Chapitre 15

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Planète Haloj - Cité principale - Résidence gouvernementale

L'orage, mais surtout le fiasco de la poursuite, annulait une chasse, que les participants avaient vu comme une distraction festive. Réunis dans une vaste salle, à la décoration clinquante, le gouverneur offrait un cocktail en compensation. Ainsi, la contrariété des invités s'amenuisait. Ravis, ils profitaient des vins fins et des liqueurs délicates qui coulaient à flots, dévoraient de délicieuses nourritures, servis sur de vastes plateaux d'or et d'argent et portés par des femmes de différentes espèces, extrêmement dénudées.

Parmi les convives, le Prima Epala, dont l'insatisfaction, provoquée par la tournure des événements, ne s'éteignait pas. Quant à sa détermination à capturer la jeune humaine, elle restait entière. Nonobstant, la présence du Kejo lui posait problème. Si vraiment cet individu protégeait l'humaine, La certitude pour le Prima d'obtenir son trophée, s'effaçait.

Les Kéjos, réputés pour leur force, leur agilité et leur prédisposition à l'art du combat, restaient indociles. Leur statut inférieur au sein du CEM ne changeait rien à leur dangerosité. Donc, avant de capturer la fille, le Prima devait supprimer le Kéjo.

Le chef de la milice avait promis de l'aider sur ce coup-là ; dès le lendemain, des avis de recherche seraient diffusés dans toute la ville. La milice espérait susciter des témoignages, qui permettraient, dans un premier temps, de localiser le Kéjo.

L'Epala doutait que cela soit suffisant, mais il tenait à faire preuve de bonne volonté et laisser leurs chances aux "Officiels" de la cité. Cependant, si cela échouait, il reprendrait la main et réglerait l'affaire à sa manière. Pour l'heure, Le Prima se mêlait aux autres invités. En dissimulant son impatience et en multipliant les ronds de jambes et autres civilités, il pensait : "Tu ne perds rien pour attendre saleté de Kéjo !"

Un verre de boisson pétillante à la main, il réglait déjà en pensée le sort d'Ukal

*

C'est à une centaine de kilomètres de la cité, que le Kéjo et Lia se matérialisèrent. Ils se retrouvèrent en pleine campagne, au milieu d'une prairie verdoyante émaillée de petite fleurs bleues. Ici, pas d'orage, mais un soleil éclatant qui brillait dans un ciel bleu-lavande sans un seul nuage. Avec douceur, Ukal reposa la jeune humaine sur le sol. Il continua à la soutenir, mais lui demanda :

— Cela ira, petite ?

Elle répondit :

— Je me sens si fatiguée....

— Ce n'est pas étonnant, tu cavales depuis ton arrivée sur cette annexe de l'enfer. Tu as besoin de repos.

Puis il sortit son petit appareil. Il parla dans le vocable :

— Sotur ve ki.

Devant les yeux ébahis de Lia, apparut un vaisseau spatial.

*

Plutôt petit, le véhicule semblait constitué de bric et de broc. Lia se demanda, comment il pouvait fonctionner, tant cet agglomérat de matériels ne paraissait tenir qu'à un fil. Quoi qu'il en soit, l'écoutille principale bascula et l'échelle de coupée se déploya. Ukal rangea son appareil, souleva sans effort l'adolescente et l'emmena à l'intérieur. La passerelle d'accès se rétracta et l'écoutille se referma derrière lui. Le vaisseau disparut de nouveau. Ne restait plus que la prairie d'herbe tendre, constellée de corolles azur...

*

Lia découvrait un habitacle analogue à beaucoup d'autres, notamment celui du vaisseau de Me'cko. Seule différence notable, le désordre indescriptible qui y régnait. Le Kéjo la porta jusqu'à la couchette pour l'y déposer avec douceur. La jeune humaine regardait de tous côtés un peu surprise et craintive aussi. Ukal fouilla dans une cantine en fer avant d'en sortir une trousse médicale. Puis, s'avançant de nouveau vers elle, il lui dit :

— Fais-moi voir tes mains.

