Premier épilogue

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Mon cher Tristan,

Tu ne liras probablement pas cette lettre, pas plus que celle que j’ai rédigée à l’époque, espérant me faire pardonner, mais je l’écris quand même. Peut-être les âmes peuvent-elles revenir planer auprès des vivants, rien que pour lire leurs mots, qui sait ?

Deux ans déjà.

Pas un jour ne se passe sans que je pense à toi. Tu me manques, tu me manques terriblement et cela ne changera pas. Pourtant, je crois que je commence à aller mieux. C’est vrai, j’espère toujours te voir lorsque je croise un mendiant assis à l’angle d’un magasin, et je ne peux m’empêcher de guetter ta silhouette sur le banc devant la gare... mais je ne pleure plus en revenant à la réalité. D’ailleurs, je recommence à écouter le temps.

Joana s’assure que je ne dépérisse pas. Elle m’a cuisiné plus de gâteaux ces derniers mois que je n’en mangerai dans toute ma vie. Valentin a été exceptionnel, lui aussi : gentil, dévoué et attentionné pendant tous ces mois. Je sais que tu ne le portais pas dans ton cœur, et je peux le comprendre, mais je t’assure que c’est un garçon adorable, au fond. J’aurais aimé que tu le découvres toi-même. Toujours est-il que Val a attendu que je remonte un peu la pente avant de quitter la colocation pour emménager avec sa petite amie, Laura. Oui, oui, tu as bien lu, une petite amie fixe. Je crois même qu’il songe à se fiancer… Comme quoi, tout est possible.

Tu sais, je me demande toujours si l’histoire aurait été différente si je n’avais pas été aussi lâche. Tu es parti avant que je n’aie compris les sentiments contradictoires qui m’animaient tour à tour, tu es parti avant que je ne puisse t’expliquer...

Pourquoi ?

Pourquoi t’es-tu laissé mourir sur un quai ? Pourquoi as-tu acheté cet alcool, alors que tu le fuyais comme la peste ? Les réponses se sont envolées avec toi. Cependant, je finis par comprendre que je ne peux pas vivre en cherchant sans cesse à réécrire le passé. Le rêve où tu me disais au revoir m’est revenu, il y a quelques jours. Il est probablement temps que je l’accepte. Ce soir-là, tu m’as pardonnée et demandé d’être heureuse. Cela me semble encore difficile pour le moment, mais je te promets d’essayer de l’être désormais ; et je sais qu’un jour je finirai par y arriver.

J’espère que tu es bien, où que tu sois, entouré d’amour, de joie et de chaleur. J’aime t’imaginer libre comme le vent, veillant sur ceux que tu as chéris ici, depuis un monde plus beau.

Je ne t’oublierai pas, évidemment, je ne cesserai pas non plus de t’aimer. Car c’est bien d’amour qu’il s’agit, même si je n’aurai pas pu te le dire en face.

Prends grand soin de toi d’ici ma prochaine lettre,

Affectueusement,

Mia

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