Conséquences

3 minutes de lecture

Amalia claqua brutalement la porte. Son ardeur se mua en une colère tout aussi puissante. Il n’avait pas le droit de lui voler ces instants.

« J’ai déjà demandé que vous ne fassiez plus ça ! C’est chez moi !

— Tu paies ce logement avec de l’argent qui appartient à la Confrérie, répondit-il sèchement. Tout comme les Dens que tu as utilisés pour corrompre Liu. »

Sa voix sonna comme une gifle. Pour la première fois, Amalia eut la sensation de l’avoir réellement énervé. Elle croisa les bras et s’appuya sur la porte fermée. Si, au moins, elle l’avait fait réagir, c’était déjà ça.

« Tiens donc… Je croyais qu’il était sans fond, ce compte.

— Il est sans fond. Mais la Confrérie n’intervient pas et une transaction à visée corruptive venant de notre compte a été enregistrée. Tu es sous mandat d’arrêt, je suis venu te chercher avant que ça ne dégénère, encore.

— Qu… quoi ? Mais… »

Elle se redressa. Allan devait à peine avoir rejoint la voiture, elle devait le prévenir. Elle essaya de sortir, mais la porte était fermée.

« Et tu viens, accessoirement, de causer un incident diplomatique entre les Citées Arabes et la Confrérie. Incident par lequel nos négociations actuelles sur la réhabilitation des zones immergées par la Morte persique tombent à l’eau.

— Laissez-moi partir ! » exigea-t-elle.

Une panique s’emparait d’elle.

« Non. Alan est en train d’être arrêté, Monsieur Liu est en garde à vue, le village est déjà encerclé. Il n’y a rien que tu puisses faire. »

Amalia posa sa tête sur la porte et serra les dents. Cela lui arrivait donc encore. Combien de fois allait-elle se retrouver impuissante quand ses proches étaient en danger ?

« Qu’est-ce qu’ils vont leur faire ? » demanda-t-elle, la voix basse.

Elle sentit Kentigern s’avancer dans son dos, mais elle n’eut pas le courage de lui faire face.

« Malo ira en prison, Alan et les siens seront renvoyés en Bretagne. Monsieur Liu sera relâché et destitué de son poste. L’artefact sera retiré. »

Amalia pâlit, serra les poings, puis se mit à pleurer. Tout était de sa faute. Sans elle, ils auraient trouvé une autre solution. Peut-être qu’Akio aurait même accepté de placer le dispositif sans argent. Elle avait cru l’opération sécurisée.

« Bordel ! Mais qui reçoit un pot-de-vin, comme ça, sans s’assurer que la transaction est indétectable ? gronda-t-elle à mi-voix, tremblante.

— Si tu n’avais pas été remarqué sur le réseau plus tôt, tes échanges n’auraient pas été surveillés. »

La jeune femme pleurait contre le bois de sa porte, sans bouger jusqu’à ce que quelqu’un y frappe plusieurs coups vifs. Elle sursauta et s’écarta brutalement. Kentigern l’arrêta et dit simplement :

« Je t’emmène au Monastère. »

Elle se dégagea de ses mains et leva enfin les yeux vers lui. Ils étaient donc déjà là pour elle.

« Vous voulez toujours faire de moi une consœur après ça ?

— On en parlera plus tard. »

Elle lança un bref regard vers la porte et songea, amère, à la vie qu’elle avait commencé à se construire ici. Elle savait que cela finirait ainsi, que Kentigern, un jour, l’attendrait chez elle, debout devant la fenêtre, et qu’il lui tendrait la main pour l’emmener au loin. Mais même cette période d’inconscience qu’il lui avait servi sur un plateau d’argent, elle n’avait pas réussi à la vivre correctement. Pourquoi, par Merlin, avait-elle essayé de s’inventer une nouvelle vie à Dubaï ? Avait-elle ne serait-ce qu’un seul instant envisagé d’y rester ? Quel gâchis !

« Tu restes ici ou tu viens avec moi ? demanda Kentigern sans s’impatienter.

