Chapitre 33 La traque - Partie 4

5 minutes de lecture

- Vous ne m'échapperez pas, cria l'homme. La gosse est à moi ! Je vais vous tuer et la ramener à mon maître.

 Il se redressa en serrant les dents, et se tourna vers Sin fo. Sans hésiter, Hank plongea sur lui et l'envoya au sol. Accroupi au dessus de son ennemi, il lui assena un violent coup de poing au visage. L'homme ne parut pas affecté, car il commença à ricaner. Hank le frappa encore plusieurs fois, et l'homme rit de plus en plus fort. Lorsque Hank s'arrêta, à bout de souffle, l'homme étira sa lèvre fendue en un large sourire et lui dit :

- Tu n'as toujours pas compris ? Tout ce que tu fais est si vain. Ta vie nous appartient déjà. Tu es condamné depuis le moment où nous avons posé les yeux sur toi.

- Je n'ai jamais cru aux mauvais présages.

 Hank leva une nouvelle fois son bras, mais l'abattit cette fois sur le ventre de son adversaire, en plein cœur de sa blessure. L'homme en eut le souffle coupé, et son visage se tordit de douleur. Galvanisé, Hank le frappa de plus belle, en essayant de lui faire le plus de mal possible, afin que l'homme ne puisse pas répliquer. Entre deux coups, celui-ci parvint à articuler quelques mots. Hank voulait le faire taire, et essaya de le frapper au visage, mais l'homme leva son bras et saisit le poing de Hank dans sa main juste avant qu'il n'atteigne son visage.

 Habité par une force nouvelle, l'homme tordit le bras de Hank, avant de le repousser violemment. Hank se releva précipitamment et tenta de s'éloigner malgré sa cheville qui le faisait souffrir, mais il sentit une force invisible le soulever du sol, et le projeter à plusieurs mètres, comme les djaevels l'avaient été quelques minutes plus tôt. Hank avait déjà été victime de ce genre de magie quelques années auparavant, mais cet homme était bien plus fort que ne l'avait été Reg'liss. Hank n'osait pas imaginer le pouvoir que possédait son maître. Il s'efforça de se remettre debout en prenant appui sur ses coudes, mais l'homme lui envoya un coup de pied dans le dos qui le plaqua au sol. Joue contre terre, respirant la poussière, Hank entendit l'homme triompher :

- Tant que mon maître sera avec moi, je serais invincible.

- Nous allons donc vous empêcher de bavarder tous les deux !

 C'était Sin fo qui avait prononcé cette phrase. Dans l'instant qui suivit, l'homme reçut une pierre au visage, qui le fit basculer et lui fit lâcher prise sur Hank. Celui-ci se hâta de ramper jusqu'à sa femme.

- Pourquoi n'es-tu pas partie ?

- Tu l'as entendu. Son pouvoir et sa force lui viennent de son maître. Si nous parvenons à le priver de cette force, nous pourrons l'éliminer.

- Comment peux-tu en être sûre ?

- Tout à l'heure, il a recouvré sa force juste après avoir parlé. Je suppose qu'il s'adressait à son maître. Son maître doit être dans sa tête, comme il est dans celle des djaevels.

 Sin fo tendit la main à son mari et l'aida à se relever. L'homme se tenait le front avec la main, et semblait plus furieux que jamais. Sin fo fit surgir une colonne de pierre, mais l'effet de surprise ne prit pas deux fois, et l'homme détruisit la roche d'un revers de main.

- Tes petits tours de magie ne marchent pas avec moi. Acceptez votre mort !

- Tu parles trop, répondit simplement Sin fo.

 Elle tendit les deux bras devant elle, et un nuage de poussière se souleva de ses pieds en direction de l'homme, qui le dissipa avec son pouvoir. L'homme ne fut pas gêné par la poussière, car elle ne l'atteignit pas, mais cela donna une ouverture à Sin fo, qui se jeta sur lui presque aussitôt. Comme elle l'avait supposé, l'homme ne put pas user tout de suite de son pouvoir, et elle réussit à le saisir. Elle prit la tête de l'homme dans ses mains, et se servit de son pouvoir pour lui voler son énergie. De si près, elle n'eut aucun mal à briser les défenses déjà très faibles de l'homme et à s'insinuer dans sa tête. L'homme vacilla et tomba à genoux. Sin fo répugnait à faire cela, mais elle s'apprêta à lui donner le coup de grâce. Elle allait puiser les dernières forces de son ennemi, quand celui-ci murmura :

- Mon maître, aidez-moi.

