Chapitre 25 Le choix de Jacob - Partie 2

6 minutes de lecture

– Quel est le vrai problème Jacob ? Cela ne concerna pas que Hank n'est-ce pas ?

– Je... Je perds pied Sin fo. J'ai passé toute ma vie à la cour, aux côtés du roi. Pendant des années, je l'ai secondé, et je l'ai aidé à élever sa fille. Depuis deux ans, c'est devenu un travail de tous les instants, si bien que j'ai fini par mettre ma propre vie de côté. Et voilà que vous débarquez tous les deux et que vous vous occupez de Tabatha mieux que je n'ai su le faire.

– Ne dites pas de bêtises, le démentit Sin fo. Vous avez toujours bien protégé Taby.

– Je l'ai fait vivre dans le mensonge, je lui ai fait poursuivre une chimère, et tout ça parce que je n'avais pas le courage de lui dire la vérité. Sa vie est bien plus équilibrée depuis qu'elle vous connaît. Tabatha n'a plus besoin de moi comme avant, et je peux de nouveau penser à moi.

– Que voulez-vous dire ?

– Je ne me plais pas ici. Je vais partir.

– Partir ? Mais que faites-vous de Tabatha ?

– C'est encore une enfant, quoi qu'elle en dise. Il lui faut une vie saine et équilibrée, dans un endroit calme et sûr. Vous pouvez lui offrir ça. Moi, je ne suis pas fait pour cette vie-là.

– Partir, bien, mais pour aller où ?

– Je ne sais pas encore, mais je ne peux pas rester là. Je vais finir par devenir fou, et je ne veux pas que Tabatha ait cette image de moi.

 Sin fo voulut le retenir, trouver les mots pour le faire revenir sur sa décision, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle se rendit compte qu'en dépit de ce qu'elle croyait, elle connaissait très peu Jacob, et qu'elle n'avait pas son mot à dire sur ce qu'il souhaitait faire de sa vie.

– Je... Très bien. Je vais vous aider à rassembler vos affaires. Quand voulez-vous partir ?

– Immédiatement, ça ne sert à rien de différer mon départ.

– Comme vous voudrez, se résigna la jeune femme. Allons voir Tabatha.

– Je ne sais pas si c'est une bonne idée. Ça va lui faire de la peine, et elle risque de m'en vouloir énormément.

– Elle vous en voudra encore plus de l'abandonner sans la moindre explication, s'offusqua Sin fo.

– Je ne l'abandonne pas ! Il faut que je parte, je n'ai pas le choix.

– Ce n'est pas moi qu'il faut convaincre.

– Vous avez raison, je vais aller lui parler.

 Sin fo et Jacob repartirent ensemble. Jacob ne prononça pas un mot durant le trajet, et la situation mettait Sin fo bien trop mal à l'aise pour qu'elle veuille briser ce silence. Une fois sortis de la forêt, ils allèrent toquer à la porte de Archibald. Ils savaient qu'ils y trouveraient Tabatha, Maxou et Hank. Devant les regards que lui lancèrent Ellis et Archibald, Jacob insista pour parler seul à seul avec Tabatha. Hank fit un léger pas de côté pour se placer devant la jeune fille, et Maxou protesta ouvertement, mais Sin fo leur assura que Jacob était calmé.

 Ce dernier mena sa protégée jusqu'aux rives du lac. Ils étaient hors de portée de voix, mais tout le monde put voir que Jacob hésitait, cherchait ses mots, tout le monde assista au changement d'expression de Tabatha, qui comprenait peu à peu où il voulait en venir. La petite princesse frappa du poing sur la poitrine de Jacob en criant qu'il n'avait pas le droit de lui faire ça. Elle le repoussa violemment, mais Jacob l'attrapa par le poignet et la ramena à lui pour la prendre dans ses bras. Il la serra contre lui tandis qu'elle éclatait en sanglots. Ils restèrent ainsi plusieurs minutes, puis Sin fo, Maxou et Hank s'approchèrent d'eux. Sin fo posa sa main sur l'épaule de Tabatha et lui dit doucement :

– Lâche-le, Taby. Tu dois le laisser partir.

– Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tout le monde m'abandonne ? Qu'est-ce qui ne vas pas chez moi ?

– Ce n'est pas à cause de toi ma chérie, lui assura Jacob. Simplement je ne peux pas rester là, ça n'est pas ma place.

– Je veux bien venir avec toi si tu me le demandes !

– Je sais que tu m'accompagnerais, mais je ne peux pas te demander ça. Tu es bien ici, Sin fo et Hank veilleront sur toi, et Maxou est là aussi. Ce ne serait pas bien de t'imposer de les quitter tous. Tu as mérité de vivre en paix.

 La jeune fille se détacha enfin de Jacob, qui la regarda droit dans les yeux et lui dit :

– Nous nous reverrons, je te le promets. Même si c'est la dernière chose que je dois faire, je reviendrai te voir ma Taby.

 Il l'embrassa sur le front et s'éloigna en direction des maisons de bois. Hank l'accompagna, tandis que Sin fo et Maxou restèrent avec Tabatha. Des larmes coulaient toujours sur les joues de la jeune fille, mais elle était parvenue à réprimer ses sanglots.

 Hank revint seul quelques minutes plus tard.

– Il est parti, dit-il simplement.

 Ils restèrent immobiles et en silence pendant de longues minutes, Maxou serrant la main de Tabatha et Hank celle de Sin fo. Leur peine n'aurait sans doute pas été plus grande si Jacob avait été tué. Bien que ce dernier soit encore vivant, nos héros pleuraient bel et bien la disparition d'un proche.

