I - Trois Oboles

12 minutes de lecture

          La montagne noire qui lui faisait de l'ombre finissait tout juste d'engloutir un soleil malade et grisâtre quand Médès Hietus-Egusten pressa une dernière fois sa monture. Le mulet, aussi chétif que son maître, courait plus vite que sa constitution ne le laissait supposer, comme s'il fut poursuivi par quelques créatures démoniaques et innommables. Ce n'était rien en comparaison de l'état de peur et de panique qui se manifestait chez celui qui le dirigeait. Visiblement, l'enjeu de cette course contre le temps devait être coûteux, et ces silhouettes qui se profilaient au bout de la route étaient sans doutes les apôtres de la défaite, tant le visage du cavalier blêmit à leur vue. Il tira sur les rênes et l'animal cabra dans un braiment qui ressemblait davantage à un râle. Les silhouettes se précisaient au fur et à mesure qu'elles approchaient, sans pour autant gagner quelques couleurs. Figures fines et grandes, encapuchonnées et drapées d'un tissu noir et sali par la boue, la petite procession avançait en silence, dirigés par un homme dont l'apparat justifiait la supériorité hiérarchique. Une tunique grisâtre, une ceinture d'argent ficelée, des chaînes ceintes autour d'une fourrure noire qui recouvrait les épaules. Plutôt que du lin, c'était de la maille qui lui recouvrait la tête, et qui laissait supposer quelques protections sous la tunique. À la ceinture pendait le fourreau d'une lame courte et large, et il tenait à la main un sceptre de métal sombre, au bout duquel était sculpté un soleil aux rayons de serpents. Ce fut le premier à parler :


"Tu fais bien de t'arrêter vagabond. Donne donc tes oboles² en témoignage de piété, sujet d'Aíthar¹."

Voyant que la réponse se faisait tarder, le prédicant réitéra sa demande avec une pointe d'agressivité, qu'il essaya de faire passer pour de l'autorité. Médès semblait hésiter, ce qui n'échappa guère au chef de file. 

"Tu n'as pas d'oboles, sujet d'Aíthar ?" demanda-t-il en fronçant les sourcils.

N'y tenant plus, Médès acquiesça d'un mouvement de tête.

"Je me rendais justement au temple..."

"Et tu t'y rendras, sous bonne garde !" coupa le prêcheur d'un ton sec, frappant le sol de son bâton. Sa voix s'éleva, rauque et implacable, perçant les nuages au moment où la lune apparaissait : 

"Nul ne doit négliger le Saint respect qu'il est naturellement dû au Soleil Incarné³! Sa lumière éclaire vos yeux pitoyables, et les rendra aveugles si vous blasphémez ! Ses rayons sont votre subsistance, ne l'oubliez jamais, vermines que vous-êtes ! Car c'est par le blasphème et l'incivilité que vous vous condamnez, vous et tout ce que vous touchez, à un retour définitif vers les âges les plus obscurs, où notre race tenait plus de l'animal que de l'homme !

Médès descendit de son mulet et baissa la tête en signe de soumission, tandis que les hommes du temple l'entouraient et le forçaient à marcher de l'avant. Après de longues minutes qui remplirent d'amertume et de honte le cœur de l'infortuné, le cortège arriva au village. Ils passèrent au milieu des ruelles vétustes, suscitant à peine le regard des passants, sans doute depuis longtemps habitués à ce genre de scènes. 


Ils arrivèrent en face d'un grand monument dont les pierres volcaniques avaient été grossièrement taillées. C'était un temple, celui de ce village, dressé comme tant d'autres pour assurer la vie civique et religieuse des sujets de l'Empire. Veiller au respect du culte de son dirigeant, le-dit Soleil Incarné, restait la fonction principale. Globalement sobre, seules quelques petites statues et soleils d'un marbre noir témoignait de l'importance de l'endroit. Ce symbole était bien le seul élément qui ne manquait jamais d'être représenté : sculpté sur le bois de la double porte, soufflé dans le verre des vitraux, peint sur les dalles en céramiques qui constituaient le sol. Un soleil qui surplombait un peuple tout entier, agenouillé et dévoué. Un peuple qui se montrait reconnaissant d'être baigné dans la lumière de ce soleil, qui, en vérité, était froid et sans couleurs. 

