Chapitre 44 Affrontement en forêt - Partie 3

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 Le vieil hembra ferma les yeux et se mit immédiatement au travail. Cela se fit rapidement, car il avait déjà cerné le problème, et ses mains étaient déjà apposées sur la blessure. Sin fo put sentir le flux de magie qui se répandit des doigts de l'hembra dans le corps de Hank. Elle put voir les chairs se resserrer et se reformer, les muscles se ressouder et la peau se refermer sur eux. Et soudain tout s'arrêta. Sin fo s'en inquiéta car il manquait encore beaucoup de peau pour que la plaie soit bien refermée.

- Que faites vous, demanda-t-elle à Deac’yamp. Pourquoi vous arrêtez-vous ?

 L'hembra retira ses mains du ventre de Hank et se laissa tomber en arrière. Il avait le teint livide, le front en sueur et il grelottait. Il tenait sa main droite crispée sur son ventre, et seule sa main gauche le maintenait et l'empêchait de s'effondrer complètement.

- J'ai fait ce que vous m'aviez demandé, répondit-il avec difficulté. Je lui ai sauvé la vie.

- Mais sa blessure est encore ouverte !

- Il s'en remettra très bien avec des soins plus traditionnels. Je ressens déjà un contrecoup terrible, je refuse d'en faire plus. Je ne veux pas mettre ma vie en danger.

 Sin fo sonda l'esprit de l'hembra et s'aperçut qu'il était effectivement au plus mal. L'esprit de Hank en revanche, bien que toujours très faible, avait retrouvé une certaine stabilité et une certaine chaleur. Sin fo prit la main de l'hembra et la pressa chaleureusement.

- Excusez-moi, je ne voulais pas vous parler si durement. Je perds un peu mes moyens lorsque ma famille est en danger.

- Je peux comprendre cela, mais cela ne vous donne pas le droit de maltraiter les autres personnes autour de vous, répondit Deac’yamp un peu sèchement en retirant sa main de celle de Sin fo.

 La jeune femme fût peinée par cette remarque, mais elle n'eut pas le temps de répondre car Tabatha revint au même moment à toutes jambes. Elle s'arrêta à leurs côtés en dérapant sur le chemin de terre et tendit son sac à Sin fo avant même de reprendre son souffle.

- Est-ce que Hank va bien ? J'ai eu du mal à trouver ton sac. J'ai regardé rapidement, je crois qu'il y a tout ce qu'il faut. Je t'en prie, dis-moi qu'il va bien.

- Du calme, lui dit Sin fo, prends le temps de respirer. Hank va bien, Deac’yamp a fait des miracles une fois encore.

- Comme vous dites, une fois encore, répéta Deac’yamp amèrement.

 Tabatha le regarda sans comprendre et Sin fo dût prendre sur elle pour ne pas s'emporter.

- Vous avez un problème avec cela, demanda-t-elle le plus calmement possible.

- Je ne vois pas pourquoi j'en aurai, répondit l'hembra avec un sourire forcé.

 Il se leva difficilement et prit appui sur le jeune hembra qui lui tendit son bras.

- Je pensais qu'avec un pouvoir comme le votre, vous seriez content de pouvoir soigner les gens.

- Soigner les gens ne me pose aucun problème, s'emporta l'hembra, mais je ne suis pas un dieu ! Mes pouvoirs, mes forces ne sont pas illimités. Chaque fois que je vous ai vus, vous et votre mari, l'un de vous était à l'article de la mort. Vous m'avez même demandé de libérer cette jeune fille d'un envoûtement, rappela-t-il en désignant Tabatha. Vous avez l'air de croire que je peux tout soigner, tout arranger. Mais je ne serais pas toujours là pour vous sauver la vie.

 Le médecin tourna le dos à Sin fo et commença à s'éloigner, toujours appuyé sur l'épaule du jeune hembra.

- Pensez-vous que cela nous amuse ? Que nous mettons notre vie en danger de manière inconsidérée ? Chaque fois que nous risquons notre vie, c'est pour sauver celle de quelqu'un d'autre. Bien sûr, Hank aurait mieux fait de ne pas se battre en étant blessé, mais s'il ne l'avait pas fait, au moins deux femmes seraient mortes. Mon mari est comme cela. Il se sert de ses capacités pour aider les autres.

 L'hembra leva la main pour demander à son compagnon de s'arrêter. Il sembla soupirer puis, sans se retourner, il dit à Sin fo :

- Faites bouillir de l'eau pour nettoyer la plaie, puis faites un bandage très serré, cela facilitera la cicatrisation. Et veillez à ce qu'il mange beaucoup les prochains jours. Il a besoin de reprendre des forces.

- Merci encore. Prenez soin de vous.

 Deac’yamp hocha la tête, le jeune hembra les salua et ils s'éloignèrent vers le reste du groupe, un peu plus loin sur le chemin. Restées seules, Tabatha et Sin fo échangèrent un regard las et s'affairèrent autour de Hank en silence. Suivant les instructions du médecin, Sin fo vida sa gourde dans une petite casserole et alluma un feu dessous. Pendant ce temps, Tabatha vida le sac à la recherche de bandages. En attendant que l'eau bouille, les deux jeunes femmes discutèrent.

