Chapitre 3 : La grande évasion

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Assis au milieu de sa cellule, Horace reste immobile, trop effrayé pour bouger le moindre muscle et trop occupé à réfléchir à la manière de s'évader de ce lieu. Il faudrait qu'il réussise à scier les barreaux de la fenêtre, il aurait à, de ce qu'il peut voir, traverser une forêt enneigé et finir par réussir à trouver de l'aide dans une station essence ou dans un petit village alentour. Enfin, ce plan-là aurait pu fonctionner sous deux conditions : la première, il faudrait trouver un objet coupant et assez résistant pour réussir à scier les barreaux, mais ici, il n'y a rien comme ça, juste un lit, de vielles toilettes et un petit lavabo poussiéreux. Deuxièmement, il faudrait que les tortionnaires soient humains, or, ils ne le sont pas. Ils ont des super-pouvoirs et l'attraperaient à l'instant même où il quitterait sa cellule. Non, il faut trouver un autre moyen de s'échapper, et vite, il ignore combien de temps ces terroristes compte le garder en vie, mais ce qui est sûr, c'est qu'ils ne le garderons pas éternellement ici, et qu'ils ne le laisseront certainement pas en vie, pas besoin de s’encombrer avec des témoins gênant.

 Ne voyant pour l'instant aucun moyen de s'enfuir, le garçon décide de s'allonger au sol pour se reposer. Comme pour se rassurer, il fixe ses manches de smoking tout abîmés. Il se plonge dans le souvenir de l'incroyable danse qu'il a eu avec Dorothy. Il se souvient de sa douce odeur, du monde qui disparaissait autour d'eux, de la douce musique, de la chaleur agréable qui émanait de son amie. Il ferme lentement ses yeux...

  — Hey, ça va ? Me dis pas que tu t'es évanoui ?!?

 Horace sursaute, bondit sur ses deux jambes tremblantes et s'appuie contre les barreaux pour observer les alentours. Il voit la porte de métal qui mène aux cellules fermée et le couloir vide. Personne à l'horizon, pourtant, l'adolescent aurait juré que la personne ayant parlé se trouvait devant lui.

  — Ha, bah non, tu as l'air d'être en forme, continue la mystérieuse voix.

 La voix vient bien d'en face d'Horace, mais il n'y a pourtant personne devant lui.

  — Ho, c'est vrai, j'avais oublié...

 Petit à petit, un homme d'une vingtaine d'années apparaît aux yeux du garçon. L'adolescent fait un bon en arrière, surpris. Depuis combien de temps, il m'observe, lui ? Se demande-t-il.

  — Je zappe toujours de me rendre visible, explique-t-il en se frottant l’arrière de la tête et en souriant à pleines dents.

 Le fils de Shannon se rappelle de ce type, la nuit où il a été enlevé, c'est lui qui conduisait l’hélicoptère. Il s'était fait taper sur les doigts pour avoir fait semblant de perdre le contrôle de l'engin volant, hurlant qu'ils allaient se crasher. Son nom, c'est Spyro, il l'avait entendu lorsque l'un des gars du groupe s'était énervé contre lui.

Parfait, c'est l'idiot de service qui me surveille, pense le garçon en créant un nouveau plan d'évasion dans son esprit.

 Une fois son petit plan achevé dans son esprit, il décide de passer à l'action. Mais il doit faire attention, à la moindre erreur, c'est l'échec assuré. Alors, il arbore un sourire bêta et demande en faignant l'admiration :

  — C'est impressionnant ton pouvoir ! Ça doit être ultra utile, tu fais quoi avec ce don ?

  — Ho ! En général, les gens trouvent ce pouvoir nul et inutile, mais il me sert à faire plein de choses : pour tuer, voler et aussi pour épier certaines personnes... par exemple les femmes... explique Spyro en rougissant.

 La dernière partie de sa phrase manque de peu d'énerver Horace qui réussit à contenir sa colère pour continuer son petit jeu.

  — Vache ! C'est ultra pratique, en vrai ! Surtout pour ce qui est d'épier les femmes. Ça va, je reste convaincant pour l'instant, se rassure l'adolescent.

  — On est d'accord ! Tu as l'air plutôt sympa toi, enfaîte. Les autres m'ont dit de rester loin de toi, de peur que je fasse une bêtise. Tu sais quoi ? Je crois qu'on est partis du mauvais pied nous deux.

Maintenant !

 Horace s'approche des barreaux et lui tend sa main, tout en s'exclamant :

  — Alors, refaisons les présentations, moi, c'est Horace ! Enchantée de te rencontrer.

 Tout à coup, Spyro semble se méfier, il recule un peu et fronce les sourcils. Non ! Allez ! J'y suis presque ! Panique intérieurement l'adolescent.

 L'homme expire un bon coup, s'avance et lance un regard qui signifie : Que peut-il faire de toute façon ?

