Chapitre 19

6 minutes de lecture

Dans la salle des pas perdus, le branle-bas de combat était décrété. Le responsable des gardes du corps du Prima prenait à partie le chef des Miliciens : 

— Je vous garantis que si le Prima ne s'en sort pas vivant, cette maudite planète sera rasée et votre misérable race éradiquée à jamais !

Calmement, l'autre répondit :

— Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les Kéjos ne sont pas des tueurs ; si c'était le cas, votre Prima serait mort hier, or, il s'est contenté de l'endormir ! 

Consterné, l'Epala s'exclama :

— Vous voulez dire que tout à l'heure, il a bluffé ?

— Il y a des chances.

— Et vous ne pouviez pas le dire plus tôt ?

Le milicien qui commençait à être exaspéré  par la suffisance du"chouineur" (c'est ainsi qu'il surnommait les Epalas dans son for intérieur), rétorqua :

— Il peut toujours y avoir des exceptions, après tout, ce Kéjo était dos au mur.

Le visage poilu de son vis-à-vis s'ébouriffa, il siffla, leva les bras au ciel et s'éloigna en proférant des menaces. Le Halj soupira et se massa les tempes. Depuis la veille, la migraine n'allait qu'en s'amplifiant. Il songea brièvement à des vacances. Il attendrait la fin de cette affaire, pour partir avec sa femme et sa très jeune concubine, dans sa petite propriété du bord de mer, située de l'autre côté de la planète, à condition, bien sûr, qu'il soit encore vivant ! Des clameurs venant de la mezzanine le tirèrent de ses pensées. Le soldat leva la tête et fixa le velux. Là, deux de ses miliciens aidaient le Prima à redescendre... Il soupira : "Les affaires reprennent..." 


Dès qu'il eut abandonné le Prima sur le toit, Ukal quitta le bâtiment. Il descendit le mur est en rappel. L'homme-félin se retrouva  devant la décharge, ne restait plus qu'à la traverser. Au pas de course, Le Kéjo pénétra dans le dépotoir, en sachant que les miliciens et surtout le Prima ne le laisseraient pas s'en sortir si facilement. Au moment où cette pensée lui traversait l'esprit, il entendit des hurlements. Ukal se dit : "Des Luppulo ! Ils n'ont pas perdu de temps !" Il accéléra son allure...


Le Prima, après s'être isolé dans une petite pièce pour se changer, en sortit. Son pas furieux prouvait sa rage. Il se rappela des ricanements à peine contenus des miliciens quand ils avaient aperçu la large tache d'urine qui souillait son vêtement. Le Prima songea : "Cette ordure de Kéjo va me payer cette humiliation !" Sur un ton sec, il demanda à son second :

— Où en sommes-nous ?

— Les Luppulo ont repéré sa trace à l'entrée de la décharge. Nous attendons votre ordre pour les lâcher !

— Faites-le !

D'un pas vif, il marcha vers la sortie.


Une demi-heure plus tard

Ukal progressait lentement au milieu de l'amoncellement d'épaves et de débris en se demandant si ses poursuivants ne risquaient pas d'envoyer des drones pour le repérer. Ainsi louvoyait-il entre les déchets. En passant devant cette mine de matériaux, L'homme-félin était amer. Il songeait qu'un discriminateur l'attendait sûrement, et qu'il n'avait pas de temps pour le chercher. Il cessa d'y penser, accéléra le pas, d'autres hurlements retentirent. Les Luppulo se rapprochaient...


Il arriva en vue de la sortie, une mauvaise surprise l'attendait : le portail automatique ouvert habituellement à cette heure-ci était fermé. Le Kéjo entendant des grondements derrière lui, se retourna faisant face aux féroces Luppulo. Derrière les prédateurs, les miliciens arrivaient dûment accompagnés des Epalas, le Prima en tête ! Cette fois, l'homme-félin n'avait plus d'issue et le prima exultait !

