Prologue

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 "Tout ce que l'homme ne connaît pas, il le craint...".

 "L'écriture est effaçable les paroles indélébiles".

 Californie, villa privée, le 16 juillet 2039
 Il est vingt-trois heures, les centaines de gâteaux et de petits fours tièdes sont délaissés pour les verres de champagne et la piste de danse, où les convives exécutent un slow sur un fond de Jazz — My romance. Les invités sont tous de riches personnes, dans la foule se trouve les plus grands médecins, les meilleurs artistes et les personnalités les plus imposantes du continent américain.
 Les femmes portent des robes taillées par les plus grands stylistes du coin, elles sont raffinées et, pour la majorité, colorées et tape-à-l'oeil, comme si toutes ces femmes participaient au concours de celle qui se fera le plus remarquer. Les hommes, eux, sont habillés de smoking noir ou blanc, assez peu original et voyant. Les grands escaliers de marbre, dont les rambardes sont recouvertes de petites statues d'or, dominent la fête et fait face à l'orchestre. Tout en bas des escaliers se tient une femme, des rides lui vieillissent le visage et sa voix trahit est assez... tremblante. Elle attend que le slow se termine pour que son majordome lui donne un micro afin qu'elle puisse faire son petit discours.
 Cette femme, c'est Shanon Garden, la présidente et dirigeante de la fondation " WW3 "qui cherche a créer des technologies pour l'armée au cas où une troisième Guerre Mondiale se déclencherait, ce qui lui a grandement réussi et apporté un grand succès. Shannon est devenu le symbole de l'intelligence et de la réussite féminine.
 Son fils, Horace, est figé en haut des escaliers, caché du regard des autres par un pilier blancs. L'adolescent de dix-sept ans essaye de se calmer et de ne pas vomir ou de faire un malaise par stress, le fait de se présenter à tous ces gens fortunés, ça l'angoisse au plus haut point. Mais il n'a pas le choix, se présenter à tout ce monde puis de pouvoir prendre part aux discussions et aux danses, c'est le symbole du passage de la vie d'ado à celle d'adulte. Même si, franchement, il se voit mal parler de finance.
 Il inspire puis expire avec le plus de lenteur possible.
 — Tu sais.. moi aussi, je suis passée par là. T'as juste à dire quatre phrases puis bye-bye, t'as pas à stresser comme ça, explique Dorothy, la fille du sénateur, Lawrence, un homme connu pour être un grand orateur.
 — Arrête, tu sais que je suis de nature peureuse... s'agace le garçon en évitant du regard son amie d'enfance.
 — Oui, c'est pour ça que je suis venue, je veux te souhaiter bonne chance et aussi... je veux te donner mon bracelet porte-bonheur. Tu sais... celui que nous faisions lorsque je venais te rendre visite, ça nous avait pris quelques jours pour le terminer. Au final, tu voulais que je le garde, car tu pensais que ça aller me rendre heureuse et que ça me donnerait un tas d'amis... et ça a fonctionné, tiens prend-le, il t'aidera...
 La jeune femme lui tend le fameux objet, l'adolescent tourne ses yeux vers elle et découvre son amie. Elle porte une magnifique robe rouge assez moulante, qui est ouverte sur la jambe droite. Ses tallons aiguilles sont noirs et agrémentées de paillettes grises. Son teint est beige, son visage est clairsemé de taches de rousseur et elle s'est faîtes un chignon avec sa longue chevelure blonde.
 Le garçon est abasourdi, il n'a pas l'habitude de la voir aussi élégante, et sans le remarquer, il reste figé à la regarder, pendant qu'elle lui tend son bracelet.
 — Quoi, c'est la robe qui te dérange ?
 Le jeune homme essaye de reprendre ses esprits et saisit le bracelet avec lenteur puis finit par articuler, tout en restant subjugué :
 — Tu es magnifique...
 — Quoi ?
 — Enfin, je veux dire que ta robe est magnifique.
 — T'es pas mal non plus, je parle de ton smoking, sourit-elle.
 Le visage d'Horace rougit à vitesse grand v, il regarde son smoking noir sous lequel il a mis une chemise blanche puis observe son petit nœud de papillon noir. C'est Shannon qui a choisi sa tenue assez banale, pas de quoi dépenser des milliers.
 La musique s'arrête, les danseurs cessent de s'enlacer et le majordome donne le micro à Shannon, qui commence très vite son discours.

