T'es toi

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Les personnes silencieuses m'ont toujours fascinée. Je me demande si le vide ne les effraie pas, ou si elles considèrent qu'il n'existe pas.

Depuis quelque temps je m'entraîne, moi la pipelette à qui l'on vient tout raconter, à ne pas relancer la conversation. Je m'efforce d'obtenir le silence en réprimant l'envie de le remplir. Cela me coûte. On peut même dire que ça m'est impossible. Je ne résiste pas, d'un simple « Ah bon, mais pourquoi ? » je pêche et relance la machine. J'ai donc décidé de tenter l'expérience de me contraindre, le temps nécessaire, afin de modifier cet automatisme. Je veux laisser une place au vide dans mon existence.


En arrivant devant les murs d'enceinte du monastère, où les nonnes vont m'accueillir pour une durée indéterminée dans la partie du cloître réservée aux sœurs observant leurs vœux de silence, je crains avoir commis une folie. Pourtant, les vieilles pierres me chuchotent que rien ne doit me faire rebrousser chemin. Ce n'est pas une punition, encore moins une condamnation, puisque je pourrai ressortir dès que je le souhaiterai. Ces murs ne sont pas ceux d'une prison, ils seront les parenthèses sans mots dans mon autobiographie.


Mon objectif est de reprendre le contrôle de moi-même. Je viens de passer mon quarante-deuxième anniversaire dans la plus stricte intimité. Les fêtes imposées, les célébrations, les rituels, je n'ai jamais aimé ça, et ça ne s'arrange pas avec le temps. De toute façon, je ne supporte plus grand-chose.

Le problème, c'est que je ne sais plus qui je suis. L'ai-je jamais su ? Jusqu'à peu, je ne me posais pas la question. Maintenant cela m'énerve, m'agace, me ronge. Je dois savoir pour poursuivre ma route dans la bonne direction. Ce cap m'apparaît comme décisif, c'est le moment où le crépuscule se trouve à équidistance de l'aube. C'est bouleversant, ça me chamboule tout.


En franchissant la porte, qu'un visage pris dans l'ovale d'une cornette vient d'ouvrir à l'horaire convenu, j'accepte que ma bouche ne me serve plus qu'à manger et expirer. En suivant la robe noire, je rejoins le temps d'avant le commencement, d'avant le verbe, c'est une drôle de sensation. Le bruit de la barre de fermeture retombant derrière moi m'apaise à un point que je n'avais pas imaginé.


La cellule allouée est minuscule et sobrement meublée, un lit, une table, une chaise, heureusement une fenêtre s'ouvre sur le ciel. Une longue chemise de bure m'attend. La sœur me tend un sac pour déposer mes effets personnels, il me sera restitué à mon départ. Elle ne sourit pas mais son visage est lumineux. Nos yeux se fuient autant qu'ils se cherchent. Je ne saurais jamais son nom, ni son prénom. Connaît-elle les miens ? À quoi cela lui servirait-il ? Elle doit recevoir ici chaque femme dans mon genre de la même manière. Pour elle, sans doute, nous ne sommes plus que des âmes nues.

Voilà, pour la première fois de ma vie, mes cordes vocales sont en pause. À présent seule, je pense aux personnes muettes qui aimeraient pouvoir parler... Est-ce que je ne serais pas un peu conne de m'infliger cette déficience ? Ah moins que je ne découvre que c'est la société qui est handicapée. Quoi qu'il en soit, nous attendrons que je ressorte pour en parler...

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