Chapitre 49 Confrontations - Partie 2

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Hank tendit la main vers sa propre ceinture et saisit son marteau. Fort heureusement, il avait pensé à le prendre avec lui quand il s'était levé de son lit de fortune dans la charrette pour rejoindre Sin fo. Il lui semblait que c'était dans une autre vie. En quelques heures à peine, sa femme, et maintenant sa meilleure amie, avaient voulu le tuer. Hank se dit qu'il aurait dû fuir quand il en avait eu l'occasion.

 Conscient qu'il était trop tard pour cela, Hank fit tourner son marteau dans sa main et se prépara au combat. Sa blessure au ventre l'élança, et il n'était toujours pas à l'aise avec le poids de son arme, mais cela valait mieux que d'être désarmé. Jacob tourna les yeux vers lui, puis les baissa sur son marteau. En un éclair, il dégaina son arme et se plaça devant Tabatha.

 Hank décida de prendre l'initiative et s'élança en avant. Jacob l'imita et en quelques bonds les deux hommes se retrouvèrent au corps à corps. Hank abattit son marteau vers l'épaule de Jacob, mais celui-ci parvint à bloquer le coup avec son épée. Il fit immédiatement glisser sa lame le long du manche du marteau, obligeant Hank à faire un pas en arrière et à lever son bras pour ne pas se faire lacérer la main. Ce mouvement tira sur sa cicatrice et il retint une grimace, se contentant de serrer les dents. Jacob s'en rendit néanmoins compte et lui envoya un crochet du gauche dans l'estomac.

 Hank posa un genou à terre à cause de la rudesse du choc. Il fut forcé de reconnaître l'expérience de Jacob en matière de combat. Il ne lui avait fallu que quelques secondes pour déceler les faiblesses de son adversaire. Mais Hank n'en était pas à son premier combat non plus. Il passa son bras entre les jambes de Jacob et le déséquilibra d'un moulinet de marteau. Jacob tomba lourdement sur le dos, tandis que Hank se relevait en vitesse.

 Il leva à nouveau son marteau et s'apprêta à frapper avant que Jacob ne puisse réagir, mais avant qu'il puisse abattre son bras, Tabatha se jeta sur lui et lui assena un violent coup d'épaule qui le projeta sur les pavés. Elle dégaina sa dague et la pointa sur Hank.

- Reste à terre Hank, lui ordonna-t-elle.

 Puis elle se tourna vivement vers Jacob qui s'était relevé et lui dit d'un ton ferme :

- Ne bouge pas non plus.

 Hank ne comprenait pas pourquoi la princesse empêchait Jacob de l'attaquer. Voulait-elle en finir elle-même ?

- Mais qu'est-ce qui t'a pris ? Tu as perdu la tête ?

- Moi ? Vous venez tous les deux vous débarrasser de moi et je devrais l'accepter sans répliquer ?

- Nous débarrasser… C'est ce que je dis, tu as perdu la tête !

- Ne me prends pas pour un imbécile. Je sais que Sin fo t'a tout raconté, et tu es allée directement chercher ton garde du corps. Ça prouve bien que tu n'es pas venue simplement discuter.

- Je ne suis pas là pour exécuter ses basses besognes, répliqua Jacob.

- Et moi je suis une grande fille, je n'ai besoin de personne pour me protéger.

- Alors pourquoi Jacob est-il venu armé, et pourquoi m'a-t-il attaqué ?

- C'est vous qui nous avez attaqué, je n'ai fait que me défendre.

- Tout ça est donc un énorme malentendu, résuma Tabatha. Alors tout le monde range son arme, et on parle entre gens civilisés, d'accord ?

 Elle rengaina sa dague et interrogea Hank du regard, qui lui adressa un sourire penaud et raccrocha son marteau à sa ceinture. Après un regard appuyé de Tabatha, Jacob consentit de mauvaise grâce à rengainer son arme à son tour, tout en gardant une main sur le pommeau. Hank ne lui en tint pas rigueur. Il aurait probablement réagi de la même manière à sa place. Il tenta d'apaiser la tension qu'il y avait entre eux.

- Je suis vraiment désolé d'avoir mal interprété les signes. J'ai toujours eu du mal à réfléchir avant d'agir. En fait, c'est encore pire quand je réfléchis trop, tenta-t-il de plaisanter. Mais ce qui est sûr, c'est que j'y réfléchirais à deux fois avant de m'en reprendre à vous Jacob. Par les dieux, vous cognez fort !

- Pas assez apparemment, puisque vous êtes debout.

- J'ai appris très jeune à encaisser, justifia Hank, mais je n'aurais pas pu tenir très longtemps à ce rythme-là. Heureusement je n'aurais pas à le faire. Oublions tout ça, d'accord, proposa Hank en tendant sa main à Jacob.

 Ce dernier la regarda mais ne la lui serra pas.

- Il y a quelque chose que je voudrais éclaircir avant, dit-il d'une voix froide. Pourquoi serions-nous venus vous supprimer ? Je ne vois pas ce qui pourrait justifier…

- Jacob arrête, le prévint Tabatha.