- Je ne savais pas que c'était lui qui m'avait... comment dit-on ? Désenvoûtée ?

- Non, en réalité c'était moi. Il m'avait dit qu'il était incapable de le faire.

- Oh bien. Je suppose qu'il faut rajouter cela à toutes les fois où tu m'as sauvée.

- Nous ne tenons pas les comptes, répondit Sin fo avec un sourire.

- Peut être que nous devrions. J'ai une idée. Faisons un pari ! Si je te sauve la vie plus souvent que tu ne le fais, tu appelles ton premier enfant Tabatha !

 Sin fo éclata de rire. Cela lui faisait du bien de décompresser après les minutes angoissantes qu'elle venait de traverser.

- Et si j'ai un fils ?

- Ce n'est pas grave, Tabatha ça reste un prénom parfait.

 Sin fo rit de plus belle.

- Bon, d'accord, mais moi qu'ai-je à y gagner ?

- Ton enfant portera un prénom royal, ce n'est déjà pas si mal, répondit malicieusement Tabatha.

- Très drôle. Non j'ai une idée. Si je sauve tes fesses plus souvent...

- Eh laisse mes fesses où elles sont, tu seras gentille, protesta la princesse.

- Bien, alors si je gagne le pari, j'aurais le droit de choisir la plus belle chambre quand nous serons au palais.

- Tu es dure en affaire, dit Tabatha en faisant mine de réfléchir, mais je suis sûre de gagner, alors j'accepte.

 Les deux jeunes femmes se serrèrent la main solennellement, puis échangèrent un sourire complice, s'amusant ensemble de leurs bêtises. Jetant un œil sur la casserole, Sin fo dit :

- Je pense que c'est assez chaud comme cela. Peux-tu me donner un linge propre s'il te plaît ?

 Tabatha lui en tendit un, et regarda Hank en grimaçant.

- Je sais bien qu'on a souvent vu pire, mais ça me retourne de le voir comme ça.

- Moi aussi, mais comme tu l'as dit, nous avons vu pire. Depuis le temps que je le connais, j'ai souvent pansé ses blessures. Mais après tout c'est mon mari, qui s'occupera de lui si ce n'est moi ?

 Tout en disant cela, Sin fo trempa le linge dans l'eau chaude et commença à nettoyer le sang autour de la plaie de Hank.

- C'est vrai que le médecin n'avait pas l'air enchanté de le soigner, remarqua Tabatha.

- Il souffre à chaque fois qu'il guérit quelqu'un. Je pense que c'est la douleur qui l'a rendu si acerbe. Du moins je l'espère, sinon cela fera une personne de moins de notre côté.

- Je ne comprends pas pourquoi les gens vous en veulent. Qu'avez-vous bien pu leur faire ?

- Je l'ignore, soupira Sin fo. Nous avons toujours essayé d'être justes envers tous les habitants de Ts'ing Tao. Je suppose qu'on ne peut pas satisfaire tout le monde. En tout cas, toi tu as été parfaite tout à l'heure. Ils ont tous suivi tes ordres sans rechigner.

- J'essayais juste d'éviter qu'il y ait des victimes, répondit la princesse en rougissant un peu. Si j'avais su pour Hank, continua-t-elle en baissant les yeux sur lui, jamais je n'aurais...

- Tu n'as pas à t'en vouloir, l'interrompit Sin fo. Tu as fait ce qu'il fallait en mettant le groupe à l'abri. Et ce mur de ronces était une excellente idée.

- Quand j'ai vu la terre s'ouvrir sous nos pieds, j'ai cru que c'était toi qui faisais surgir la pierre.

- J'ai pensé le faire, mais j'étais trop loin pour être assez précise, et bouger une telle quantité de pierre aurait sûrement déséquilibré, voire déraciné plusieurs arbres. C'était trop dangereux.

 Sin fo avait fini d'éponger le sang sur la peau de Hank et l'essuya précautionneusement. Elle posa la bande sur la peau de Hank, un peu au dessus de sa plaie, et l'étala jusqu'à ses côtes. Là, elle dût demander de l'aide à Tabatha. Tandis que Sin fo passait ses bras sous les épaules de son mari et le retournait doucement, Tabatha déroulait les bandes pour les faire passer derrière son dos. Hank grogna un peu quand Sin fo le bougea, mais il demeura inconscient. L'opération ne prit que quelques minutes, après quoi Sin fo reposa doucement son mari sur le sol et le recouvrit d'une couverture qu'elle avait dans son sac.

- Quand crois-tu qu'il va se réveiller, demanda Tabatha.

- Je ne sais pas. En général il se remet assez vite, mais il lui faudra probablement plusieurs heures.

- Nous ne pourrons pas attendre ici qu'il aille mieux.

- Je sais. Écoute, je vais trouver une solution. Toi, va voir les autres, assure-toi que tout le monde va bien. Quand tu voudras partir, je serais prête.

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