Chapitre 33 La traque - Partie 2

5 minutes de lecture

  Trois quarts d'heure plus tard, Sin fo estima qu'ils étaient arrivés dans la région où elle avait senti l'esprit de Tabatha. Ils scrutèrent l'horizon à la recherche des djaevels. Hank remarqua une colonne d'oiseaux à quelques kilomètres au sud, et la pointa du doigt en expliquant à Sin fo :

- Regarde comme ils volent. Ce n'est pas normal. C'est la preuve que quelque chose les a dérangés. Un prédateur quelconque ou...

- Un troupeau de djaevels, compléta Sin fo. Nous les avons trouvés.

  Sin fo et Hank éperonnèrent leurs lopvents pour les faire accélérer. Après quelques minutes à voler en silence, Hank désigna le sol, et Sin fo acquiesça d'un signe de tête.

- Tu es prête ? Il va falloir faire très vite.

- Tu peux compter sur moi. Allons-y.

  Nos deux héros empoignèrent leurs armes et se campèrent solidement sur leurs selles. Enfin, ils arrivèrent au dessus des djaevels. Hank fut saisi d'une crampe à l'estomac en voyant les centaines de djaevels qui avançaient à toute vitesse, en poussant des râles à l'unisson. Rien ne semblait pouvoir les dévier. Le groupe avançait en ligne droite, sans se soucier des obstacles, et si un djaevel trébuchait et tombait, il était impitoyablement piétiné par ses compagnons.

  Sin fo repéra rapidement Tabatha. Sa chevelure flamboyante se détachait nettement de la masse sombre et crasseuse des djaevels. Elle était au centre du troupeau, encadrée et encordée à deux djaevels qui la regardaient avec envie, en faisant claquer leurs mâchoires et en grognant plus fort encore que leurs congénères. Ils auraient probablement dévoré la jeune femme si leur maître ne s'était pas tenu juste derrière eux.

 Tabatha semblait consciente, car elle marchait à la même allure que ses ravisseurs, mais sa démarche était anormale, saccadée, comme une personne ivre. Sin fo supposa que l'homme l'avait droguée, voire peut être même ensorcelée, pour s'assurer qu'elle reste tranquille. Sin fo mourrait d'envie de lui faire payer le mal qu'il leur avait fait, mais le plus urgent était de lui reprendre Tabatha.

 Après être restés quelques instants en vol stationnaire à observer les créatures, Sin fo et Hank se décidèrent à appliquer leur plan. Ils prirent donc de la hauteur et s'éloignèrent des djaevels. Ces derniers étaient trop nombreux pour une attaque de front, et leur seule chance de réussite reposait sur l'effet de surprise. Mais pour cela, ils ne devaient pas se faire voir des djaevels avant de l'avoir choisi. Ils montèrent donc vers les nuages et firent quelques kilomètres avant de redescendre. Ils posèrent pied à terre au milieu d'une forêt de conifères. Ils étaient maintenant sur le chemin des djaevels, et ceux-ci ne savaient pas qu'on les attendait.

  Hank attacha les deux lopvents à un simple piquet qu’il ficha dans le sol. Cela n’aurait pas suffi à les retenir, mais les lopvents étant des animaux dociles par nature, ils se tenaient tranquilles dès qu’ils étaient attachés. Hank avait jugé préférable de ne pas les attacher à un arbre, afin de pouvoir repartir plus rapidement en cas de besoin. Tandis qu’il faisait cela, Sin fo se préparait.

  Elle s'accroupit et posa ses mains sur le sol couvert d'aiguilles de pin. Elle ferma les yeux et se concentra. Elle devait absorber un maximum d'énergie le plus vite possible. Elle se servit sur les petits animaux alentours et sur les arbres. Elle ne se risqua pas à puiser trop loin, car elle ne voulait pas effleurer les esprits des djaevels, de peur que son intrusion ne soit détectée. Les arbres autour commencèrent à mourir, vidés de toute leur énergie. Leurs écorces se craquelèrent, leurs aiguilles tombèrent par centaines, et quelques branches s'écrasèrent au sol avec un bruit mat, mais les arbres restèrent debout. Sin fo s'appliqua ensuite à tirer parti de toute cette énergie. Après quelques instants, Hank sentit le sol vibrer et certains arbres vacillèrent dangereusement. Sin fo se releva et frotta ses mains en disant :

- Il n'y a plus qu'à attendre. J'espère que cela sera suffisant.

- On sera fixés dans quelques minutes maintenant.

  Les deux jeunes gens s'étreignirent, échangèrent un long baiser, puis se mirent en place sans un mot. Ils se tenaient côte à côte, séparés d'environ trois mètres, le regard fixé droit devant eux. Soudain l'atmosphère se fit oppressante. Des oiseaux passèrent au dessus d'eux affolés. Une forte odeur de charnier leur parvint. Des voix se firent entendre derrière le couvert des arbres, d'abord lointaines, puis de plus en plus proches. Hank vit soudain un djaevel à quelques mètres. La créature le vit à son tour et poussa un grand cri, qui se répercuta en écho et fut suivi de centaines d'autres.

