Chapitre 48 Jour nouveau - Partie 1

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- J'ai couru à travers les rues sans me retourner jusqu'à la sortie de la ville. Les portes n'avaient pas été ouvertes, mais j'ai pu m'échapper par le poste de garde. Je me suis caché dans les bois pendant quelques temps et j'ai fini par retrouver Bruggar et ses frères.

 Halbarad avait parlé pendant longtemps, et à l'évidence ces souvenirs étaient toujours aussi douloureux car il arrêta là son récit et se passa une main sur le visage pour masquer ses larmes. Sin fo, qui était assise en face de lui, posa une main sur son genou pour tenter de le réconforter.

- Je suis désolée pour Lucy. C'était une femme adorable et elle ne méritait pas ce qui lui est arrivé.

- Elle ne le méritait pas moins que tous les autres, intervint Tabatha un peu sèchement.

 Sin fo et Jacob se tournèrent en même temps, choqués par son attitude.

- Tabatha, si tu avais connu cette femme, tu ne serais pas aussi dure.

- Tu me demandes de pleurer la femme de cet homme ? C'est à cause de lui que mes parents sont morts, s'emporta Tabatha.

- Écoute petite, tous les reproches que tu pourrais me faire, je me les suis déjà fait à moi même depuis longtemps. Je devine que tu vivais à Castelroi ?

- Je me moque de tous les imbéciles qui vivaient dans cette ville. Ces traîtres n'ont eu que ce qu'ils méritaient en étant dévorés par les djaevels. Quant à vous je devrais vous tuer sur le champ pour avoir participé au coup d'état contre ma famille.

- Ta famille, demanda Halbarad un peu troublé. Tu serais...

- Je suis la princesse Tabatha, et ce royaume que vous avez voulu vous approprier est mon héritage.

- Je ne pensais pas que l'un d'entre vous était encore en vie, répondit Halbarad en se massant la nuque. Je n'essaie pas de minimiser ce que j'ai fait, et je t'assure que je n'en suis pas fier. Mais mon seigneur m'avait donné un ordre.

- Un ordre, vraiment ? C'est votre excuse ? Très bien, alors peut être que je pourrais donner l'ordre à Jacob de vous tuer.

- Je ne ferais pas ça, intervint Jacob.

- Pourquoi ? C'est un criminel, un traître au royaume. Il ne vaut pas plus que les djaevels. Comment peux-tu ne pas lui en vouloir pour ce qu'il a fait ?

- J'ignorais tout de son histoire. Il ne m'en avait jamais parlé.

- Maintenant que tu le sais, pourquoi ne veux-tu pas le tuer ? S'il avait eu le courage de se rebeller, mes parents seraient peut être toujours en vie. Mes parents, Jacob. N'étaient-ils pas tes amis, demanda la princesse avec des larmes dans les yeux.

- C'est justement parce qu'ils étaient mes amis que je ne te laisserais pas faire ça. La vengeance n'est pas une solution digne de toi. Si je te laissais t'engager sur cette voie, ce serait trahir leur mémoire.

- Taby, ma chérie, tu devrais écouter Jacob, intervint Sin fo d'une petite voix. Halbarad a mal agi, mais cela remonte à des années maintenant. Et surtout, Halbarad n'a pas participé à l'attaque de la capitale. Il n'a aucun lien avec les djaevels.

- Il n'a fait que se comporter en soldat, reprit Jacob. Il ne pouvait pas savoir ce que son maître ferait. Lui aussi a été trahi. Je pense qu'il a été assez puni.

 Tabatha était toujours furieuse après Halbarad, mais elle était consciente que ses amis avaient raison. Aussi se contenta-t-elle de hausser les épaules et de se rencogner dans son fauteuil avec les bras croisés. Ce n'était pas une attitude très solennelle, mais chaque fois que Tabatha parlait de la mort de ses parents, elle cessait d'être la princesse pour n'être qu'une jeune femme endeuillée. Sin fo, qui n'aimait pas voir son amie dans cet état, aurait préféré qu'ils parlent d'autre chose, mais Jacob avait encore des questions à poser à Halbarad.

- À quand dites vous que le complot ait remonté ?

- Environ sept ans. C'était quelques mois après le couronnement du roi.

- Et vous dites que tous les habitants de Castelroi ont participé ?