 Sin fo fut alors submergée par une force maléfique. Le roi sorcier, maître des djaevels, déversait en elle tout son pouvoir. En s'immisçant ainsi dans l'esprit de son serviteur, elle était devenue une proie facile pour le sorcier. Elle s'était tout bonnement jetée dans la gueule du loup. Le sorcier essayait de prendre le contrôle de son esprit. Il lui envoya des images de sa puissance, des souvenirs des massacres qu'il avait perpétrés, il lui montra Ts'ing Tao en flammes, et les corps sans vie de Tabatha et de Hank.

 Des larmes de peur et de colère coulèrent le long des joues de la jeune femme. Elle voulut crier, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle essaya de résister, mais le sorcier était trop fort. Encore quelques secondes, et son esprit lui appartiendrait. Et soudain tout s'interrompit. La douleur disparut instantanément, et les images dans la tête de Sin fo s'effacèrent. Elle se sentait nauséeuse et à bout de forces, mais elle n'avait aucune séquelle, comme si rien ne s'était passé. Elle cligna plusieurs fois des yeux pour faire disparaître son trouble, et quand elle les rouvrit, elle vit Hank debout devant le corps inanimé de leur ennemi.

- Est-ce qu'il est...

- Je ne sais pas.

- Que lui as-tu fait ?

- Je lui ai mis un coup sur la tête. Je voulais l'assommer, mais dans son état, ça lui a peut être été fatal. En tout cas, il ne pourra plus communiquer avec son maître. Tu as réussi à lui prendre un peu d'énergie ?

- Oui, je l'ai drainé de presque toutes ses forces. J'aurais continué si son maître n'avait pas pris le dessus sur moi.

- Quoi ? Comment ça ?

- Il s'est glissé dans mon esprit et il m'a torturée jusqu'à ce que tu interviennes.

- Qu'est-ce que tu racontes ? Je l'ai frappé dès que tu l'as attrapé.

- J'ai eu l'impression que cela avait duré des heures. J'aurais été victime d'une illusion ? C'est peut être ainsi qu'ils se sont assurés que Tabatha les suive sans faire d'histoire.

- Si c'est le cas, elle a sûrement repris connaissance en même temps que toi.

 Nos deux héros se précipitèrent en direction des lopvents. Tabatha était toujours là où Sin fo l'avait laissée, docilement assise sur la selle du plus grand des lopvents. Sin fo prit la tête de son amie dans ses mains et la regarda droit dans les yeux, mais ceux-ci étaient toujours révulsés. Hank interrogea sa femme du regard, et elle hocha la tête.

- Son état ne s'est pas amélioré.

- Comment est-ce possible ? Si c'est un sortilège qui l'a mise dans cet état, il aurait dû se dissiper quand l'autre fou a perdu connaissance.

- Cela voudrait dire que...

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Gwenouille Bouh
Un Héros, qui n'a pas rêvé un jour d'en devenir un ?
C'est aussi le rêve de Yuling, qui pour retrouver son frère, se met en quête d'aventure. Mais pour parvenir à son but, il lui faudra déjà surmonter bien des épreuves ; un partenaire imbu de lui-même, une école d'élite, un Maître impétueux ainsi qu'un dragon dont elle a bien du mal à se faire entendre !
Parviendra-t-elle à s'y retrouver ? Ou finira-t-elle, comme bien d'autres avant elle, dévorée par son dragon ?
422
649
2506
285
Alain Foucault

Le courage, la force puis, l'assurance et l'audace,...
La hardiesse, ce qui inspire...
La joie.
La tristesse qui étreint le coeur, le comprime, lui fait mal.
L'autre qui interpelle.
Celui qui vous frappe.
Vaciller, se relever,...
Faire un pas.
3
6
0
0
Plopolom

Dans l'ombre je cherche encore
le p'tit moi, ce grand trésor,
ce gain qu'on m'a tant promis,
si je regardais dans mon nombril.

Dans l'ombre, j'me cogne encore,
au p'tit moi, qui est bien fort
qui tape du pied, qui rue, qui cri!
Qu'on l'aime enfin! Qu'on l’apprécie!

Dans l'ombre, je souris encore
à ce p'tit moi, à ce petit corps
qui m'appelle pour s'aimer
et que je vienne pour l'y aider

Dans l'ombre je chante encore,
A mes amours, vivants et morts
et ce p'tit moi qui chie des mots
parce que ça apaise nos maux.

Dans l'ombre, je m'anime encore,
Pour suinter l'soleil par tous les pores,
Tourner p'tit moi vers ma famille,
Mes amis, se donner aussi a autrui.

En ombre, je regarde encore,
le monde autour, la faune, la flore...
Je m'en abreuve et laisse couler
Tout mon amour de l'encrier.

D

1
3
0
1

Vous aimez lire William BAUDIN ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0