Chapitre 12 Une hospitalité singulière - Partie 2

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 Sin fo fit le tour de son trône en entraînant Hank derrière elle, et s'arrêta un instant devant le mur. Elle lâcha la main de son ami et écarta la lourde tenture. Elle se glissa derrière, et invita Hank à la suivre. Pendant une seconde, une vision fugitive traversa l'esprit du jeune homme, mais Sin fo se contenta d'ouvrir une porte cachée et de se faufiler dans un couloir attenant.

– Cela mène à mes appartements, expliqua Sin fo par dessus son épaule. Certains jours, il y a tellement de monde qui souhaite me voir que je ne peux vraiment pas passer par la grande porte.

 Bien que le couloir ne fasse qu'une dizaine de mètres de long, ils mirent un petit moment à le traverser, car il n'était pas très large et Sin fo avait toutes les peines du monde à avancer sans marcher sur sa robe ou l'accrocher aux pierres qui saillaient des murs. Enfin, elle ouvrit une deuxième porte et précéda Hank dans une pièce brillamment éclairée. Tout en refermant la porte derrière eux, elle commenta :

– C'est par là que je sors quand les revanis m'attendent dans l'antichambre du palais. Le seigneur Iaevr ne veut pas qu'ils me voient passer par les couloirs. Une question d’étiquette selon lui…

– Il ne te laisse pas sortir de la salle du trône, s'étonna Hank.

– Il est très à cheval sur le décorum, justifia Sin fo. C'est comme ces tenues qu'il veut que je porte, dit-elle en désignant sa robe d'un geste de la main. D'ailleurs si tu veux bien m'excuser…

 La jeune femme passa derrière un paravent dans un coin de la pièce. Il était recouvert de symboles revanis, et fait dans une matière semblable à du papier, si bien que Hank pouvait distinguer sa silhouette. Il la vit faire de grands mouvements et pousser des bruits proches des grognements.

– Tu as besoin d'aide là-derrière, plaisanta-t-il.

– Je voudrais t'y voir ! Les revanis sont très gentils de m'avoir offert toutes ces robes, et je les trouve magnifiques, mais elles ne sont vraiment pas pratiques ! Je peux à peine bouger dedans. Je me demande si toutes les femmes revanis doivent subir cela, où bien s'ils ne sont juste pas habitués à coudre des vêtements sans ouverture pour les ailes… Ah ça y est enfin !

 Hank devina à sa silhouette qu'elle faisait glisser sa robe sur le sol, puis elle la balança sur le dessus du paravent.

– Mince, dit Sin fo après quelques secondes.

– Un problème ?

 La jeune femme passa sa tête sur le côté du paravent avant de répondre :

– J'ai oublié de prendre mes vêtements de rechange. Ils sont sur le lit. Tu peux me les donner s'il te plaît ? Cela m'éviterait d'avoir à me rhabiller juste pour cela…

 Hank attrapa le tas de vêtements sur le lit et les lui tendit en détournant la tête par respect.

– Merci. Tu comprends, quand je me suis changée tout à l'heure, je n'avais pas prévu d'amener quelqu'un ici.

– Tu as vite pris tes marques, on dirait que tu vis ici depuis des années. Comment est-ce que tu as pu accumuler autant de meubles et d'objets en si peu de temps ?

– La plupart ne sont pas à moi, répondit Sin fo. En fait cette chambre était celle du seigneur Iaevr, qui s'en servait de la même manière que moi. Il a eu la gentillesse de me la céder quand je suis arrivée.

 Sin fo sortit de derrière son paravent à ce moment-là. Elle portait le pantalon et la veste de voyage que Hank lui connaissait si bien, et qui s'accordaient bien mal avec les bijoux qu'elle avait toujours dans les cheveux. Hank le lui fit remarquer en riant.

– Les hommes sont vraiment tous les mêmes, se plaignit Sin fo. La moquerie vous vient toujours plus facilement que le compliment.

– Je ne voulais pas te vexer, s'empressa de s'excuser Hank. Ça te va très bien tous ces...

 La jeune femme pouffa de rire.

– Et c'est vraiment trop facile de vous faire marcher. C'est toi qui as raison, je dois avoir l'air ridicule. Aide-moi plutôt à retirer tout cela.

 Sin fo se rapprocha de Hank et se tourna pour lui présenter son dos. Tandis qu'elle attrapait les pierres précieuses qui étaient sur le devant, Hank cherchait un moyen de défaire les fils d'or. Lorsque ses doigts effleurèrent la nuque gracile de Sin fo, il sentit sa peau frissonner et ses cheveux se dresser.

