Chapitre 19 Morts ou vivants - Partie 5

5 minutes de lecture

 Un peu plus tard, Sin fo avait rejoint Hank, tandis que Tabatha était en bas avec Jacob, qui avait tenu à se présenter aux occupants de la maison. Sin fo s'approcha du lit de son mari.

– Qu'as-tu donc fait pour te mettre dans un tel état ?

– Quelque chose de complètement idiot, confessa Hank. Si je te le dis, tu vas te moquer de moi, ou alors tu vas t'énerver.

– Jamais de la vie, tu as sauvé deux personnes, je ne vois pas ce j'aurais à te reprocher.

– Tu me le jures, demanda Hank sur la défensive.

– Oui, répondit Sin fo avec un petit rire.

– Bon, alors pour faire simple, j'ai sauté du troisième étage.

– Comment, s'exclama-t-elle alors que son sourire disparut instantanément.

 Elle lui mit un coup de poing dans l'épaule en lui criant :

– Mais tu es complètement fou, ou juste stupide ?

– Aïe, tu avais promis ! Les djaevels m'avaient repéré, c'était ça ou me faire dévorer.

– Pourquoi faut-il toujours que tu en fasses des tonnes, s’emporta-t-elle en levant les bras au ciel.

– C'est le résultat qui compte, non ?

– Ah oui, il est joli le résultat, ironisa Sin fo. Regarde-toi, un vrai vieillard !

– Et si on parlait d'autre chose ? Tu sais que ça te va très bien ce peignoir ?

– Flatteur, répliqua Sin fo en rosissant néanmoins.

– Non, non, je suis sérieux. Il faut que je voie ça de plus près.

 Il tenta de se redresser, mais s'interrompit en grimaçant. Sin fo le poussa doucement par l'épaule.

– Ne bouge pas, c'est moi qui viens.

 Elle s'allongea à ses côtés et posa sa tête sur son épaule. Hank la prit dans ses bras.

– La journée ne se passe pas si mal finalement.

 Plus tard dans la soirée, alors que la nuit était tombée, Sin fo avait rejoint Tabatha et Jacob à la table de leurs hôtes. Ils étaient tous trois vêtus d'habits que Falmina leur avait prêtés, en attendant que les leurs soient lavés. Une longue table de bois avait été dressée au milieu de la cuisine, et près d'une quarantaine de convives y avaient pris place. Les enfants étaient regroupés à un bout de la table et Tabatha avait refusé catégoriquement d'y être reléguée. Falmina, sa fille, et deux autres femmes s'affairaient aux fourneaux tandis que des hommes rentraient assez de bois pour alimenter le poêle et la cheminée. Les enfants criaient et riaient, tout le monde parlait très fort, et Jacob et les deux filles, habitués depuis des semaines au silence, étaient abrutis par tant de bruit.

 Falmina déposa trois énormes marmites de cuivre sur la table, et chacun se servit une copieuse portion de soupe fumante à grands coups de louche. Une fois tout le monde servi, la maîtresse de maison se leva, tapa dans ses mains pour obtenir l'attention de toute l'assemblée et s'éclaircit la voix.

– Avant de vous laisser manger, j'aimerais vous dire quelques mots. Comme vous l'avez remarqué, il y a de nouveaux venus dans la maison. Nous avons à notre table monsieur Jacob et la petite fille, Tabatha - plusieurs têtes se tournèrent dans leur direction - qui nous ont sauvé la vie à ma fille et à moi, et Sin fo Ni, qui est la femme de Hank, qui dort à l'étage et qui a également mis sa vie en jeu aujourd'hui. Je vous demande de les accueillir chaleureusement !

 Malgré l'introduction de Falmina, nos héros ne reçurent que de brefs saluts de la tête et quelques bonjours glaciaux. L'homme à la barbe qui leur avait ouvert la porte dans l'après-midi ne leur prêta pas un regard et demanda d'une voix forte à Falmina :

– Ils ont tué des djaevels, c'est ça ?

– Oui, nous étions poursuivies et...

– Qui y avait-il ?

– Eh bien ma fille et...

– Ne fais pas semblant de ne pas comprendre, la coupa-t-il. Qui ont-ils tué ?

– Tu sais qu'il ne faut pas...

– Réponds, aboya brusquement l'homme.

 La vieille femme posa ses deux mains à plat sur la table, baissa la tête et après un long soupir lui répondit :

– Il y avait les Monty, plusieurs que je ne connaissais pas, et le petit Julian.

 Dès qu'elle eut fini sa phrase, une femme qui devait être un peu plus jeune que Sin fo poussa un petit cri, se leva en raclant sa chaise et sortit précipitamment de la pièce en se cachant le visage dans les mains. Un silence pesant s'installa dans l'assemblée. Après un long moment, Jacob osa demander :

– Excusez-moi, mais que se passe-t-il exactement ?

