La décision

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Il bouillonne. Toutes ses cellules lui ordonnent de les laisser sortir de son corps. Il n’est, au premier sens du terme, pas bien dans sa peau. Certainement un effet secondaire de ses histoires, de son histoire, ou l’avouera-t-il, de ses mensonges.

C’est que tout déborde. Plus rien n’a de sens, plus rien ne concorde, plus rien n’a de sens. Mais plutôt que de le mettre en colère contre lui-même, ça l’ennuie. Son corps est en feu, lui est calme, car la solution à tout ça il la connait déjà.

Tout est clair. Tout est déjà préparé, là dans sa tête. Depuis combien de temps ? Il n’est pas tout à fait sûr. Peut-être depuis le début. Il doit partir. Tout recommencer de zéro.

Commençons par l’administratif. Il sort son ordinateur de sous sa palette renversée. Tâchée de couleurs mélangées dans un marron-vert incertain, la machine a l’air de toujours bien fonctionner. Elle n’a pas bougé depuis sa dernière recherche. Il ouvre un programme de traitement de texte. Une adresse en haut à gauche, une autre un peu plus bas à droite. “Objet : Démission.”

Quelques numéros d’articles de loi, dates et formules de politesse plus tard, Lanchant imprime la lettre, la signe, et trouve une enveloppe presque blanche pour la contenir. Il plie le tout qu’ensuite il laisse tomber dans son sac à dos ouvert.

Il sort, veste, bonnet, et sac à dos.

Direction, le centre. Il marche. Il a besoin de temps, pour réfléchir. Retarder un peu l’instant, bien tout programmer. Faire ça bien. Parfaitement. Il arrive devant un immeuble gris, une grande porte de verre le sépare de l’entrée. Mais il est souvent passé devant cet immeuble, dont il a pu voir le code plus d’une fois. Cinq. Quatre. Neuf. Un. Un claquement et un léger bip lui souhaite la bienvenue. Il regarde les boîtes aux lettres en aluminium… c’est au troisième. Il monte les escaliers, regarde sa montre. Vingt-et-une heure cinquante-cinq. Ce sera la bonne heure, puisque peu importe l’heure. Il est devant la porte maintenant. J. Barreau sur la sonnette. Il appuie, faisant semblant de regarder de côté pour éviter d’être reconnu depuis le judas de la porte.

Ce sera très rapide. Bref, efficace. Barreau ouvre. Lanchant lance directement une droite et plaque un chiffon de chloroforme devant la face de l’assailli qui se tenait le nez.

Ils ne se battront pas très longtemps. Quelques secondes et la porte se referme, ne laissant que quelques gouttes de sang sécher sur le paillasson.

A présent le palier est calme, comme si rien ne se passait ou ne s’était passé. Environ trente minutes plus tard, la porte s’ouvre de nouveau. Lanchant sort, veste, sac à dos et valise de voyage.

Il descend par l’ascenseur au milieu de la cage d’escalier, plus pratique cette fois au vu de son nouvel encombrement.

La rue l’attendait, plaquée de noir, luisante de graisses et d’eau de pluie, obscure comme le néant. Il marchera en faisait rouler cette valise pendant quelques trottoirs, jusqu’à retrouver celui qui l’a tenu occupé pendant de nombreuses fractions de journée. Il trouve l’enveloppe dans son sac à dos et la glisse dans la boite au lettres de “La Cave”, officialisant ainsi la démission sans préavis de Jérémie Barreau. Les circonstances et le caractère abrupte de la décision seront mal compris, mais le caractère officiel de la lettre et la justification d’un burn-out seront deux piliers de la crédibilité de cet état de fait.

Lanchant s’apprête à reprendre sa route. Seulement, au croisement, à l’endroit même où il passait ses séances d’observation, se trouve planté un homme. Veste noire, pull marron, jeans sombre, il est un peu voûté.

