Chapitre 30

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Lia, une fois de plus resta seule, si on exceptait le robot qui se tenait en faction près de la porte. Elle se demanda ce qu'il se passait exactement. Cet humain savait-il quelque chose à son propos ? Connaissait-il sa vraie famille ? La jeune fille se sentait étrangère, pas à sa place. Elle aspirait au calme du cargo de Popellil. L'angoisse la submergeait, Elle pêcha son Omlipie au fond de son sac, l'ouvrit, et se plongea dans sa lecture.

*

Dans le bureau, Ukal et Adrian reprenaient place sur leurs sièges. Le Ministre s'installa devant son serveur, en déclarant : "Le rapport est audio-vidéo". Il effleura le clavier, l'écran holo se déploya, l'image de Nathan Kernec se déploya. 

Ils furent attentifs, surtout Ukal. Pour le Kéjo, les choses s'éclaircissaient. Il comprenait enfin pour quelle raison l'Oléan avait abandonné Lia sur Haloj. Le don de l'Oclé'o à la jeune humaine avait créé un dilemme au sein du karia de la religieuse. Les Oléans n'avaient trouvé que cette solution pour le résoudre. Cela avait provoqué toute une suite d'événements qui influençait la vie actuelle de Lia, mais aussi son avenir, cela aussi le Kéjo le sentait. Il pensa aux mises en gardes de Popellil concernant l'adolescente. Le rapport se termina sans que le Kéjo ne soit rassuré. L'image de Nathan Kernec disparaissait et le Ministre de la Défense décidait :

— Il est temps de convoquer cette chère sénatrice.

Il décrocha encore une fois son unité de communication.

*

Elisabeth avait quitté la salle d'audition depuis à peine deux heures, quand Ukal et Lia arrivèrent effectivement sur Terre. Ce qui laissa le temps à la Sénatrice de rentrer sur Londres. Elle débutait son déjeuner lorsque son unité de communication résidentielle sonna. Elle demanda à son employée Kéjo :

— Va me chercher le combiné, je te prie ! 

La domestique obéit. Dès que la femme l'eut en main, elle répondit :

— Résidence Rochester ? Arshad ? Qu'est-ce qui me vaut l'honneur trop rare de cet appel ? Si c'est à propos de l'audition de l'olé... Comment cela, convoquée immédiatement ? Je suis en train de déjeuner et... Pardon ? Vous n'oseriez pas ? Vous êtes un mufle... Non, inutile, j'arrive !

Elle coupa le contact, furieuse, avant d'ordonner à l'employée :

— Je mangerai plus tard Hazyl .

— Cela n'est pas raisonnable, madame !

— Un ordre du Ministre de la Défense, cela ne se discute pas !

Elle laissa là son assiette, retourna chercher sa veste et son sac, et quitta son domicile.

*

Le Ministre de la Défense raccrocha en demandant à Ukal :

— Allez donc me chercher cet enfant !

Le Kéjo fit diligence. Lia, impressionnée, entra dans le cabinet du Ministre. Ukal la fit asseoir, la jeune fille le remercia d'un sourire, mais resta silencieuse. Elle voyait les regards des humains présents dans la pièce, focalisés sur sa personne. Soudain, elle paniqua, fixa le Kéjo et osa demander sur un ton tremblant et effrayé :

— Que me veulent-ils ?

— Juste parler avec toi, Lia. Ne t'inquiète pas.

Le Ministre en entendant la jeune fille s'exprimer en Oléan fut quelque peu contrarié. Dans le même temps, il comprit qu'il ne pouvait en être autrement, puisqu'elle avait été élevée par une Oléanne. Il s'efforça de sourire en déclarant :

— Bonjour Elisabeth, je te souhaite la bienvenue dans ta patrie !

C'est volontairement qu'il avait utilisé son véritable prénom. Lia qui n'avait évidemment pas compris interrogea Ukal du regard. Il lui traduisit aussitôt ce qu'avait dit Arshad. Lia demanda :

— Pourquoi m'appelle-t-il Elisabeth ?

Ukal hésita puis décida d'être franc :

— C'est là ton nom... Lia, on a retrouvé ta famille !

 — Si vite ?

Là, le Kéjo ne sut quoi répondre. En définitive, il déclara :

— Tout te sera expliqué en temps voulu !

L'adolescente comprit alors que des révélations l'attendaient. Ce qui l'effraya. Elle fixa le Ministre et le remercia pour ses souhaits de bienvenue. Ukal traduisit. Le ministre sourit. À ce moment-là, il se demandait si Lia pouvait être utile d'une manière ou d'une autre à la stratégie élaborée par la Terre et ses alliés, à l'encontre du C.E.M. Il n'en était pas persuadé. Arshad pensa : "Il faudrait l'interroger !" Il n'était pas vraiment sûr que la sénatrice le permette ! Il oublia ce problème pour le moment et s'enquit auprès d'Ukal :

— Comment se sent-elle ? A-t-elle faim ou soif ? Besoin de quelque chose peut-être ?