— Vous me laissez encore le choix ?

— Tu as déjà fait ton choix il y a quelque temps, maintenant. »

Elle aurait pu aimer Dubaï, s’y intégrer, y vivre heureuse. Pourquoi avait-elle tout fait foirer ? Pourquoi s’était-elle occupée de l’histoire de ces Bretons ?

« Est-ce que vous pourrez assurer à Malo sa citoyenneté et sauver le village ?

— Pourquoi ?

— Malo ne voulait pas se mêler de tout ça, à la base. C’est ma faute et celle d’Alan.

— Sauver le village ? Pourquoi sauverions-nous celui-ci plus que les prochains que ciblera l’Ordre ? Si nous sauvons ces gens-là, pourquoi ne sommes nous pas intervenus à chaque agression, à chaque guerre ?

— J’ai compris ! Oui, la Confrérie n’intervient pas ! Je sais, j’ai compris ! Mais… bordel, je ne vais pas vous supplier ! »

Elle croisa les bras sur son ventre, malade de n’avoir pas la possibilité d’apporter elle-même l’aide nécessaire à ceux avec qui elle avait célébré toute cette nuit. Elle revoyait chacun d’entre eux avec une précision ahurissante, couplant leur visage et leurs sentiments. Kentigern l’observa, puis soupira.

« Bien. Je m’en occuperai.

— Merci. »

Elle attrapa sa main et ils quittèrent Dubaï.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Défi
bertrand môgendre
Dans un exercice où qu'on veut améliorer son orthographe,
faisons ce qu'il faut, car le faire plaît.
6
3
1
1
lauratrice
Theldyn Mainight, descendant des plus grands guerriers du Royaume des Trois Vallées, a hérité des talents de soldats et de stratèges de ces ancêtres. Alors qu’il revient vainqueur du combat qui opposait les peuples de la Terre Ebène et l’armée royale, Marcus, le souverain du Royaume le fait demander dans ses appartements pour lui donner une nouvelle quête. Cette fois-ci, il ne s’agira pas d’une énième conquête de village, mais d’une mission périlleuse et secrète. Loin du château et de ses terres, de l’autre côté de la rivière divine, se trouve une étrange et immense dune, qui, selon la légende, serait habitée par un autre roi. Elle avait la particularité d’être éclairée par la douce lueur bleue de la lune quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. Marcus avait toujours formellement interdit à son peuple d’essayer de s’y rendre, prétendant que l’accès y était trop dangereux, et que personne n’en revenait jamais. C’est donc là-bas qu’il voulait que Theldyn exécute sa mission. Le jeune soldat, qui était secrètement amoureux de la nièce du roi s’inquiétait de ne pas revenir de cette quête, mais il ne pouvait déshonorer ses ancêtres. Il accepte donc la demande de son souverain, et part en direction des Dunes de la Lune Bleue. Ce qui l’y attend va à l’encontre de tout ce que le guerrier connait, et il va y découvrir d’innombrables secrets enfouis depuis la nuit des temps…
0
0
0
20
-H.


