Chapitre 22

6 minutes de lecture

Cargo de Popelil - À ce moment-là 

Il s'agissait d'une vaste salle, à l'usage multiple : pièce à vivre, cuisine, chambre, sans compter le coin sanitaire. Devant celui-ci, se dressait un paravent en bois sculpté et gravé de formes et symboles mystérieux. Sinon quelques banquettes en cuir craquelé, voisinaient avec de nombreuses petites tables de cristal. Sur chacune d'elle, une sphère d'où émanait une lumière douce et apaisante. À droite, la partie cuisine. Elle était fonctionnelle avec toutes les commodités requises. Popelil n'y mettait que rarement les pieds, ses robots ménagers s'occupaient de l'intendance. À savoir, toute la maintenance de son cargo était assurée par des unités mobiles artificielles. l'Alien vivait d'ailleurs seule dans cet immense navire. Lia, allongée sur l'un des trois lits disposés dans l'angle gauche de ce vaste appartement dormait profondément. La maîtresse des lieux l'y avait déposée avec précaution, et recouverte d'un plaid rouge vif. À présent, La femme disait à Ukal en désignant une des banquettes : 

— Va t'asseoir là-bas, renégat et ôte ton vêtement, je vais soigner ton épaule. 

Le Kéjo obtempéra. Les manières directes de Popelil ne le gênaient pas, c'était sa façon de lui prouver l'intérêt, voire l'affection qu'elle lui portait. Leur rencontre s'était faite à la suite de circonstances fortuites. À l'époque, il venait de s'évader d'un camp d'internement Oléan dirigé par des Epalas. Il y avait passé presque deux ans. Deux ans d'enfer durant lesquels les Epalas n'avaient pas été avares de coups, de tortures et d'humiliations.

Seule sa constitution robuste et son caractère en acier trempé, avaient permis qu'il survive. Cela n'avait pas été le cas de plusieurs de ses compagnons d'infortune. Celui avec lequel il s'était enfui, par exemple, était mort dans le petit vaisseau qu'ils avaient volé. Ukal ne valait guère mieux. Les coordonnées hasardeuses insérées sur la console de navigation, le menèrent sur un secteur où le cargo de Popelil croisait. L'alien l'avait recueilli et soigné. Depuis, il lui vouait une reconnaissance infinie. 

Popelil alla chercher une valisette dans un placard. Elle revint auprès du Kéjo. Celui-ci, en grimaçant, dénudait son torse. La femme  examina rapidement la blessure, avant d'assurer : 

— C'est relativement superficiel !

Ensuite, elle débuta ses soins. En même temps, elle demanda sur un ton impératif :

— Raconte-moi ! 

— Ma rencontre avec Lia ?

— Entre autres....

Ukal n'hésita pas, il se confia à Popelil. Attentivement, elle l'écouta...

*

Quand il eut terminé son récit, elle avait fini ses soins. Elle referma la valisette puis demanda :

— Qu'as-tu l'intention de faire d'elle ?

— Je vais rejoindre KeJ. De là, il sera possible d'organiser le retour de Lia parmi les siens. 

— Vraiment ?

— Oui,  je me dois de suivre les directives qui découlent de l'accord bilatéral, signé entre mon gouvernement et celui des humains, qui stipule que nous devons nous porter mutuellement assistance dans une situation de péril. Il est donc de mon devoir de tout faire pour que cette enfant retourne chez elle !

Popelil le regardait, il devina sa perplexité :

— Quoi ? 

Elle secoua la tête, avant d'assurer :

— Sauf qu'elle n'est pas humaine !

— Qu'est-ce que tu dis ? 

— La vérité ! Sa destinée a fait que son esprit a été éveillé et construit par la culture et la religion Oléanne. Ce qu'il y a de meilleur au sein de cette culture, bien sûr !

— Tu affirmes qu'elle est Oléanne ?

— Non plus ! Elle est à la croisée des chemins menant aux deux civilisations. Il n'est plus vraiment possible pour elle de faire un choix. Sa destinée est donc incertaine. Le moins que je puisse dire c'est que le Multiple ne lui facilite les choses. Cependant, elle a aussi la chance de t'avoir rencontré. Tu dois rester dans ses pas, mon ami.

Là, le Kéjo fut interpellé. L'attitude de l'alien très solennelle, était suffisamment rare chez elle pour qu'il en soit troublé. Puis elle quitta son air sérieux. Elle se leva :

— Je suppose que tu as faim, bandit ?

— Un peu, je l'avoue.

— Aïe aïe aïe ! Tu vas encore vider ma cambuse ! 

Elle appela auprès d'elle l'un de ses robots. 

*

Le Kéjo après s'être restauré, s'endormi. Ce n'était pas surprenant. Ukal bien que solide, ressortait de ses diverses pérégrinations sur Haloj épuisé ! Il n'avait pas choisi un lit pour se reposer, mais une des banquettes. Popelil, pour sa part s'installa au chevet de Lia. Elle la contemplait pensivement, mais aussi avec un peu d'inquiétude. Qu'allait devenir cet enfant ? Quels étaient les desseins du Multiple en ce qui la concernait ? Pourquoi le Kéjo avait-il été choisi pour rester à ses côtés ? C'était quelques-unes des nombreuses questions sans réponse que la femme alien se posait. Puis elle vit briller l'Oclé'o. Elle pencha la tête sur le côté, sourit et pensa " Tient donc, c'est inattendu !" La femme tendit le bras vers le bijou, s'en saisit, se leva et emportant la broche, quitta la salle.

