Chapitre 32 La décision de Maxou - Partie 1

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  Maxou ouvrit les yeux en grimaçant. La lumière des soleils l'éblouissait, mais surtout, il avait le corps complètement endolori. Il regarda autour de lui et s'aperçut qu'il était allongé le long d'un mur, au milieu d'une rue. Il se souvint qu'il était dans cette rue la veille au soir. Il avait frappé à de nombreuses portes, questionné beaucoup de personnes, mais personne n'avait vu Tabatha. Il se souvint s'être assis un instant pour souffler. Il avait dû s'endormir sans s'en rendre compte.

 Il se releva en frissonnant, et fit quelques pas en se frottant les bras. Il était frigorifié. Il décida de rentrer chez lui, car son père devait s'inquiéter de ne pas l'avoir vu de la nuit. Il était déjà arrivé que Maxou ne dorme pas chez lui, mais son père savait toujours où il se trouvait. De plus, le jeune homme avait besoin de mettre des vêtements secs et d'avaler quelque chose de chaud. C'était encore le petit matin, seuls deux des trois soleils étaient levés, et les habitants de Ts'ing Tao dormaient encore. Même la cheminée du fournil du boulanger, qui d'habitude crachait ses volutes de fumée dès les premières lueurs de l'aube, était ce matin-là désœuvrée. Maxou le regretta, car il aimait la saveur particulière de la première fournée de pain ou de pâtisseries, mais il le comprenait, car la ville mettrait certainement plusieurs jours à retrouver un aspect normal.

 En effet, il croisa sur son chemin plusieurs corps de djaevels, que les habitants n'avaient pas encore eu le temps de faire disparaître. Chaque fois, Maxou les contourna, sans les lâcher des yeux. Il avait trop vu de ces monstres se relever quand on ne s'y attendait plus, et il n'avait pas envie d'être pris par surprise. Le jeune homme avait l'impression d'être revenu à l'époque de Cosrock, quand il ne pouvait pas sortir de chez Falmina pendant des semaines parce que des djaevels bloquaient la porte. Maxou s'était habitué à la vie paisible de Ts'ing Tao.

 D'une manière générale, tout était mieux dans sa vie depuis qu'il avait rencontré Tabatha. Maxou ne savait pas ce qu'il deviendrait si elle venait à disparaître. Il avait sa famille bien sûr, et les dieux en étaient témoins, il aimait sa petite sœur autant qu'il était possible, et il avait des amis chers, mais personne ne pourrait remplacer Tabatha dans son cœur. On s'était souvent moqué de lui, de nombreuses personnes lui avaient dit en souriant qu'il était trop jeune pour savoir ce que c'était que d'être amoureux, mais il n'avait jamais douté. Depuis le premier instant, il avait su que Tabatha ferait toujours partie de sa vie. Cela faisait deux jours qu'il ne l'avait pas vue, mais il avait l'impression que cela faisait des mois.

 Enfin, le jeune homme arriva chez lui. Il aurait voulu rester discret, mais il fut obligé de toquer à la porte. Elle était verrouillée, et comme c'était très rare, il n'avait pas ses clés sur lui. C'est Ellis qui vint lui ouvrir en robe de chambre, avec sa fille dans les bras.

- Je suis désolé, je ne voulais pas te réveiller, s'excusa Maxou en rentrant.

- Ne t'en fais pas, j'étais levée. La petite avait faim.

- On dirait que tu n'as pas beaucoup dormi.

- En effet, et ton père non plus. On s'inquiétait pour toi. Où as-tu passé la nuit ?

- Dehors, je me suis endormi au milieu de la rue.

- Tu dois être gelé ! Viens vite dans la cuisine, et mets-toi près du poêle. Je vais te préparer à déjeuner.

 Quelques minutes plus tard, Ellis déposait une tasse fumante devant Maxou.

- Du chocolat ? Je ne pourrais pas plutôt avoir un café ?

- Le chocolat est meilleur pour se réchauffer et se réveiller en douceur.

- Mais c'est pour les enfants !

- Ça tombe très bien, c'est ce que tu es ! Maintenant cesse de rechigner et bois !

 Maxou s'exécuta en bougonnant, mais reconnut intérieurement que c'était ce dont il avait besoin. La douceur du chocolat était bien meilleure que l'amertume du café pour détendre son corps fatigué et son esprit inquiet. Maxou remercia Ellis, qui lui adressa un sourire et un regard entendu.