Le Kéjo recula légèrement. Le premier Luppulo arrivait vers lui. Il se prépara à le combattre. Le prédateur féroce et musclé le heurta avec violence. Le souffle coupé Ukal bascula en arrière, évita de peu la gueule hérissée de crocs dégoulinante de bave. L'haleine puante agressa ses sens olfactifs, les yeux jaunes de la bête se rivèrent aux siens qui s'étrécirent. Tout en bloquant de son bras gauche la tête de son agresseur, Ukal glissa sa main droite vers son poignard. Il le sortit de sa gaine... dégagea son bras, le leva et frappa l'animal entre les deux yeux. Sa mort fut immédiate. La bête s'écroula sur le Kéjo qui le bascula immédiatement sur le côté et se remit sur ses pieds, juste à temps, car le second Luppulo l'attaqua à son tour, cette fois, il n'évita pas les dents du monstre qui se plantèrent  dans son épaule gauche, suffisamment pour qu'une douleur réelle le fasse rugir. Furieux, il n'attendit pas pour faire subir au second le sort du premier.


Le Kéjo se releva souplement, il porta la lame à ses lèvres, lécha le sang presque noir qui le souillait en jetant à ses poursuivant un regard provocateur :

— C'est tout ce que vous avez pour moi ? leur lança-t-il

Furieux, le chef des miliciens s'exclama :

— Tu ne vas pas fanfaronner longtemps ! 

Il ordonna à ses hommes :

— En joue...

Là, le Prima s'écria :

— Non !

Les fusils des miliciens se baissèrent. L'Epala dit alors en s'avançant vers Ukal :

— Je veux qu'il meure, mais pas maintenant, pas comme ça ! Ce serait trop facile. Je tiens à m'amuser un peu et à le tuer avec les raffinements requis et en l'humiliant !

Il s'arrêta devant lui, mais pas trop près quand même et conclut :

— Et puis, je ne sais toujours pas où est mon humaine, lui si !

Les miliciens s'approchèrent à leur tour.

Durant cet aparté, Ukal sorti son appareil. Il fixa fugitivement les voyants et remarqua que sur les quatre voyants, deux viraient au vert. Cela signifiait que la téléportation était possible, mais qu'il y avait de fortes chances d'arriver en petits morceaux à sa destination. Au mieux, son organisme serait fortement perturbé. L'alternative ? il serait capturé et là, son sort serait  pire que la mort ! Ukal n'hésita plus à mettre l'appareil sous tension. Il jeta  dans le vocable : "Lecort!"

Sa dématérialisation, sous le regard consterné des autres, fut immédiate ! Le chef des miliciens leva son fusil et tira ; ses hommes l'imitèrent, mais il était trop tard, les projectiles ne rencontrèrent que le vide. 

Le Prima interdit resta là les bras le long du corps à fixer l'endroit où le Kéjo aurait dû se trouver. Il pivota vers les miliciens et ses gardes du corps, avant de s'avancer vers son second, auquel il demanda :

— Ton arme !

Il fût obéit. Le Prima vérifia qu'elle était chargée, il la pointa sur son second et l'abattit ! Les autres Epalas eurent un mouvement de recul, mais ce fut au tour du chef des miliciens d'être visé, ce dernier fit de même en lançant à l'Epala : 

— Tu n'as qu'à essayer !  

Ses hommes levèrent leurs armes sur les gardes du Prima. Le visage de ce dernier se hérissa, il émit un couinement de frustration ! Puis il laissa tomber le fusil dans la poussière, fit volte face et se dirigea vers la sortie, sans un regard pour sa victime. Les siens le suivirent aussitôt. Le chef des miliciens pensa alors : "Quelle journée de merde !"  Puis il aboya ses ordres : 

— Nettoyez-moi ce bordel ! 

Il s'en retourna. À ce moment-là, dans la maison du gouverneur, un énième coup d'État éclatait !

  *

Quand Ukal se matérialisa non loin de son vaisseau, il tomba à genoux en ayant l'impression que son corps passait dans une moulinette ! Il se releva péniblement, fit réapparaître son navire et rentra à l'intérieur en titubant. Quand l'homme-chat eut refermé le sas, Lia leva les yeux sur lui. La jeune fille remarqua immédiatement qu'il n'allait pas bien. Elle se précipita pour le soutenir en demandant :

— Que vous est-il arrivé ?

