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Depuis la nuit des temps, anges et démons se font la guerre.

L'histoire semblait varier selon les livres, on racontait que les deux espèces ne pouvaient se côtoyer, que les anges faisaient le bien, les démons le mal, c'était la soi-disant incontestable vérité. Et pourtant, ce n’était qu’une pâle copie de la véracité des choses. En réalité, les anges étaient contraints de rendre heureux et les démons maudit pour faire ces atrocités. S’ils n’obéissaient pas, ils mourraient.

Après une ultime querelle entre le paradis et les enfers, Eru, jeune fille de dieu et ange dans toute sa splendeur avait été capturée par les démons.

Ses poings étaient liés, rougis par le métal, son cou aussi, l'empêchant de déglutir convenablement. Elle n’osait pas non plus penser à ses habits souillés, déchirés par le combat, et par le transport bien loin d'être agréable jusqu'aux fonds des abysses. Dieu seul sait comment elle avait trouvé le sommeil – elle s’était plutôt évanouie sous la fatigue et la douleur – et avait rouvert les yeux dans cette pièce sombre.

Où suis-je ? pensa-t-elle.

« Tu es enfin réveillée. »

L’ange tourna la tête. Une démone lui faisait face. Elle est grande, jugea-t-elle malgré la distance qui les séparait, et trembla en découvrant sa beauté : elle possédait de somptueux cheveux bouclés, un visage aux traits diablement gracieux et ce sourire ravageur. Ce fut son regard vert qui acheva de la déstabiliser.

Eru s'agita, pendant que la démone se tournait pour prendre quelque chose sur le bureau qui trônait un peu plus loin.

Qu’est-ce qu’elle me veut ? se demanda l’ange, la mâchoire serrée.

Lorsque Mayaka s'était à nouveau détournée vers elle, Eru avait fermé les yeux, une peur insoutenable naissant dans ses entrailles. Elle sentit la démone s'approcher, d'un pas de félin, comme un prédateur prêt à bondir sur sa proie, elle la dévorerait, la tuerait.

Mais tout ce qui se passa ensuite fut troublant. Le tintement des chaînes d’Eru qui tombèrent au sol froid se fit entendre. L’ange ouvrit brusquement les yeux.

Le regard vert de Mayaka était hypnotisant. Eru perdit une fois de plus ses moyens. Elle trembla. Son pouls s'accéléra aussi, et elle ne put contrôler le frisson sur les membres de son corps devenus aussi mous que du coton, elle n’avait plus aucune force.

Qu’est-ce… dieu, que ce passe-t-il ? Quelle est cette sensation ? pensa-t-elle silencieusement.

Elle n'arrivait plus à détacher ses yeux de ceux qui le scrutaient, haussés d'un air amusé.

« Qui êtes-vous ? questionna-t-elle d’une voix enrouée.

— Tu ne me reconnais pas ? Je suis Mayaka, fille de Lucifer ».

La stupeur qui se lisait sur les traits de la jeune ange fit rire la démone. Elle savait qu’elle avait une sale réputation, au Paradis, comme sur terre, et qui lui plaisait beaucoup car elle lui permettait de se délecter des plus belles grimaces de peur sur ses victimes. Mayaka passa une main sur le visage de la plus pure, créant un frisson aux deux extrémités de leurs peaux.

« Tu es magnifique », souffla-t-elle.

L'ange se raidit au ton rauque de sa voix. La sensation qui frémissait dans son ventre et étouffait sa respiration n’était pas la même que lorsqu’Eru rencontrait ces congénères à cornes, celle-ci aurait dû lui donner mal à la tête, lui couper l’appétit et laisser sur sa langue un goût de métal chaud. Pire, lorsqu’elle se trouvait face à des démons nobles, ses oreilles sifflaient et la bile remontait dans sa gorge.

Alors pourquoi n’éprouvait-elle pas le mépris de sa race vis à vis de Mayaka ?

« Laissez-moi partir », parvint-elle à articuler.

Un rire fendit l’air et Eru sut que sa requête venait d’être refusée. Que lui voulait la fille de Lucifer ? Que lui avait-elle fait ? Et puis, quelle était cette pièce ? Pourquoi étaient-elles seules ? Qu’est-ce qu’elle faisait aux enfers sans se trouver à se voir bruler les ailes par les démons ? Pourquoi venait-elle de lui retirer les chaînes si elle ne comptait pas la relâcher ? Voulait-elle faire d’elle le lapin qui courrait dans le palais avant de se faire attraper par les crocs du loup ?

