prologue (2/2)

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Engúr, en connaissance de cause, essaie d'annoncer sa requête dans le plus grand respect. Il n'est jamais bon de déranger de la sorte une reine si on tient à la vie.

— Oui, ma reine. Le haut roi et la haute reine vous demandent. Ils sont en présence d’humains. Affaires diplomatiques, apparemment.

Aurora, avec un grand sourire, lui répond :

— Très bien, j’arrive dans quelques instants. Tu peux disposer.

— Bien, ma reine.

Engúr semble soulagé. Il s’éclipse.

Hernéra réparait au coté de sa sœur. L'air surpris, elle reprend la conversation.

— Ah, c’est bien, ils veulent ton avis, je me suis peut-être légèrement trompée, tu comptes au moins un peu à leurs yeux… mais une fois ta couronne rendue, crois-tu qu’ils te laisseront en vie ? Moi, je ne pense pas. Ils te tueront comme ils ont voulu le faire avec moi...

Aurora, ayant déjà entendu le discours de sa sœur à ce sujet lève les yeux au ciel.

Par chance ce jour la, un dragon qui était contre l’empire m’a sauvée, quelques minutes plus tard, à l’abri des regards. C’était un paria. J’ai dû le tuer après, mais, il s’y attendait déjà. D’ailleurs, je me suis régalée.

Aurora, ne connaissant pas cette anecdote lui répond :

— Ah ça c’est bien toi...

Hernéra n'est qu'un être insensible à la douleur.Aurora réprime une moue dégoûtée.Quand il s'agit de tuer, la cruauté de sa sœur est sans limite. Elle semble ressentir un plaisir fou dans le meurtre.

— Et oui en effet, tu me connais bien. j'adore tuer !

À ces mots, Hernéra prend un sourire extatique, tandis que sur le visage d'Aurora on peut lire de l'écoeurement.

Hernéra reprend la parole

— Personne n'est au courant que je suis en vie et personne ne le saura jamais; quand à toi, ce fameux jour, on peut dire que tu as eu de la chance. Enroth a utilisé son pouvoir et ta ramené d'entre les morts, sans que sa femme, la haute reine ne le voit faire. Il avait des projets pour toi faut croire...

— Tu incinues quoi ?

— Oh, rien du tout. Hernira sourie, puis reprend son discours.

Je me déplace dans l’ombre mais je vis et j’agis dans la lumière. Je les vois tous mais personne ne peut me voir à part toi. Notre sang est mêlé, tu es ma sœur jumelle et si tu meurs, je meurs aussi et vice-versa. Donc, en voulant me tuer, le haut roi et la haute reine savaient très bien les conséquences qui allaient en découler. Ils ne tiennent guère à ta vie, dumoins, la haute reine. Tu es juste un pion sur leur échelle de pouvoir. Ce qui les intéresse, c’est la gloire et la puissance, rien de plus.

Aurora approuve les paroles de sa sœur. C'est une évidence : Hernéra à raison.

— Je le sais très bien, et c’est en partie pour ça que j’ai décidé de ne pas avoir de compagnon et de me rendre stérile. Pour les énerver. Bien sûr, ils pensent que je suis stérile depuis ma naissance. Aurora lance à sa sœur un regard complice et malicieux oui continue à parler : Je leur fais croire qu'aucun dragon mâle n’est assez bien pour moi, et vois-tu, même le haut roi a essayé de me séduire, mais ça n’a pas marché. Bien sûr sa femme était au courant, ils avaient manigancé ensemble. Je suis peut être naïve, mais je ne reste pas moins intelligente.

Hernéra, l'air satisfait mais toujours avec son air supérieur lui réplique :

— J’admire ta prouesse, mais tu ne m’égaleras jamais.

—Je suppose. Aurora prend un air amusé.

Les deux sœurs ricanent, puis elles prennent la forme d’une belle jeune femme blonde aux yeux noirs avant de quitter la chambre de la tour ouest.

Aurora, suivie de loin par sa sœur jumelle invisible, franchit la porte au pied de la tour, puis parcourt la grande cour. Au-dessus d’elle virevoltent deux jeunes guerriers en entraînement, sous le regard aguerri d’un vieux dragon aux écailles vertes, Thorn.

— Heureux de vous voir ce matin, ma reine. Cela fait deux jours que vous n’étiez pas sortie. Des affaires d’état je suppose ?

— Bonjour Thorn. Oui en effet, répondit Aurora exaspérée.

Hernéra sourit tout en dévisageant de la tête à la queue le dragon parlant à sa sœur. "Tu es toujours là, toi, ça faisait longtemps… moi qui te croyais mort bouffé par des vers."

Aurora se dirige ensuite vers la pièce consacrée aux affaires d’état, une grande salle lumineuse décorée par de grandes statues blanches et d’autres toutes d’or vêtues, représentant les premiers dragons de l’empire. Les fenêtres pour certaines, sont colorées à la manière des vitraux. Une pure merveille, et ce, même après les âges. Le temps n’entache rien à la beauté de cet endroit. Tout le splendide palais royal où résident le haut roi, la haute reine et Aurora, étale la richesse et la puissance de ses possesseurs. À n’en pas douter, ce royaume est l’un des plus beaux qui existent.

