Chapitre 16 Une rencontre inattendue - Partie 3

6 minutes de lecture

– Tu as vraiment le chic pour te faire des amis, constata Sin fo en s’avançant, son cimeterre nonchalamment posé sur l’épaule.

– Ce n'est pas de ma faute ! Je voulais l'aider parce qu'elle pleurait, et le grand chauve m'a sauté dessus !

 La jeune femme se posta devant l'homme qui la toisa du regard mais ne desserra pas la mâchoire. Elle abaissa son arme, et d’un moulinet précis fit voltiger la lame que l’homme tenait toujours dans sa main serrée. Ce dernier grogna à nouveau et contracta ses muscles pour essayer de se défaire de sa prison de pierre. En vain.

– C’est inutile, lui dit Sin fo sur le ton de la conversation, vous ne sortirez d’ici que lorsque je l’aurais décidé. Mais avant cela vous allez répondre à quelques questions. Qui êtes-vous ?

– Inutile mégère, l'interpella la petite. Il ne parlera que si je lui en donne l'ordre. Ne lui dis rien Jacob !

 Le dénommé Jacob tourna résolument la tête, comme pour signifier à Sin fo que rien au monde ne pourrait lui faire déroger à cet ordre. La jeune femme se dirigea vers le bout du couloir en ruine.

– Et si je te faisais du mal, dit-elle en penchant son visage vers celui de la petite. Peut-être qu'il parlerait ?

– Je sais que tu ne me feras rien. Si tu avais voulu me supprimer, ce serait déjà fait. Je ne suis pas stupide.
– Tu as raison, répondit Sin fo en se redressant. C'est vrai que tu as l’air intelligente. Et tu es très jolie aussi.

– Inutile d'essayer de me flatter, je ne parlerai pas.

– Non, non, je suis sincère. Cela serait dommage d'abîmer un si beau visage, tu ne crois pas ?

– Comment ? Tu n'oserais pas, affirma la petite avec un petit peu moins d’assurance dans la voix. Tu ne sais pas qui je suis !

– Non justement, et c'est ce que j'essaie de savoir.

 Sin fo leva son arme et posa la pointe de la lame sur la joue de la petite, qui poussa un cri. Hank savait que sa compagne ne ferait rien à la petite, mais jamais il n'aurait imaginé qu'elle puisse paraître aussi redoutable.

– N'approche pas ! Je te l'interdis !

 Sin fo attrapa une mèche de cheveux de la petite et la trancha net d'un coup de lame. La petite hurla de plus belle et se débattit de toutes ses forces.

– Je te déteste ! Tu me paieras ça, tu m'entends ? Tu me le paieras !

– Arrête ta comédie, ce ne sont que quelques cheveux, lui répondit Sin fo d’un ton cassant. La prochaine fois je te coupe l'oreille, et tu verras, cela repousse beaucoup moins bien.

 La petite lui lança un regard noir. Ses grands yeux myosotis s'embuèrent, non pas de peur mais de rage. Sin fo était impressionnée par l'aplomb de cette petite, mais elle sentait qu'elle était sur le point de céder.

– Je compte jusqu'à trois. Un... Deux...

 Elle fit glisser sa lame derrière l'oreille de la petite.

– D'accord tu as gagné ! Relâche-moi et je te dirais qui je suis.

– Non ! intervint son protecteur.

– Me prends-tu pour une idiote, demanda Sin fo en l’ignorant.

– Évidemment, répondit la petite en riant.

– Petite insolente, parle avant que je ne change d'avis et que je ne te coupe l'oreille quand même !

– Très bien. L'homme là-bas est mon précepteur Jacob. C'est également un paladin chargé de ma sécurité.

– Ta famille doit être riche pour que tu aies un précepteur.

– Ma famille est la plus riche du royaume, se vanta la petite.

– Quoi ? Dans ce cas, tu serais...

– Ça suffit ne dis plus rien, lui ordonna Jacob.

