Chapitre 41

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- Il est là ! A genoux ! Jte dis à genoux fils de pute !

Je ne comprends pas ce qui se passe, plusieurs hommes me tirent et me balancent dans le salon, ils ont des uniformes dignes des grands films d’Hollywood et sont très brutaux. Je vois sur leur bras un brassard « police » et je comprends alors qui ils sont. J’ai beau leur dire que c’est un mal entendu, ils ne m’écoutent pas.

- Cynthia !!! Où est Cynthia !!! Elle va vous expliquer ! Dis-je pendant qu’ils me maintiennent à terre.

- Bouge pas fils de pute !

Je regarde autour de moi, et une meute de policier parcourent ma maison. Mais où est Cynthia ?

Je sens des policiers sur moi, leurs poids me font mal au dos, et les menottes serrent mes poignets d’un coup.

- Tu es en état d’arrestation pour, enlèvement, viol, séquestration et violence aggravées, tout ce que tu diras pourra être retenu contre toi connard ! Tu peux être représenté par un avocat et si tu en n’as pas les moyens, un avocat te sera commis d’office. T’as compris fils de pute ?

Alors que mes droits viennent de m’être balancés à la gueule, je sens mon corps se soulever, et c’est en direction de la porte que les policiers me dirigent. Autour de ma maison, plusieurs voitures de police sont posées, les gyrophares tournent et une dizaine de policier sont là à faire des allers et retours chez moi. Je tourne la tête, et une ambulance est là, je vois Cynthia entourée d’une couverture médicale.

- Cynthia !!!

Les policiers me tiennent alors que je me débats pour tenter d’aller vers elle.

- Putain reste calme connard ! T’en as fais assez comme ça !!!

- Cynthia !!!! Est-ce qu’elle va bien ? Lâchez-moi, je veux aller la voir !!!

Son regard ne porte aucune attention vers moi, tout ce que je vois, c’est qu’elle sanglote, et se resserre dans sa couverture, alors que le médecin lui met des bandages sur ses blessures d’attaches.

- Ce n’est pas ce que vous croyez !!! Cynthia !!! Dis-leur !!!

Sans m’en apercevoir, mes larmes coulent sur mon visage.

- Fallait réfléchir plus tôt ! Me lance un policier.

Il me balance dans une des voitures, et je ne lâche pas l’ambulance des yeux. Elle pleure, mais pourquoi ? Pourquoi est-elle traitée comme une victime alors que ce n’est pas le cas. Les portes de l’ambulance se referment et la voiture de police m’emmène loin d’elle.

- Cynthia !!!

- Ta gueule !!! Ferme là où je me fous sur le bas coté et te défonce !!! Me crache un des policiers.

- Ce n’est pas ce que vous croyez.

- Arrête-toi !!! Crie t’il au policier qui conduit.

- Eh calme-toi, fais pas le con, on va au commissariat, il va payer t’inquiète.

Je vis détaché de tout ce qui se passe, je suis baladé, les mains toujours menottées et les regards que je croise ne sont que des regards de mépris et de colère. Je passe devant une cellule, où un jeune est enfermé. Non ! Je ne veux pas aller dans une cellule, j’ai rien fais de mal ! C’est elle qui est venu me rechercher !

On me place dans un bureau, où je fais face a un énorme Monsieur qui n’a aucun brassard, on ne dirait même pas qu’il fait parti de la police. A coté un policier en uniforme est devant son pc, à l’écoute de ce qui va se dire, reportant sur l’ordi chaque mot que je vais prononcer.

- Nom, prénom, date de naissance, adresse ! Crache le gros policier.

Bien qu’il doive connaître ces infos, je lui décline mon identité en lui répétant que c’est un mal entendu.

- T’es un grand malade toi, tu sais ! Me lance l’homme en face de moi.

- Je vais tout vous expliquer, ce n’est pas ce que vous croyez.

Le gros Monsieur rigole puis frappe sur la table violemment.

- Je vais te faire tomber ! Tu vas en prendre pour minimum 50 piges ! Tu vas crever en prison ça tu peux en être sur.

La haine dans son regard me fait prendre conscience que ma vie vient de m’échapper. Je lui explique donc tout, que je l’ai suivi, que je l’ai enlevé mais qu’au fur et à mesure elle a prit goût à ça et qu’elle est revenue me chercher.

Le gars rigole, puis refrappe sur la table.

- Tu crois que je vais gober tes conneries ! Et puis quoi encore, elle t’a aussi demandé de la frapper ? Les hématomes sur elle ? C’est elle aussi qui les a faits ? Qui les a demandés peut être !

- Mais oui !!! C’est elle qui me les a demandés, je vous le jure. Elle adore ça.

J’ose à peine croire ce que je viens de dire. Ca n’a aucun sens et pourtant c’est bien ce qui s’est passé.

- Et c’est elle qui t’a demandé de l’enlever aussi ?