- Non laisse, intervint Hank. Ça ne sert à rien de tourner autour du pot Jacob, je devine que vous savez déjà de quoi il retourne. Vous voulez des réponses ? Posez les vraies questions.

- Est-ce que c'est vrai ? Avez-vous tué un homme ?

- Oui, tout ce que Sin fo a pu vous dire est la pure vérité.

- Pourquoi, demanda simplement Tabatha.

 Hank se tourna vers elle, et vit dans son regard que la réponse lui importait vraiment. Il comprit qu'il l'avait déçue, peut être presque autant que Sin fo.

- Tu veux savoir si j'avais une bonne raison de le faire ? Si je l'ai fait pour protéger quelqu'un ou me défendre ? D'une certaine manière oui. Je crois que Reg'liss s'est méfié de moi dès le début. Je ne l'aimais pas beaucoup non plus d'ailleurs. Il me surveillait sans cesse, comme pour s'assurer que je ne m'approche pas trop de Sin fo. Il l'aimait, ça se voyait à des kilomètres. Quand elle est tombée sous les nuages, nous avons cru l'avoir perdue. Nous nous sommes accusés mutuellement, et le ton est monté. Nous nous sommes battus, et j'ai perdu la tête. Reg'liss ne méritait pas de mourir. Ça aurait pu se terminer autrement.

- C'était la première fois que vous tuiez un homme, interrogea Jacob.

- La seule fois de toute ma vie, si l'on excepte les djaevels.

- Tu regrettes, demanda Tabatha.

- Tous les jours depuis plus de huit ans. Je me réveille encore certaines nuits après avoir vu le visage de Reg'liss dans mes rêves. Je voudrais pouvoir retourner en arrière, et m'empêcher de commettre cette terrible erreur, mais c'est impossible. Je dois vivre avec ce que j'ai fait. Et maintenant Sin fo doit affronter ça aussi.

- Je vais te demander de quitter le groupe, dit Tabatha après un long silence.

- Je comprends. Tu ne peux pas garder un meurtrier auprès de toi. Laisse-moi une heure pour rassembler mes affaires et je partirais de mon côté.

- Non, tu n'as pas compris. Je ne te chasse pas. J'ai besoin de toi ailleurs. Et Jacob va t'accompagner.

- Quoi ? Mais pour aller où ?

- Avant que tu nous rejoignes tout à l'heure, Halbarad nous a révélé l'identité du maître des djaevels. Il n'y a aucune raison de douter de lui, mais je voudrais que vous alliez vérifier sur place, pour en être tout à fait sûrs.

- Tu veux dire à la capitale ?

- Non, à Castelroi.

- Mais c'est à l'autre bout du royaume !

- C'est pour cela qu'il me faut une équipe réduite, qui se déplace rapidement et sans se faire repérer. Jacob a beaucoup voyagé ces derniers mois, il connaît les régions les plus sûres. Quand à toi, tu connais Castelroi, tu es donc tout désigné.

- Et tu cherches à m'éloigner de Sin fo.

 Tabatha soupira.

- Si tu veux qu'elle te pardonne un jour, il faut lui laisser du temps pour réfléchir. Mais elle ne pourra pas le faire si elle te voit tous les jours. Ça ne fera qu'attiser sa colère. Laisse-la respirer. Moi je reste auprès d'elle. Elle aura besoin de moi.

- Je comprends que tu sois de son côté.

- Je ne suis du côté de personne, répliqua Tabatha. Vous êtes tous les deux mes amis ! Mais je crois que tu pourras surmonter ça plus facilement qu'elle.

- Tu as probablement raison, reconnut Hank. Très bien, donc nous allons à Castelroi, mais pour chercher quoi ?

- Des preuves, des témoins, tout ce que vous pourrez trouver. Peut être que vous pourrez découvrir comment fonctionne sa magie, et nous pourrons alors le contrer.

- Et toi pendant ce temps-là ?

- Moi je continue ma progression vers Soripolis, en éliminant le maximum de djaevels au passage, et en recrutant du monde, j'espère. Jacob m'a déjà confié le commandement de son groupe.

- Mais qui sont tous ces gens d'ailleurs, questionna Hank en s'adressant à Jacob.

- Je vous expliquerais cela en chemin. Nous aurons le temps de parler pendant notre mission.

- C'est sérieux ? Vous êtes vraiment prêts à me faire confiance tous les deux ?

- J'ai toujours cru que vous cachiez quelque chose, répondit Jacob. Maintenant je sais ce que c'était, alors je n'ai plus de raisons de me méfier de vous.

- Tu as dit tout à l'heure que je ne pouvais pas garder un meurtrier près de moi. Mais je ne connais pas cet homme. Le Hank que je connais est un homme bon, qui a pris soin de moi, m'a protégée à de nombreuses reprises, et m'a aidée à grandir. Es-tu toujours cet homme-là ?

- Oui princesse, je serais toujours là pour toi.

- Très bien, alors qu'est-ce que tu fais encore là ? Je t'ai demandé un service non, dit-elle en souriant.

- Comment fais-tu pour être aussi adorable et aussi insupportable à la fois, plaisanta Hank à son tour.

 Sur ces mots, il prit la jeune fille dans ses bras, et lui glissa des remerciements au creux de l'oreille.

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