Gens du voyage – Papa.
Note : N’ayant pas d’inspiration en ce moment, j’ai demandé à plusieurs personnes de mon entourage de me donner chacune une phrase, et un groupe nominal. A partir de ça, je vais écrire des histoires dont le titre sera le groupe nominal de chacun. A chaque écrit, je devrais placer la phrase donnée. Le groupe nominal et la phrase pouvant n’avoir aucun lien, l’histoire doit, elle, avoir un sens.
Je continu avec mon Papa.
Groupe nominal – Titre : Gens du voyage.
Phrase : Tu es belle.
Gens du voyage :
Je lis tranquillement un livre quand un poids viens s’affaler brutalement sur mes épaules.
« Eh les enfants, allez-y doucement. Je sais que je ne suis pas en sucre mais quand même ! 
- Papa ! Avec Mathis on se posait une question !
- Dites-moi, c’est quoi votre question ?
- Comment vous vous êtes rencontrés avec Maman ? »
Aaaaah, c’est une très belle histoire ça ! Et si ça peut les tenir en place cinq minutes, je ne dis pas non.
« Vous voulez que je vous raconte ?
- Ouiiiiii !
- Très bien, asseyez-vous. »
Et je commence mon récit comme n’importe quel narrateur : Tout commence à l’époque où j’étais adolescent. Je devais avoir environ 16 ans, et maman en avait 15.
« Wah c’était il y a longtemps ! »
Allez hop, prend ça le vieux ! Non mais je vous prie, je ne suis pas si vieux que ça en plus. Je me contente de sourire à Maelle. Ce n’est pas méchant venant d’une enfant, c’est sincère. Je ne sais pas si c’est mieux d’ailleurs ahah. Enfin bon, passons. Je me promenais en ville avec des amis, et on est passés devant un grand terrain vague, où il y avait tous pleins de camping-car et de caravanes. Ce terrain vague se situait juste à côté d’une zone commerciale, donc je passais souvent là en voiture. Et que ce soit en voiture ou à pied avec des amis, je voyais très souvent une jeune fille dehors, en train de lire, de jouer avec d’autres ados, ou entrain de dormir sur un transat.
« C’est maman !
- Mais dis donc, tu veux spoiler mon histoire ou quoi ? »
On rigole et je continue : Je la trouvais très jolie, et elle portait beaucoup de robes, ça lui allait très bien. C’est vrai qu’elle me plaisait, mais moi j’étais timide, je n’osais pas aller la voir, alors j’ai attendu très longtemps avant de me lancer.
« Combien de temps ?
- Oh, je ne sais pas. Environs un ou deux mois.
- D’accord. »
C’est Papy qui m’a encouragé à y aller. Un jour j’étais à table et je pensais à elle. Papy a vu que j’étais pensif et il m’a demandé si je pensais à une fille. J’ai rougi en lui disant que oui, mais que je n’arrivais pas à lui parler car j’avais peur qu’elle ne m’aime pas. Alors il m’a dit que si je ne tentais pas, je ne saurais jamais si c’était réciproque.
« C’est quoi réciproque ?
- Hum, c’est quand toi tu éprouves quelque chose envers quelqu’un, et que l’autre éprouve la même chose envers toi.
- Et éprouver quelque chose c’est quand on ressent des trucs pour quelqu’un.
- Oui voilà c’est ça ! »
Alors le lendemain j’ai pris mon courage à deux mains et je suis allé sur ce terrain vague pour la voir. Les gens du terrain vague, ce sont des gens du voyage. Ils bougeaient beaucoup. Et moi je suis un sédentaire, c’est-à-dire que je ne voyage pas tout le temps, le long de l’année j’ai une maison fixe dans laquelle je reste. Et quand je suis allé la voir, les gens me regardaient bizarrement car ils n’ont pas l’habitude que des sédentaires viennent les voir. Je me suis approché de Maman, sous le regard de son père pas très rassuré.
« Et tu lui as dit quoi ?
- Je lui ai dit : Tu es belle.
- C’est tout ? Après vous êtes ensemble ?
- Noooon ! Ça ne se fait pas comme ça ahah. Mais ça lui a fait beaucoup plaisir, et on a discuté. Ensuite on s’est revus presque tous les jours, et elle est venue dans mon lycée. Puis un jour on s’est mis ensemble, et on a eu deux enfants, des petits monstres !
- Eh ! C’est même pas vrai on est pas des monstres !
- Ah bon ? Je croyais moi ! »
Mathis réplique en disant qu’ils sont très sages, ce que je ne peux pas contester, c’est vrai. Mais ils ont beaucoup d’énergie, infatigables ces gosses j’vous jure ! Alors, la morale de l’histoire ?
« C’est qu’il faut pas avoir peur d’aller dire à Maman qu’on l’aime !
- Ahah, oui voilà. »
Et ils sont partis en courant voir leur mère pour leur dire qu’ils l’aimaient.

Pour Papa.
0
0
0
3

Vous aimez lire cestdoncvrai ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0