Les deux sont arrêtés et, de loin, sans pour autant distinguer les yeux de l’autre, savent qu’ils se regardent. La scène est aussi figée qu’improbable.

Lanchant tourne la tête, reprend sa marche, le pas plus affirmé que jamais, grognant “Dégénéré ! Au diable. Complètement taré à regarder les gens comme ça.”

Sa valise grince, grésille, tambourine sur les pavés des vielles rues et contre les marches des trottoirs. S’il se retournait, il verrait que l’homme au loin n’a pas bougé. Il ne se retourne pas, il continue, décidé, vers le 7 rue des Pommiers.

Arrivé chez lui, il retire son manteau. Il sue. Il déplace la lourde valise au centre de la pièce et la regarde comme s’il avait capturé un monstre de la mythologie. Vif et délicat, il la pose sur son dos et entreprend de lui ouvrir la gueule d’un geste religieux et linéaire. Il ouvre la fermeture éclair. Entièrement.

Lanchant regarde son trésor. Deux tshirts. Un gris et un bleu. Une chemise anthracite à fines rayures noires. Quelques livres, un dictionnaire. Un gigantesque amas de papiers en vrac, dispersés dans toute la valise et froissés par le voyage : des factures, des dossiers, des documents officiels, des photos, d’autres factures, des feuilles de brouillon vierges, des post-it, des journaux, des relevés bancaires, un annuaire, des lettres, des cartes postales, deux diplômes, des publicités, une attestation de formation aux premiers secours, des cartes de visites. Une écharpe.

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Défi
Gaelle Laurier

DESCRIPTION GÉNÉRALE :

1 : Quel est ton nom ?
Gray, Alexander Gray.
2 : Utilises -tu un pseudo ? Que signifie-t-il ?
Non et j’ai horreur que l’on me donne des surnoms ridicules. Tel que Simba comme le fait régulièrement cette espèce d’andouille qui est mon frère d’adoption.
3 : Quelle est ta taille ?
Moyenne, un mètre soixante-dix-huit.
4 : Quel est ton poids ou ta corpulence ?
Cela fait un bail que l’idée de me peser ne m’a pas effleuré, pourtant j’ai de quoi faire au boulot. Je suis fin comme haricot.
5 : De quelle origine ethnique es-tu ?
Caucasienne, je suis originaire des îles britanniques.
6 : Quel est ton âge ? D’où viens-tu ?
J’ai trente ans, je suis né près de Cardiff.
7 : Décris tes cheveux : leur coupe, leur couleur...
Hé bien, on n’a pas fini avec vos questions. C’est pour quel genre de sondage déjà ? Une marque d’après-shampoing ? Bon, allons-y. Ils sont brun foncé, ils bouclent lorsque je les laisse trop pousser, ce que j’évite. Je dois tout de même paraître un minimum civilisé.
8 : De quelle couleur sont tes yeux ? Portes-tu des lunettes ou des lentilles de contact ?
Ils sont verts et non, pas de lunettes. Pas encore.
9 : Es-tu en bonne santé ? Possèdes-tu des caractéristiques physiques particulières ?
En bonne santé ? Ma foi, oui. Sauf les fois où je reviens amoché. Mais ça va, je régénère assez vite. Quant à mes caractéristiques, sérieusement, vous ne regardez jamais le journal ? Ni la presse ? Je suis un changelin, ça vous va comme caractéristique ou vous voulez un dessin ?
10 : As-tu des cicatrices, marques de naissance ou des tatouages ?
Quelques-unes. À force de me frotter aux suceurs de sang, difficile d’y échapper. Ces saletés font rarement de manucure, vous savez.
11 : Portes-tu des bijoux ou des accessoires ?
Une batte de cricket avec lame d’acier intégrée, ça compte ?
12 : De quelle façon es-tu généralement habillé ?
Ça dépend, je me balade parfois à poil si vous voulez tout savoir, mais cela m’étonnerait qu’en me voyant, ce soit la première chose qui vous choque. Sinon, normal. Jeans, chemise, classique et pas tape à l’œil. Je suis pas très mode.
13 : Quelle expression est le plus souvent affichée sur ton visage ?
La consternation.
14 : As-tu des habitudes gestuelles particulières ou des tics ?
Je fume beaucoup trop, mais là, j’essaie d’arrêter.
15 : Utilises-tu régulièrement une expression ou une citation particulière ?
Non, mais vous êtes sérieux ?
Heu… c’était ça la citation hein. FAMILLE ET PASSÉ :

