Chapitre 39 Tourments - Partie 3

4 minutes de lecture

 Le sorcier reporta son attention sur Maxou. Il resta à le contempler en silence pendant de longues minutes, jusqu'à ce qu'il ait suffisamment profité du spectacle de sa douleur.

- Je ne comprends pas les sentiments humains. Pourquoi refuses-tu de me dire ce que tu sais sur cette fille ?

- Jamais je ne la trahirais, répondit Maxou en toussant.

- Qu'importe, le résultat sera le même pour elle. N'as-tu pas compris que je savais déjà ce dont j'avais besoin ? Ce n'est pas par hasard si j'ai envoyé mes djaevels sur votre village.

- Alors pourquoi faites-vous tout ça ? Qu'est-ce que je fais là si vous n'avez pas besoin de moi ?

- Si tu étais resté gentiment chez toi, c'est avec elle que j'aurais cette conversation. Il est normal que tu paies pour tes erreurs. Comme tes amis, tu as voulu te dresser contre moi, et je ne peux pas laisser cela impuni.

- Je le referais si j'en avais l'occasion.

- Alors tu es stupide ! Pourquoi ? Pourquoi voudrais-tu t'infliger toutes ces douleurs ?

- Parce que je l'aime.

  Sous le coup de l'émotion, Tabatha porta ses mains au visage. Elle fit un pas en avant vers Maxou, mais s'arrêta aussitôt car l'homme s'était déplacé et lui barrait le passage. Non, c'était un hasard, il était simplement devant elle. Sous son masque, un nouveau rire résonna.

- C'est tout à fait le genre de réponse que j'attendais ! Vous êtes tous les mêmes ! Moi j'ai mes pouvoirs, mes soldats et mes djaevels, mais vous, ce qui vous donne votre force, c'est l'amour !

  L'homme fut pris d'un véritable fou rire. Lui qui était d'habitude si calme, il avait basculé sa tête en arrière et il tenait ses bras croisés sur son torse. Maxou le toisa d'un regard de défi, et Tabatha se demanda si cet homme n'était pas complètement fou, ce qui la terrifia encore plus. Enfin, le sorcier se calma, et en se tournant vers Maxou lui demanda :

- Et bien sûr, tu es persuadé que ton amie en ferait autant pour toi, parce qu'elle t'aime aussi.

- Je n'ai pas le moindre doute !

- Dans ce cas, pourquoi ne vient-elle pas à ton secours ?

- J'espère qu'elle ne viendra jamais ici.

- Malheureusement pour toi, elle est déjà là.

  À cet instant, à la surprise conjointe de Tabatha et Maxou, l'homme se retourna et attrapa la jeune fille par le poignet. Cette dernière se débattit sans comprendre comment le sorcier avait pu la voir, et Maxou releva la tête comme s'il venait de voir apparaître un fantôme.

- Non, c'est impossible, bredouilla-t-il. C'est de la sorcellerie !

- Tu ne rêves pas, c'est bien elle. Elle est arrivée avant moi, et elle n'a rien fait pour m'empêcher de te faire du mal.

  Tabatha parvint à se libérer de l'emprise du sorcier en secouant violemment le bras et se jeta sur Maxou. Elle passa ses mains sur son visage et il l'implora :

- Dis-moi qu'il ment. Dis-moi que tu ne l'as pas regardé faire sans rien dire.

- Ce n'est pas ce que tu crois, répondit Tabatha en pleurant.

  Le visage de Maxou se décomposa. C'était comme si son monde venait de s'effondrer. Tabatha s'en aperçut et le força à la regarder dans les yeux quand elle continua :

- Je ne pouvais rien faire. J'ai essayé, je te promets que j'ai essayé, mais mes mains sont passées au travers de tes chaînes. Je ne sais pas pourquoi, mais tu ne m'as pas entendue alors que j'étais juste devant toi. Maxou regarde-moi ! Je t'aime aussi Maxou.

  Les mains toujours placées de chaque côté de son visage, elle embrassa le jeune homme langoureusement. Pendant un court instant, ce fut comme s'ils étaient seuls au monde, puis ils furent brutalement ramenés à la réalité par le sorcier qui tira Tabatha en arrière.

- Ça suffit, ce n'est pas pour ça que je t'ai faite venir.

Tabatha se dégagea d'un coup d'épaule.

- Jamais je ne vous obéirais !