 Enfin, Hank brisa le silence.

– Je sais que le moment est mal choisi, mais il faut décider quelque chose pour les hembras.

– En as-tu parlé avec les autres, demanda Sin fo.

– Tout le monde est d'accord pour les laisser partir s'ils ne sont pas dangereux.

– Ils sont potentiellement dangereux.

– Bien sûr, on l'est tous plus ou moins, mais je ne crois pas qu'ils représentent une menace pour nous.

– Je te fais confiance. Allons les libérer, dans ce cas.

 Maxou repartit chez son père en compagnie de Tabatha, tandis que Sin fo et Hank rejoignirent la hutte de pierre. Arrivée à quelques mètres de l’abri, Sin fo se stoppa net.

– Pourquoi n'y a-t-il personne pour surveiller l'entrée ?

– Quoi ? Ah oui, les gars sont partis après que je me sois battu avec Jacob.

– Ils sont partis ? Personne n'est resté pour empêcher les hembras de sortir ? Êtes-vous totalement inconscients ?

– Écoute, tout le monde était sous le choc à cause de l'attitude de Jacob, se défendit Hank, et personne n'a dormi depuis plus de vingt-quatre heures ! On n'a pas réfléchi c'est vrai, j'ai dit à tout le monde d'aller se reposer.

– Je t'en prie, dis-moi que tu les avais tous attachés.

– Pas vraiment, répondit Hank après une hésitation. À vrai dire, c'est même plutôt l'inverse.

– Que veux-tu dire ?

– J'ai demandé à Taby et Jacob de les libérer de leurs liens.

 Sin fo soupira.

– Cela m'étonnerait qu'ils ne se soient pas déjà enfuis.

 Elle pénétra dans la hutte, Hank sur ses talons. Malgré les craintes de Sin fo, tous les hembras étaient encore là. Ils s'étaient réunis autour du feu et semblaient les attendre. L'hembra qui les avait accompagnés pour retrouver les petits interpella Hank :

– Vous ne deviez pas nous ramener à manger ?

– J'ai eu un empêchement, répliqua Hank avec un sourire fatigué.

– Nous avons entendu beaucoup de bruit dehors. Rien d’inquiétant j'espère, demanda l'hembra gravement.

– Un petit problème personnel, mais c'est réglé maintenant.

– Qu'est-ce qui vous amène ?

– Une bonne nouvelle.

– Oserais-je croire que...

– Vous pouvez. Vous êtes libres, annonça Hank en écartant les bras.

– Nous pouvons sortir de cette cellule ?

– Oui.

– Nous pouvons quitter l'île ?

– Oui.

– Nous pouvons nous y installer ?

– Tout ce que vous voulez, vous êtes libres !

– Vous allez quitter l'île et nous la laisser ?

– Là, vous allez trop loin.

 L'hembra partit dans un fou rire, et après un instant, Hank rit avec lui. L'hembra se leva et se posta devant le jeune homme. Une fois que son rire se fut calmé, il lui dit :

– Au fait vous pouvez m’appeler Tsu'il.

 Touché par ce geste symbolique, Hank lui serra fermement la main et lui répondit :

– Enchanté Tsu'il. Je crois que nous allons bien nous entendre vous et moi.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Défi
Madisaurene

Parfois emporté par le courant sans rien pouvoir y faire, tantôt bercé, tantôt balloté par ce flox bien trop puissant. Nous empruntons sans cesse le même chemin aux décors changeant, uniquement mû par la quête du bonheur, fyant tout ce qui nous ferait souffrir. C'est quand elle pris la décision de descendre, et ce pour la dernière fois, ces escaliers qu'elle avait tant aimé monter, quand elle sentis son coeur se briser qu'elle compris. La tristesse s'écoulait tel de l'eau dans une passoire qui finirait par se reboucher, plus légère, enfin apte à aceuillir le bonheur tant rêvé.
1
2
3
0
leotypique

Je m'appelle Léo.
J'ai 10ans.
J'habite dans une petite ville très chaleureuse.
Mais dans ma vie.
Je reçois quelques critiques qui ne sont pas importantes pour moi.
Les gens pensent qu'il me touche dans le cœur mais il me rate toujours !
De plus je connais ces personnes.
Je l'ai vois tout le temps.
Mais depuis tout petit j'ai toujours été différent des autres.
Quand j'étais petit j'écouté du Britney Spears ou du Shy'm et les autres écoutez du Maître Gims ou des autres trucs de rap.
Ou alors c'était aussi pour mon style.

2
0
16
1
AlphoneX

L'ennui m'amie me mit à ton âme soumis
Et la nuit se défit quand ton ris me sourit
Lors ce fut à l'entour des atours de tes jours
Qu'en séjour me lia l'anneau pur en ta cour

Quel anneau diras-tu aurait pu t'enlier
Sans que garde n'aie pris de te le dédier
Mais il n'est que souci d'en ta grâce rester
À temps que soit le dit si tu fus j'ai été

Tel passé qui persiste à devenir cet hui
Qui prévoit devers lui son horizon enfui
Si amante je n'ai douce sour me possède

À quel autre vouloir sourcerais - je mon aide
Afin que mon désir ne soit que tes caprices
Lesquels plus m'éjouissent que feintes d'actrice.
4
2
0
0

Vous aimez lire William BAUDIN ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0