  Elle pouvait avoir ce petit côté agaçant, mais elle était gentille. Elle n'avait jamais vraiment su comment elle devait se comporter avec Maxou. Quand elle s'était installée avec Archibald, la disparition de sa mère était encore très présente dans l'esprit du jeune Maxou, et elle n'avait pas voulu s'imposer comme une belle-mère, ou une deuxième maman. Pendant longtemps, elle l'avait traité comme un ami ou un petit frère. Mais depuis qu'elle avait eu sa fille, son instinct maternel avait pris le dessus, et elle considérait Maxou comme son fils. Le jeune homme l'acceptait, car ils étaient devenus une véritable famille avec le temps, même s'il arrivait qu'elle l'agace avec ses avis tranchés et ses conseils.

 Tout en se faisant une tartine de pain beurrée, Maxou demanda :

- Papa est rentré tard de chez Sin fo et Hank ?

- Il était à la maison peu après le coucher des soleils.

- Tu sais s'ils ont eu des nouvelles de Tabatha ?

 Archibald rentra dans la cuisine au même moment.

- Papa, bonjour ! Tu as bien dormi ?

- Pas vraiment non. Où étais-tu ?

- Dehors.

- Pourquoi n'es-tu pas rentré cette nuit ? J'étais fou d'inquiétude, je me suis imaginé le pire, surtout avec ce qu'il s'est passé ces derniers jours.

- Je ne l'ai pas fait exprès, je me suis endormi sans m'en rendre compte. Je suis venu ici dès que je me suis réveillé.

 Archibald pinça les lèvres en grognant, signe que la discussion était close. Il tendit son bras droit pour prendre une chaise, interrompit son geste en fronçant les sourcils, et tira sa chaise avec sa main gauche. Tandis qu'il s'asseyait, son fils lui demanda :

- Ça va ton bras ?

- Mieux qu'hier.

- Ça te fait mal ?

- Beaucoup moins qu'hier. Le médecin a fait des miracles. On a de la chance d'avoir les hembras dans le village. Leurs pouvoirs sont bien pratiques. Non, je pense que je n'aurais plus mal d'ici quelques jours, mais il faut que je m'habitue à être gaucher. Pourquoi a-t-il fallu que cette saleté me morde la main droite ? Je vais devoir tout réapprendre.

- Papa, je suis désolé de t'avoir...

- Arrête, on en a déjà parlé, coupa Archibald. Ce n'est pas de ta faute. Tu as fait ce qu'il fallait pour me sauver la vie, alors tu n'as pas à te sentir coupable. Ce qui est fait est fait, d'accord ? Passons à autre chose.

- D'accord. Ellis me disait que tu n'étais pas resté longtemps chez Hank. Sin fo s'est réveillée ?

- Oui, et elle avait l'air en pleine forme. Je pense qu'elle n'aura pas de séquelles.

- Tant mieux. Vous avez eu des nouvelles de Tabatha ?

 Archibald posa son bol de café lentement et se passa la main sur ses joues mal rasées.

- Maxou, à propos de Tabatha...

- Quoi, demanda Maxou en se redressant instantanément. Tu sais quelque chose ? Où est-elle ?

- Je ne sais pas où elle est exactement...

- Mais elle va bien ? Elle n'est pas blessée ?

- Je ne sais pas, fils.

- Comment ça, tu ne sais pas ? Qu'est-ce qu'ils t'ont dit ?

- Sin fo pense que Tabatha a été enlevée par les djaevels.

 Maxou fut tétanisé par cette annonce.

- Elle n'a pas... Elle ne peut pas être.., bafouilla Maxou, alors qu'une larme coula sur sa joue. Comment est-ce possible ? Que s'est-il passé exactement ?

- Je ne sais que ce que Sin fo m'a dit.

- Il faut que j'en sache plus. Je veux savoir pourquoi Sin fo n'a rien fait pour empêcher cela.

- Écoute fils, commença Archibald pour tenter de le calmer, elle est déjà suffisamment touchée, tu ne devrais pas aller l'accabler d'avantage.

 Mais Maxou ne l'écoutait déjà plus. Il s'était levé, en manquant de renverser sa chaise, et s'était précipité vers la porte.

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