Chapitre 16

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Frontière Lspwsto-humaine - Plusieurs heures plus tard

La sonnerie impérative du poste de pilotage réveilla Me'cko. Il sauta hors de sa couchette et se précipita vers le cockpit. Une diode rouge clignotait au diapason du message d'alerte. Surpris, Me'cko réalisa que son vaisseau sortait du conduit en catastrophe. Le dernier saut, après une série de quatre, se terminait de façon brutale, néanmoins le navire se stabilisa. L'Oléan effleura de ses doigts la console, l'écran se déploya. Les capteurs vidéo disséminés sur la coque renvoyaient des images de l'extérieur, elles consternèrent l'Oléan ! Aucun doute, son véhicule était bien arrivé à destination ; cependant, là où aurait dû se trouver l'une des raffineries d'énergie les plus productives de la galaxie, ne subsistaient plus que des décombres fumants et flottants.

Nombre d'entre eux gravitaient autour de l'astre mourant. Me'cko, tétanisé devant ce spectacle de destruction, changea l'angle de vue. Les capteurs vidéo envoyèrent des images d'une autre partie du site. Avec stupéfaction, il reconnut plusieurs fragments d'intercepteurs Lspwsto ainsi que d'innombrables cadavres d'insectoïdes. Me'cko régla les détecteurs de façon à obtenir une vision à 180°. Il apperçut d'autres intercepteurs détruits, d'autres dépouilles d'insectoïdes, enfin, un croiseur de combat Lspwsto éventré à la dérive.

L'Oléan, déconcerté, restait immobile. En expert, il examinait les traces de tirs, d'explosion, les excavations béantes des navires, produites par des armes surpuissantes, d'une précision diabolique.

"Des canons d'antimatière peut-être !" pensa-t-il

Au sein de la galaxie, seules les forces armées Oléannes en possédaient. Le gardien se perdait en conjectures. Une fois encore, ses mains glissèrent sur le terminal. Il voulait vérifier la présence où l'absence de vie. Il enclencha l'analyseur, puis patienta en attente du résultat...

Quand celui-ci tomba, il était conforme à ses craintes, rien de vivant ne subsistait dans le secteur. Par conséquent, Me'cko prépara son départ. Avant tout il décida de remplir ses réservoirs d'énergie, donc de se rapprocher de l'astre moribond. Le petit navire devrait zigzaguer entre les débris multiples et potentiellement dangereux du champ de ruines. Il vérifia sa jauge dans l'espoir qu'il en aurait assez pour un dernier bond, il réalisa que c'était peu probable. Bien sûr, espérer que ses voiles puissent capter l'énergie du soleil agonisant d'aussi loin était vain, surtout avec autant d’épaves, de résidu et de corps aux alentours, l'Oléan n'avait pas le choix, il s'installa commodément sur son siège, boucla son harnais, débrancha le pilotage automatique et s'empara des commandes manuelles...

Avec dextérité, Me'cko slalomait entre les épaves des intercepteurs. Il évitait, entre autres, les cadavres des Lspwstos, mais aussi les décombres de la raffinerie. En même temps, les détecteurs vidéo filmaient le désastre afin que des preuves de ce drame soient présentées au Suprême de son Karia. Concentré sur son ouvrage, le gardien ne remarqua pas une sorte de vague balayer le site. Un conduit de circulation s'ouvrit subitement et un croiseur surgit juste à côté de la petite nef. Celle-ci se retrouva ballottée comme un fétu de paille. Me'cko faillit perdre le contrôle de son véhicule spatial. Il redressa la barre juste à temps, stoppa ses génératrices et fixa, ébahi, l'immense navire de guerre, hérissé de haute technologie qui s'imposait à lui. L'écran lui renvoya l'image de la coque. l'emblème gravé et peint sur la coque : un rapace aux ailes déployées surmontant un soleil jaune interpella l'Oléan. L'évidence le frappa : ce destroyer venait de la terre, berceau de la race humaine...

Me'cko n'était pas encore revenu de sa surpris que des individus vêtus d'uniformes sombres, se matérialisèrent dans l'habitacle de son navire. Le fauteuil du gardien pivota vers eux. Deux mâles humains brandissaient des pistolets laser dans sa direction. L'Oléan déboucla vivement son harnais et se redressa. L'un des officiers terrien leva son arme et tira... Me'cko s'affaissa sur son siège, sonné pour le compte.

Le second humain s'exclama à l'adresse de son camarade :

— Le commandant le veut vivant !

— T'inquiète, il est sonné, sans plus, c'est increvable cette engeance !