16 : Qui sont ou étaient tes parents ? Parle-nous un peu d’eux.
Oh p****, je savais qu’on y viendrait. Bon… ma mère s’est barrée lorsque j’ai fait ma première transformation. Apparemment, élever un gosse ça allait, mais un lionceau, c’était un peu trop pour elle. Mon père m’a élevé, il a été tué par un vampire. On peut s’arrêter là ? Merci.
17 : As-tu des frères et sœurs ? Si oui, que peux-tu nous dire à leur sujet ?
Non. Enfin si, Jonah. Mon père est devenu son tuteur, ça compte comme un frère même s’il aime me taper sur les nerfs. Avec le temps, je crois qu’on est parvenus à se supporter.
18 : Parle-nous du reste de ta famille.
Pas grand-chose à dire, j’ai fais le tour. Je construis la mienne à présent.
19 : Comment décrirais-tu ton enfance ?
Pas terrible, j’ai assez mal vécu l’abandon de ma mère. J’ai pris ça pour moi, que c’était de ma faute. Ça m’a pourri la vie longtemps. De ce fait, j’étais assez souvent dans mon coin, m’écartant des autres.
20 : Quel est l’événement qui t’a le plus marqué jusqu’ici dans ta vie ?
Un seul ? Pas évident. Mon entrée à la Fac de médecine ? La fuite de ma copine lorsqu’elle a su ce que j’étais, la mort de mon père, celui de ma petite amie. Non, soyons un peu plus optimistes pour le coup. Ma rencontre avec Manon, la naissance de notre fils. Elle a chamboulé toute ma vie et m’a apporté ce qu’il me manquait.
SITUATION ACTUELLE :

21 : Où vis-tu actuellement ?
Dans la périphérie de Londres, au manoir Rockwell. C’était un vieil ami de mon père, il m’a tout légué à sa mort.
22 : Que fais-tu dans la vie ?
J’ai commencé comme médecin urgentiste et je le suis toujours, mais des bruits courent sur une éventuelle promo.
23 : Appartiens-tu à un groupe ou à une organisation particulière (guilde, société secrète, équipe, armée, secte, etc) ? Y as-tu un rang particulier ?
Alors là… Oui, et ce malgré moi. Je me suis retrouvé à la tête de la résistance changeline contre vampire. Au départ, il s‘agissait surtout de nous regrouper pour empêcher d’autres meurtres. Puis on s‘est un petit peu fâchés.
24 : Quel est ton but dans la vie, tes objectifs à plus ou moins court terme ?
Après cette espèce de guerre interespèce, ce sang, ces morts, ces magouilles politiques : qu’on me foute la paix ! Je veux juste vivre pénard avec ma femme et mon fils. COMPÉTENCES :

25 : Possèdes-tu des capacités ou des compétences particulières ? Quelle est ta spécialité ?
Je me transforme en lion. Ouais, moi aussi ça m’a surpris la première fois. Vous voulez voir ?
26 : As-tu des problèmes ou des difficultés dans certains domaines de compétences ?
Oui, je suis très peu sociable et j’en ai conscience. Mais je me soigne. RELATION :

