Chapitre 10 Après la chute - Partie 4

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 Hank réfléchissait encore à sa nouvelle identité lorsqu'il arriva à l'endroit d'où s'élevait la fumée. Il sut tout de suite que quelque chose n'allait pas. Un campement avait été dressé, mais personne ne s'y trouvait. À côté du feu éteint se trouvaient des trognons de fruits et des coques de noix de coco. Une cabane rudimentaire avait été construite, mais il n'en restait plus qu'un tas de branches sur le sol. Pas plus d'une personne n'avait dû vivre ici, et pourtant le sol était recouvert de traces de pas, de plusieurs tailles différentes, comme si tout un groupe s'était déplacé.

 Hank tira vite ses conclusions. Soit la personne qui campait là était partie de son plein gré avec ce groupe, soit elle avait été enlevée. Cette seconde hypothèse lui semblait la plus probable, et il se demanda ce qu'il devait faire. Partir à la recherche de ces gens ? Cela pouvait se révéler dangereux, d'autant qu'il ne savait pas dans quelle direction chercher. Rester là ? Tout aussi risqué, ils étaient venus une fois, ils pouvaient revenir. De deux maux, il choisit le moindre. Il décida de rester. Il ne voulait pas s'aventurer plus avant dans les terres avant de savoir ce qui l'y attendait. De plus, la plage offrirait une vue dégagée en cas de problème.

 Hank remit un peu d'ordre dans le camp. Il commença par redresser la cabane, ce qui consista juste à faire tenir les branches les unes contres les autres en une pyramide dans laquelle il ne pouvait se tenir qu'accroupi ou allongé. Il quitta la plage et s'aventura dans les terres. Le sable fin laissa vite la place à de l'herbe épaisse et fraîche. Il vit autour de lui de nombreuses plantes qu'il ne connaissait pas. Il repéra un buisson dont les petites baies jaunes avaient été becquetées par les oiseaux, signe qu'elles étaient comestibles. Il enleva sa veste et en noua les manches pour se faire une besace sommaire. Il y fourra toutes les baies qui lui semblaient mûres et retourna vers son nouveau campement.

 Il s'assit face à la mer quelques minutes pour manger un peu. Il garda la moitié des baies pour plus tard et les déposa dans sa cabane. Il alla chercher de l'herbe sèche et des brindilles et entreprit de rallumer le feu dans le foyer éteint. Il obtint rapidement une braise en frottant deux branches l'une sur l'autre, et quelques minutes plus tard un feu crépitait sur la plage. Hank estima que les branches qui avaient été abandonnées par les précédents habitants de son campement seraient suffisantes pour passer la nuit.

 Il chercha ensuite une pierre suffisamment effilée pour lui permettre de tailler du bois. Il choisit une branche relativement droite qu'il tenait bien en main et l’affûta pour avoir de quoi se défendre. Il regretta d'avoir laissé son arme avec toutes ses affaires à l'auberge de Lucy, mais il n'avait pas eu le choix. S'il l'avait prise, Sin fo et Reg'liss auraient pu reconnaître une lame de soldat, et lui auraient fatalement posé des questions. Sa gorge se serra une nouvelle fois en pensant aux deux jeunes gens, et il se concentra sur sa tâche pour penser à autre chose. Quoi qu'il en soit, cela se révéla inutile, car cette nuit-là, il ne fut attaqué que par une colonie de puces des sables.

 Le lendemain, il décida d'améliorer le confort de son camp. Il escalada un palmier en passant sa veste autour du tronc afin de s'en servir comme d'une sangle, et en fit tomber toutes les noix de coco. Il en profita également pour casser plusieurs palmes, avec lesquelles il se confectionna une paillasse. Cela lui prit une bonne partie de la journée, mais il ne tenait pas à être dévoré par les insectes toutes les nuits. En traînant son matelas jusqu'à sa cabane, il y découvrit une bande de primates d'une vingtaine de centimètres de hauteur se partageant les baies qu'il avait cueillies la veille. Hank poussa un juron et les créatures s’éparpillèrent en poussant de petits cris stridents. Ils grimpèrent dans les arbres les plus proches en s'aidant de leurs pattes agiles et de leurs longues queues, puis ils fixèrent tous Hank en poussant de nouveaux cris, qui ressemblaient maintenant à des rires. Furieux, le jeune homme ramassa un caillou et le lança dans leur direction, mais il ne parvint ni à les faire partir ni à les faire taire. Il continua à maugréer un bon moment en ouvrant ses noix de coco, dont il se contenta pour le dîner, puis il alla se coucher avec les soleils.

 Le deuxième jour, Hank se réveilla avec une désagréable sensation de vide dans l'estomac. Il se mit donc immédiatement à la recherche de nourriture. Il trouva de nouvelles baies, poussant en grappes rouges celles-ci, et les mangea si goulûment que ses mains furent rapidement poisseuses à cause du jus. Il en ramena sur son campement sous l’œil avide de la colonie de primates, mais il avait retenu la leçon. Il évida complètement une coquille de noix et y versa ses fruits, avant de la refermer et de l'enterrer dans le sable sous sa paillasse. Il passa ensuite plusieurs heures à chasser avec la pique rudimentaire qu'il avait taillée deux jours plus tôt, mais sans succès. Les primates qui lui servaient de voisins étaient trop rapides, et la plupart des oiseaux nichaient trop haut dans les arbres pour qu'il puisse les atteindre. C'est donc une nouvelle fois le ventre presque vide qu'il s'endormit ce soir-là.

 Le troisième jour, la chance lui sourit enfin. En poussant ses recherches un peu plus loin, il découvrit de nombreux arbres fruitiers, qui allaient lui permettre de varier un peu ses repas. De retour sur la plage, il constata qu'une dizaine de mouettes s'y étaient posées et s'étaient endormies. Hank se saisit de sa pique et s'avança aussi silencieusement que possible. Arrivé à quelques mètres, il décocha son tir et parvint presque miraculeusement à tuer un des oiseaux du premier coup. Tous les autres s'envolèrent effrayés, mais Hank était fier de sa prise. Il alimenta généreusement son feu et bricola un trépied pour la faire rôtir. Malheureusement, l'animal se révéla être d'un goût immonde et Hank recracha dès la première bouchée. Il jeta la carcasse au loin et mit un coup de pied rageur dans son trépied.

 Hank en avait assez. Assez de n'arriver à rien. Assez de toutes ces épreuves. Assez d'être seul et de n'avoir personne à qui parler. Il avait souvent vécu seul, et cela ne l'avait jamais dérangé, mais il s'était habitué au contact des autres depuis quelques années, et surtout à la compagnie de Sin fo et Reg'liss. Il décida de ne rien faire de plus ce jour-là et resta prostré sur la plage à ruminer ses pensées toute l'après-midi. Lorsque le troisième soleil disparut derrière l'horizon, il se traîna jusqu'à sa cabane et se roula en boule.

 Le sort continua de s'acharner sur lui. Alors qu'il commençait à s'endormir, il vit un éclair zébrer le ciel au loin. Il entendit le tonnerre gronder faiblement, puis en quelques minutes l'orage glissa de la mer jusqu'à sa plage. Un vent terrible souffla toute la nuit, soulevant le sable et arrachant les branches des arbres. Les éclairs les plus proches tombèrent à quelques mètres de lui et éclairaient le ciel comme en plein jour, et le bruit du tonnerre était assourdissant et le faisait sursauter à chaque fois. Pour couronner le tout, une pluie diluvienne tomba toute la nuit et le trempa jusqu'aux os en s'infiltrant à travers les branches de sa cabane.

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