Chapitre 49

8 minutes de lecture

Pendant plusieurs mois, Steph’ viendra me voir. Pour me faire patienter entre deux visites, elle m’écrit, quelques lignes tendres, quelques lignes pour me donner du plaisir, du courage, des lettres vitales pour ma santé mentale. Là voilà dans cette salle de nos retrouvailles, je la trouve de plus en plus belle, et les images de Cynthia disparaissent petit à petit. On baise à chaque visite, c’est le moyen pour nous de nous débarrasser de ce manque qui nous bouffe. Avec elle pas de prise de tête, du plaisir, de la tendresse, du sexe torride même si elle ne cache pas ses sentiments pour moi. Steph’ c’est ça que j’aime chez elle, elle ne se cache pas. Si elle ne m’a jamais parlé de ses sentiments pour moi c’est parce que nos échanges ne s’y prêtaient pas mais elle n’a pas hésité à l’assumer au tribunal. C’est vrai que je ne lui ai jamais demandé si elle m’aimait mais je ne lui ai pas interdit non plus de le faire. Quelque part j’aime qu’elle m’aime, j’aime sa présence, j’aime la sentir pas loin de moi.

- Salut Don Juan. Me lance-t-elle

- Salut beauté. Dis-je en approchant mes lèvres des siennes.

Je sens son baiser retenu. Elle se recule de moi et n’a même pas mis la langue. Bordel qu’est ce qu’elle a !

- Steph, qu’est ce qui se passe ? Dis-je bouffé par l’inquiétude.

Je la vois, elle tortille ses doigts, bafouille. Oh merde ! Elle en a marre de me voir ici. Marre de m’attendre, comment je pourrais lui en vouloir de toute façon, entre elle et moi, y a jamais rien eu de sérieux même si je m’accroche à elle comme une bouée de sauvetage pour ne pas sombrer dans les profondeurs sombres.

- Tu veux qu’on arrête c’est ça ? Dis-je

- Non Max ! Non je ne veux pas ça.

Elle se jette sur moi pour me déposer un baiser. Et quand elle se défait de moi, je vois une larme sur son visage. Je ne l’ai jamais vu dans cet état, cette fille n’est pas du genre à pleurer alors c’est que c’est plutôt grave, ce qui ne me rassure pas du tout.

- Qu’est ce qui se passe Steph ? Tu m’inquiètes là.

- Je…je

Elle n’arrive pas à parler et je m’impatiente.

- Putain Stéphanie mais parle !

- Je suis enceinte Max.

Je reste planté devant elle, et lui demande de répéter pour être sur d’avoir bien entendu.

- Je suis enceinte, je ne te demande rien t’inquiète mais tu sors dans six mois et je veux garder ce bébé alors je voulais juste te le dire.

Je m’assois sur la chaise de la salle car mes jambes me portent plus. Putain de merde ! Alors là je n’ai pas pensé une seule fois que je foutrais Stéphanie enceinte. Avec tout les mecs qu’elle a eu, la contraception n’a jamais été un sujet de discussion entre nous tellement ça paraissait logique mais si faut il n’est même pas de moi ce gosse.

- Comment tu sais qu’il est de moi d’abord ? Dis-je

Son regard transmet la douleur que je viens de lui infliger et je m’en veux déjà. Et merde fait chier.

- Parce qui y a que toi Max ! Y a plus que toi !!!

- Arrête je te connais Steph, tu te fais baiser facilement.

- Pas depuis ton arrestation ! Mais merci Max ! Vraiment merci !

Elle est furieuse, mais carrément excitante. J’attrape sa main pour la faire venir à moi, mais elle refuse.

- J’ai balancé mes sentiments devant tout le monde Max ! Mais toi t’en as rien à foutre !

- Excuse moi Steph, c’est juste que là…enfin tu vois avec la prison, enfin je ne sais pas moi être un père, je ne sais même pas ce qui se passera une fois que je serai de nouveau dehors Steph’. Je suis taré merde comment tu veux que j’arrive à élever un gosse !

- Je te l’ai dis, je ne te demande rien. Je voulais juste que tu le saches c’est tout.

- Comment ça a pu arriver ? Tu ne prends pas la pilule ou un truc du genre, toi !

- J’ai pas mal bu après une des visites et pas mal vomis, d’après ma gynéco, ma pilule est partie avec l’alcool et voilà. J’avais pas prévu ça mais je ne veux pas avorter Max, je ne peux pas.

- Je ne te demanderai jamais ça Steph’.

