EPILOGUE

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 " Chère enfant, si tu visionnes cet enregistrement, c'est que l'Omniscient a appelé mon âme pécheresse auprès de lui. J'imagine que tu as de la peine, ne laisse pas cette peine exister trop longtemps, tu as mieux à faire.

Ce que j'espère pour toi, c'est que ma mort est intervenue après la cérémonie des vœux. Si ce n'est pas le cas, je prie pour que d'une manière où d'une autre tu sois restée en vie...

Quoi qu'il en soit, ce n'est pas mon propos ici. Quel est-il ? 

Que tu sois instruite de ma réalité, de celle du CEM, et avant tout celle de ton peuple, les humains..."


Palais gouvernemental - Planète Terre


Une heure après le départ  du vaisseau d'Ukal, Élisabeth se présenta au bureau présidentiel. 

D'abord surpris, Eliott eut l'impulsion de la renvoyer avec fin de non-recevoir. Après réflexion, il décida qu'il la recevrait. Dès son arrivée, la sénatrice s'avança vers la table de travail du chef de l'État,  il se leva à demi et commença à dire :

— Chère Élisabeth, qu'est-ce qui me vaut...

La femme ne le laissa pas terminer, elle lui administra une gifle retentissante. Stupéfait, il retomba sur son siège. Elle lui jeta :

— Je savais que tu étais un beau salopard ! Là, ça dépasse tout ! Non seulement, tu n'as pas tenu ta promesse de faciliter le départ de Lizzie, mais de plus tu as ordonné que l'on tire sur le navire du Kéjo, alors qu'elle était à l'intérieur ! 

— D'abord, cela ne s'est pas passé de cette manière. Ensuite, j'avais toutes les raisons de croire que dans ce navire se trouvaient deux prisonniers aliens évadés, et avec lui un traître à l'alliance terrienne !

Furibonde, elle rétorqua :

— Je n'en ai rien à faire, tu as voulu tuer ma petite-fille ! 

— Pourquoi te mettre dans un tel état ? Elle a survécu, il me semble, et elle est loin !

Les yeux de la sénatrice jetèrent des éclairs, elle siffla :

— Pas un mot de plus, tu n'as aucune excuse !

— Mais...

— Tais-toi !

Il resta silencieux.  Elle secoua la tête puis fit volte-face et sans un autre mot quitta la pièce. Elliot une fois seul s'assombrit. Puis son interphone sonna. Cela lui permit de se reprendre. Il décrocha le combiné : 

— Oui ?

La voix du robot-secrétaire lui répondit :

— L'Amiral Lineberg est en ligne sur le canal confidentiel, Monsieur le Président.

Elliot effleura une touche de son poste de communication, puis il dit :

— Je t'écoute, Gregor !

— Une importante flotte venant de la galaxie du C.E.M. est en passe de rentrer dans la zone neutre !

Elliot sourit, il oublia la sénatrice et croisa les jambes en se disant : "Le C.E.M. n'a pas perdu de temps"

De vive voix, il demanda :

— Tout est en place ?

— Oui, le plan se déroule comme il était prévu. J'attends ton ordre.

Elliot cilla avant de répondre :

— Alors, en avant toute !

Il raccrocha...


*


"... Tout commença quand un croiseur scientifique Oléan rencontra de façon fortuite, un vaisseau stellaire terrien en perdition qui avait souffert de graves avaries. Il s'était égaré par mégarde sur un territoire contrôlé par le CEM 

À l'époque, le secours aux naufragés quels qu'ils soient, était inscrit dans la charte gouvernementale du CEM. 

On porta donc assistance à cette race inconnue. Le navire des humains fut remorqué dans une petite station de réparation proche de là. C'est ainsi que pour la première fois, le peuple Oléan rencontra le peuple terrien et ces deux espèces dissemblables commencèrent à tisser des liens ..."


Quelque part entre la galaxie du CEM et le territoire Terrien

Une impressionnante flotte en provenance d'Oléannis, surgit brusquement dans l'espace neutre  séparant la galaxie du CEM des territoires humains.  C'est un amiral Epala qui commandait ce rassemblement de cuirassés, bombardiers et  autres bâtiments de guerre. Debout sur la passerelle du croiseur principal, l'Epala en question apostrophait le navigateur ainsi :

— Vous êtes sûr que c'est ici ?

— Selon les coordonnées transmises par les insectoïdes, nous sommes au bon endroit, Amiral.

— Hum... C'est singulier, d'après ce que nous savons, l'affrontement entre les Lsptwsto et les humains aurait débuté ici.

Son second s'approcha de lui et hasarda :

— Peut-être qu'ils ont tout inventé finalement ?

—  C'est improbable, Les documents vidéos que j'ai examinés étaient authentiques et non falsifiés. 