« Arrête de te poser des questions Eru », siffla la voix de la démone.

L’ange leva la tête vers elle. Mayaka claqua des doigts, enflammant des bougies qu’Eru ne remarquait que maintenant et tira l’immense rideau rouge qui se trouvait au fond de la pièce : un lit, couvert de parures et draps d’un blanc aussi pur que les plumes des ailes de la fille de dieu, se dévoilèrent.

« Approche » ordonna la diablesse.

Sans vraiment comprendre le comment et le pourquoi, Eru s'était levée, incapable de résister à cette puissance démoniaque qui la surpassait avec évidence. Aussi, elle semblait lui dicter chacun de ses mouvements, et elle fut bien trop rapidement, debout, à la merci de son bourreau.

« Déshabille-toi. Je les maudirais pour avoir osé t’habiller ainsi après ton bain, cet accoutrement ne te va pas. »

Eru ne réalisa que rapidement qu’elle ne se sentait en effet pas moite face à la chaleur de l’enfer, mais bien propre. Elle frissonna de peur lorsque son corps agit de lui-même et défit la ceinture de tissus. Ensuite ses mains se posèrent d'elles même sur le bas de son haut, d'un geste lent, avant de tirer pour le passer au-dessus de sa tête. Ses doigts refusaient de s'arrêter et elle se remit à trembler alors qu'elle s'apprêtait à retirer son bas.

« Je vous en prie. Ne faites pas ça, vous… c’est un péché si vous faites cela avec un de mon espèce », murmura Eru.

Les larmes lui étaient montées aux yeux, elle frémissait aussi, mais cela n'avait guère l'air de faire pitié à Mayaka. Oui, elle appréciait même, plus encore, elle se délectait de la voir aussi apeurée qu’un chevreau qui venait de naître et essayait de tenir sur ses pattes. Elle salivait de pouvoir les faire couler davantage lorsqu'elle serait sous elle, acceptant le plaisir qui lui était interdit.

« Les anges et leurs bonnes manières », soupira-t-elle.

Elle fit un pas en avant puis posa une main sur celle d’Eru, l'incitant à poursuivre ses gestes pour s’ôter son dernier tissu.

« Dis-moi beauté, tu ne sais pas que nous n'avons pas de cœur ? »

A la seconde qui suivit ces paroles, l’ange fut nue. Elle avait fermé les yeux, paniquée et encore plus honteuse de se savoir sous le regard brûlant de la démone. Elle le sentait, piquant, lourd, et diablement chaud en parcourant sa peau.

« Allonge toi », ordonna d'une voix suave Mayaka.

La voix résonna dans tout son être. Elle était totalement donnée, offerte à cette femme bien connu du paradis comme étant la fille de celui qui s’était opposé à dieu – ce qu’elle lui faisait était en totale contradiction avec les lois de son Père. Effrayée, Eru entreprit de monter sur le lit, malgré sa puissante volonté de faire sortir ses ailes blanches de son dos et s’enfuir par la première sortie qu’elle trouvait.

« Détends-toi et écarte les jambes. Je ne te blesserai pas. »

Mayaka se glissa entre elles.

Les yeux de la démone ne cessaient de parcourir les formes pures de l'ange qui frissonnait sous elle. Elle tentait de lutter contre elle, contre son aura de dominance qui égalait les plus forts fils de dieux et son pouvoir de persuasion qui était bien plus robuste qu’Eru.

« Ton corps est magnifique, tu es le pêché du désir et de la luxure.

— Vous n'êtes qu'une... » tenta de dire Eru coupée subitement par la douleur.

Ses poumons et sa gorge la brûlaient. Mayaka ricana.

« Une pute ? Aurais-tu oublié que tu ne pouvais pas jurer, ange ? »

Eru voulut lui cracher au visage, mais était bien trop occupée par les sensations incontrôlables que lui provoquait la soumission et le goût de sang qui coulait dans sa gorge. Pourquoi lui faisait-elle ça ? Pourquoi cette démone s’en prenait à elle ainsi ? Pourquoi ne l’avait-on mené en prison ? Ou torturé en lui arrachant les ailes comme elle avait eu vent ? Et quelle était, au-delà de tous ces sentiments désagréables de soumission, l’attraction qu’elle semblait ressentir pour elle ?