- Je ne te demanderai jamais d’assumer un enfant que tu ne veux pas Max.

Cette fille m’a soutenu dans le pire moment de ma vie, elle ne m’a jamais laissé tomber et me donne la force de vivre en prison. L’idée de la perdre à cet instant, me foudroie sur place, c’est impossible à imaginer une vie sans Steph’ désormais. Je ne veux pas la perdre.

- Je serais là.

- Qu…quoi ?

- Je serais là pour toi et le bébé.

- Max, je ne veux pas que ça soit de la reconnaissance entre toi et moi.

- S’en est pas. Stp, me demande pas de mettre des mots là-dessus j’en suis incapable.

Elle me regarde et me sourit.

- Tu sais à quoi tu t’engages Max ?

- Absolument pas, parce que toi tu sais dans quoi tu te lances là ?

- Non. Je flippe grave d’ailleurs. Dit-elle entre rire et larmes.

- On va gérer.

Je lui ouvre mes bras et elle vient s’y loger. J’essaye d’imaginer une vie future mais y a toujours cette ombre au dessus de moi. Je la chasse et regarde Steph’ pour voir la lumoère briller dans ses yeux.

- Si tu te lasses pas d’ici là, toi et moi on pourrait peut être se poser, qu’en dis-tu ? Dis-je

Stéphanie me regarde surprise par ma question.

- T’es sérieux Max ?

- Ouais, enfin si tu veux, mais ouais pourquoi pas.

- Je ne joue pas là Max, je suis sérieuse, et…je ne veux pas que tu te forces à cause du bébé, je peux l’élever sans toi, je suis une grande fille tu sais.

- J’ai besoin de toi Steph’, j’ai besoin de me poser et c’est avec toi que je veux le faire. Est-ce que tu m’aimes assez pour me supporter le reste de ta vie ?

- Putain ouais.

Elle se jette de nouveau sur moi pour m’embrasser.

- T’emballe pas ce n’est pas une demande en mariage non plus.

- Tu m’as déjà mise enceinte, ça suffit comme ça les conneries.

- Je ne suis pas sur de ce que ça donnera nous deux.

- On avisera, au pire tu repars chez toi et tu viens juste pour tirer ta crampe.

- T’es sexy quand t’es vulgaire.

Elle me fait un doigt d’honneur en ricanant. Elle a retrouvé son sourire et c’est tout ce qui compte mais la fin de la visite arrive.

- Je t’aime Max.

- Prends soin de vous, ok ? T’arrête les soirées alcoolisées maintenant.

- Je suis une grande fille Max, je ne suis pas inconsciente.

- Tu comptes faire ta vie avec moi alors permet moi d’en douter.

- Pas faux mais je vais faire gaffe, promis.

La visite est terminée et j’ai encore plus de mal à la voir partir. J’ai besoin d’elle, je ne peux plus le nier, sans elle je vais retomber dans mes travers. Elle est ma seule chance de ne pas devenir complètement fou. Putain je vais avoir un enfant ! Cette idée ne me lâche pas même si elle paraît floue. Et à chaque fois que je la vois, j’ai de plus en plus de mal à la voir partir. Je m’attache de plus en plus à elle et ses visites. Chaque visite est vitale et elle fait toujours son maximum pour en avoir plus. J’ai finis par la déclarer comme ma conjointe pour qu’on se voie plus souvent.

- Tiens regarde sa bouille. Dit-elle en me montrant son échographie.

- C’est dingue quand même. Qui aurait pensé que toi et moi on…on aurait un enfant ensemble.

- Tu regrettes ?

- Bien sur que non.

- Tu me trouves moche alors ?

- Arrête, t’es bandante.

Elle me lâche un sourire ravageur et je lui montre à quel point elle est belle. Elle se cambre sur mon sexe, je caresse son ventre et lui donne un bon coup de boutoir.

- Doucement, je ne suis plus toute seule Max.

- Pardon, je m’emporte mais j’ai tellement envie de toi.

- Bientôt tu sortiras et on baisera partout.

- J’y compte bien.

Un dernier baiser et je m’accroupis pour mettre ma tête sous sa robe pour embrasser son ventre, léchant son clitoris au passage pour la faire gémir une dernière fois.

- Alors, t’as foutu Steph’ en cloque. Me lance Brice lors de sa visite.

- Ca y est, elle te l’a dit ?

- Bah elle ne peut plus trop le cacher là.

- Ouais j’avoue. Tu m’en veux ?

- De quoi ?