– Excuse-moi j'ai les mains un peu froides.

– Non, cela n'a rien à… Ce n'est pas grave, répondit Sin fo dans un souffle.

– Ça y est je l'ai, dit Hank en trouvant le fermoir de la chaîne dorée qui maintenait la coiffure en place. Fais attention, je ne voudrais pas te faire mal.

 Sin fo retint ses cheveux tandis que Hank tirait délicatement sur la chaîne pour la retirer complètement. Quand ce fut fait, Sin fo laissa retomber sa longue chevelure en cascade sur ses épaules et se retourna vers Hank. Les deux jeunes gens se regardèrent en silence quelques instants, jusqu'à ce qu'un coup soit donné contre la porte, et que Iaevr rentre sans attendre de réponse. En voyant la chaîne dans les mains de Hank, son visage se crispa de colère. Il tira l'épée qu'il avait à la ceinture et en menaça Hank.

– Qui vous a permis, gronda-t-il. Reposez ça tout de suite sale voleur !

– Ça ne va pas la tête, s'écria Hank en reculant et en levant les mains pour se protéger.

– Iaevr calmez-vous, le conjura Sin fo en s'interposant. Hank n'a rien fait de mal. Il n'a fait que m'aider à retirer mes bijoux.

 Le revani regarda Hank en plissant légèrement les yeux et lui dit les dents serrées :

– Rendez-lui.

– Voilà, répondit Hank en tendant la chaîne à son amie. Qu'est-ce que vous voulez que j'en fasse de toute façon ?

 Sans le quitter des yeux, le vieil homme rengaina son arme en silence.

– Il y a eu un malentendu c'est tout, tenta d'atténuer Sin fo. Seigneur Iaevr, je vous ai dit que Hank était mon ami. Il ne me fera aucun mal, rassurez-vous.

– Jamais je ne mettrais votre parole en doute Taeki, répondit le revani en s'inclinant, mais Hank vit à son regard qu'il ne lui faisait absolument pas confiance.

 Le jeune homme s'était juré de faire preuve de respect envers les revanis, mais il n'aimait pas l'attitude du vieux roi. C'est pourquoi il décida de lui rendre la monnaie de sa pièce.

– Ça vous arrive souvent de débarquer dans la chambre de votre Taeki sans prévenir ? C'est comme ça que fonctionne le protocole peut-être ?

 Il avait espéré faire rire Sin fo, mais celle-ci lui adressa un regard lourd de reproches.

– Je te rappelle que nous sommes chez lui. De plus, je suis sûre que le seigneur Iaevr avait une excellente raison de venir ici.

– En effet. Vos sujets vous attendent noble Taeki.

– Quoi, déjà ? Mais je viens à peine de me changer et…

– Je vous ai déjà dit que ces oripeaux ne convenaient pas à une personne de votre rang. Avec tout mon respect, ajouta-t-il en s'inclinant à nouveau.

– C'est vrai, répondit Sin fo avec la mine d'une enfant prise sur le fait, mais je voulais passer un peu de temps avec mon ami et…

– Vous pourrez parler à votre ami plus tard, bien sûr, mais pour le moment, vos sujets se sont déplacés tout spécialement pour vous voir.

– Je suppose que vous avez raison, comme toujours, conclut Sin fo avec un maigre sourire.

– Et moi qu'est-ce que je suis censé faire en t'attendant, demanda Hank.

– Reste ici, proposa Sin fo. Je n'en aurai probablement pas pour très longtemps, et je te rejoindrai très vite.

– Navré de vous contredire Taeki, mais votre ami ne peut rester ici. Imaginez ce que diraient vos sujets s'ils savaient qu'un autre que moi à eu accès à vos appartements. Ils voudraient tous pouvoir bénéficier de ce privilège, et vous n'auriez plus une minute de répit. Je vais me charger moi-même de conduire votre ami aux cuisines. Il n'a rien avalé depuis hier soir et doit probablement être affamé.

 Hank n'apprécia pas que le vieux roi parle de lui comme s'il n'était pas là, mais il reconnut intérieurement qu'il avait eu une bonne idée, car la seule évocation d'un repas fit gronder son ventre.

– Profitez donc de ces quelques minutes pour repasser quelque chose de plus digne de vous. Je vous retrouve dans la grande salle au plus vite. Hank, venez avec moi.

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