  — Très chères invités, vous savez tous que j'ai toujours eu l'ambition de sauver ce monde et de le préserver des dangers à venir... lorsque les super-humains sont apparus, le monde s'est senti déstabilisé et ça a impacté beaucoup de choses : la vision de ce qu'est un être humain, les religions, la politique comme avec la création de ministres dans notre pays, et même parfois, la géographie, avec l'attaque de Paris ou celle de New York... les supers-vilains se sont multipliés, les attentats aussi, le peuple avait peur, les pays s'accusaient les uns les autres d'avoir créé ces êtres hors-normes et nous étions au bord d'une autre Guerre Mondiale. Heureusement, j'ai su réagir et j'ai créé les "Gardiens", ces robots de combats ont été déployés un peu partout dans le monde, ils protègent nos vies avec grandes efficacité. Je m'efforce de trouver le moyen de les améliorer chaque jour, mais, malheureusement, je commence à vieillir et je sais que je ne resterais pas éternellement sur cette terre. Alors je pense qu'il est plus que temps que je vous présente mon fils unique, Horace.
 C'est le signal, le garçon jette un dernier coup d'œil vers son amie pour se redonner du courage, elle lève ses deux pouces en l'air avec un grand sourire aux lèvres. Ca le détend un peu.
 Il commence à descendre lentement les escaliers, les yeux fermés — pour éviter des voir tous les invités — et la main qui glisse contre la rambarde. La première statuette qu'il touche est un ange, instinctivement, il se récite l'ordre de ces babioles :
 — Le petit ange : symbole de pureté, le pot remplit : métaphore à la richesse, le long serpent : allusion à la longévité de notre vie, puis les petits hommes souriants : représentant nos bonnes fréquentations.
 Le jeune homme ouvre les yeux, il est arrivé en bas, en face d'une centaine d'invités qui le dévisagent, à ses côtés, sa mère attend avec joie son discours. Il inspire lentement, affiche son plus beau sourire puis s'élance, le poing gauche fermé sur le bracelet.
 — Bonjour à vous, je suis si heureux que vous soyez tous là pour moi et je suis si fier de ce qu'à fait Mère — il déteste l'appeler comme ça, mais il ne veut pas faire mauvaise impression auprès des autres en ayant un " mauvais langage " — pour le monde entier. — elle lui prend discrètement la main droite, les larmes lui viennent aux yeux — Je sais que ce qui m'attend va être éprouvant, et parfois, ça va même me sembler impossible, ça exigera beaucoup de temps, de sacrifices et de travail, mais au moment venu, je serais là pour reprendre l'incroyable travail de Mère.
 Le majordome lui apporte une flûte de champagne.
 — A la fondation WW3 et à Mère ! s'exclame-t-il en avalant une gorgée de mousseux.
 Les convives, qui on reprit leurs verres, les lèvent aussi pour montrer leur soutient. Les serveurs robotiques arrivent pour resservir du champagne et pour veiller à ce qu'aucune personne n'ai de raison de se plaindre.
 Dorothy descend les escaliers lorsqu'elle voit que les discutions on reprises, et elle rejoint son ami.
 — Tiens, je te le rends, je l'ai pas porté mais je l'ai gardé en main et ça a l'air d'avoir fonctionné, explique Horace en redonnant l'objet à la jeune femme.
 Tout deux se regardent un instant, sans rien dire, le garçon n'ose pas engager une conversation avec son amie.
 Le cœur du garçon s'emballe lorsqu'il voit qu'elle lui tend sa main pour l'inviter à danser.
 — Allez viens, faut fêter ça comme il se doit, non ?
 Il l'attrape puis se laisse entraîner vers la piste, Dorothy, se met à danser, l'adolescent la regarde, son sourire angélique, sa robe qui tourbillonne à quelques reprises, ses mouvements fluides, son élégance, sa douceur, ses magnifiques gestes dans ce décor merveilleux.
Quel est ce sentiment ? se demande-t-il en s'approchant d'elle. C'est de l'admiration ? De la surprise ? Ou...
 Leurs mains s'enlacent, ils se positionnent pour un slow. Leurs regards se croisent, le monde autour d'eux disparaît, la salle devient vide, il n'y a plus un bruit, les étoiles brillent plus fort, une légère brise vient leur caresser la peau. Il n'y a plus qu'eux, eux qui dansent, eux qui rient, qui s'amusent, qui se sentent comblé... eux qui ne pensent qu'à l'instant présent.
 Shannon regarde son fils avec un regard bienveillant, au fond, elle a toujours su que ces deux-là finiraient par se rendre compte qu'entre eux, c'est plus que de l'amitié.
 Un violent tremblement les sortent de leur bulle.
 — C'était quoi ça ? s'inquiète Dorothy.