- Pas la première fois, c’est vrai. Mais après c’est elle qui a déposé ses clés à mon travail. Appelez-les, demandez à la fille de l’accueil !!! Elle confirmera ce que je vous dis.

Je vois l’homme agacé, et l’autre frappe son clavier énervé.

- Tu prends des medocs ? Me demande le policier

- Quoi ?

- Drogue ? Medoc ?

- Bien sur que non.

- T’accepte la prise de sang ?

- Oui bien sur.

On m’amène dans une salle où un mec vient me faire une prise de sang. Il sert si fort le garrot que la douleur me traverse le bras lorsque l’aiguille me pique.

- Je vous jure que ce n’est pas ce que vous croyez.

- Déshabille-toi.

- Pourquoi ?

- Parce que je te le demande.

J’ai jamais eu autant peur. Je retire mes vêtements qui sont mis dans un sachet. Je suis traité comme un criminel alors que je ne suis rien de tout ça. Il sort un long coton tige qu’il fourre dans ma bouche puis un autre au niveau de ma queue.

- Vous me faites mal ! Dis-je

- J’espère bien.

- Vous n’avez pas le droit de me traiter comme ça !

Le gars se jette sur moi et me fait tomber à terre, il colle ma tête par terre.

- J’ai tout les droits ici, je pourrais même te faire ce que tu as fais à cette pauvre fille que personne n’en saurait rien. Tu sais ce qui va t’attendre en prison ? Tu vas être leur pute, ton cul tu vas te le faire défoncer.

- Laissez-moi.

- Oh mais toi tu l’as laissé quand elle te le demandait ?

Un gars arrive et le mec me relève.

- T’as fini avec lui ? Lui demande le policier.

- Ouais j’ai ce qu’il faut pour qu’il crève en prison.

- J’ai rien fais !!!

Je n’ai pas le temps d’esquiver le coup de poing qui vient s’écraser dans mon estomac. Me coupant le souffle.

- Voilà, tu vois tu apprends à la fermer. Allez on y va.

J’ai beau répéter encore et encore ma version, rien n’y fait et je me retrouve dans une cellule, entouré de barreaux. C’est là où je vais finir ma vie. Non ! Impossible, Cynthia va leur dire que c’est un mal entendu. Mais qui a appelé les autorités ? Pourquoi ? On était heureux, on aimait ça et on faisait de mal à personne.

Bien que le banc ne soit pas très propre, je m’allonge, attendant que ma vie défile.

La porte s’ouvre, ce qui me sort de mes pensées.

- Tes mains !

Le policier me met les menottes et me remet sur la chaise face au gros bonhomme.

- Nom, prénom, date de naissance, adresse !

C’est une blague ! Je leur redonne, et les mêmes questions me sont posées encore et encore.

Au bout de 8 fois, je commence à perdre patience.

- C’est ça énerve toi ! Quoi tu vas aussi me cogner moi !

Le gars me fait face, et bien que l’envie de lui foutre une rouste me démange, je sais que ça ne me causerai que des problèmes.

- Regarde !

Le gars me balance des photos où je reconnais le corps de Cynthia bleuit par ma fureur. Mais son visage est tuméfié et ça par contre ce n’est pas moi. Je sais que je ne lui ai pas fais ça.

- Ce n’est pas moi ça j’vous dis !

- Ce n’est pas toi ? T’es sur de toi ?! Là les bleus ce n’est pas toi ?

- Si c’est moi mais elle aime ça ! C’est un jeu entre elle et moi ! Ecoutez, je suis un gars simple, sans problème, je suis d’accord je n’aurais pas du l’enlever, ni l’enfermer, ni faire ce que j’ai fais mais c’est un jeu sexuel, ni plus ni moins. Mais je vous jure que ça, ce n’est pas moi. Dis-je en montrant son visage.

Le gars est posé contre son dossier. Je vois bien qu’il est énervé. Je sens que je vais avoir besoin d’aide car on ne me croit pas.

- J’ai le droit d’appeler quelqu’un, laissez-moi appeler quelqu’un svp.

- Ok ! Tu as le droit à un coup de fil c’est vrai, tu veux appeler qui ?

- Mon frère.

Il me tend le téléphone, et je compose son numéro où j’entends la voix familière et réconfortante de mon frère.

- C’est Max, je suis dans la merde, aide moi stp.

- Qu’est ce qui se passe ?

- Je suis au commissariat, j’ai…j’ai besoin d’un avocat, un très bon avocat là.

- Putain Max, t’as foutu quoi ? J’arrive !

On me remet dans ma cellule, et j’entends dans les couloirs, la voix de mon frère.

- Max ! Putain qu’est ce qui se passe ? Dit-il lorsqu’il me voit dans la cellule.

- J’suis dans la merde putain !

- T’as touché à la drogue ?

- Non, pire.

Le regard de mon frère à travers les barreaux me fait prendre conscience de plus en plus de ce qui me tombe dessus. Je lui explique, et je vois sa déception et sa colère, passer dans son regard.