Car l'astre avait bel et bien perdu toute chaleur, et ce depuis des temps immémoriaux. Un soleil sans vie condamne tout ce qui se trouve en dessous au néant. Et pourtant, l'Empire parvint à traverser les âges grâce aux efforts de sa tête de proue, l'Aíthar Vögul, qui se substitua ainsi au soleil agonisant. L'Empereur n'avait que deux rôles à assumer : celui de père de la nation, et celui de Soleil Incarné. Il remplissait la première fonction en subvenant aux besoins de tout son peuple, sans requérir à leur travail, en leur faisant parvenir nourriture, sécurité, et un minimum de confort. Personne - mise à part les infidèles et les rebuts- ne manquait de rien, et ainsi tous dépendaient du pouvoir central. Sa stature de Soleil Incarné, comme un double terrestre de l'étoile mourante, fut érigé pour apporter l'espoir de jours meilleurs. Tous connaissaient par cœur l'histoire de l'Empire : il fût fondé par Vögul, qui unifia toute la terre alors en proie à une nuit sans fin, sous laquelle toutes les races étaient gouvernées par des pulsions bestiales, la cruauté, et l'égoïsme. C'est dans ces temps de Haine et de Folie, que les êtres de jadis, coupables et pêcheurs depuis trop longtemps, furent les propres instigateurs de leur châtiment. Ils se condamnèrent, ainsi que leurs descendants, au néant, car c'est par leur faute que le Soleil se vida de toute énergie. La source même de lumière et de vie finit souillée par cette gangrène que fût l'humanité, cette infâme corruption qui dévorait jusqu'à ses semblables, le monde et la Nature elle-même. Ainsi le soleil perdit de ses couleurs, et le monde courra à sa perte, sous les actes du plus vil de tous les hommes, que chacun se souvient sous le nom de "Souffleur de Cendres". C'était sans compter l'intervention de Vögul, qui, en instaurant l'Empire et en devenant l'incarnation nouvelle du Soleil, permit aux êtres peuplant ce monde de subsister, et de quitter ces temps obscurs. Par conséquent, Vögul devint un guide spirituel, apportant à tous un substitut d'énergie de vie, portant tout son peuple vers l'espoir de redonner, un jour, au véritable Soleil toute sa splendeur. De fait, le culte était né, et chacun adorait du mieux qu'il le pouvait le bienfaiteur suprême, sans qui tout espoir n'aurait été qu'un écho sourd dans un océan de ténèbres. 


C'est à peu près ainsi que l'on pouvait décrire l'Empire du Soleil, qui avait fini par s'enraciner avec les décennies, sans ennemi puissant, inébranlable. Cette structure politique, sociale, religieuse et culturelle avait, à l'image de son dirigeant, fusionné avec les lois de la Nature elle-même, de telle sorte que ce microcosme était imbriqué dans le monde qui s'organisait dans le ciel, les arbres, les océans et la terre. La violence était un principe inhérent à cette nouvelle société, chacun acceptait naturellement l'établissement de la loi du plus fort comme fondement de la hiérarchie. Car si les loups mangeaient les brebis, ils ne faisaient en cela que de débarrasser le troupeau de ces éléments les plus perturbateurs, à même de menacer l'intégrité du groupe, et de le plonger de nouveau dans l'obscurité des temps jadis. Le système en place était devenu incontestable, et personne n'était en mesure de s'y opposer. L'Empire et Vögul formaient un roc sur lequel la Nature et les Hommes n'avaient aucune prise. C'était un pic qu'effleure le tonnerre, une montagne où l'eau s'évapore et le feu s'éteint, car finalement, il s'était installé depuis trop longtemps dans l'ordre des choses, immuable. L'Empire était une réalité inchangeable, car l'Empire avait toujours été en place, et le serait toujours. Finalement, à chacun de penser que les choses étaient ainsi plutôt qu'autrement. Mais pour Médès, alors même qu'il naquit sujet de l'Empire et qu'il fut formé à l'adoration du Soleil dès l'enfance, la soumission totale et passive à cette unique vision du monde, le perturbait. Cette universalité sans la moindre diversité ni aucune potentialité lui semblait étrange, car des défauts, il possédait le pire : la curiosité. Et Médès le Curieux ne pouvait s'empêcher de vouloir poser son regard sur quelque chose de nouveau, sur chaque anomalie, aussi infime soit-elle, que le décor ne pouvait intégralement dissimuler.


De cela, le prédicant n'en savait rien : seul lui préoccupait que ce vaurien subisse un juste châtiment pour son impiété.

"Impur ! Entre ici recevoir ton juste châtiment ! Tu courberas l'échine pendant trois jours et trois nuits, tes yeux rouleront trois cents fois dans leur orbite, ta langue s'agitera trois mille fois dans ta bouche, et ton front restera collé contre la pierre froide jusqu'à ce que ta prière soit terminée ! Tu prieras la clémence de l'Astre Magnanime³, du Magnificient Vögul, et pour celle de ses apôtres, après quoi tu recevras tes oboles."