En même temps, il posa la trousse sur le sol, l'ouvrit et s'accroupit à sa hauteur. Doucement, Ukal se saisit de sa main droite et l'examina. La peau étant arrachée en plusieurs endroits, la chair restait à vif. Il vérifia l'autre à l'état tout aussi déplorable. Le Kéjo pêcha dans sa trousse, un flacon pulvérisateur. Il le déboucha en disant :

— Je vais nettoyer les plaies, cela va te piquer un peu.

Il débuta ses soins.

*

Ukal procéda avec délicatesse. Une fois les blessures désinfectées, il étala sur elles un gel transparent avant de les panser. Il recommanda ensuite :

— Ta chair et ta peau devraient se reconstituer en quelques jours. Surtout n'enlève pas les pansements, même si cela devait te démanger.

Le Kéjo chercha dans sa trousse une paire de gants en mousseline. Il les passa sur les bandages de la jeune fille en concluant :

— Voilà, ça c'est réglé. Passons à la suite. Tu veux bien t'allonger ?

Docile, elle obtempéra.

*

Ukal s'occupa de sa jambe avec la même prévenance. Ses gestes précis, adroits, presque professionnels, intriguèrent Lia.

— Vous êtes Médic ? Demanda-t-elle

Le visage du Kéjo s'illumina d'un sourire :

— Plutôt, un excellent infirmier.

L'adolescente ne chercha pas à en savoir plus. Elle se détendit et le laissa finir sans rien ajouter d'autre. Quand ce fut fait, son sauveur referma la trousse en décrétant :

— À présent, tu vas dormir un peu, d'accord ?

La jeune humaine hocha la tête. Ukal l'aida à ôter son sac qu'elle portait toujours en bandoulière. Il l'accrocha au mur pas très loin d'elle, alors que Lia s'étendait commodément. Soudain, en se redressant, elle déclara :

— Je vous remercie... Vraiment...

Il la contempla avant de répondre :

— Je t'en prie.

Lia s'allongea de nouveau et ferma les yeux, l'épuisement eut raison d'elle, le sommeil l'emporta immédiatement. Ukal la contempla un moment, ému de sa fragilité, de son innocence, avant de se saisir d'une couverture. Doucement le Kéjo la posa sur elle, puis gagna le poste de pilotage.

*

Ukal tapota sur la console. Une trappe s'ouvrit au plafond, un transmetteur accroché à un long câble en surgit. Il l'attrapa, appuya sur un ou deux boutons et tourna une molette. Un crachotement continu se fit entendre. Ukal effectua encore quelques réglages. Puis une voix sortit enfin du micro pour dire :

Henuroi ol teteroc Ukal (Honneur et paix, Ukal)

Henuroi ol teteroc Ijon (Honneur et paix, Ijon)

Il y eut quelques crachotements, puis son lointain correspondant reprit :

Ur to dil si, Ukal ? (Où en es-tu, Ukal ?)

Qua rist oliu, ul jo rintsa Ul otril diqulo qua fdoltir mo kjuhetompin ! ( Je n'ai toujours pas trouvé de discriminateur de phase !)

Il précisa :

Koli tuyhco ulio futy hoi tcsuire ueprtiu, Ciol sikh dse plonb vruls ije ! (Par ailleurs j'ai fait une rencontre inattendue, cela pourrait m'avoir grillé !)

Un soupir de dépit sortit du vocable, avant que la voix d'Ijon reprenne :

Xbhutil lih dö ! (Explique-moi ça !)

Ukal raconta sa rencontre avec Lia.

Il termina son récit ainsi :

Ul ti fsikol (Je suis désolé)

Ijon répondit :

Si nji ok jytr, Ukal ! Dex quijklos si dxoi zpol ? Si del uhn ca to ! (Tu n'as pas à l'être, Ukal ! Que pouvais-tu faire d'autre ? Il fallait l'aider !)

Il conclut :

U er uyhio okujh juhnies dik nbef uf thiuer, rî csedrtio Rogers, i oduushko. (Je vais voir comment organiser sa prise en charge et contacter le lieutenant Rogers, à l'ambassade terrienne.)

Il conclut :

Ul fi deviyrte, fiuezs. (Je te rappellerai, terminé.)

Le vocable grésilla une dernière fois et s'éteignit. Ukal en soupirant rangea le poste de communication et se plongea dans une profonde méditation. Cependant, elle ne dura pas. Il retourna auprès de Lia, il s'installa à son chevet afin de veiller sur son sommeil.

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