Chapitre 34

6 minutes de lecture

Partie 4 - Fin alternative : Retrouvailles

L’histoire de Mia, de Nora et de Tristan s’est peut-être achevée ainsi. Peut-être aussi que cette nuit-là, Tristan a fait une rencontre qui a tout changé. Car lorsque tout ne tient qu’à un fil, il suffit d’un hasard, d’une bonne étoile, de Dieu ou de la chance pour que les évènements basculent dans un tout autre sens.

28 janvier 1 h 10

Son propre hurlement tira brusquement Mia du sommeil. Elle se redressa en sursaut, les mains cramponnées aux draps, haletante. Son regard se porta à droite puis à gauche : pas de bureau en plastique, ni de murs blancs ou de porte lumineuse, rien que sa chambre bien rangée. La jeune femme prit plusieurs inspirations lentes et profondes, et essaya de se calmer sans y parvenir. Un filet de sueur froide coula le long de sa tempe, tandis qu’elle se souvenait de chacun des détails. Son rêve avec Tristan paraissait si précis, si réel, que la crainte que ce ne soit pas qu'un songe s’insinua en elle, de plus en plus en forte.

Noémia se leva, ouvrit la fenêtre et les volets. L’air sec et glacial la fit frissonner. Un coup d’oeil au thermomètre accroché à la fenêtre l’informa de la température : – 4°C. Seigneur, faites qu’il soit au chaud ! Les images ne la quittaient pas. Et si elle avait eu une vision ? Si Tristan était bel et bien venu lui dire au revoir ? Elle observa le ciel voilé et les halos blafards des lampadaires, le cœur lourd. Non, ce n’était qu’un cauchemar. Son inquiétude quant à leur dernière rencontre ressortait sous cette forme, rien de plus. Sentant qu’elle prenait froid, Mia finit par refermer la fenêtre. Mieux valait dormir et oublier.

28 janvier, 1 h 13

Armand longeait la Seine en se demandant ce qu’il devait faire. Malgré son long manteau et son écharpe, il sentait le vent glacial s’infiltrer dans son cou, mais l’air frais lui faisait grand bien. Son rendez-vous s’était déroulé à merveille, comme d’habitude. Il s’entendait vraiment bien avec Mylène. Drôle, intelligente, belle et ambitieuse, elle possédait toutes les qualités qu’il recherchait chez une femme.

Il passa à côté d’un sans-abri allongé sous le pont. Pauvre homme. Il le dépassa, de nouveau préoccupé par la jeune femme. Est-ce qu’elle le rappellerait? Après avoir paru si déçue qu’il ne l’embrasse pas ? Bien sûr qu’il en avait eu envie, mais... Il s’arrêta, mal à l’aise. L’homme étendu sur le sol ne possédait pas même un duvet pour se réchauffer. Mais que pouvait-il y faire? Il reprit sa route. Leur troisième « date », comme elle disait. À force de laisser traîner les choses, elle allait finir par croire qu’il ne s’intéressait pas vraiment à elle.

« Va voir ! »

Armand se figea à l’ordre de la voix impérieuse dans sa tête. Il se tourna vers la forme sombre quelques mètres plus loin.

« Maintenant ! »

L’injonction n’autorisait pas de discussions. Loin d’être d’un naturel courageux, Armand hésita. L’idée de réveiller un SDF alcoolique ne lui plaisait pas outre mesure, pourtant il se décida et contre toute attente, ses pieds obéirent. Lorsqu’il arriva au niveau du sans-abri, il s’aperçut qu’il s’agissait d'un jeune homme de l’âge de Mylène, justement. Malgré l’obscurité, Armand remarqua qu’il était pâle. Très pâle. Trop pâle.

  • Monsieur ? l’interpella-t-il.

Pas de réponse. Il réitéra son appel, de plus en plus fort. Son cœur accéléra devant l’urgence de la situation. Est-ce qu’il respirait au moins ?! Armand approcha sa main des lèvres du garçon et sentit avec soulagement un mince filet d’air chaud. D’un geste, il décrocha son téléphone et composa le 112.

28 janvier, 1 h 19

Tristan ouvrit péniblement les yeux. Que se passait-il ? À moins qu’il ne les ait imaginés, il lui semblait avoir reçu plusieurs coups sur la joue. Tout était sombre autour, seul un homme penché sur lui se détachait du décor. Où pouvait-il bien se trouver ?

— Ah ! Tu reviens à toi ! Enfin !

Son interlocuteur enleva son manteau, son écharpe et son pull et les posa sur son torse. Tristan cligna des yeux en signe de reconnaissance. La chaleur se propagea peu à peu jusqu’à sa poitrine alors qu’il dévisageait son bienfaiteur, un homme massif d’une cinquantaine d’années, avec une barbe de quelques jours.

— Comment tu t’appelles ?

— Tristan, souffla-t-il avec peine.

— Alors écoute-moi bien, Tristan. Tu ne m’as pas l’air en très bon état, mais tu vas t’accrocher. Les secours arrivent.