- Bah Steph’ et toi…

- Ah non mais je t’arrête tout de suite Max, elle et moi c’était pour le fun hein, et il se passera plus rien de toute façon car j’ai maintenant Lena et Steph’ se range avec toi. C’était une telle évidence vous deux.

- Si tu le dis. Ca à l’air de tenir avec ta blonde ?

Brice à rencontré une fille qui devait être qu’un plan cul mais qu’il ne lâche plus. D’après Steph’, il est grave accro.

- Attend de la rencontrer, tu vas l’adorer, cette fille est géniale. Dit Brice les yeux pétillants.

- Tu as arrêté les baises alors ?

- Ahhhh faut pas tout mélanger mec, les baises et Lena sont deux choses totalement différentes.

- Queutard.

- Je l’aime grave.

- Mais tu l’as trompe.

- On n’a pas conclu d’accord là-dessus, et ce qui n’est pas interdit est autorisé, non ?

- Façon de voir les choses.

- Tu vas me dire que tu vas baiser désormais qu’avec Steph’ ?

- C’est en effet l’idée.

- Tu ne tiendras jamais mec, on n’est pas fait pour ça nous. Ricane-t-il.

- Je veux me ranger, je vais avoir un gosse bientôt.

- Putain ouais. C’est dingue quand même.

- Ouais.

- Ta mère doit être aux anges.

- Ma mère ? Non mais laisse tombé, elle a dévalisé tout les rayons bébé m’a dit Steph’.

- Et ton père ?

- Il dit rien, tu le connais, il montre rien.

- Il t’aime.

- Ouais, il m’a sauvé, tout comme toi et Steph’, je ne vous remercierai jamais assez.

- Normal, t’es mon poto, mon frangin.

- Jt’aime mec.

- Moi aussi.

Le mur de mon lit se remplie de photo après chaque visite, parfois des photos de ma famille, de Brice, des fêtes ou anniversaire que je rate, parfois des photos de Steph’ et de son ventre rond, parfois des photos sexy qui me permet de me soulager, et à coté en noir et blanc, le petit corps qu’elle porte dans son ventre. Je pose à coté celle qu’elle vient de me donner. Le profil de mon fils est bien dessiné et dans 1 semaine je pourrais retrouver enfin ma liberté.

- Maxime visite.

Steph vient de partir, ça peut pas être encore elle. Quand j’arrive dans la salle, je reconnais immédiatement la silhouette qui me tourne le dos. Ses longs cheveux bruns qui lui tombe sur les hanches, et quand elle se retourne, son visage angélique me poignarde alors que son regard fait lever mon compagnon de chambre dans mon pantalon.

- Bonjour Maxime.

- Cynthia.

Annotations

Recommandations

Asa No
En montant en selle pour récupérer un bijou qui aurait pu trahir sa présence dans une maison de plaisir, Lunixa ne se serait jamais doutée que cette nuit se finirait de la sorte.
Droguée avec Magdalena par un étrange Lathos insensible aux pouvoirs de la Liseuse et aidé par le patron de la maison, la jeune Princesse sombre dans l'inconscience sans avoir la moindre idée de ce qui les attend à leur réveil.

Avec l'arrivée des Illiosimeriens, Kalor ne tarde pas à se rendre compte de la disparition de sa femme. Dans tous ses états, il se tourne vers la seule personne qu'il estime coupable d'un tel méfait.

Mais comment réagira-t-il en découvrant que le responsable n'est pas forcément celui auquel il croit ?


Ce tome est le troisième de la série Les Héritiers.
Vous pouvez trouver le tome 1, Les Héritiers - La prisonnière de l'hiver, ici :
https://www.scribay.com/text/72154902/les-heritiers---la-prisonniere-de-l-hiver

Attention : scènes sensibles et violentes
2079
1475
1978
1154
Méline Darsck
Deux couples, deux femmes très différentes l'une de l'autre vont pourtant se rapprocher jusqu'à devenir de véritables confidentes l'une pour l'autre.
Mais l'histoire ne serait pas aussi pétillante sans un peu de cris, de larmes, de passions, d'infidélité, de baisers, d'attirance et de séparations.
Mais qui ? Pourquoi ?
Je vous laisse le découvrir au fil des pages.
3659
1665
333
470
Lilie Berthy
Jusqu'où peut-on aller "par amour" ? Quand Cylia fait la connaissance d'Anthony, elle est loin d'imaginer qu'il prendra petit à petit le contrôle total de sa vie...
15
11
10
53

Vous aimez lire Lia 53 ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0