Une récompense bien méritée - Semaine 2/52

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Angélique avait enduré une journée horrible. Les dossiers et les rendez-vous s'étaient enchaînés de façon désordonnée au point qu’elle incrimina son assistante de passer son temps à batifoler sur Tinder plutôt que de travailler de manière professionnelle.

Sur le chemin du retour, elle se demandait comment elle avait hérité d’une stagiaire aussi négligente. Éreintée, mais décidée à ne pas sombrer dans un abattement superflu, elle ouvrit la porte de l’hôtel cinq étoiles dont elle n’avait jamais osé franchir le seuil. Non parce qu’elle ne possédait pas les moyens d’y consommer un de leurs cocktails onéreux, mais elle n’en avait jamais éprouvé le besoin.

Néanmoins, en cette fin d’après-midi, elle écouta cette pulsion de se fendre dans la masse masculine de courtiers, avocats ou de négociateurs. Après tout, elle occupait également un poste aussi élogieux qu’eux, alors, pourquoi n’arriverait-elle pas à passer un moment de détente avec des confrères ?

Lorsqu’elle avança de quelques pas dans le hall du bar de l’hôtel, elle prit de plein fouet une gifle de testostérone. Elle n’avait pas envisagé qu’effectivement aucune femme n’osait pénétrer ce genre d'endroit.

Angélique écarta cette sensation désagréable de ne pas appartenir à ce lieu et s’installa au comptoir. Satisfaite, cosmopolitain à la main, elle contempla la salle un bref instant avant que son regard se fige sur un homme. Alors que celui-ci se dirigeait dangereusement sur elle, Angélique prit d’assaut son téléphone en simulant une navigation. Cependant, son geste n’arrêta pas l’élan de cet individu.

« Bonjour mademoiselle »

Angélique gloussa, car le terme mademoiselle ne lui convenait plus. À bientôt quarante ans, cela faisait très longtemps qu’on ne l’avait pas appelée ainsi. Cependant, prise au dépourvu par la voix suave et séduisante de cet homme, elle se tourna et lui retourna la politesse.

« Bonjour jeune homme »

Elle n’avait pas tout à fait tort d’utiliser cette dénomination, car il devait créditer les vingt-cinq ans, à tout casser.

« Puis-je vous offrir la même chose ? demanda-t-il d’une façon aguicheuse.

- Avec plaisir »

Angélique ne s’était jamais figuré être le genre de femme sur lesquelles les hommes pouvaient se retourner. Son environnement professionnel ne l’autorisait pas à y rencontrer un bellâtre. Entourée quotidiennement de binoclards rondouillards, le champ des possibilités était restreint. Alors pour une fois, pourquoi pas ! Elle avala cul sec son verre et offrit un timide sourire à cet homme.

Angélique en profita pour l'admirer davantage. Il semblait tout droit sorti de ce calendrier de sportifs de haut niveau. Une gueule d’ange, une barbe naissante, des trapèzes bombant sa chemise. Des mains d’une sensualité irrésistible ainsi que des ongles manucurés.

Lorsque le barman leur servit la commande, le dieu du stade trinqua avec volupté et érotisme.

« Vous semblez frileuse, présuma-t-il. C’est votre première fois ? »

Angélique ne pouvait que concéder le fait qu’elle sortait de son train-train quotidien.

Il n’attendit pas de terminer leurs consommations et invita Angélique à le suivre. Étrangement, cette requête l’excitait. Elle devinait très bien les intentions de ce compagnon, car il se dirigeait vers les ascenseurs. Néanmoins, contre toute attente, l’appréhension ou la peur ne l’envahissait pas. Au contraire, elle se sentait forte, attirante, attrayante. En cette fin de journée éprouvante, on pouvait bien la surnommer de femme cougar, cela ne la gênait pas outre mesure.

Le trajet jusqu’à la chambre demeura silencieux. Lorsqu’ils franchirent l’entrée, l’adonis détailla le corps de sa compagne.

« Veux-tu une chose en particulier ? ».

Angélique ne savait quoi répondre et s’engouffra dans l’effervescence de la situation.

« Ok, alors tu me laisses faire ce que je veux de toi », suggèra-t-il sans attendre un quelconque contre-ordre.

Il entreprit de dévoiler sa peau, parcelle par parcelle. Il l’effeuilla d’un geste tendre et assuré, puis embrassa chaque grain de beauté qu’il démasqua au fur et à mesure de son déshabillage.

Angélique suffoqua sous le jeu de mains de son amant. Elle n’avait pas ressenti cet embrasement depuis très longtemps. En fait, depuis qu’elle travaillait au cabinet, elle avait omis de vivre. Ambitieuse d’arriver à la plus haute marche, elle avait mis notamment de côté sa vie sentimentale.

Cependant, sous les baisers aventureux de son complice, elle regretta amèrement d’avoir abandonné ce genre de délice.

Il ne prit pas la peine de lui indiquer ce qu’il envisageait. Il l’allongea, nue, sur le lit et commença un massage langoureux. Suivant la cadence, Angélique croqua l’oreiller afin de ne pas expier son plaisir. Toutefois, lorsque les lèvres ou la langue de cet homme chatouilla son ventre, lécha ses seins, elle exulta et réclama plus. Elle se montra plus coquine et enjouée qu’auparavant. La timidité enfuie, elle revendiquait le droit de complaisance comme toute femme, libre de ses actes.

D’une attitude charnelle, elle l’observa descendre le long de son corps afin d’atteindre son triangle. Dès qu’elle sentit un souffle chaud humide sur son bonbon rosé, Angélique ne se contentait plus de subir toutes ses sensations, mais réclamait à présent la jouissance.

Quelques secondes plus tard, elle explosa en mille morceaux dans un cri. Elle ne put s’empêcher de rire, car elle n’avait jamais, ô combien jamais, laissé transparaître ses émotions aussi bruyamment.

L’amant remonta lentement afin d’atteindre sa bouche sensuelle, puis l’embrassa pour la première fois. Prise de court, Angélique se tut et accepta ce baiser si indécent. Jusqu’à maintenant, il avait manifesté une certaine retenue, mais désormais celle-ci s’était envolée.

Ses genoux se positionnaient au creux de ceux d’Angélique qui se cambrait. Ses jambes entouraient sa taille tandis qu’il entreprit les va-et-vient, lentement puis plus percutants. Elle se sentit perdre pied rapidement et basculer dans un orgasme fracassant. S’en suivit un dernier coup de reins pour qu’il la rejoigne dans le même enchantement.

Quelques affectueux baisers échangés avant qu’il ne se retirât promptement, puis se levât.

« Je vais me doucher, annonça-t-il en se dirigeant vers la salle de bains. Je n’ai pas abordé le sujet, car tu me semblais nerveuse, mais avant de partir, n’oublie pas de déposer l’enveloppe ».

Angélique, à mille lieues d’entendre les mots, mit un certain temps avant de saisir leur signification.

« Attends, quoi ? pesta-t-elle en se relevant du lit, emmitouflée dans les draps.

- Cent-cinquante euros, ma belle », ricana le gigolo.

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