- Mais putain Max !!! T’es dingue !!!

- Je sais, je sais…mais elle était ok après.

- Mais putain t’as conscience que ça n’a aucun poids dans un tribunal ? C’est du délire Max putain !!!

- On doit l’interroger, elle expliquera tout et ils verront bien qu’elle est d’accord.

- Max, comment une fille peut être d’accord d’être…

Il marque un temps de pause, se frotte le visage et ne continue pas sa phrase. Alors que mon frère efface petit à petit mes espoirs, mon esprit vagabonde vers Cynthia.

- Alex, elle est où ? Est-ce qu’elle va bien ? Je te jure que j’ai pas été aussi violent envers elle, je n’arrive pas à comprendre Alex.

- Je vais me renseigner, je reviens.

Quand il revient, il est accompagné d’un policier a qui je tends mes mains pour une nouvelle fois être menotté.

- C’est moins bandant ! Me lance-t-il alors qu’il resserre le métal sur ma peau.

- Vous n’avez pas le droit de le traiter comme ça ! Rétorque mon frère.

- Ce mec c’est un taré ! Il vient d’enlever et de torturer une pauvre fille !

- Ca vous n’en savez rien ! C’est des accusations en l’air ! Vous n’avez aucune preuve. Crache mon frère.

Alors qu’on me remet dans le bureau, le gros Monsieur arrive en face de nous.

- Monsieur, mon frère est innocent. Dit Alex

- Oui je suis innocent. Dis-je

Le gars reste muet et nous regarde. Il s’assoit et soupire.

- On vient d’aller interroger la demoiselle.

Mon cœur se serre, elle me manque tellement.

- Alors ? Elle vous a confirmé ? Dis-je

- Elle nous a tout expliqué, et je ne sais même pas comment elle a eu la force de tout nous raconter.

Il se tourne vers mon frère.

- Vous voulez savoir ce qui s’est passé ? Dit-il

Mon frère répond que oui et le gros Monsieur lui raconte en détail une vie horrible que je ne reconnais pas.

- Elle a été violée à plusieurs reprises, frappée, elle s’est échappée mais a eu peur des représailles après plusieurs menaces sur sa famille. Et puis il est revenu chez elle. Il l’a de nouveau agressé.

- Non !!! C’est faux !!! C’est elle qui a déposé les clés à mon travail !!!

- On a interrogé la fille de l’accueil, elle confirme un colis mais elle ne sait pas ce qui y avait dedans, ça ne prouve rien.

Ma vie s’écroule, pourquoi elle ne dit pas la vérité. Mon frère est bloqué sur les photos que le gars lui dépose devant, c’est vrai que ce sont des images violentes. Il dépose une photo de son visage tuméfié.

- Ce n’est pas moi ça ! Je te jure Alex ce n’est pas moi !

Le gars ne me croit pas, mais je n’ai jamais abîmé autant le visage de Cynthia. Elle est défigurée.

- Bien sur que c’est toi ! Quand elle a voulu s’échapper, tu lui as éclaté le visage contre le rebord du lavabo, puis tu l’as attaché et violé encore et encore, jusqu'à épuisement, jusqu'à lui provoquer des multiples blessures.

- Non !!! Je vous jure que j’ai jamais fais ça ! Montrant la photo de son visage.

- Elle a été admise à l’hôpital, on a ton ADN à peu près partout sur elle.

- Ce n’est pas moi. Comment elle va ?

Il se met à ricaner.

- Comment tu crois qu’elle va après ce que tu lui as fais.

- Je n’ai pas fais tout ça.

- T’as raison, elle s’est faite ça toute seule.

Je ne comprends pas, je sais que j’ai jamais fais ça, je sais qu’elle n’a jamais voulu s’enfuir, qu’elle m’a demandé d’être violent. Notre relation était violente, mais elle le voulait. JE repasse en boucle nos moments et il n’y a pas de scène avec le lavabo. Je regarde la photo et mes larmes coulent de voir son visage si abîmé.

Mon frère reste figé, bloqué sur les photos.

- Je te jure que ce n’est pas moi ça !!! Je ne suis pas comme ça ! C’est elle qui me l’a demandé. Crois-moi, je t’en supplie.

- Faut savoir Maxime, ce n’est pas toi qui l’a fait ou c’est elle qui te l’a demandé ?

- Elle m’a demandé de la frapper mais pas le truc du lavabo, je l’aime à en crever, jamais j’aurais fais ça putain crois-moi !!!

- Comment alors elle se serait fait ça ?

- J’en sais rien putain jte le jure, merde Alex tu me connais !

- Ouais c’est ce que je pensais mais là…

Je vois mon frère attristé et je retourne très vite dans ma cellule, étiqueté de pervers et de malade. Je suis transféré dans une prison sécurisée quelques jours après être passé devant un juge pour une détention provisoire. Mon procès est programmé dans 6 mois. Ma vie est foutue.

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