 Il lui serre la main, sans se douter une seconde qu'à l'instant même où leurs paumes se sont touchés, il avait failli à sa mission de garder le garçon.

 Horace affermit son étreinte sur la main de l'homme et se laisse tout de suite après tomber en arrière en ne lâchant pas Spyro. Un bruit sourd et un craquement retentissent. L'adulte s'est violemment cogné contre un barreau au niveau du front. Horace lâche son bras en tremblant. L'homme tombe à terre, inconscient. Un bleu commence déjà à se former sur son visage.

 Après avoir récupéré rapidement de ses émotions, le garçon se relève pour s'accroupir et tendre sa main vers la poche de pantalon droite de sa victime, les clés de la cellule dépassent. Il effleure le bout du trousseau, manque de l’attraper à plusieurs reprises, mais rien n'y fait, elles sont trop loin. Non, non, non, panique Horace. Pas là, pas maintenant ! S'ils m'attrapent, je suis foutu !

Son cœur s'emballe, il réessaye d'agriper le trousseau, mais il tremble de plus en plus, rendant ses gestes beaucoup moins précis. Allez ! Elles sont si proches !

 Dans sa panique, il donne un coup dans les clés et les envoie par terre, plus loin et hors de portée.

  — Non ! S'écrie-t-il en sentant les larmes lui monter aux yeux.

 Lentement, il s'affaisse et glisse sur le côté, pour finir par s'allonger sur le côté. Silencieusement, il se met à pleurer.

 Il revoit sa mère qui lui sourit, sa mère dont il n'est même pas sûr qu'elle soit encore en vie. Celle qui lui courait après étant petit pour jouer avec lui, celle qui lui racontait d'incroyables histoires, qui le complimentait, qui l'encourageait.

 Alors, comme pour faire une dernière tentative qu'il sait déjà voué à l'échec, il tend son bras vers les clés, mais il y a un espace clair entre lui et son objectif. De plus, le stress commence à l'épuiser et ses larmes lui flouent la vue. Il laisse tomber son bras tendu au sol.

Je suis désolé, maman, je n'y arriverais pas, je ne suis pas assez fort. Je suis trop faible, c'est pour ça que papa est parti, il m'a toujours regardé comme un déchet, comme une erreur.

 Sachant, son destin scellé, l'adolescent abandonne tout espoir de pouvoir s'en sortir. Bientôt, Spyro se réveillera et il me fera payer...

 Un tintement résonne et le bruit d'un objet glissant sur le sol s'approche. Le bruit s'arrête au moment où Horace ressent quelque chose cogné contre sa main. Il essuie ses larmes, se relève tout tremblant en se demandant ce que c'est.

  — Hein ? s'étonne-t-il.

 Les clés se trouvent maintenant juste en face de ses mains. Troublé et ne comprenant pas ce qu'il se passe, Horace reste un instant bouche-bée. Après avoir repris ses esprits, il attrape le trousseau, essaye d'ouvrir la porte avec plusieurs d'entre elles et finit par trouver la bonne. Il sort de sa cellule et tente de se calmer. Ses membres tremblent tellement qu'il a l'impression de ne plus en avoir le contrôle. Il enjambe le corps de sa victime toujours inerte et s'approche de la porte en métal pour sortir.

 De lourds bruits de pas approche et un crie résonne.

  — Putain, tu fous quoi ?!? On t'a déjà dit que ça ne sert à rien de surveiller ce gosse ! Ramène ton gros cul, ici !

 Horace sursaute, la panique l'envahit de nouveau. Que faire dans ce genre de situation ? Seule la porte en métal fermée les sépare, s'il l'ouvre, il verra l'adolescent et Spyro au sol, il le tuerait.

 Alors, déterminée à ne pas mourir ici, il se rue vers la porte et essaye de la verrouiller avec une des clés qu'il a choisi au hasard. C'était la bonne, il ferme la porte a double tour. Mais le garçon se rend compte qu'il vient littéralement de se jeter dans la gueule du loup, il n'y a aucune autre issue, c'est un véritable cul-de-sac.

 Un bruit métallique résonne.

  — Il essaye d'ouvrir la porte ! s'écrie Horace.

  — Quoi ? Sale enfoiré, ouvre moi la porte, sinon je te jure que je te défonce et t'aura beau te rendre invisible, tu passeras un mauvais quart d'heure, crois-moi !

 Il ignore encore ce qu'a fait Horace. Plusieurs coups retentissent, la porte se cabosse au rythme des coups donné.

 Horace recule, il se sait pris au piège. La porte va finir par céder et alors l'autre type le verra et l'attrapera pour le tuer.

Que faire ? Que faire ? panique intérieurement le garçon, alors que dans un bruits métallique, il voit deux vis de la porte tomber au sol.

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