— Je suis tombé dans un traquenard. Je t'expliquerai plus tard... Dans l'immédiat, nous devons partir !

Elle fronça les sourcils :

— Vous avez trouvé votre... Enfin ce que vous cherchiez ?

—  On va prendre le risque de partir quand même. Quelque chose me dit que nous n'avons pas intérêt à moisir ici. 

Elle soupira : 

— D'accord. Après tout, si l'Omniscient a décidé que le moment était venu, je serais heureuse de le rejoindre en votre compagnie.

Il sourit et répliqua :

— T'es adorable, toi.

Puis il grimaça. Sans attendre, Lia l'aida à rejoindre le poste de pilotage et à s'installer. Il commença à préparer le vaisseau pour le départ...

Annotations

Recommandations

Adrien de saint-Alban


Ce qui s'est passé au Fouquet's m'a accablé. Cela m'a souillé. La République a été souillée et chaque français BHL a été souillé dans son âme. Comme tout ce qui le rattache à son pays.

Pourquoi?

Pourquoi avoir uriné dans un violon, un stradivarius qui plus est ?

Pourquoi avoir avoir violé le panthéon français du caviar ?

Pourquoi avoir souillé le penchant cynique de nos élites?

Dégueulasse ? Oui, franchement dégueulasse ! Ceux qui ont commis de tels actes ne sont pas des citoyens, ne sont pas dignes d'appartenir à la communauté nationale des amateurs de caviar et avaleurs de truffes.

Je suis un clochard et je pleure Monsieur. Oui, je pleure.

Cela m'a fait mal au ventre de voir le Fouquet's brûlé, incendié par des minables. Je pleure car c'est la France qui m'a jeté comme une merde que l'on a blessée, que l'on a violée. Je plains ceux qui ont commis cet acte impardonnable. Si j'étais vulgaire je dirais les fils de p..., mais je respecte leurs mères à ces salauds car elle n'ont rien à voir.

Elles n'ont fait qu'engendrer des monstres à leur corps défendant.
Uriner dans un violon ferait il avancer les choses?


Pourquoi cette violence gratuite ?


Je suis un clochard et j'aime le Fouquet's. Paris la ville des SDF morts dans la rue. Il y en a eu 566 d'après un décompte officiel. Il y en aurait six fois plus d'après une source plus proche de la réalité. L'autre réalité est là . A cette tragédie humaine s'ajoute l'insulte suprême. Celle de voir un restaurant, le Fouquet's disparaître, brûlé, cramé. Le panthéon des clochards de Paris abandonné aux flammes. Ces salauds incendiaires ne pas sont des citoyens français .Ce ne sont que des moins que rien sans conscience et sans mémoire.


Sans âme.

J'ai la haine Monsieur. Oui, au nom de qui, au nom de quoi se sont permis ces salauds de commettre cet irréparable ?

Non, ces criminels ne sont pas français Monsieur. Ce sont des monstres Monsieur. Ce sont des hommes. Oui, Monsieur des hommes.

Adrien, clochard à Paris
0
1
0
1
Maze-Runners
Voilà ce que j’aimerai lui dire, à cette personne qui m‘a menti.

Pour plus de détails, lisez : Huit mois ( en cour d’écriture )
0
0
0
1
Adamantblack
- 2 Mai 1998. La bataille de Poudlard.

Voir l'histoire sous une autre forme. Sous un autre regard. Peut être que pour certains il n'était que l'arrogant et insupportable petit serpentard. Le vantard au sang pur, ou encore le pauvre traître méritant le pire des châtiments à la fin de cette histoire. Mais venez découvrir son point de vue sur la bataille de Poudlard. Découvrez comment il a pu s'en sortir et surtout évitez l'inévitable : Azakban. Découvrez comment l'odieux et ennemi du trio d'or est tombé amoureux de celle qu'il n'aurait jamais osé aimer un jour.
12
18
148
23

Vous aimez lire Aleafelin ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0