 Falmina ouvrit la bouche, mais aucun mot n'en sortit. C'est donc l'homme à la barbe qui lui répondit.

– Vous arrivez dans cette ville et vous jouez les fiers à bras. Vous avez éliminé une douzaine de djaevels aujourd'hui et vous en êtes fiers je suppose ? Mais au fond que saviez-vous d'eux, que savez-vous de nous ? Avant d'être damnés, ces personnes étaient nos voisins, nos amis, nos familles. La petite qui vient de sortir s'appelle Teresa. Retenez bien son nom, parce qu'elle ne pourra jamais oublier le votre. Aujourd'hui vous avez tué son frère.

 Jacob ne sut quoi répondre et Sin fo porta ses deux mains devant sa bouche. Seule Tabatha prit la défense de son protecteur.

– Je ne vous permets pas de parler sur ce ton à Jacob ! C'est un héros qui a mis sa vie en péril maintes fois pour sauver la mienne, et aujourd'hui celle de votre amie, cette femme qui vous héberge. Auriez-vous préféré la voir mourir et rôder dans les rues avec vos chers voisins ?

– Ne parle pas de choses qui te dépassent, répondit l'homme en tentant de clore le débat.

– C'est vous qui ne savez pas de quoi vous parlez ! Combien de fois avez-vous eu à faire un choix dont votre vie dépendait ? Vous êtes bien à l'abri derrière vos murs et vous ne vous doutez pas de ce qu'il se passe dehors. Ces monstres parcourent tout le pays. Vous devriez plutôt vous préoccuper des vivants.

- Nous ne savons rien des djaevels. Peut-être peuvent-ils être sauvés ! Julian était un jeune homme qui avait la vie devant lui, vociféra-t-il en tapant du poing sur la table.

– Un jeune homme, répéta Tabatha. Dans ce cas, vous pouvez arrêter de blâmer Jacob, parce que c'est moi qui l'ai tué celui-là.

– Toi, questionna l’homme incrédule.

– Oui, et je ne le regrette pas. Il s'apprêtait à dévorer mon ami, et si c'était à refaire, je le referais sans l'ombre d'un doute.

 Tabatha jeta des regards noirs à toute la table, comme pour défier quiconque d'ajouter un mot, puis elle attrapa son assiette d'un coup sec et avala de grandes cuillerées de soupe. Pendant quelques instants, tout le monde la fixa sans bouger, puis un à un, les convives prirent leurs assiettes et l'imitèrent.

 Le repas se déroula sans autre incident, et très vite tous allèrent se coucher. Nos héros dormaient tous dans la même chambre. Sin fo partageait le lit avec Hank, Tabatha avait fini par accepter de prendre le canapé, en attendant que Hank soit rétabli, et Jacob dormait par terre, sur un édredon prêté par Falmina.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 3 versions.

Recommandations

Défi
Madisaurene

Parfois emporté par le courant sans rien pouvoir y faire, tantôt bercé, tantôt balloté par ce flox bien trop puissant. Nous empruntons sans cesse le même chemin aux décors changeant, uniquement mû par la quête du bonheur, fyant tout ce qui nous ferait souffrir. C'est quand elle pris la décision de descendre, et ce pour la dernière fois, ces escaliers qu'elle avait tant aimé monter, quand elle sentis son coeur se briser qu'elle compris. La tristesse s'écoulait tel de l'eau dans une passoire qui finirait par se reboucher, plus légère, enfin apte à aceuillir le bonheur tant rêvé.
1
2
3
0
leotypique

Je m'appelle Léo.
J'ai 10ans.
J'habite dans une petite ville très chaleureuse.
Mais dans ma vie.
Je reçois quelques critiques qui ne sont pas importantes pour moi.
Les gens pensent qu'il me touche dans le cœur mais il me rate toujours !
De plus je connais ces personnes.
Je l'ai vois tout le temps.
Mais depuis tout petit j'ai toujours été différent des autres.
Quand j'étais petit j'écouté du Britney Spears ou du Shy'm et les autres écoutez du Maître Gims ou des autres trucs de rap.
Ou alors c'était aussi pour mon style.

2
0
16
1
AlphoneX

L'ennui m'amie me mit à ton âme soumis
Et la nuit se défit quand ton ris me sourit
Lors ce fut à l'entour des atours de tes jours
Qu'en séjour me lia l'anneau pur en ta cour

Quel anneau diras-tu aurait pu t'enlier
Sans que garde n'aie pris de te le dédier
Mais il n'est que souci d'en ta grâce rester
À temps que soit le dit si tu fus j'ai été

Tel passé qui persiste à devenir cet hui
Qui prévoit devers lui son horizon enfui
Si amante je n'ai douce sour me possède

À quel autre vouloir sourcerais - je mon aide
Afin que mon désir ne soit que tes caprices
Lesquels plus m'éjouissent que feintes d'actrice.
4
2
0
0

Vous aimez lire William BAUDIN ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0