Chapitre 41 Premières armes - Partie 3

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  Parvenus à l'étage, Tabatha murmura à Hank :

- Tu m'impressionnes. Comment fais-tu pour réfléchir à tout cela et élaborer un plan aussi rapidement ?

- Je crois que c'est juste une question de logique.

- Non, je t'assure, on dirait que tu as fait cela toute ta vie.

- Ça fait quelques années que je pratique l'extermination de djaevels. Mais tu le sais, tu étais là tout le temps.

- Je ne parle pas que de cela. Ce qui m'impressionne c'est ta capacité à prendre les bonnes décisions pour tout le monde. Je crois que je serais incapable de diriger comme tu le fais.

- Justement j'ai éloigné Sin fo pour pouvoir te parler de ça seul à seul. Il faut que tu me remplaces.

- Pardon ?

- Les décisions, les ordres, il faut que ce soit toi qui les donnes.

- Moi ? Je ne pourrais pas. Je suis encore trop jeune, les autres refuseront de m'écouter.

- L'âge n'a rien à voir là dedans. Tu as affronté plus d'épreuves que la plupart d'entre eux. Et tu es habituée à donner des ordres. Quand je t'ai rencontrée, tu ne faisais que ça toute la journée.

- Ce n'est pas drôle, répondit Tabatha sombrement. Mes caprices de l'époque ne mettaient la vie de personne en danger.

- Je sais, répondit simplement Hank. Mais les choses ont changé. Écoute, je suis désolé de te demander ça, mais cette responsabilité qui était la mienne jusqu'à présent, c'est à toi qu'elle incombe désormais.

- Pourquoi ? Pourquoi ne pas continuer comme cela ? Après tout, ils te font tous confiance.

- C'est là que tu te trompes. Ils m'écoutent quand tout se passe bien, mais ils ne sont pas prêts à me suivre aveuglément. Quand les djaevels ont attaqué Ts'ing Tao, ils m'ont tous abandonné, et l'autre soir à l'auberge, ils ont refusé de me suivre. Mais toi tu leur as parlé cinq minutes et ils ont pris la route pour te suivre. Tu es faite pour commander, tu as ça dans le sang.

- Alors pourquoi ont-ils suivi tes ordres aujourd'hui ?

- Probablement parce que j'étais le seul à en donner. Depuis que nous avons quitté Ts'ing Tao, tu n'as presque pas dit un mot. J'ai dû m'occuper de prendre les décisions. J'ai choisi la route à suivre, les endroits où bivouaquer, et j'ai établi les tours de garde. Alors bien sûr, tout à l'heure, quand il a fallu prendre une décision, ils se sont tous tournés vers moi. Mais ce n'est pas une bonne chose.

- Pourquoi pas ? Après tout, nos objectifs sont les mêmes.

- Pas tout à fait. Tu leur as demandé de partir en guerre. Je ne leur ai demandé que de m'aider à sauver Maxou.

- Mais moi aussi je veux le sauver, s'emporta Tabatha.

 Soudain, un bruit sourd leur parvint de derrière une porte. Ils tournèrent tous les deux la tête dans cette direction et attendirent l'arme au poing. Après de longues minutes sans bouger, ils se détendirent et relâchèrent la pression en soupirant.

- Je déteste ce genre d'ambiance, murmura Tabatha.

- Moi aussi. Ça me rappelle le jour où je t'ai rencontrée.

 Hank vit le regard noir que lui lança son amie et s'excusa en levant les bras devant lui :

- Je plaisante, calme-toi. Il vaut mieux ne pas faire trop de bruit. Écoute, je sais que tu ne souhaites rien de plus au monde que de secourir Maxou. Mais nous n'y arriverons pas seuls. Nous aurons besoin de toutes les forces disponibles. Tous ces gens ont accepté de te suivre parce que tu es la princesse. Ça te donne des responsabilités. Il viendra un moment où tu leur demanderas, à eux et à d'autres, de mettre leur vie en danger pour toi. Ils ne le feront pas s'ils n'ont pas confiance en toi. Et pour ça, tu dois leur parler. Tu dois les guider.

- Je déteste quand tu as raison, dit Tabatha après un moment avec un sourire amer.

