Chapitre 45 Conjectures - Partie 1

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 Hank se sentait en pleine forme. Pour la première fois depuis très longtemps, il pouvait ne se préoccuper que de sa santé et son bien être. C'était une belle journée ensoleillée, et il comptait bien en profiter. Après ce long et froid hiver, Hank n'avait qu'une envie : aller à la pêche. C'est pourquoi il était parti très tôt ce matin là, seul, afin de profiter au maximum de ce bref instant de répit.

 Il chargea son sac et son matériel dans la barque, défit les nœuds qui la retenaient au ponton, jeta le cordage à l'arrière et sauta avec légèreté dans son embarcation. Une fois confortablement assis, il éloigna la barque du ponton en s'appuyant dessus avec sa rame, qu'il plongea ensuite dans l'eau pour avancer. Il pagaya deux minutes et laissa sa barque dériver.

 Hank accrocha un appât au bout de son hameçon, jeta une poignée d'amorce de sa composition à l'eau et fit tremper sa ligne. Il s'adossa à la poupe avec un soupir de contentement. Il avait toute la journée devant lui et aucun autre souci que de surveiller sa ligne. Et même cela, il n'avait pas à s'en inquiéter outre mesure, car il ne pêchait que pour le plaisir, et pas parce qu'il manquait de nourriture. Vraiment, Hank ne connaissait pas de meilleur moyen de se détendre que d'aller s'allonger au bord de l'eau et d'attendre que le temps passe.

 Il installa son sac derrière sa nuque, se laissa glisser au fond de sa barque et rabattit sa casquette sur son visage. Bercé par le clapotis de l'eau sur sa barque, un sourire sur le visage, Hank s'apprêtait à se laisser gagner par le sommeil. Juste au moment où il sentait ses yeux le piquer et se fermer tout seuls, une violente secousse ébranla l'embarcation et il se cogna la tête contre le bois de la proue.

 Il se redressa vivement et regarda l'eau autour de lui. Il avait encore en mémoire le poisson énorme qu'il avait tué dans le lac de Ts'ing Tao, et il voulait se tenir prêt. Mais rien ne l'avait percuté. Il ne vit rien d'autre que des vagues qui venaient s'écraser contre la coque de son embarcation. Cela le surprit car elles étaient étonnamment hautes. L'une d'elles vint même lui éclabousser le visage. En levant les yeux, Hank s'aperçut qu'il avait dérivé très loin de la berge. Un tel courant était très inhabituel sur un lac.

 Hank remonta sa ligne et plongea rapidement sa rame dans l'eau. Il pagaya vigoureusement pour ébranler sa barque, mais il avait l'impression que cela ne servait à rien. La rive était toujours aussi loin. Pire, elle semblait s'éloigner. Le jeune homme rama de toutes ses forces, mais malgré tous ses efforts, son embarcation semblait tirée en arrière par une force invisible, et il vit bientôt la rive disparaître à l'horizon. Hank était désormais seul au milieu d'un désert liquide. Et pour ne rien arranger, les vagues étaient de plus en plus violentes.

 La barque de Hank était secouée dans tous les sens et le jeune homme avait bien du mal à conserver son équilibre. Tous ces remous ne tardèrent pas à lui donner la nausée. Lui qui n'avait jamais eu le mal de mer, il avait le cœur au bord des lèvres. Il voulut s'asseoir plus confortablement le temps de reprendre ses esprits, mais une vague plus haute que les autres le déséquilibra et il se retrouva sur le dos au fond de sa barque.

 Hank serait volontiers resté dans cette position, mais il sentit que sa barque prenait encore de la vitesse, et cela n'était pas bon signe. Il se redressa difficilement, et vit avec horreur qu'un tourbillon s'était formé et qu'il se dirigeait droit dessus. Hank tenta de faire dévier sa barque, mais elle était inexorablement attirée par le maelström. Néanmoins le jeune homme refusait de baisser les bras. Il continuait à ramer de toutes ses forces, jusqu'à ce que ses bras et ses épaules le brûlent comme si tous ses muscles étaient en feu. Et toujours sa barque était attirée par le cœur du tourbillon. Et plus elle tournait, plus la nausée de Hank s'accentuait.

 Soudain, une violente secousse renversa la frêle embarcation et Hank se retrouva à l'eau. Il essaya de se maintenir hors de l'eau, mais les flots étaient trop rapides et trop puissants, et il sombra rapidement. Il retint sa respiration le plus longtemps possible et tenta de remonter vers la surface, en vain. Il était ballotté par le courant et tiré vers le fond. Bientôt, tout devint sombre autour de lui. Hank se savait perdu. Il ferma les yeux et expira le peu d'air qui lui restait dans les poumons. Puis, par réflexe, il prit une longue aspiration. À sa grande surprise, il ne but pas la tasse, mais sentit une grande goulée d'air frais lui emplir la poitrine.

 Hank ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Il ne devait plus être sous l'eau, puisqu'il parvenait à respirer, mais comment aurait-il pu s'en sortir ? De plus il se sentait toujours nauséeux et humide. Il se décida à ouvrir les yeux. Hank ne comprenait pas ce qu'il avait devant les yeux. Un flot de lumière l'aveuglait et des vagues de couleurs informes dansaient devant ses yeux. Après quelques secondes, une forme vint se placer devant lui et lui cacha la lumière. Le jeune homme crut distinguer une silhouette mais il ne reconnut pas de visage. La forme sombre s'adressa à lui, mais il ne saisit pas ce qu'elle lui disait.

- Où suis-je, demanda-t-il. Je suis mort, c'est ça ? Vous êtes un ange ?

 La lumière derrière la silhouette se fit moins intense à mesure que Hank recouvrait ses esprits, et il put distinguer les traits de son visage. C'était Tabatha qui était penchée au dessus de lui et le regardait les sourcils froncés.

- Un ange, répéta-t-elle. Tu as dû prendre un sale coup à la tête.

- Taby ? Mais où est-ce que je suis ?

 La princesse ne lui répondit pas. En fait elle s'était déjà redressée, et ayant mis ses mains en porte-voix, elle appela :

- Sin fo ! Ça y est il est réveillé.

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