« Soit sage. J'essaierai d'être douce », glissa Mayaka.

Eru déglutit. Elle serra la mâchoire du mieux qu'elle le put dans l’espoir vain que ses jambes ne s’écartent point d’avantage, cela ne servit à rien, la démone les força et rapprocha son corps brûlant du sien.

L’ange finit par paniquer. Elle voyait clairement son tortionnaire enlever à son tours ses habits légers, la tunique noire tomba roula sur ses hanches laissant apparaître de fins tatouages. Ce ne fut pas ce qui fit rougir le plus la fille de Dieu, ce qui lui ôta ses dernières barrières fut la vue de ses seins nus et de son fruit humide de plaisir.

Elle tourna les yeux.

« Regarde-moi », ordonna Mayaka.

Elle ne le voulait pas. Non, elle le voulait mais s’y refusait. Mais elle le fit. Eru releva ses prunelles bleues, papillonnant de ses longs cils sous le regard brûlant de la démone.

Si belle, pensa la fille du Seigneur des enfers, elle sera à moi à nouveau.

Et après un bref échange de regard brillant, leurs lèvres se frôlèrent. Une caresse électrique. Une tentation avide et défendue. Leur union était interdite, malgré cela aucune des deux semblait capable de stopper cette tension et cette sensation brûlante d'ivresse.

Eru était perdu entre les deux mondes, celui de la raison qui lui dictait encore de fuir et son cœur, l'incitant à mettre un terme à ce toucher pour s'emparer avidement de ses lippes. La démone se recula, résistant au désir de l’embrasser, puis ferma un instant les yeux, pendant que d'immenses ailes noires se déployèrent dans son dos. Quelques plumes s'échouèrent à leurs côtés et le silence envahit la pièce.

L’ange l’admira. Oui, elle l’admira frissonner, battre doucement de ses ailes identiques aux siennes dans cette couleur ténébreusement belle. Elle était sublime, Eru ne le niait pas. Pourquoi ressentait-elle cela pour cette démone ? Par quelle magie de Dieu l’attirait-elle autant ? Elle posa instinctivement sa main sur sa joue.

Mayaka rouvrit brusquement les yeux, plongeant son vert démoniaque dans le bleu de l'ange. Pourquoi la regardait-elle ainsi ? Pourquoi, avec toute la peur qu’elle sentait à son égard, la fille de Dieu le caressait avec une telle chaleur ? Elle n’hésita plus. Sans laisser une seconde de plus de son éternité s'écouler, Elle s'empara des lèvres de sa douce. Leur langue ne tarda pas à rejoindre l'échange de feu. Eru trembla pendant que leur corps nu se mouvait, l'un contre l'autre, désireux de se sentir encore plus près.

L’ange la repoussa un instant, fébrile à cause des émotions qui la traversaient.

« Vous en avez un, souffla-t-elle.

— De quoi parles-tu ?

— Vous avez un cœur, assura Eru.

— Je ne ressens rien », mentit Mayaka en se redressant.

Elle s'éloigna de la fille de dieu. Néanmoins Eru ne s'était pas avoué vaincu. Elle se leva à son tour, venant à l'encontre de la diablesse, elle s'assit sur ses cuisses, leurs seins s’épousèrent.

« Alors pourquoi bat-il aussi fort ? » demanda-t-elle en posant une main à l'emplacement d'où se trouvait le cœur qui vibrait.

Un sourire s'étira sur les lèvres de Mayaka pendant que la surprise passait.

« Tu te souviens de ta vie sur terre ? » questionna la démone.

Eru déglutit. Ne réalisant que maintenant que c'était elle qui avait comblé l'espace entre elles. Mayaka s’approcha encore plus, si près, que son souffle chaud enflamma le cou de sa douce.

« Avant de vivre cette vie au paradis, te souviens-tu de nos moments sur terre ? » lança le démon à l'oreille de l'ange, venant lui mordiller un peu.

Eru détourna la tête, gênée. Elle ne se souvenait pas bien de sa vie terrienne, pourtant, oui, elle se souvenait de son sourire, de ces yeux qui la regardaient avec amour, de la chaleur de son corps lorsqu’il était proche du sien. Oui, je me souviens, affirma-t-elle silencieusement.