– Je suis la princesse Tabatha Deostalion, continua la gamine sur sa lancée, fille du roi Albus VI et de la reine Eowyn, et héritière du trône de Vadkraam.

 Un lourd silence s'abattit sur la pièce. Au bout d'un moment, la fillette reprit la parole.

– Bon, tu me détaches maintenant ? Je t'ai dit ce que tu voulais savoir.

– Une minute, il faut que nous parlions entre nous.

 Sin fo fit signe à Hank de la suivre au dehors. Ils sortirent en laissant derrière eux la petite Tabatha qui avait recommencé à hurler. Ils s'éloignèrent un peu de la maison, puis Hank se retourna et demanda à Sin fo :

– Tu crois à son histoire ?

– Je ne sais pas. Elle paraît soignée, et ses vêtements ont l'air de bonne facture, même s'ils sont abîmés. Ce n'est sûrement pas le genre de choses que tu peux te procurer dans un endroit comme celui-là. De plus, sa façon de parler et son arrogance me font penser qu'elle est issue d'une famille aisée et influente.

– Par tous les dieux, gémit Hank en prenant sa tête dans ses mains. On a vraiment kidnappé la fille unique du roi ! On a connu beaucoup de situations singulières, mais celle-là est la pire de toutes !

– Non, pour une fois ce n'est pas nous qui sommes enfermés, fit remarquer Sin fo.

– Très drôle. Bon qu'est-ce qu'on fait d'eux ?

– Nous les supprimons et nous cachons les corps dans la cave.

– Arrête s'il te plaît !

– Que veux-tu que je te dise ? Nous les relâchons bien sûr ! Nous n'allons pas les laisser là.

– J'espère que Jacob ne va pas encore tenter de me tuer.

– Tu n'as qu'à rester près de moi, je te protégerai.

 Ils retournèrent à l'intérieur et après avoir fait promettre à Tabatha et Jacob de se tenir tranquilles - la petite avait d'abord trépigné avant d'accepter et Jacob avait fait un simple signe de tête - Sin fo les libéra de leurs prisons de pierre. Jacob voulut s'assurer que sa protégée n'avait rien, mais celle-ci se dirigea d'un pas décidé vers Sin fo, et lui aurait mis un coup de pied dans le tibia si Hank ne l'avait retenue par le col.

– Mais c'est pas vrai, c'est quoi ton problème ?

– Elle m'a abîmé les cheveux, elle doit payer !

– Tu te calmes ou je t'en mets une ?

– Tu n'oseras pas je suis la princesse.

– Ça ne te donne pas le droit d'être aussi désagréable. Honnêtement mon vieux, je ne suis pas sûr que ses parents approuvent le travail que vous avez fait avec elle, dit-il en s'adressant à Jacob.

 La petite se retourna et commença à frapper Hank à la poitrine avec ses poings. Elle avait à nouveau les yeux embués de larmes de colère.

– Tu ne parles pas de mes parents. Tu ne sais rien d'eux !

 Elle éclata en sanglots et prit Hank dans ses bras, pleurant contre sa poitrine. Le jeune homme se sentit désemparé et regarda Sin fo en écartant les bras, puis il tapota maladroitement les épaules de la petite en bredouillant des excuses.

 Comme ils n’avaient pas mangé depuis plusieurs heures, ils décidèrent de partager un repas pour faire connaissance. Sin fo et Hank suivirent la princesse et son protecteur jusqu’à une maison de l’autre côté de la ville. Jacob alluma un fourneau à bois et s'occupa de faire cuire des œufs au plat et des crêpes de blé noir. Tabatha avait posé sur la table des assiettes et des verres en terre cuite, ainsi que des couverts et un broc en fer qu'elle avait trouvés dans un placard. Ils mangèrent en silence pendant un moment, puis Sin fo et Hank commencèrent à interroger Tabatha.

– Vous avez l'air de bien connaître l'endroit, constata Hank en sauçant son jaune d’œuf avec un morceau de crêpe. Vous vivez ici tous les deux ?