A cela, Médès ne pouvait rien ajouter, et il se contenta de suivre les prêcheurs à l'intérieur du temple. Il pouvait s'estimer heureux du sort que les adorateurs lui avaient réservé : il arrivait parfois que la pénitence soit fatale. L'intérieur du temple était rempli de fidèles, debouts, agenouillés ou même couchés à plat ventre pour les plus dévots d'entres eux, et la salle résonnait d'un brouhaha lugubre que provoquait la multitude de prières. On eût dit que le temple fut animé, et que l'incarnation du Soleil elle-même s'exprimait au travers d'un cantique puissant, polyphonique, caverneux, et que c'était bel et bien la voix d'une divinité formidable qui commandait à tous une dévotion sans faille. Alors que la porte en chêne massif se refermait sur les prédicateurs dans un long grincement, personne ne présenta le moindre signe d'intérêt ou de perturbation, tant les prières consommaient toute concentration. La torpeur qui régnait dans ce lieu lui donnait davantage l'allure d'une nécropole que celle d'un temple.


Médès se trouva une place parmi les nombreux adorateurs et s'inclina sous l'oeil vigilant et infatigable du Maître-Prieur, debout derrière l'autel. Il commença alors son interminable pénitence, recroquevillé pitoyablement dans le noir, le froid et le bruit, pendant d'interminables heures. Ses os devinrent endoloris, d'abord ils lui semblaient de verre, puis des tisons brûlants au fur et à mesure que le temps passait. Ses muscles se raidirent et devinrent pierre, sa peau se changea en un métal froid, ses yeux étaient devenus insensibles quand d'autres poussaient dans son esprit. Il ne voyait rien de précis, mais il voyait. Et il priait. Encore. Ses lèvres n'étaient mues par aucune volonté, et pourtant elles ne cessaient de balbutier des mots toujours plus vidés de leur sens. Encore. Médès était devenu un cercle dont la courbe était sans fin. Encore. Un soleil sans couleur. Un coup de bâton vint briser ce cercle et ramena Médès à lui. Il rouvrit les yeux mais n'étant pas encore bien réveillé, il ne distinguait rien et se contentait de diriger maladroitement sa tête à gauche puis à droite. 

"Que se passe-t-il ?" bredouilla-t-il d'une voix aiguë.   

"Ta pénitence est terminée, sujet d'Aíthar." répondit le Maître-Prieur.

Il sentit qu'on lui glissait dans la main quelques pierres lisses, froides et de forme oblongue. C'était les oboles, reçues en rétribution de sa foi. 

"Maintenant tu peux y aller."


L'instant d'après, Médès se retrouvait dehors, dos au temple, la lumière blanche lui brûlant les yeux qui en avaient oublié l'intensité. Il récupéra son mulet à l'écurie et partit manger à la taverne la plus proche dès que sa faim fut ravivée. Désorienté, il lui fallut du temps pour concevoir que trois jours s'étaient réellement écoulés. Médès avait fini par ne plus rien ressentir, ni même la faim et le froid : il s'était senti vidé de lui-même. Il décida donc de passer la nuit au village pour reprendre des forces et reposer son esprit fatigué, avant de continuer son voyage le lendemain matin.


Dès le levé du soleil, il reprit la route sur son mulet lesté de quelques sacs de provisions. Médès n'avait pas de but précis : pas d'affaires de famille à régler, d'ambitions particulières à atteindre ou de désirs irrépressibles à assouvir. Il ne se considérait pas pour autant comme un homme diminué, qui en s'affranchissant de ces affluents se priverait d'une part de son humanité et de la beauté de sa race. Au contraire, il voyait en cela, en cette virginité de l'esprit qui n'a rien à accomplir, une immense liberté. Du moins, il préférait croire que le vent qui le poussait sur les routes s'appelait ainsi plutôt qu'autrement, et qu'aucune volonté intéressée ne guidait ses pas. C'était sans compter son indicible curiosité qui souvent l'écartait du chemin et le plongeait parfois dans des situations fâcheuses. Et justement, voilà qu'elle se réveilla de nouveau, attisée par sa récente mésaventure. L'ascétisme qu'il venait de subir avait mis en branle son esprit et bouleversé ses croyances. En vérité, Médès le dilettante avait besoin d'éprouver sa foi. L'obédience à laquelle on l'avait enjoint dès la naissance n'avait en rien planté la croyance en son cœur. Son respect pour l'Empereur n'était que formel, et de surcroît, il n'avait jamais eu expérience de sa divinité. Médès avait besoin de plus, il voulait savoir parce qu'au fond de lui, il ne pouvait se satisfaire d'un ordre dont on ne voit jamais les fondements. Il ne pouvait se satisfaire d'une seule et unique vérité pour l'ensemble de sa vie. Il devait forcément y avoir d'autres façons de contempler le monde. 


Des rumeurs étouffés le sortirent de ses pensées. Devant lui, au bord du chemin, un cortège de prédicateurs interpellait un voyageur. En s'approchant, Médès put entendre de quoi il retournait: 

"Misérable vaurien, comment se fait-il que tu n'aies plus d'oboles ? Comment pouvons-nous croire en ta fidélité à l'Empereur ?"