Elle ressentit une drôle de chaleur dans son bas ventre lorsqu'elle la sentit l’attirer dans une étreinte affectueuse. Toutes deux savaient qu’elles succomberaient à la tentation interdite.

« Je vois que vous n'êtes pas aussi insensible aux caresses que vous le laissez paraître, sourit Mayaka en parcourant ses doigts le long des courbes de l’ange.

— Nous n'avons pas le droit de...

— Foutaises ! Si Dieu vous empêche les joies de la luxure, il n'est pas aussi bon qu'il le prétend », grogna-t-elle.

Eru rougit. Personne n'avait jamais osé parler de son souverain père de cette manière. Elle se sentait presque honteuse d’avoir écouté ces mauvaises paroles sans avoir cherché à le défendre.

Mayaka redébuta un échange de baisers passionnés, Eru ne chercha pas à s'y soustraire. Heureuse de ressentir à nouveau ces sensations. Elle était troublée et tremblante, mais se sentait aimée.

La démone la fit basculer sur le lit, revenant sur elle, rêvant le dominer de tout son être. Elle encra son regard dans le sien, plus sérieux que jamais.

« Je te veux, Eru, tu as toujours été elle que je désirais. Celle que je voulais posséder », dit-elle et marqua une pause avant de terminer, les joues légèrement rougies. « Eru, tu es la seule avec qui je suis gentille et la seule que j’ai envie d’aimer. »

L’ange ouvrit grand les yeux, surprise. C'était impossible.

« Les démons ne peuvent pas aimer, murmura-t-elle.

— C'est ce qu'on laisse croire. Et puis je ne suis pas totalement une démone non plus, je suis la fille d’un ange déchut », soupira Mayaka, un faible sourire pendu à ses lèvres.

Elle fit parcourir ses doigts sur la peau douce de la fille de dieu, descendant lentement vers son bas ventre. La démone vint caresser ses cuisses puis sont fruit humide, provoquant un spasme chez l'ange qui la regardait, troublée.

Eru en frissonna pendant que la démone venait se couler plus proche, mettant sa tête dans son cou la mordant gentiment.

« Qu'est-ce que...

— Chut mon ange, apprécie », sourit Mayaka.

Elle pénétra voluptueusement un doigt suivi d'un deuxième une fois qu’elle la sentit assez souple, cela engendra un brasier de douleur et de plaisir mélangés en Eru. Elle lâcha un cri. Incapable de le contenir davantage. Elle versa une première larme, Mayaka vint la lécher de sa langue fendue.

« Regarde-moi, ne voit que moi », supplia-t-elle.

C’était fiévreux, douloureusement bon, étrangement contentant, terriblement agréable.

Elle lui fit l’amour, pas comme à une pucelle, pas comme pour simplement tirer son coup, elle lui fit l’amour. Elle l’aima avec passion, l’enflamma, la caressa, la cajola. Et lorsqu’elle toucha ce point si bon, Eru abdiqua et s’abandonna à la démone.

Peu à peu que ce brouillard de plaisir s'effaça, Eru ouvrit les yeux puis tourna la tête, ne voulant pas affronter le regard de sa diablesse, bien trop embarrassée de ce qu'elles venaient de lui faire. Son souverain Père ne lui pardonnerai jamais. Elle serait à son tour banni du Paradis. Car oui, elle avait aimé tout ce que Mayaka lui avait fait et était prête à lu en redemander.

« Tu n’as pas besoin de rougir maintenant, ces réactions sont normales tu sais.

— Non ! » clama Eru avant d'ajouter d'une petite voix : « Il n'y a que toi qui puisse faire quelque chose d'aussi … d’aussi… troublant. »

Les yeux de Mayaka s'arrondirent alors qu'elle explosait de rire. Cela ne fit que gêner davantage Eru.

« On perd toute timidité après une partie de jambe en l'air ? »

L'ange lui tira la langue et la fille de Lucifer eut le temps de se saisir d'elle, la faisant jouer un instant avec la sienne.

« Laisse-moi t’aimer comme sur terre », implora la démone.

Eru la regarda, presque amoureusement, posa une main sur sa joue et souffla : « Oui. »

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