Chapitre 1 : Bonne chance...

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France, Fougères, bureau du secrétariat du site " Émeraude " , le 17 juillet 2039

 — Vous me dîtes que votre fils a fait léviter des objets avec sa pensée ? demande la secrétaire Kassidy à un couple de jeunes parents affolés.

 Un enfant habillé d'un pull noir s'est assis plus loin, au fond de la salle, capuche sur la tête et main dans les poches. Une valise rouge est couchée à ses côtés.

 — Notre fils s'est énervé sur nous et ses yeux... ses yeux sont devenus rouges. Il m'a projeté un livre au visage, sans le toucher, par sa volonté ! s'emporte la mère. Notre fils est étrange depuis le jour où...

 — Cette chose n'est plus notre fils ! hurle le père en coupant sa femme. C'est un pantin tourmenté, le Diable le possède et lui confère ses pouvoirs obscurs !

 La secrétaire réajuste ses lunettes, se retourne vers son ordinateur et prend des notes, tout en gardant un masque impassible.

 Le garçon recroquevillé sur lui-même, lève un peu sa tête pour observer madame Kassidy. Il voit une femme d'une quarantaine d'années, assez petite, un peu enrobée, la peau mâte, habillée d'une façon si neutre qu'il n'y a rien à dire sur sa tenue. La seule touche de couleur à cet ensemble, ce sont ses deux boucles d'oreilles dorées en formes de colombe avec un rameau dans le bec.

 — Y a-t-il d'autres événements surnaturels qui se sont produits avec votre fils ? demande-t-elle en insistant bien sur la fin de sa phrase.

 Puis elle fixe le père un instant pour lui faire comprendre que ce qu'il vient de dire l'énerve, et ce dernier détourne les yeux mais garde son air irrité.

 — J'ai besoin que vous me le disiez pour tenter de trouver la nature de ses pouvoirs.

 — Oui, on aurait juré avoir vue son ombre se balader dans notre maison, parfois, lorsque je me levais tard la nuit pour aller aux toilettes, je voyais une silhouette se promener de salle en salle, c'était une ombre, celle de mon fils, explique la mère.

 — Elle se baladait ?

— Oui... vous voyez Peter Pan ? Le moment où son ombre s'enfuit dans la maison de Wendy, hé bien, il s'est passé la même chose qu'avec lui... une fois, je l'ai vu fouiller parmi les couteaux, j'ai tout de suite crié et la silhouette est tout de suite retournée dans la chambre de Lucas.

 La secrétaire remarque que c'est la toute première fois que la mère prononce le nom de son enfant depuis le début du rendez-vous. Elle se tourne vers son ordinateur et commence à taper les informations.

 — Quelle heure était-il approximativement quand vous l'avez vue dans la cuisine ? Et que faisait votre fils quand cela s'est passé ?

 — Heu... il devait être minuit à peu près et, à ce moment-là il dormait.

 — D'accord, donc il n'était pas conscient... son pouvoir peut alors avoir sa propre conscience et apparaître sous la forme de son ombre... ou bien, son pouvoir s'est accidentellement déclenché à cause d'un mauvais rêve, créant ainsi l'image d'une silhouette...

 Madame Kassidy termine d'écrire ses théories, imprime quelques documents et les tend au couple avec un stylo.

 — Vous devez signer au bas de la page de ces papiers, si vous voulez inscrire Lucas à cet établissement. Il y résidera et n'aura plus de contact avec l'extérieur durant toute la durée de sa formation. Il suivra des cours appropriés qui lui permettront de découvrir la nature de ses pouvoirs et la manière de les contrôler. Pour ce qui est du prix de l'internement, il n'y en a pas. Nous les prenons en charge avec l'aide de l'État, nous les formons sur plus de dix ans pour qu'ils deviennent de véritables super-héros pour qu'à l'avenir, ils nous protègent, alors oui, c'est gratuit.