En parlant, il s'approcha du fauteuil de Me'cko, vérifia ses fonctions vitales, puis lança à son camarade :

— C'est bon, il est juste dans les pommes !

L'humain colla sur le vêtement du gardien un petit insigne, décrocha son vocable et dit dans le micro :

— Lieutenant Parker à "Redoutable". L'Oléan est neutralisé. Vous pouvez le transférer en cellule sécurisée.

Me'cko disparut de son siège. Parker prit place sur le fauteuil du pilote et lança à son camarade :

— Stark ! Tu t'amènes ?

L'autre militaire qui examinait l'habitacle répondit :

— Une minute...

Il passait à ce moment-là près de la couchette et remarqua la chaîne de Lia pendue à la patère.

Cela l'intrigua, on ne trouvait pas ce type d'ornements chez les Oléans. Stark s'en saisit et examina la médaille. Son visage se peignit de surprise. Il s'approcha aussitôt de Parker qui venait de redémarrer le véhicule de Me'cko en annonçant dans son vocable :

— Véhicule Oléan prêt à aborder le "Redoutable".

— Vous avez le champ libre, lieutenant Parker

Ce dernier enclencha le pilotage automatique en disant :

— C'est parti !

Puis il se détendit et se tourna vers Stark, aperçut le bijou et s'étonna :

— C'est quoi ça ?

— Je l'ai trouvé accroché à une patère près de la couchette.

Il la lui confia en disant :

— Regarde la médaille, tu ne vas pas en revenir !

Parker obéit. Il s'exclama aussitôt :

— Est-ce possible ? C'est ce que je crois ?

Stark hocha la tête en disant :

— Oui... C'est le blason des Rochester.

C'est lui qui conclut :

— Je crois que l'Oléan a énormément de choses à nous raconter !

Le véhicule de Me'cko entrait à cet instant dans le croiseur terrien. Dès que les sas se furent refermés derrière lui, un conduit s'ouvrit devant le Téméraire, qui y fut aspiré. Les alentours dévastés du soleil agonisant retrouvèrent leur calme de fin des temps.

*

Planète Haloj - Véhicule spatial d'Ukal

Lia sortait de son sommeil. Sa jambe la tirailla un peu. Des effluves inconnues, mais pas désagréables, chatouillèrent ses narines. Cela réveilla sa faim. L'adolescente réalisa qu'elle n'avait pas mangé depuis son arrivée sur ce monde. Elle leva la tête et remarqua Ukal sur sa droite. L'homme félin lui tournait le dos. Il s'activait devant une sorte de cuisinière et remuait de la nourriture qui cuisait dans une poêle. L'odeur venait de là, Lia en avait l'eau à la bouche ! Elle bougea légèrement. Le Kéjo se pivota vers elle, un sourire découvrit ses dents :

— Bonjour Lia, tu as bien dormi ?

Elle s'étira en bâillant, s'assit sur la couchette, puis assura :

— Très bien.

— Tant mieux.

Il pivota de nouveau vers la "cuisinière", remua le contenu de la poêle, y ajouta quelques gouttes d'un liquide mordoré et reprit :

— Je suis sûr que tu as très faim.

— C'est vrai.

Ukal hocha la tête. Ensuite, il attrapa deux bols sur une étagère et deux jeux de baguettes en bois, versa les aliments qu'il venait de cuisiner dans les récipients. L'homme-félin s'avança vers Lia, prit place sur un tabouret installé près du lit et lui offrit la nourriture en conseillant :

— Fais attention, c'est chaud.

Il commença à manger. Lia déconcertée, manipulait les longues tiges de bois. Elle regarda ensuite le Kéjo les utiliser avec dextérité, il leva la tête vers elle. Ses épais sourcils bleus-nuit se froncèrent. Il demanda :

— Quelque chose ne va pas ?

Un peu gênée, elle répondit :

— Je ne sais pas utiliser ces... choses.

Elle désigna les baguettes. Il demanda :

— Tu préfères une fourchette ?

— Une quoi ?

Il comprit alors et s'exclama :

— Par le Multiple, ne me dis pas que les religieuses de ton monastère t'ont fait ingurgiter l'infâme nourriture liquide Oléanne ?

— L'essentiel, c'est de se nourrir.

Le Kéjo secoua la tête, posa son bol sur le sol, puis montra à Lia la manière d'utiliser les baguettes. Après plusieurs essais infructueux, la jeune fille commença enfin à se restaurer, sa première impression fut la suivante : elle n'avait jamais mangé quelque chose d'aussi bon.

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