- Vraiment ? Comment crois-tu être parvenue jusqu'ici ? Tu es là parce que je l'ai voulu, et tu as été incapable de résister à mon appel. Je te rappelle que j'ai déjà soumis ton esprit.

- Alors pourquoi ce n'est pas moi qui suis attachée à cette table ? Pourquoi ne pas vous en prendre directement à moi ?

- Malgré mes pouvoirs, je ne peux te faire venir qu'en esprit, et je ne peux pas te garder tangible très longtemps. Mais je suis sûr que tu viendras bientôt de ton plein gré. Tu viendras secourir ton ami, et laver l'honneur de tes parents.

- Ça vous pouvez en être sûr !

- Taby non, s'écria Maxou. Tu ne vois pas que c'est un piège ?

- Bien sûr que c'est un piège, mais je n'ai pas le choix. Je ne peux pas te laisser ici.

- Non, reste à l'abri !

Le rire du sorcier s'éleva à nouveau sous son masque.

- Quelle scène touchante, vraiment. Mais je n'ai plus de temps à perdre avec ça.

  Dès qu'il eut terminé sa phrase, Tabatha sentit que quelque chose avait changé. Elle s'avança vers Maxou, mais sa main passa cette fois au travers de la joue du jeune homme. Les larmes aux yeux, elle lui dit dans un murmure :

- Je reviendrais te chercher. Ne baisse pas les bras. Je te jure que je reviendrais.

- Non, ne fais pas ça, la supplia Maxou. Reste à l'abri.

- Je ne peux pas faire ça, je t'aime Maxou.

 Tabatha sentit un frisson lui parcourir le corps et des picotements dans les bras. Elle leva sa main droite devant ses yeux et vit qu'elle devenait transparente. Elle allait bientôt disparaître. Elle s'empressa de lui répéter :

- Je reviendrais Maxou. Je te délivrerais !

 Le jeune homme se débattit, secoua la tête et lui répondit en criant :

- Non, ne reviens pas ! Je te l'interdis, tu m'entends ? Je préfère mourir que de te revoir ici !

 Le sorcier éclata de rire, et son rire couvrit les cris de Maxou. La lumière déclina peu à peu, et Tabatha se retrouva dans le noir le plus complet, n'entendant plus que le rire du maître des djaevels.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Défi
Madisaurene

Parfois emporté par le courant sans rien pouvoir y faire, tantôt bercé, tantôt balloté par ce flox bien trop puissant. Nous empruntons sans cesse le même chemin aux décors changeant, uniquement mû par la quête du bonheur, fyant tout ce qui nous ferait souffrir. C'est quand elle pris la décision de descendre, et ce pour la dernière fois, ces escaliers qu'elle avait tant aimé monter, quand elle sentis son coeur se briser qu'elle compris. La tristesse s'écoulait tel de l'eau dans une passoire qui finirait par se reboucher, plus légère, enfin apte à aceuillir le bonheur tant rêvé.
1
2
3
0
leotypique

Je m'appelle Léo.
J'ai 10ans.
J'habite dans une petite ville très chaleureuse.
Mais dans ma vie.
Je reçois quelques critiques qui ne sont pas importantes pour moi.
Les gens pensent qu'il me touche dans le cœur mais il me rate toujours !
De plus je connais ces personnes.
Je l'ai vois tout le temps.
Mais depuis tout petit j'ai toujours été différent des autres.
Quand j'étais petit j'écouté du Britney Spears ou du Shy'm et les autres écoutez du Maître Gims ou des autres trucs de rap.
Ou alors c'était aussi pour mon style.

2
0
16
1
AlphoneX

L'ennui m'amie me mit à ton âme soumis
Et la nuit se défit quand ton ris me sourit
Lors ce fut à l'entour des atours de tes jours
Qu'en séjour me lia l'anneau pur en ta cour

Quel anneau diras-tu aurait pu t'enlier
Sans que garde n'aie pris de te le dédier
Mais il n'est que souci d'en ta grâce rester
À temps que soit le dit si tu fus j'ai été

Tel passé qui persiste à devenir cet hui
Qui prévoit devers lui son horizon enfui
Si amante je n'ai douce sour me possède

À quel autre vouloir sourcerais - je mon aide
Afin que mon désir ne soit que tes caprices
Lesquels plus m'éjouissent que feintes d'actrice.
4
2
0
0

Vous aimez lire William BAUDIN ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0