— Pourquoi n'y a-t-il pas davantage de débris alors ? 

L'Epala secoua la tête, un couinement de perplexité s'échappa de son petit museau denté. Soudain, il ordonna :

— Effectuez un balayage et une analyse énergétique !

Il fut obéi, mais son second demanda :

— Que cherchez-vous au juste, Amiral ?

— Je ne sais pas trop. Je ne suis sûr que d'une chose : cela sent le piège à plein nez !

Quelques minutes passèrent, le résultat du balayage tomba. Le second de l'amiral en prit connaissance et dit à son supérieur :

— Ni corps, ni débris, ni carcasse d'un quelconque navire, par contre de hautes teneurs en énergie.

L"Epala l'interrogea :

— Quel type d'énergie ?

Son second, troublé, le regarda, puis répondit :

— Inconnue, Amiral !

Celui-ci  s'exclama :

— Comment ça ? 

Personne n'eut le temps de lui répondre. Plusieurs conduits de saut s'ouvrirent devant l'armada. Une quantité incalculable de bâtiments de combats apparut, deux fois plus importants que ceux du C.E.M. ! Elle passa immédiatement à l'attaque...

*

"... Les relations entre le C.E.M. et les humains débutèrent sous les meilleurs auspices.  Malheureusement, cela ne devait pas durer. Une faction très extrémiste de la scène politique Oléanne devait prendre le pouvoir à cette époque. J'en faisais partie,  moi Le'olin An te'o, troisième du nom. 

Pour nous qui défendions une idéologie rigoriste et xénophobe, il n'était pas question d'admettre que cette race nouvelle infeste nos territoires. Quand le gouvernement terrien demanda à faire partie du C.E.M., nous avons réfléchi à une solution qui nous permettrait, non seulement d'évincer définitivement cette espèce de nos régions stellaires, mais également de la faire classifier par le C.E.M. comme race inférieure... Cette solution, c'est moi qui l'apporta à mon Karia sur un plateau... Je me servis pour cela d'outils offerts par une femme étrange, aussi belle que puissante, cette femme s'appelait Popellil ..."

*


Zone Neutre - Quelques heures après l'affrontement entre les forces du CEM et l'Alliance Terrienne


Les débris multiples de la bataille flottaient sur plusieurs millions de kilomètres carrés. Lugubre et terrifiant témoignage d'une violence et d'une belligérance mûrie après des lustres, voire des siècles d'incompréhension et de haine. Les squelettes noircis et tordus des croiseurs de combat des deux camps s'unissaient dans le chaos impitoyable et silencieux de ce théâtre pathétique.

Des corps flottaient sur ce cimetière de matériaux divers. Ainsi la mort réussissaient-elles ce tour de force : les lier dans une même étreinte funeste et définitive.

Brusquement, un cargo surgit au milieu de ce maelstrom lugubre : celui de Popellil.

*

Debout sur la passerelle de son navire, la femme contemplait le désastre. Son cœur et son âme s'emplissaient de désespoir, de colère et d'impuissance.  

Son humeur était sombre. Aussi sombre que l'habit qu'elle avait revêtu ce jour-là. Elle murmura : "Cela ne finira-t-il donc jamais ?" 

L'androïde qui faisait office de pilote osa dire :

— Il y a encore de l'espoir, honorable dixième...

Popellil frissonna dans sa longue robe noire. Son visage semblait encore plus pâle que d'habitude, elle ferma les yeux. Ils étaient ténébreux aussi à ce moment-là,  et si lourds de chagrin.

Elle se sentait démunie comme lorsque ceux en qui elle avait placé sa confiance, l'avaient trahi : d'abord Le'olin An te'o, puis Elliot Wood. Popellil s'interrogea, qu'en serait-il de Lia ? Comblerait-elle ses vœux, ou alors tout comme la Révérende et le Président terrien, la décevrait-elle ? Seul l'avenir le dirait. Elle demanda à l'androïde :

— Où en sont les probabilités du flux spatio-temporel ? 

La créature synthétique déploya un écran holographique. Des courbes dansantes et colorées le parcouraient, ainsi que des pulsations intermittentes. 

La longue femme s'avança. Elle étudia ces graphismes mouvementés avec attention. Ensuite elle soupira :

— Quelques fluctuations, mais je ne saurai dire si cela est positif ou négatif !

Soudain, elle se détourna et décida :

— Cap sur les coordonnées du refuge.

L'Androïde obéit. Le vaisseau de Popellil disparut du champ de bataille.

Il ne resta plus que le témoignage morbide de cet affrontement. Carcasses, corps, poussières et morceaux de gravats divers continuèrent leur triste et tragique valse au sein du vide spatial.

Les éclats étincelants d'astres lointains les accompagnaient en silence...



FIN DU PREMIER TOME

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