1. Le Prélude

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[ Andrew ]

Je ne suis pas un de ces enfants à problèmes. Vous savez, ces gamins qui pensent voir des choses... qui n'existent pas. Eh bien non, ça ne m'était encore jamais arrivé.

Mon nom est Andrew Laskin. Je suis étudiant en sciences à l'université d'Auburn dans l'Alabama. De ce côté, tout se passe à merveille ! Je me débrouille avec une crosse, ce qui me permet d'être défenseur dans l'équipe de hockey. Les cours, quant à eux, ne me posent pas de soucis non plus. Élevé dans l'Ohio par un père catholique célibataire, je ne suis ni un délinquant, ni un génie et si ma vie n'est en rien éclatante, elle n'est pas miséreuse pour autant. Une personne lambda parmi tant d'autres.

Mais entrons dans le vif du sujet. Je suis actuellement en classe. Dans un vieux bâtiment, à l'arrière du campus. Ce n'est pas le dernier cri, ni le plus neuf, mais le dilemme n'est pas ici. Mon cahier me parle. Oui, vous avez bien lu. Concernant ce petit « défaut de fabrication », découvert en plein milieu de mon cours d'anatomie, je ne sais encore ni comment, ni pourquoi. Mais le fait est là.
La journée était pourtant classique, jusque là. Je suis sorti en retard de mon appartement, une gaufre volée à mon colocataire en bouche et les baskets dérapant dans le couloir. J'ai attrapé, in extremis, mon bus et le chauffeur m'a lancé l'éternel et habituel soupir dont il me gratifie chaque matin. Quand je suis arrivé à la Fac, les badauds communs discutaient de la pluie et du beau temps devant l'entrée du bâtiment, et fumaient leur énième clope. Je suis entré et j'ai trouvé ma salle sans problème. J'ai tiré une chaise et pris place, lançant « Snow » des Red Hot, à un volume plus qu'acceptable, dans mes écouteurs.

J'ai beau essayer de me souvenir la raison pour laquelle je discute avec cet amas de feuilles, je n'y parviens pas. Le prof est arrivé, le cours a commencé. J'ai pris quelques notes sur mon bloc, quelques schémas fonctionnels. Le cahier suspect, - alors toujours ordinaire - est sur le coté de ma table. Josh est arrivé en retard, comme toujours, et a renversé l'étrange objet. C'est à ce moment que je l'ai vue. Cette phrase, écrite d'une belle écriture cursive, qui n'est pas la mienne. Une écriture ronde et envoûtante, aussi profonde que les mots qu'elle forme.

« Je crains l'ennui plus que la solitude »

Je reconnais la citation d'un auteur français, mais ce n'est pas moi qui l'ai inscrite. Ce n'est pas non plus le genre de références que mes amis affectionnent. Alors je prend le cahier, je regarde de plus près, je l'examine. Et soudain, je le vois. Le nom de l'auteur s'écrit, comme par magie, en dessous de l'extrait.

« Grégoire Lacroix »

J'ai toujours le cahier dans les mains et j'espère qu'on ne me regarde pas car je le fixe comme un fou furieux. Le professeur Isena écrit au tableau et semble adorer s'entendre parler. Sinon comment ne se serait-il pas rendu compte qu'il nous fait ce même cours pour la deuxième fois cette semaine ? Cela dit, c'est parfait, car je serais bien incapable de suivre sa leçon à présent. Je me remémore encore une fois les événements passés, les yeux rivés à la page, presque irréelle. Rien ne s'est inscrit depuis cinq minutes. Je ne suis pas certain de ce que je dois faire. Ignorer ce qui vient d'arriver ? Ou non ? Ce qui est sûr, c'est que je ne vais en parler à personne avant d'avoir trouvé une raison rationnelle à ce bordel. Je dois prendre les choses avec rigueur, après tout, les sciences sont mon domaine, non ? Alors quoi de mieux pour un scientifique dans l'âme que de définir si son cerveau souffre d'hallucinations, ayant pour causes tous les polars et autres fantaisies qu'il s'envoie dans ses moments de détente ?

Sur ces réflexions, pas forcément plus saines d'esprit, je prends mon crayon et j'écris trois mots. Innocents, sages, mais terrifiants.

« Qui es-tu ? »

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MARQUE


C'est un endroit où s’assemblent les platanes
Les tamaris
Il y a des filles étendues sur des paillasses
Qui parlent et rient

On dirait le Sud
Le soleil brille, ardent
Au jourd’hui sûrement
Les gros vont en baver
Et pas mal transpirer

Il y a du jambon, des chips et puis des binouzes
Il y a plein de vin
Il y a même Rita, et Lulu, les filles du bouge

Il ne manque rien

On dirait le Sud
Un éternel printemps
Sans se soucier du temps
Ni des gens du passé
Et juste respirer

Un jour ou l’autre ce sera spectaculaire
Et puis plus rien
Une vacance béante et bien amère
Mais peut-être est-ce bien ?

Tant pis pour le sud
On repart, moi, mon chien
S’il souhaite me suivre
Nous partirons errer
Jusqu’au jour le dernier

https://www.youtube.com/watch?v=FgxwKEuy-pM
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