- Sin fo me le reproche souvent également.

- Je sais ce que je dois faire, mais j'ai peur de le faire. J'ai peur de prendre de mauvaises décisions et que des personnes soient blessées. Ou pire...

- Je ne vais pas te mentir, ça arrivera sûrement. Ça m'est arrivé à moi en tout cas.

- Comment fais-tu pour supporter cela ?

- Je me dis que ce n'est pas moi qui les ai tués. Et j'essaie de penser aux vies que j'ai protégées en faisant ces choix. De toute façon, j'avais déjà commis des erreurs dans le passé qui me tenaient éveillé avant l'apparition des djaevels, ajouta Hank avec un air sombre, alors j'ai appris à vivre avec.

 Tabatha s'apprêta à lui demander de quoi il parlait, mais un nouveau bruit leur parvint de derrière la porte. Hank empoigna son arme fermement et dit à son amie :

- Cette fois, c'est sûr, ils sont là. Ne perdons pas plus de temps. Tu es prête ?

 Tabatha acquiesça d'un signe de tête et se mit en position d'attaque. Hank enfonça la porte d'un coup de pied, et celle-ci rebondit sur une silhouette qui se tenait derrière. L'odeur de charnier qui émanait de la chambre ne laissait aucun doute quant à la nature de ses occupants. Hank se jeta contre la porte pour déséquilibrer le djaevel qui se trouvait derrière et Tabatha s'élança à sa suite. Elle enfonça sa dague dans le front du djaevel à terre, qui n'eut même pas le temps de tendre les bras vers elle. Hank se plaça au dessus de son amie et lui dit :

- Reste derrière moi, je me charge des autres.

 Les rideaux aux fenêtres étaient fermés, mais troués et élimés comme si les djaevels avaient essayé de les arracher maladroitement. La lumière des soleils était suffisamment éclatante pour éclairer la pièce, même à travers ces quelques trous, et Hank vit distinctement quatre djaevels se dresser devant lui. Ils le regardaient, apparemment sans comprendre ce qu'ils avaient en face d'eux. Peut être était-ce la première fois qu'ils voyaient un être humain depuis qu'ils avaient été infectés.

 Hank ne perdit pas de temps à se poser des questions et abattit son marteau sur le crâne du djaevel le plus proche. Le choc fut si violent que Hank se retrouva couvert de sang et de morceaux de cerveau. Les trois autres djaevels sortirent de leur léthargie lorsque le corps s'affaissa au sol. Deux d'entre eux se jetèrent sur Hank, tandis que le troisième, qui se tenait ramassé dans un coin, sembla trébucher et s'étala de tout son long au sol. Hank balança son bras dans un mouvement circulaire, brisant ainsi la mâchoire du djaevel sur sa gauche, mais cela lui fit tourner le dos à celui sur sa droite.

 Loin de se laisser surprendre, Hank réagit instinctivement et donna un coup de pied en arrière qui vint heurter le genou du djaevel, le déséquilibra et l'envoya au sol. Hank fit demi-tour sur lui-même, leva son bras et l'aplatit lourdement sur la tête du djaevel, dont il ne resta bientôt plus qu'une bouillie infâme. Hank entendit un gargouillis et sentit la seconde d'après deux mains posées sur ses épaules. Le jeune homme sentit l'haleine fétide du djaevel dans son cou, ainsi que sa langue et ses dents posées sur sa peau. Avec un cri mêlant la terreur et la rage, Hank saisit le djaevel par les épaules et le bascula au dessus de lui. Tabatha vint à son secours et planta sa dague dans l'œil de la créature dès qu'elle toucha le sol.

- Fais attention, il en reste un, cria Hank.

 Il se releva en glissant sur une tache de sang tandis que Tabatha récupéra son arme et fit volte-face. Par chance, le dernier djaevel n'avait pas bougé depuis le début du combat. Il était toujours étendu sur le plancher dans le coin de la pièce et poussait des râles en regardant nos deux héros. Hank s'en approcha avec prudence et comprit ce qui l'empêchait de bouger. Toute la partie basse de son corps avait disparu, probablement dévorée par les autres djaevels avant sa transformation.

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