Chapitre 41 Premières armes - Partie 4

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 La créature essayait de se traîner misérablement sur le sol, mais ses bras n'étaient pas assez forts. Hank n'avait jamais vu un djaevel aussi amoché. Il éprouva presque de la peine pour lui. La créature agrippa faiblement la cheville de Hank et fit claquer ses mâchoires. Hank se dégagea et asséna un petit coup de marteau qui fendit simplement le crâne du djaevel. La créature claqua encore sa mâchoire deux ou trois fois et tourna sa tête vers Hank.

  Pendant un instant, il crut voir un sourire se dessiner sur le visage creusé du djaevel et ses yeux se colorer, puis ceux-ci reprirent leur teinte laiteuse, et la créature laissa tomber sa tête avec un long soupir. Hank se détourna, se mit à genoux sous la fenêtre, et se plia en deux pour vomir. Il arracha un bout de tissu aux rideaux pour s'essuyer le visage et le cou, et lorsqu'il vit toutes les matières qu'il avait retirées, il vomit à nouveau.

- Est-ce que tout va bien, s'inquiéta Tabatha.

- Oui, je… J'ai vraiment cru qu'il m'avait mordu. S'il avait encore eu toutes ses dents, j'y serais passé.

- Heureusement que le dernier était moins coriace.

- Oui, et pourtant c'est celui que j'ai eu le plus de mal à tuer.

- Tu plaisantes ? Tu n'as eu qu'à lui mettre un petit coup.

- Je sais, mais il m'a regardé et ça m'a retourné les tripes. Je sais qu'ils ne sont plus humains, mais lui il a vraiment l'air d'en avoir bavé.

- Nous en sommes tous là.

- Tu as raison, je devrais plutôt me soucier des vivants. D'ailleurs Sin fo doit avoir fini en bas, je l'entends sur le palier.

  La porte s'ouvrit en grinçant, mais ce n'était pas Sin fo qui se tenait derrière. Un énorme djaevel, qui devait peser plus de cent quarante kilos et à qui il manquait un œil, les regarda un instant en bavant, puis il poussa le râle caractéristique des djaevels en chasse. Le mastodonte s'élança et chacun de ses pas faisait trembler le plancher. Tabatha se mit en garde, mais elle ne faisait pas le poids contre un tel monstre. C'est pourquoi Hank la poussa sur le côté et se mit en travers de la course du djaevel. Celui-ci étant trop grand, Hank se prépara à le frapper sous la mâchoire pour stopper son élan. Il balança son bras vers le haut, mais le manche de son marteau, rendu glissant à cause du sang, lui échappa à mi-course, et le marteau s'écrasa au sol à trois mètres du djaevel. Hank n'eut que le temps d'un juron avant que la créature ne soit sur lui la bouche grande ouverte.

  Soudain, une gerbe de sang jaillit de la gorge du djaevel et éclaboussa Hank des pieds à la tête, bien qu'il ait croisé ses bras devant son visage pour se protéger. La créature chuta en avant et s'effondra sur Hank, qui se retrouva pris au piège. Il dégagea son bras droit et s'en servit pour repousser le djaevel pour éviter d'être mordu. Le jeune homme poussa un cri de surprise lorsqu'il vit la tête se détacher et rouler sur le côté. Hank vit un pied arrêter le mouvement de la tête du djaevel et une lame la transpercer. Il leva le regard sur Sin fo qui lui dit :

- Il n'y avait personne en bas, alors je suis montée vous donner un coup de main. Tu ne m'en veux pas trop mon chéri ?

- Je te promets de te couvrir de baisers pour te remercier dès que tu m'auras tiré de là, assura Hank en frappant le dos du djaevel du plat de la main.

- N'espère pas m'approcher avant d'avoir pris un bain, le prévint Sin fo en se penchant au dessus de lui.

  Hank vit également le visage de Tabatha apparaître dans son champ de vision.

- Si vous pouviez attendre que je m'éloigne, vous seriez adorables. J'ai vu suffisamment de choses choquantes aujourd'hui.

- Allez, assez rigolé. J'ai l'impression qu'un mangolier s'est couché sur moi. Aidez-moi !

 Tabatha sauta par dessus le corps du djaevel, arrachant un gémissement à Hank lorsqu'elle ajouta son poids à celui de la créature, et se joignit à Sin fo pour libérer son ami. La créature était si lourde et ils étaient si épuisés que cela leur prit de longues minutes avant de réussir à faire rouler le corps. Hank se traîna sur le sol au milieu des différentes matières visqueuses et s'assit contre une armoire. Il jeta un regard circulaire sur la pièce, et sur la boucherie qui la souillait, en tentant de reprendre son souffle. Sin fo s'approcha et s'accroupit devant lui.

- Est-ce que ça va ?

- J'ai eu peur. Tout ça me fait peur.

- C'est normal. Mais c'est fini maintenant.

- Non, ça ne fait que commencer, et je n'y arrive plus. Je n'ai pas pu vous protéger toutes les deux.

 Sin fo prit les deux mains de son mari dans la sienne.

- Hank regarde-moi. Hank, répéta-t-elle doucement en tournant son visage vers elle. Tu n'as pas à le faire à longueur de temps. Je peux me débrouiller. Tabatha peut se débrouiller. Fais-nous confiance, et ne mets plus ta vie en danger pour nous, d'accord ? Je t'interdis de te sacrifier pour moi. Je refuse de vivre avec cela, tu m'entends ?

- Et moi j'aurais besoin de toi pour sauver Maxou et reprendre mon royaume. Alors je t'interdis de me laisser tomber. Tu as intérêt à rester en vie. C'est un ordre, soldat.

 Hank leva les yeux vers Tabatha qui le regardait en souriant. Sin fo ne vit là qu'une plaisanterie de la princesse, mais Hank comprit toute la portée de cette phrase. Il lui sourit en retour, et elles l'aidèrent toutes les deux à se remettre debout, après quoi ils sortirent de la chambre sans un regard en arrière.

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