*

À des millions de parsecs de là - Système solaire terrien - Plusieurs heures plus tard

Le bâtiment pénitentiaire 54TS se plaça en orbite basse. Debout sur la passerelle, Lénina Romanov fixait l'écran holographique qui venait de se déployer. Il lui renvoyait l'image de sa planète, une magnifique sphère bleue qui avait traversé bien des épreuves avant que les humains comprennent et apprennent à prendre soin d'elle. Les terriens avaient bien failli la détruire et eux avec. La prise de conscience avait été brutale, mais l'espèce humaine était ainsi. Elle attendait toujours d'être dos au mur pour réagir. Cependant, Lénina ne songeait pas à l'histoire chaotique de son monde en contemplant la terre. Elle pensait à l'Oléan, mais aussi à la sénatrice qu'elle allait devoir rencontrer. Rien que l'idée de revoir cette femme l'emplissait de colère. Elle n'avait pas le choix. Elle avait promis à Richard de lui donner le bijou en mains propres. Elle retint un soupir, se détourna de l'écran et ordonna à son second :

— Prévenez-moi dès que nous aurons reçu notre autorisation de débarquer !

Elle quitta la passerelle...

*

Croiseur pénitentiaire 54TS  - Système solaire terrien

Me'cko sursauta légèrement. Il leva la tête, quelque peu perdu. On s'adressa à lui :

— Vous avez dormi !

Le timbre monocorde lui apprit que c'était l'insectoïde qui parlait. Il le regarda et lui demanda : 

— Nous sommes arrivés ?

— Je le pense, en tous les cas, j'ai entendu un signal d'émergence !

L'Oléan soupira. Il regarda autour de lui. Ils n'étaient pas les seuls prisonniers dans cette petite cellule de vingt mètres carrés à peine. Outre lui et le Lspwsto, il y avait deux Epalas et une dizaine de Klôs. Ceux-ci appartenaient à une race à l'allure dégingandée. Leurs manières étaient affectées et précieuses. Là, ils se plaignaient de la promiscuité avec les autres races, de la saleté de la cellule, et du manque d'égards, à leur endroit. L'insectoïde dit à Me'cko :

— Écoutez-les ! Ils se croient encore sur leur planète au climat contrôlé et idyllique !

— Je suis surpris qu'ils soient prisonniers. La plupart des Klôs sont bienveillants, non ?

— Ils sont réputés bienveillants, mais en réalité, ils sont loin de l'être. 

— Que voulez-vous dire ?

Le Lspwsto n'eut pas le temps de répondre. La porte de la cellule s'ouvrit et une dizaine de soldats entra.

*

Rapidement et sans ménagement, les prisonniers furent enchaînés les uns aux autres, puis tirés hors de la cellule. Les plaintes des Klôs s'accentuèrent, mêlées à de véhémentes protestations.  Un des gardes s'approcha d'eux. Il aboya en exhibant son laser :

— Si vous ne fermez pas vos gueules, je vous abats, c'est clair ? 

La plupart, épouvantés, obtempérèrent. Cependant un des Klôs, sans doute plus courageux que les autres, osa s'exclamer :

— C'est une indignité dont vous paierez le prix, humain ! Vous n'avez pas le droit...

Il se tut, ses yeux globuleux se voilèrent, un minuscule trou fumant venait d'apparaître au milieu de son front écailleux. Brusquement, il glissa sur le sol. Il était mort. Le garde qui avait tiré demanda à la ronde :

— Encore quelque chose à dire ?

Bien sûr, cette fois, personne ne protesta ! Satisfait, le soldat rengaina son laser et ordonna aux autres :

— Évacuez-moi ça ! Puis sortez-moi cette vermine  !

Ainsi, quelques minutes plus tard, la colonne de prisonniers délestée du protestataire mort, cheminait le long d'une coursive. L'Oléan à cet instant était sombre. Il savait déjà qu'il ne reverrait pas son monde de sitôt !

Annotations

Recommandations

Défi
Grenade
Il y a des oiseaux comme ça qui sont écologistes.
4
5
0
0
Akassouchi
L’existence de Fabulasia se rapproche du mythe, tout comme ses habitants. Vampires, loups-garous, lutins, banshees, changelins et compagnie y vivent. Peu d’humains croient en son existence et sont rares à y avoir accès ; seuls les futurs calices des vampires le peuvent. À moins d’avoir échappé à une des créatures, il est impossible pour l’Homme d’y entrer d’une autre manière.

Alors… Pourquoi a-t-il fallut que Nico soit une de ses rares personnes ? Une soirée entre amis qui tourne mal dans une forêt glauque et un vieil homme sans défense, aimable, décontenancé et ayant besoin d'aide, quels étaient les signes lui annonçant que sa vie aller changer du tout au tout ?
4
7
16
4
Stéphane Vla
Cette œuvre a pour but de rassembler tous les poèmes que j'écrirai, nés de l'inspiration que suscite en moi une personne proche...
Souhaitant que votre lecture soit bonne :)
2
5
1
2

Vous aimez lire Aleafelin ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0