- En grande partie oui. Nous n'avions pas dit à tout le monde ce que nous préparions, mais il était évident que nous allions partir en campagne.

- Comment se fait-il que nous n'ayons pas été au courant ? Albus avait pourtant des informateurs dans toutes les grandes villes du royaume.

- Ça je l'ignore. Peut être que le seigneur avait acheté leur silence. Il possédait d'incroyables quantités d'or.

- C'est possible en effet, répondit Jacob en joignant ses mains et en posant ses coudes sur ses genoux.

- Voilà tout ce que vaut la loyauté des gens du sud, persifla Tabatha entre ses dents.

- Mais tout de même, reprit Jacob, je savais que Teon Garaney n'aimait pas Albus, mais je croyais que ça se limitait à une vieille rancune familiale. Je n'aurais jamais imaginé qu'il en arrive à de telles extrémités. User de sorcellerie et créer des monstres... Il faisait partie des grands seigneurs du royaume, et il a agi sans le moindre honneur. Je n'aurais pas cru ça de lui.

 Tandis qu'il prononçait cette dernière phrase, la porte s'ouvrit et Hank pénétra dans la pièce. Sin fo s'apprêta à l'accueillir, mais elle comprit en le voyant immobile dans l'encadrement de la porte et avec son teint blême que quelque chose n'allait pas, et son sourire disparut aussitôt. Hank regarda tour à tour Jacob, Halbarad et Bruggar, et ses lèvres se mirent à trembler. Il s'approcha de Sin fo à grands pas et se mit à lui parler très vite :

- Sin fo, ce n'est pas ce que tu crois. Je connais à peine ces deux hommes. Quoi qu'ait pu te dire le satyre à mon sujet, il ne cherchait qu'à me nuire.

- Je n'ai rien dit à ton sujet avorton, se défendit Bruggar.

- Vraiment ? De qui parliez-vous ?

- Qu'aurait-il pu dire pour te nuire, demanda Sin fo.

- Will ? C'est bien vous, demanda Halbarad en se redressant et en regardant Hank un peu mieux.

- Vous devez faire erreur, répondit Sin fo. Il s'agit de mon mari, Hank.

 Mais la jeune femme s'aperçut que Hank faisait des signes à Halbarad et que son regard était fuyant.

- Pourquoi t'appelle-t-il Will ?

- Je ne sais pas, il doit me confondre avec quelqu'un d'autre.

- Ne me mens pas s'il te plaît. Tu viens de dire que tu les connaissais.

- Oui c'est vrai. Mais rappelle toi que je vivais dans le sud quand on s'est rencontrés, alors c'est normal que j'ai des vieux amis venant de cette région.

- Je n'ai jamais été ton ami Merry, grogna Bruggar.

- Merry maintenant, demanda Sin fo en se tournant vers Hank avec un sourire. Il semble que personne ne vous ai jamais donné son vrai nom, s'amusa-t-elle aux dépens du satyre.

- Mais tout ça c'est de l'histoire ancienne, alors pourquoi ne pas passer à autre chose, demanda Hank en tentant de changer de sujet. De quoi est-ce que vous parliez quand je suis arrivé ?

- Je ne sais pas comment il a vous a dit qu'il s'appelait, mais je ne crois pas que vous connaissiez ce gredin aussi bien que moi, se renfrogna Bruggar. J'ai passé des années à le poursuivre dans toute la région pour lui faire payer ses crimes. Mais il m'a toujours échappé au dernier moment. Vraiment un drôle de choix que d'épouser une canaille pareille.

- Je vous rassure, je suis parfaitement au courant de ses petites erreurs de jeunesse.

 Bruggar ricana.

- Après tout vous êtes de la même espèce. D'ailleurs la dernière fois que je l'ai vu, il s'occupait de couvrir vos arrières.

- Je vous demande pardon ?

- Bruggar, je t'en prie, tais-toi, le supplia presque Hank.

- Tu as honte d'avoir volé cet uniforme maintenant, se moqua le satyre.

- Tu ne vas pas recommencer avec ça, intervint Halbarad. Je suis sur qu'il ne l'avait pas volé.

- Quel uniforme, interrogea Sin fo en fronçant les sourcils.

- Ne faites pas mine de l'ignorer. Il était sorti de la forêt juste après vous dans son bel uniforme rouge. Il m'a convaincu qu'il travaillait pour Davies et m'a empêché de vous poursuivre.

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