 Les parents signent sans attendre, fous de joie et soulagés de pouvoir, enfin, se débarrasser de ce poids. La secrétaire ramasse la paperasse, la range dans un tiroir, fait signe aux parents de se lever puis leur ouvre la porte. Ils sortent et la referment derrière eux.

 — Même pas un adieu... ils sont juste partis... comme ça, sans rien me dire... sans même me regarder... marmonne Lucas, toujours assis, tête baissée.

 La secrétaire souffle de soulagement, elle a bien failli s'énerver à plusieurs reprises mais elle a su garder son calme.

 — Écoute, ils sont partis maintenant, et sache une chose, à partir d'aujourd'hui, tu vivras ici. Peu importe qui ils étaient et ce qu'ils ont fait, désormais tu seras loin de ses deux crétins et cet établissement deviendra ta famille, une famille aimante et chaleureuse, et pas comme les autres. Tu verras, celle-ci est très spéciale, lâche-t-elle avec un sourire extrêmement amical.

 Elle l'aide à se lever, il enlève sa capuche, laissant apparaître sa tête. Son visage est plutôt ovale, ses cheveux sont blancs, courts et bouclés, ce qui lui confére une étrange allure, on dirait une coloration raté, mais c'est loin d'en être une. La pâleur de ses cheveux et de sa peau lui rappelle sans cesse qu'il est albinos. Ses yeux marrons brillent d'un éclat vert.

 Lucas remarque à quel point la secrétaire a l'air stupéfaite par son apparence.

 — Ho ! Oui, je sais, on dirait que j'ai perdu mes couleurs. Ça fait bizarre, hein ?

 — Assez, mais ne t'inquiète pas, je vais vite m'y habituer, il y a d'autres élèves plus... spéciaux, ici. D'ailleurs, prends tes affaires et suis-moi, il est temps de te faire visiter les lieux.

 Le garçon attrape sa valise et cours rejoindre madame Kassidy qui est déjà sortie. En sortant du secrétariat, tout se retrouve dans un espace presque vide. Lucas remarque cinq autres portes : celle du bureau du proviseur, du co-proviseur, celle de l'administration, la porte d'entrée en verre blindée et le sas d'acier permettant d'accéder à l'intérieur du bâtiment.

 Le regard du garçon se tourne vers la porte en verre, il voit la voiture de ses parents s'éloigner vers l'horizon pour disparaître au loin. Même si l'adolescent les déteste, il ressent un pincement au cœur et se sent soudainement très seul.

 — Hé, l'interpelle madame Kassidy en voyant la tête dépitée du garçon. Ne t'inquiète pas, tout ça, c'est derrière toi. Ici tu seras heureux, tu verras.

 Ils se retournent vers le sas, la secrétaire s'approche d'un scanner et d'un digicode, appuie sur une série de chiffres puis fais scanner sa pupille. Le sas s'ouvre.

 — Allez, vas-y, moi je reste. Un des professeurs te fera faire une visite des lieux, annonce-t-elle.

 Lucas s'approche lentement puis finit par passer de l'autre côté du sas, celui-ci se referme derrière lui.

 — Au revoir, et bonne chance de l'autre côté, bonne chance... glisse-t-elle avant de perdre l'albinos de vue.

 La femme reste face au sas, puis après quelques minutes, elle se met à trembler.

C'est lui... j'en suis sûre... c'est son fils.... Ils vont venir le chercher... pense-t-elle, les yeux remplit de larmes et le visage crispé par la panique. Elle l'avait reconnu dès qu'elle l'avait vus, si elle avait été surprise lorsqu'elle avait ressenti l'aura de l'adolescent, ce n'est absolument pas à cause de ses cheveux mais de ses origines. Qu'ils viennent ! Je les attends, ces enfoirés !

Elle serre les poings puis repart dans son bureau pour lancer un appel à une mystérieuse personne :

— Code Lune activé, le démon est ici, sur Terre, je répète, le démon est ici, sur Terre...

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J'aimerais savoir si ce chapitre vous a plu et si vous avez remarqué des erreurs d'orthographes, dites-moi tout en commentaire.

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