— Ma reine, mon roi me voici.

Aurora fait une révérence.

— Entre, Aurora, nous t’attendions avec nos invités du jour, ordonne la haute reine.

— À qui avons-nous l’honneur, majesté ?

— Le seigneur de guerre d’Arthongar ainsi que l’un de ses vaillants soldats, lui informe le haut roi.

— Général, pas soldat, proteste le général d'un œil torve.

— Oh pardon monsieur le soldat. Savez-vous où vous êtes ? réprime le haut roi d'un ton ironique et méchant.

— Oh oui, comment ne pas le savoir ?! S'exclame le général en haussant le ton. Nous sommes ici aujourd’hui, pour vous demander de retirer vos troupes qui s’avancent dangereusement vers notre capitale, nous ne cherchons pas le conflit et vous le savez très bien, dit le seigneur de guerre.

— Alors je vais être clair. C’est non.

— Et puis-je vous demander pourquoi ? Conteste le général en se redressant pour dévoiler son imposante carrure.

— Nous avons faim tout simplement, et puis, étant la plus noble race présente sur cette terre, nous exigeons que vous vous pliez à notre décision ! répondit la haute reine d'un air supérieur et hautain.

— Et sinon ?

Le général ne se laisse pas impressionner.

— Sinon ? Et bien, nous ravagerons toute votre petite capitale. Livrez-nous huit cent enfants et nous vous laisserons tranquilles pour, disons, trois mois ? répond la reine avec son plus terrible sourire et son pouvoir de persuasion.

Le seigneur de guerre n'en peux plus de se retenir. Il explose.

— Non, jamais ! Crie le seigneur de guerre avec colère.

— Bon très bien salle vermine, répond la haute reine, en constatant que son pouvoir ne marche pas sur ces humains. Ce sera la guerre ! nous allons tous vous exterminer, jusqu'au dernier !

— Messieurs, je crois que nous avons fini. Vous pouvez disposer, ordonne le haut roi, d'un ton calme et avec diplomatie, avant que la salle ne parte en fumée.

— Ah, aujourd’hui vous ne nous tuez pas ? Ça change de vos habitudes, réprime le seigneur de guerre d'un ton ironique.

— Nous sommes de bonne humeur, profitez-en et ne remettez plus jamais les pieds ici, que l’on vous l’y autorise ou non. Aurora, des choses à ajouter ? Dit le haut roi

— Non mon roi.

— Bien. Tu peux retourner dans ta tour, nous n’avons plus besoin de toi.

— Bien, comme vous le souhaitez, maître.

Une fois dehors, Aurora se parle à elle même.

Les deux humains ont eu de la chance aujourd’hui. Je remercie nos dieux de leur avoir accordé la vie sauve.

Aurora est suivie de loin par les deux gardes ramenant à l’extérieur de la ville les étrangers. La reine dragonne leur lance un dernier regard. Un regard plein d’espoir. En retour, comme s’ils avaient compris, ils lui sourient.

Hernéra se rapproche de sa sœur.

— Ils se sont encore une fois moqués de toi. Je t’avais prévenue, s'amuse-t-elle d' un ton moqueur.

— Et oui, Hernéra, j’ai vu ça. Heureusement ils leur ont laissé la vie sauve.

— Oui je dois dire que j’ai été surprise sur ce coup-là. La haute reine et le haut roi doivent être de bonne humeur étant donné que c’est la première fois que ça arrive depuis bien longtemps, c’est qu’il doit y avoir une bonne raison…

— Des héritiers… J’en suis sûre. La reine a dû mettre au monde des œufs dans le silence le plus total. Ce sont les futurs hauts dirigeants du royaume.

— Ils doivent mourir ! s'exclame Hernéra en souriant.

— En es-tu sûre Hernéra ? demande Aurora d'un air perplexe.

— Crois-moi, j’ai vu la Mort de mes propres yeux, qui commençait à extraire l’âme de mon corps. Je sais ce qu’est la mort. Oui nous devons éliminer les héritiers du haut trône de l’empire draconique. On n’a plus rien à perdre et tout à y gagner. L’heure du changement a sonné, tu l'as toi-même dit. Es-tu prête à désobéir aux lois, Aurora ?

— Je l’ai déjà fait donc oui je suis prête. Le monde doit changer et je suis prête à me sacrifier s'il le faut. Mon héritier, celui que je vais choisir, y arrivera. Sa mort signera notre renaissance.

À ces mots, Aurora lance un terrible regard à sa sœur, ce qui en dit long sur sa vision de l'Empire et de son futur.

Cela fait longtemps que j’y songe, un rituel interdit et puni de mort, d’une mort terrible.

Aurora marque un silence avant d'ajouter :

Et tu vas m’aider à le réaliser.

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