"Je vous l'ai dit, la route menant à ma ferme a été coupée à cause d'un glissement de terrain, il a fallu deux semaines pour tout déblayer..."

"Je ne te crois pas, quelles preuves as-tu ?

"Comment ça des preuves ? Allez voir là-bas, vous verrez encore un peu de boue entre les arbres de la forêt !

"Ce n'est pas une preuve, de la boue entre les arbres ! Tu es un menteur...non seulement tu fais preuve d'incivilité en ne venant plus prier l'Astre Magnanime, mais en plus tu mens ouvertement à ses apôtres ! Mon frère, acheva-t-il d'un ton froid qui se voulait déclamatoire, attache donc à cet arbre une corde solide.

Il fit un signe de tête à deux autres de ses compagnons qui, suivant l'ordre, immobilisèrent le pauvre gueux.

"Non ! Non ! Attendez...je me rends justement au village, je vais pouvoir prier !" plaida ce-dernier, la voix déchirée par la peur.

"Je n'ai nulle confiance dans la parole d'un menteur et d'un infidèle !" opposa gravement son bourreau. 

Médès arrivait à leur hauteur au moment où les adorateurs traînaient le malheureux vers son ultime repos, le paysan s'extériorisant plus que jamais avant d'être réduit au silence pour toujours. 

"Toi là-bas, descend donc prouver ta foi pour le Soleil Incarné, notre Magnificent Vögul!"

Médès avança prudemment vers le prédicateur en faisant mine de ne pas prêter attention à la scène qui se déroulait derrière lui. Il lui glissa dans la main une obole, puis osa demander : 

"Que faîtes-vous de ces affaires là ?" en désignant la petite carriole du paysan, qui était restée sur la route.

"Propriété du culte du Soleil !

"Je peux jeter un coup d'oeil ?

Médès profita que le prédicateur vérifiait le travail de ses hommes pour regarder à l'intérieur d'un sac : il put rapidement apercevoir du matériel de voyage comme des cordes, du tissu, un filet pour la pêche et quelques babioles.  

"Trente disques d'argent pour le sac." demanda-t-il.

Le prédicateur, visiblement peu enclin au négoce et pressé de se débarrasser de ce gêneur, acquiesça en marmonnant. Ravi, Médès lui lança une petite bourse, et secoua son mulet pour repartir tout en découvrant plus amplement le contenu du sac. Il espérait bien détenir là quelques objets fort utiles pour tout voyageur, à un prix raisonnable. Mais un objet attira particulièrement son attention : au milieu de ce désordre se trouvait un paquet suspect, emmailloté dans des morceaux de tissus ficelés, qu'il s'empressa de défaire. Le paquet ouvert révéla alors une petite statuette de pierre verdâtre, polie, terne, et représentant un personnage étrange et inconnu de Médès. Visiblement, cette idole était un secret qu'il valait mieux cacher, et le Curieux n'eût pas donné cher de ce pauvre paysan, qui aurait subi mille supplices si ses bourreaux l'avaient découverte.



----------------------------------------------------------------------


1 : Dans cette fiction, les oboles (de petite pierres ovales lisse et noires) sont une sorte de monnaie d'échange servant à prouver sa foi, en payant les prédicateurs censés les collecter au nom du service public. Elles s'obtiennent par la prière, bien que certains en achètent, puisque les oboles ont aussi une équivalence avec la monnaie marchande, les disques d'argent. Ainsi, quelqu'un qui priera énormément recevra beaucoup d'oboles dont il pourra convertir une partie en argent matériel, et quelqu'un de riche pourra convertir ses disques en oboles pour "prouver" sa foi. 

1 obole = 1000 disques d'argent.

2 : Aíthar signifie "Empereur", dans la Langue Souveraine (langue la plus commune.)

3 : Titres donnés à l'empereur Vögul. 

Annotations

Recommandations

Les VI contes de Mentque
Nouvelle Fantastique

Venez à la rencontre du Roxomme, plus couramment nommé Homme-renard. Maître des forêts de Minoris. Créatures puissantes et intelligentes.

Entrez dans l'intimité d'un de ces Roxommes.

Merci d'avance pour vos avis afin d'améliorer cette histoire.
4
9
42
6
zouzou
Voici quelques petits haïkus au fils de mes pensées, ils n'on pas forcément de rapport les uns par rapport aux autres mais j'espère qu'il vous plairons !
30
12
9
0
The_Terrible_Twins
La cale, texte par Salyna Cushing-Price, rédigé pendant les 24h de la nouvelle
0
0
0
6

Vous aimez lire Kaegor de Rion ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0