  Hank serra sa lance dans ses mains, tandis que les djaevels s'élançaient à leur rencontre. Ils étaient des dizaines, sortant de derrière les arbres en courant et s'approchant inexorablement. Encore quelques secondes, et Sin fo et Hank seraient submergés. Ils ne firent pourtant aucun geste, que ce soit pour attaquer les premiers ou pour fuir. Les djaevels de tête n'étaient maintenant plus qu'à quelques mètres. Hank regarda Sin fo, dont le visage était crispé par une détermination sans faille. Les djaevels poussèrent un nouveau râle menaçant et levèrent les bras pour attraper leurs proies.

 Au dernier moment, Sin fo s'agenouilla et frappa le sol du poing. La terre s'ouvrit dans un craquement fracassant, engloutissant les djaevels dans un gouffre apparemment sans fond. Lancés à pleine vitesse, beaucoup de djaevels plongèrent dans l'abysse avant de s'en rendre compte. Ceux qui suivaient parvinrent à ralentir, mais des arbres au bord du gouffre se déracinèrent et les écrasèrent avant de basculer dans l’abîme. Sin fo et Hank avaient maintenant une vue bien dégagée, et ils virent arriver l'homme qui dirigeait les djaevels, ainsi que Tabatha et les deux créatures qui la gardaient.

- C'est à toi de jouer, dit Sin fo à Hank.

  La jeune femme leva vivement son bras gauche, paume tournée vers le ciel, ce qui fit apparaître une colonne de pierre sous les pieds de Hank, qui le projeta au dessus du précipice. Hank lança son arme sur l'homme derrière Tabatha, et parvint à le toucher au ventre. Il se tourna légèrement et percuta le djaevel à la gauche de Tabatha avec l'épaule. La créature s'effondra sous le choc, entraînant la jeune femme et le deuxième djaevel avec elle. Sans perdre un instant, Hank se redressa et attrapa la tête du djaevel, qu'il fracassa au sol. Il bondit ensuite sur l'autre créature, qui était déjà penchée sur Tabatha. Il lui assena plusieurs coups de poing dans la mâchoire, avant d'attraper une pierre et de lui envoyer violemment dans la tempe. Le djaevel s'affala lourdement sur les genoux de Hank, enfin mort. Le jeune homme le repoussa et prit le couteau qu'il avait à la ceinture pour trancher les liens qui reliaient le djaevel à Tabatha. Il répéta l'opération de l'autre côté et souleva son amie. Il écarta les cheveux qui tombaient devant ses yeux et vit que ceux-ci étaient révulsés.

- Non, non, non, cria Hank. Tu n'as pas le droit de me faire ça ! Tu m'entends Tabatha ? Je t'interdis de nous laisser.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Défi
Madisaurene

Parfois emporté par le courant sans rien pouvoir y faire, tantôt bercé, tantôt balloté par ce flox bien trop puissant. Nous empruntons sans cesse le même chemin aux décors changeant, uniquement mû par la quête du bonheur, fyant tout ce qui nous ferait souffrir. C'est quand elle pris la décision de descendre, et ce pour la dernière fois, ces escaliers qu'elle avait tant aimé monter, quand elle sentis son coeur se briser qu'elle compris. La tristesse s'écoulait tel de l'eau dans une passoire qui finirait par se reboucher, plus légère, enfin apte à aceuillir le bonheur tant rêvé.
1
2
3
0
leotypique

Je m'appelle Léo.
J'ai 10ans.
J'habite dans une petite ville très chaleureuse.
Mais dans ma vie.
Je reçois quelques critiques qui ne sont pas importantes pour moi.
Les gens pensent qu'il me touche dans le cœur mais il me rate toujours !
De plus je connais ces personnes.
Je l'ai vois tout le temps.
Mais depuis tout petit j'ai toujours été différent des autres.
Quand j'étais petit j'écouté du Britney Spears ou du Shy'm et les autres écoutez du Maître Gims ou des autres trucs de rap.
Ou alors c'était aussi pour mon style.

2
0
16
1
AlphoneX

L'ennui m'amie me mit à ton âme soumis
Et la nuit se défit quand ton ris me sourit
Lors ce fut à l'entour des atours de tes jours
Qu'en séjour me lia l'anneau pur en ta cour

Quel anneau diras-tu aurait pu t'enlier
Sans que garde n'aie pris de te le dédier
Mais il n'est que souci d'en ta grâce rester
À temps que soit le dit si tu fus j'ai été

Tel passé qui persiste à devenir cet hui
Qui prévoit devers lui son horizon enfui
Si amante je n'ai douce sour me possède

À quel autre vouloir sourcerais - je mon aide
Afin que mon désir ne soit que tes caprices
Lesquels plus m'éjouissent que feintes d'actrice.
4
2
0
0

Vous aimez lire William BAUDIN ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0