Armand transpirait comme s’il faisait trente-cinq degrés. Sûrement l’adrénaline. Il avait bien cru que le garçon ne rouvrirait pas les yeux. Désormais, pas question qu’il les referme ! Il fallait à tout prix qu’il le maintienne éveillé. Mais comment faire ? Déjà, Tristan sombrait à nouveau, paupières closes. Il le secoua énergiquement.

— J’ai besoin de tes conseils, décréta-t-il.

Les vapes qui entouraient Tristan ne se dissipaient pas. Il rêvait de Mia, à qui il disait au revoir dans un bureau étrange, elle lui criait qu’elle l’aimait ; puis un inconnu le réveillait. Ce même homme venait de lui demander de l’aide, d’ailleurs. Son esprit embué indiquait à Tristan l’illogisme de la situation. En fait, il dormait probablement toujours.

— Voilà, j’ai rencontré une femme sur un site de rencontre. Je la trouve charmante en tous points et l’apprécie beaucoup, commença Armand.

Tristan fit l’effort d’acquiescer. Après tout, réalité ou pas, ce monsieur lui prêtait son manteau : il pouvait bien essayer de l’écouter.

— Le problème, tu vois, c’est que j’ai quarante-neuf ans et qu’elle en a juste vingt-et-un. Elle pourrait être ma fille...

Tristan s’accrocha pour comprendre le sens des paroles de l’homme. Amusant comme l’amour posait problème à tous, quel que soit l’âge, le sexe ou le monde où l’on se trouvait. Le passant continua à raconter sa vie un moment et il dut lutter pour rester attentif. Lorsqu’il flanchait, il recevait une petite claque. Vraiment pas commode, cet inconnu. Puis il y eut du bruit, des lumières bleues et des messieurs en uniformes. Le camion et sa chaleur, une perfusion, des questions. Tout se mélangea dans la tête du jeune homme. Ce rêve était tout sauf reposant.

28 janvier, 2 h00

Tristan reprenait ses esprits. Ses mains et ses pieds se réchauffaient et le grattaient terriblement. Il aurait de grosses engelures, mais sentir ses extrémités le rassura. Les évènements de la nuit lui revenaient de plus en plus clairement. Qu’est-ce qui lui avait pris ?

Il se redressa pour observer ce qui l’entourait. À en juger par les paravents autour de lui, il se trouvait aux urgences. Une perfusion sur son bras lui délivrait un quelconque remontant et une machine indiquait ses paramètres vitaux en temps réel. Tristan constata qu’un tas de couvertures recouvrait ses jambes et il soupira. Grâce à cet homme, la mort ne l’avait qu’effleuré. Une chance inouïe.

Il chercha à comprendre ce qui l’avait poussé à rester dehors, mais ne se l’expliqua pas. Bien sûr, la blessure causée par Mia le faisait toujours souffrir, cependant, cela ne suffisait pas à justifier une telle mise en danger. Il agissait de façon incohérente ces temps-ci. D’abord, il évitait Noémia sans raison pendant des jours, maintenant, il achetait de l’alcool... Est-ce qu’il devenait fou?

Et si ce nouvel hiver finissait de le briser?

Tristan sentit une angoisse terrible monter en lui. Son mal de crâne redoubla, en même temps que ses frissons. Il tira le drap sur ses épaules et sombra dans un sommeil agité.

28 janvier, 2 h 55

Une voix lointaine, claire et chantante, le réveilla. Même malade et endormi, Tristan l’identifia aussitôt. Il s’assit, l’esprit en alerte, et balaya l’espace d’un regard fébrile. Non, son imagination lui jouait des tours. Il s’efforça de ne pas y croire, mais un instant suffit à ses yeux pour confirmer ce que son cœur savait déjà : Nora se trouvait à quelques pas de lui.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Recommandations

Salt Penry
Hello les Scribies! N'hésitez surtout pas à critiquer les chapitres qui passeront par ici.
Ce sont les sales petits récalcitrants qui m'oppressent le citron !
Incohérences, manque de réalisme, parfois même manque cruel d'inspiration/imagination etc... Alors si quelque chose vous titille la pupille : grattez le en commentaire, vous pouvez y aller !
Je finirai bien par avoir leur peau à ces satanés chapitres que j'ai dû écrire avec mes pieds et que je n'arrive pas à corriger de façon à me sentir satisfait du résultat -__-
Pardon par avance pour la gêne occasionnée : OMG les fautes !! La honte intergalactique !!
139
196
1314
167
Alessya Monk
Je voulais me lancer dans le roman policier. Je ne sais pas trop où je vais, j'espère que mes personnages sauront me guider.
60
117
185
48
beatrice
Maman, célibataire, seule, passionnée, sincère.
"Recherche un homme, romantique et drôle".
C'est quelques mots, lancés sur un site de rencontre, lui permettront de faire sa connaissance.
Jusqu'où est elle-prête à aller pour ce grand amour ?
392
811
3392
115

Vous aimez lire Yaëlle ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0