Le Kéjo assura :

— Lia n'est pas quelqu'un d'exigeant, je crois qu'elle pourra attendre l'arrivée de la sénatrice.

Le Ministre hocha la tête. Puis alla regarder Adrian Hermann, qui avait été quelque peu oublié. Il lui dit :

— Retournez donc à vos devoirs, Commandant. Pour ce qui est de cette jeune fille, je suppose qu'Ukal vous tiendra au courant. 

Évidemment, le militaire ne songea pas à contester cet ordre. Il quitta son siège, salua le Ministre respectueusement, plus familièrement le Kéjo et adressa un simple sourire à Lia. Il quitta la pièce. Moins de vingt minutes plus tard, Elisabeth Rochester se faisait annoncer !

*   

Le Robot introduisit la femme dans le bureau du Ministre. Celle-ci, sans même le saluer commença à dire :

— J'ose croire que cette convocation incongrue a une bonne raison, Arshad ! Sinon vous pourriez entendre...

Là, elle avait remarqué le Kéjo... Puis ses yeux s'étaient posés sur Lia. Elle avait froncé les sourcils avant qu'une impression de familiarité la frappe avec force. Le regard clair de la jeune fille se riva au sien. Des larmes montèrent aux yeux de la sénatrice qui sut avec une absolue certitude qu'il s'agissait de sa petite-fille. Elle s'avança vers l'adolescente qui, décontenancée ne savait que dire ou faire. 

La sénatrice caressa sa joue en murmurant :

— Mon Dieu ! Lizzie... Oh Lizzie ? C'est bien toi ? 

Elle la prit dans ses bras et pleura...

*

Lia, d'abord surprise, se laissa gagner par l'émotion que ressentait cette femme. Elle joignit ses larmes aux siennes, en ayant l'impression, non pas d'être arrivée à destination, mais d'avoir franchi une étape. Elle se sentait heureuse, même si elle ne savait pas vraiment pourquoi. La femme l'écarta d'elle et la contempla :

— Tu es tellement jolie, Lizzie.  

Elle avait naturellement parlé Oléan. Se doutant bien que cette enfant ne connaissait pas un mot du langage humain. Un peu étonnée mais rassurée, Lia dit :

— Je ne pensais pas que vous parliez Oléan.

— Je parle beaucoup de langues, Lizzie. 

Puis la femme fixa le Ministre, qui attendri malgré lui, avait assisté à ces retrouvailles sans intervenir. Elle lui dit :

— Merci Arshad.

Celui-ci désigna le Kéjo en disant :

— C'est notre ami ici présent qu'il faut remercier ! 

Elisabeth regarda l'alien. Elle demanda :

 — Qui dois-je remercier ?

— Ukal du lignage Ekiloj de Kej !

— Noble lignage que le vôtre. Qu'il soit honoré !

Surpris qu'elle se conforme aux usages de Kej, il répondit :

— Qu'il en soit de même pour votre lignée !

Lia qui n'avait rien compris à cet échange, crut bon de dire :

— Ukal m'a sauvé la vie.

La sénatrice dit alors au Kéjo :

— Je vous suis redevable.

— Aucunement... J'ai respecté les accords existant entre nos peuples, par ailleurs la présence de Lia est des plus enrichissantes. 

— Son prénom est Elisabeth, Lizzie si vous voulez...

— Comme il vous plaira, Madame.

Elle sourit et reprit en Oléan cette fois :

— S'il vous est possible de vous attarder sur la Terre quelque temps, pourquoi vous ne séjourneriez pas chez moi ? Cela facilitera l'adaptation de Lizzie, de pouvoir compter sur quelqu'un qu'elle connait dans son quotidien. D'autant plus qu'à partir de demain, je ne serai pas beaucoup chez moi, d'importantes obligations m'attendent.

Enthousiasmée, Lia intervint :

—Je vous en prie, ne dites pas non ! 

En fait, elle ressentait le besoin de rester encore auprès du Kéjo. Ce dernier ne réfléchit pas longtemps, il répondit :

— Si vous parvenez à aplanir les difficultés que pourrait me faire ma hiérarchie, je serais honoré et ravi de séjourner chez vous, Madame la sénatrice.

Celle-ci alla regarder Arshad en disant :

— Je suis sûre que Monsieur le Ministre peut nous arranger ça.

Ainsi interpellé, il leva les yeux au ciel, soupira, mais dit quand même :

—  Je parlerais avec Nathan.

C'est ainsi que tout se décida. Il y eut encore quelques échanges de paroles, des salutations et enfin la sénatrice, au comble de la joie, quitta le bureau d'Arshad en entrainant Lia et le Kéjo.  Dès la porte refermée, Arshad décrocha le combiné de son unité de communication et commença à passer les appels requis...

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