 Shannon essaye d'activer ses robots de gardes via son téléphone, mais ils ne répondent pas.
 Un son étrange résonne. Avec un air paniqué, Horace regarde en l'air et voit que le lustre vacille énormément, puis il remarque que les verres de champagne posés sur les tables à buffets, eux aussi, s'agitent.
 Soudainement, le dôme de verre éclate, le lustre s'écrase sur le sol, tuant une dizaine de personnes. Les débris de verre blessent toute la foule dans leurs chutes.
 — Horace, il faut sortir ! Et vite ! Hurle la fille du sénateur.
 — Attend je vois pas ma Mère !
 La foule qui s'affole, court dans tous les sens en criant. Affrontant toute cette agitation, le duo d'amis recherche Shannon du regard et se glisse entre ceux qui s'empressent de sortir. Plusieurs corps gisent au sol, leur sang commence à former des flaques par ci et par là, en fait un peu partout. Une odeur nauséabonde envahit la pièce, manquant de peu de faire vomir Horace.
 — Mère !
 Shannon est assise parterre, blessé à la jambe. Elle toujours consciente, mais peine à bouger.
 — Les robots... ne... ils ne s'activent... gémit-elle en essayant de se relever, en vain.
 — Attend, calme-toi maman, ne bouge plus, je vais appeler les secours.
 — Le réseau est brouillé... c'est... pour ça que les robots ne s'activent pas...
 — Merde ! Mais qu'est-ce qu'il se passe ?
 Un hélicoptère vole en stationnaire au dessus du dôme brisé, provoquant plusieurs bourrasques de vent qui malmène la foule. Un projecteur fouille la salle de réception et finit par s'arrêter sur Shannon.
 — C'est elle qu'ils veulent... chuchote le garçon, démuni, alors que tout se chamboule dans sa tête.
 Une matière flasque et visqueuse rose en forme de main descend de l'hélico et s'étend très rapidement vers la femme. Par réflexe, Horace se met devant sa mère pour la protéger. La chose attache le garçon et entoure son buste.
 — Ho mon dieu, Horace ! lâche Dorothy en se figeant de terreur.
 Les deux se regardent un instant, le garçon prend l'air le moins paniqué possible et sourit :
 — Tout va bien, tout va bien se passer, faut pas s'inqu...
 Il se fait violemment tirer en l'air et disparaît dans l'hélicoptère qui fuit déjà.
 — Horace !
*
Californie, fondation WW3, le 17 juillet 2039
 La lignée des Garden est connue pour sa fermeté face au mal et sa bienveillance pour les justes. Mais surtout pour les liens indestructibles qui les unissent. Shannon sent un grand vide dans son cœur alors qu'elle traverse les couloirs de sa fondation. Elle repense à son impuissance, à son fils qui a été si courageux... à son échec... ça la rend folle de rage.
 Elle ouvre une porte et pénètre dans une salle où tous les ministres de l'Etat sont réunis autour d'une grande table blanche. Et sans attendre, elle s'élance :
 — Vous avez déjà reçu les dossiers concernant l'attaque d'hier soir, alors, allons à l'essentiel, après quelques heures d'enquête, les enquêteurs on déduit que leur cible c'était moi mais que mon fils s'est fait prendre à ma place. Nous avons reçu un message sur une autre scène de crime — une fête d'étudiant, tous, on été massacré — ils menacent de tuer Horace et de commettre d'autre attentats si on ne leur donne pas le projet numéro 4369 dans vingt jours.
 — Il est hors-de-question de leur donner ça ! Ce truc est bien trop dangereux ! crache le ministre de la Santé, un petit homme rondouillard assez irritable.
 — Nous ne leur donnerons rien, je compte bien riposter. Mais pour ça, il va nous falloir une équipe de super-humains, l'ennemi en possède aussi. À l'endroit où Horace s'est fait enlever, des résidus de chewing-gum, on était retrouvés, sauf que ceux-ci comportent de minuscule brin d'ADN d'un homme nommée : Alexander Kirston, un super-vilain capable de se changer en la matière qu'il touche, on le pensait mort depuis deux ans.
 — Mais où comptez-vous trouvez vos alliés ? De ce que je sais, les super-humains sont assez rares et deviennent souvent méchants.
 — Je sais exactement où les trouver, que l'on m'apporte le dossier 341 : le projet " Big Hope ".

 Ce qu'elle ignore, c'est que cette décision va provoquer la fin du monde entier...

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