– Bien sûr que non, mais on se cache ici depuis quelques jours déjà.

– Pourquoi vous cachez-vous, demanda Sin fo. Vous êtes en fuite ?

– Plutôt en quête. Nous recherchons mes parents.

– Ils ne sont pas au palais à Orinkunin, s’étonna Hank en levant les yeux de son assiette.

 La petite princesse soupira, agacée de devoir passer de l’un à l’autre.

– S'ils y étaient, j'y serais aussi, répondit-elle d’un air dédaigneux. Nous avons dû quitter la capitale il y a deux ans déjà. Quand il a pris la ville et le palais...

– Il ? De qui parles-tu ?

– De Lui ! Lui qui nous a chassés du palais avec ses djaevels.

– Ses djaevels ? Qu'est-ce que c'est, questionna Sin fo en interrogeant son époux du regard, qui lui répondit d’un haussement d’épaules.

– Vous ne connaissez pas les djaevels, demanda Tabatha incrédule. Mais d'où vous sortez tous les deux ? Vous n'étiez pas à Vadkraam ces trois dernières années ou vous avez tout simplement hiberné ?

 Voyant que Jacob les observait du coin de l’œil et semblait très curieux d’entendre leur réponse, Hank jugea préférable de rester vague :

– Nous étions dans une région reculée du pays.

– Vraiment éloignée alors, s’exclama la fillette en faisant un moulinet des bras en direction de la fenêtre. Tout le royaume est à feu et à sang et vous ne vous rendez compte de rien ! Ça fait plaisir de voir des gens concernés par les problèmes des autres, pas vrai Jacob, dit-elle en se laissant tomber contre le dossier de sa chaise les bras croisés.

– Tu veux bien nous raconter ?

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 3 versions.

Recommandations

Défi
Madisaurene

Parfois emporté par le courant sans rien pouvoir y faire, tantôt bercé, tantôt balloté par ce flox bien trop puissant. Nous empruntons sans cesse le même chemin aux décors changeant, uniquement mû par la quête du bonheur, fyant tout ce qui nous ferait souffrir. C'est quand elle pris la décision de descendre, et ce pour la dernière fois, ces escaliers qu'elle avait tant aimé monter, quand elle sentis son coeur se briser qu'elle compris. La tristesse s'écoulait tel de l'eau dans une passoire qui finirait par se reboucher, plus légère, enfin apte à aceuillir le bonheur tant rêvé.
1
2
3
0
leotypique

Je m'appelle Léo.
J'ai 10ans.
J'habite dans une petite ville très chaleureuse.
Mais dans ma vie.
Je reçois quelques critiques qui ne sont pas importantes pour moi.
Les gens pensent qu'il me touche dans le cœur mais il me rate toujours !
De plus je connais ces personnes.
Je l'ai vois tout le temps.
Mais depuis tout petit j'ai toujours été différent des autres.
Quand j'étais petit j'écouté du Britney Spears ou du Shy'm et les autres écoutez du Maître Gims ou des autres trucs de rap.
Ou alors c'était aussi pour mon style.

2
0
16
1
AlphoneX

L'ennui m'amie me mit à ton âme soumis
Et la nuit se défit quand ton ris me sourit
Lors ce fut à l'entour des atours de tes jours
Qu'en séjour me lia l'anneau pur en ta cour

Quel anneau diras-tu aurait pu t'enlier
Sans que garde n'aie pris de te le dédier
Mais il n'est que souci d'en ta grâce rester
À temps que soit le dit si tu fus j'ai été

Tel passé qui persiste à devenir cet hui
Qui prévoit devers lui son horizon enfui
Si amante je n'ai douce sour me possède

À quel autre vouloir sourcerais - je mon aide
Afin que mon désir ne soit que tes caprices
Lesquels plus m'éjouissent que feintes d'actrice.
4
2
0
0

Vous aimez lire William BAUDIN ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0