Nïten se souleva sous le choc et retomba comme une plume dans un sable froid.
" Est-ce assez, stupide humain ? "
Le favori d'Anubis s'était préparé à ce combat, il allait pouvoir se relever. Mais cette fois serait peut-être la seule. Il était le seul à voir le monstre et indubitablement, le seul qui pourrait le combattre. Le corps physique de Musashi venait d'encaisser le choc de cette attaque, mais il n'était pas mort. Son corps était aussi dur que son esprit pouvait l'imaginer ; toujours lié à son rêve, grâce au diablotin des cauchemars. Allongé, sur son lit, l'homme endormit toussota et une goutte de sang tacha sa lèvre inférieure. Dans son rêve, il voyait le géant magique, mais le géant magique pouvait voir le rêve et il allait briser l'homme, en brisant le rêve aussi facilement qu'un moustique. Mais Baldeer finit enfin par comprendre lorsque le stupide humain se releva, qu'il n'était pas un moustique. Il était même plus fort que son propre protégé. Le corps physique de l'homme répondait aux règles de ses rêves. Une telle influence sur la réalité était impressionnante, malheureusement, pas assez pour arrêter la manifestation astrale et cornue.

L'ombre géante prit la posture de la grue. Nïten aussi, était prêt pour un autre tour. Un coup de la paume que le samouraï para, la pointe de l'arme devant lui, lança le signal de départ. L'armure de Baldeer en fut rayée, mais Musashi dut tenir bon, pour que ses jambes ne le laissent pas s'écrouler au sol. Comme l'avait prédit l'ombre en armure, l'humain imbécile pensait que la force d'un esprit ou d'un corps pouvait rivaliser avec sa force à lui, influencée par bien plus, que par la matière ou une quelconque énergie. L'ombre s'agrandit et tenta d'écraser l'homme au sol encore une fois. Nïten aurait imaginé quitter le combat sur le moment, mais à la seconde où il vit la distance suffisante entre lui et la paume de main, il brisa deux phalanges et fêla deux ongles face à lui. Il avait blessé les deux mains de son adversaire, avait-il gagné ?
Au point où Musashi connaissait son corps, ses efforts équivalaient à quatre assassinats sur des guerriers de hauts vols, ce n'était pas assez. Quelle conclusion hâtive de penser à l'espoir si tôt Musashi. Mahévé pourrait-il l'aider ? Le démon des cendres avec lequel il avait marchandé dans le commissariat peut-être ? Très peu de chance qu'il puisse être d'une aide quelconque, cet insolent. Impuissant, Musashi fut soudain enchaîné par un acier de la même nature obscure que son adversaire ; des chaînes vivantes qui sortirent du sable et de la mer. Il vit le danger venir et pour se prévenir d'un coup de tête meurtrier, le sauveur des hommes se focalisa sur le centre de la chaleur, à l'intérieur de son esprit et se réveilla.
Le sang était toujours sur son menton. Son corps était endolori, il roula sur le sol pour se lever et rejoindre sa salle de bains. Lorsqu'il avait été écrasé dans le sable, à ce moment, sa paupière s'était fermée sur Mahévé. L’œil avait cligné, le bouclier avait vacillé et le ciel avait respiré une seconde. Un coup d’œil sur son pays fut l'urgence qui le frappa. Il fallait regarder partout, si une seule bête s'était échappée, c'était la fin, l'invasion mondiale. Rien n'était sûr avec les monstres qui hantaient les rues nippones. Rien dans les eaux, le ciel était tout aussi vide, si ce n'est, les appareils de cette chère A.T.U survolant le dôme, inconscients du danger auquel ils s'exposaient. Une inspection rapide des côtes et des montagnes, puis il se résolut à regarder là où il devait. Éveillé, il longea la plage de Funajima du regard, il ne voyait pas le colosse en armure, mais de toute façon, il ne le voyait jamais lorsqu'il était réveillé. Aucun monstre ne se trouvait sur le sable. Après tout, une chose, même avec la cadence des kwöns aurait-elle vraiment eu le temps de passer ? Il n'avait fait que cligner de l’œil. Justement, il n'aurait pas pu le faire même s'il le voulait, alors comment cela aurait-il pu être sans conséquence pour son pays et pour le monde ? Effectivement, quelque chose était passée ; quelqu'un.
Son canot attendait de l'autre côté de la barrière. Un homme de fière allure portait un lourd paquetage sur la plage. Nïten le connaissait, il l'avait déjà croisé. Dans l'immédiat, il devait convoquer son équipe pour partir récupérer le soldat. À la sortie, Neki et Sakuchi l'attendaient, les mains un, deux et trois dors et déjà dans la voiture, pour rejoindre la plage...
" Ravi de vous revoir, Midraël Beethoven.
- Je ne peux malheureusement pas en dire de même. Je suis là en tant qu'amiral de l'A.T.U, ici pour être les yeux et les oreilles de l'humanité. Puisque je suis le seul à avoir pu entrer, je vais repartir et témoigner.
- Comment es-tu entrée ?
- La barrière a disparu, j'en ai profité. Mais en réalité, je suis tombé et je ne suis que très peu sûr de ce qui s'est passé. Je pense que le courant m'a poussé. Cela ne doit pas recommencer Musashi, les frontières ne peuvent pas être fermées.
- Mais lorsque je retirerai cette barrière mon ami, j'ouvrirai la porte au fléau sur le monde entier. Ses monstres qui ont failli prendre ta vie et celle de ton ami, ils se multiplient si vite, qu'ils la prendront, la vie des tiens. On doit les vaincre ici. Ceux qui voulaient partir sont déjà partis. Es-tu là pour nous aider, ou pour nous freiner, Beethoven ?
- Qu'est-il arrivé à ton œil Musashi ?
- J'ai dû faire des sacrifices.
- Ton pays ?
- Je le connais plus que toi.
- Que sais-tu des gens de cette époque ?
- Je sais que j'arrêterai tous ceux qui en veulent à mon peuple et tous ceux qui le freine. Peut-on à ton époque, être humain sans faiblesse et libre sans être seul ? Non ? Alors il n'y a pas tant de différences.
- Juge notre route, si ça te chante. Mais nous avons fait plus d'un petit pas, depuis.
- Tu veux combattre pour la liberté. Tu es parti quand la braise brillait encore. Aide-nous à éteindre la menace, avant qu'elle ne vole de son nid. Je vois, ce qui se passe à l'extérieur. Nous ne sommes pas perdus. On ne navigue pas sur des canots. "
Midraël voulu se saisir de la rame, avec une certaine animosité. Shinmen poussa la rame et mis son sabre de bois dans la main du messager de l'A.T.U.
" Veux-tu te battre contre eux, oui ou non ?
- Si c'est pour la liberté. Mais je t'en prie, expliques-moi tout. "
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