Chapitre 11

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Me'cko An Te'o craignant de manquer de courage s'il s'attardait, n'hésita pas à se servir du prestigieux nom de son karia pour accélérer son départ de la planète. Une demi-heure après avoir délaissé Lia, son vaisseau était en orbite. L'espace autour du monde des Halojs nettement plus dégagé qu'à son arrivée lui permis de déployer ses voiles solaires. Ses réservoirs remplit en totalité, Me'cko prit connaissance de sa seconde mission. Il introduisit la pastille gravée au monastère dans le lecteur audio-vidéo de la console. Son contenu l'inquiéta grandement. Il entra des coordonnées et mit en route le générateur. Le canal de navigation s'ouvrit devant lui, l'aspira et se referma. Cette fois, il avait bel et bien abandonné la jeune humaine !

Planète Haloj

Lia se laissa porter par la foule compacte des piétons jusqu'à un carrefour. Suivant le grouillement cosmopolite, l'adolescente traversa une première rue puis une seconde, arriva au terme du trottoir et s'engagea sur un chemin poussiéreux. Au-dessus d'elle, le rayonnement du soleil devenait insupportable, sa peau blanche et délicate rougissait, des yeux elle cherchait un abri tout en jouant des coudes pour se dégager de la cohue qui l'étouffait. Quelques protestations jaillirent.

Tant bien que mal, Lia parvint à s'éloigner du flot de piétons. Au hasard, elle s'engagea dans une petite série de ruelles étroites qui se succédaient et louvoyaient entre des maisons à la façade lépreuse. Celles-ci, aussi misérables soient-elles, lui apportaient de l'ombre et un semblant de fraîcheur. En rasant les murs, elle continua à marcher au hasard...

Le Kéjo avait suivi la jeune humaine, jusqu'au chemin poussiéreux, avant de perdre sa trace. Il se plaça à l'écart, huma l'air ambiant, en faisant le tri, entre diverses odeurs corporelles. Enfin, l'homme-chat repéra Lia, il continua à suivre sa piste.

Lia déboucha sur une placette entourée de boutiques. Curieuse, elle commença à flâner. Les étals débordaient de produits frais : fruits singuliers aux mille couleurs, légumes aux formes biscornues, fromages odorants côtoyant des œufs bleus-roi tachetés de jaune. Chez l'un des commerçants, l'adolescente remarqua des viviers où s'agitaient d'étranges créatures : des sortes d'anguilles luminescentes, des crabes rouges avec d'énormes pinces, des poissons multicolores qui, de temps à autre, sautaient hors de l'eau.

Un éclat de rire amusé lui échappa ... Les autres personnes se trouvant là, et qui jusqu'ici n'avaient pas remarqué sa présence, portèrent leur attention sur la jeune fille. Tous cessèrent de parler.

En voyant ces regards braqués sur elle, d'abord surpris, ensuite hostiles, Lia prit peur. Elle s'éloigna prudemment de l'étal du poissonnier. Éberlué, n'en croyant pas ses yeux, le commerçant ne détachait pas son regard d'elle. Brusquement quelqu'un cria :

— C'est une humaine !

Un autre vociféra :

— Chassons-la d'ici !

Un troisième aboya :

— Tuons-la !

Les éclats haineux augmentèrent, la clameur enfla, prise de panique, l'adolescente prit la fuite !

Les vociférations hostiles guidèrent le Kéjo jusqu'à la placette. Une effervescence sans précédent l'y attendait. Ces primaires sans compassion avaient-ils tué la jeune humaine. Des réflexions telles que : "Que fait cette créature sur notre monde ? ", "Vous avez senti son odeur ? ", "Il faut prévenir la milice !" convainquirent le Kéjo qu'elle était parvenue à leur échapper.

L'homme-chat renifla une fois de plus les effluves ambiantes. Il n'eut aucune peine à distinguer celles relatives à Lia tant elles débordaient de terreur. Sans que quiconque ne le remarque, le Kéjo se lança à la poursuite de la fugitive.

Hors d'haleine, Lia s'arrêta dans un endroit peu fréquenté. Les rues sales et pleines d'ordures de toutes sortes, slalomaient entre des maisons hautes. Certains portails, grands ouverts, laissaient échapper des odeurs fortes et pénétrantes, qui se mêlaient aux relents peu ragoûtants des voies étroites. Lia se sentait perdue... Vraiment perdue ! Subitement quelqu'un l'interpella ainsi :

— Hé toi ?!

La jeune fille fit volte-face. Ses yeux s'agrandirent de frayeur quand elle reconnut le Kéjo. Il lui faisait signe, son allure amicale aurait dû convaincre Lia. Sa terreur la rendit aveugle à cette évidence, elle détala. Le Kéjo secoua la tête et se lança à sa poursuite...

Une fois de plus, l'homme-chat la perdit dans une série de passages labyrinthiques et étroits. Ici, les odeurs étaient si fortes qu'il peinait à distinguer celle de Lia. Découragé, il faillit abandonner, Son désir d'aider l'adolescente le força à continuer. Le Kéjo décida d'inspecter tous les passages. Patiemment, et avec méthode, il débuta son travail.


Une heure plus tard - Quartier des dignitaires

Dans l'une des plus luxueuses résidences de la cité, des gardes du corps Epala désœuvrés trompaient leur ennui en buvant de grande quantité de bière. Assis autour d'une table, ils échangeaient des propos graveleux à propos du sexe opposé. Ces créatures arrivées quelques heures plus tôt, escortaient l'une des personnalités politiques les plus en vue de leur nation.

Il s'agissait d'un personnage sulfureux et très controversé, même pour un Epala. L'un de ces sbires remplissait les chopes une fois encore, quand un autre garde arriva : leur supérieur. En les voyant affalés sur leurs sièges et déjà grisés par la boisson, il s'exclama :

— Vous ne pouviez pas attendre ce soir pour vous soûler ? C'est à peine midi.

L'un d'eux se leva en disant :

— Voyons chef... Faut pas le prendre comme ça. Il y a rien à faire dans ce trou.

Son supérieur le toisa avec mépris. Ensuite, il ordonna :

— Vous avez vingt minutes pour dessoûler. Le Prima à une mission pour nous. Une humaine est arrivée ce matin sur la planète. Il exige que nous la trouvions avant la milice et tous ceux qui voudraient la capturer. Il veut également que nous organisions une chasse dans les bois d'OOlones avec elle comme gibier. Bougez-vous, je vous attends dans la cour.

Il quitta la pièce sur ces mots. Les Epalas se levèrent à contre-cœur, redonnèrent à leur allure un peu plus de dignité, et, après s'être armés, vidèrent les lieux.

Quand Lia arriva dans les faubourgs de la cité, la misère lui sauta aux yeux et la choqua. Il y avait beaucoup de représentants de races dites inférieures, dans cet endroit. Regroupés par espèces autour de tonneaux remplis d'eau saumâtre, ils tentaient de survivre un jour de plus.

Aucun humain parmi eux, cependant, ils ignorèrent la jeune fille. Cette dernière repéra une sorte de renfoncement entre deux immeubles en ruine, elle le rejoignit et se laissa tomber sur le sol. Lia hors d'haleine et épuisée avait l'impression que sa situation ne pouvait pas être pire. Hélas, l'adolescente se trompait, le pire était à venir...

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