27 : Qui est la personne la plus importante dans ta vie et pourquoi ?
A présent, Manon ma compagne ainsi que mon fils.
28 : Es-tu en couple ou as-tu des vus sur quelqu’un ?
Je suis en couple et malgré ma nature, je n’ai besoin de rien d’autre de ce côté-là.
29 : Es-tu du genre à juger rapidement les autres ? Combien de temps mets-tu pour.
Environ une bourde et demie. Je horreur de l’incompétence, dans ces cas la, oui je suis prompt à juger. Je suis médecin, une gaffe peut entrainer des conséquences irréversibles, je ne plaisante jamais avec ça.
30 : As-tu des rivaux ou des ennemis ? Si oui, de quelle nature ?
Les vampires. Je déteste ces saletés. Même si la plupart aujourd’hui se tiennent à carreau, qu’ils se tiennent loin de moi. Mon principal ennemi, hormis moi-même, fut celui à l’origine de l’infestation de Londres, un certain Lugosi.
31 : As-tu des amis ? Qui sont-ils ?
Oui. Et je les plains un peu de me supporter parfois. Jonah, Richard, Mike et d’autres. J’en ai perdu également.
32 : Es-tu plutôt du genre à argumenter ou essayes-tu plutôt d’éviter les conflits ?
Cinq minutes de discussions, en général si cela ne mène à rien, tant pis je fonce.
33 : Aimes-tu passer du temps seul ?
Oh que oui, j’adore flemmarder. Cela m’arrive pas souvent par contre. PERSONNALITÉ :

34 : Es-tu plutôt optimiste, réaliste ou pessimiste ?
Réaliste. Et ça me fait chier.
35 : Aimes-tu prendre des risques ou préfères-tu jouer la sécurité ?
La sécurité. C’est mignon de jouer aux héros, mais une fois mort, on ne peut plus faire grand-chose. Par contre, démolir quelques vampires ne m’a jamais fait peur.
36 : Aimes-tu faire des blagues ou préfères-tu rester sérieuse ?
Moi ? Des blagues ? *s’esclaffe et redevins sérieux* Question suivante.
37 : As-tu des peurs ou des phobies ? Quelle est ta plus grande peur ?
C’est bon, j’ai donné. Voir les gens que j’aime disparaitre. On passe à autre chose là ou bien ?
38 : Suis-tu un code de conduite qui guide ou régit ta vie et tes actes ?
Je régis ma vie et mes actes selon mes propres codes, rassurez-vous je suis capable de faire preuve de civisme. La plupart du temps.
39 : Es-tu du genre à faire des promesses ? Si oui, les tiens-tu ?
Rarement, mais oui, je m’y tiens.
40 : As-tu de lourds secrets ? Est-ce que quelqu’un les connaît et si c’est le cas, comment les a-t-il découverts ?
Bah au risque de me répéter, vu ma nature de changelin, oui. C’est assez pesant. A présent, tout le monde le sait, et j’ai appris à vivre avec.
41 : As-tu des vices quelconques ?
La cigarette.
42 : Si tu devais décrire ta personnalité en trois mots...
Perfectionniste, flemmard, ironique. CROYANCES :

43 : Es-tu croyant ? Si oui, de quelle religion, croyance ou dieux ?
Houla joker.
44 : Es-tu superstitieux ?
Non. Sauf quand un vampire m’annonce le retour de son maître, j’ai tendance à le croire.
45 : Quelle valeur accordes-tu à l’argent ?
Ce qu’il vaut, il permet d’acquérir le nécessaire. Il n’apporte pas l’essentiel.
46 : Que penses-tu de la politique ?
Pfff… corrompue, malléable. Question suivante.
47 : Soutiens-tu une cause particulière ?
Celle de mon espèce et de sa survie.
48 : Que penses-tu du fait de voler ?
Plutôt pratique pour surveiller l’ennemi. Ah vous ne parlez pas de cette façon de voler. Bouh ! C’est mal !
49 : Que penses-tu du fait de tuer ?
J’ai fais le serment d’Hippocrate donc… mais les vampires n’y figuraient pas.
50 : Considères-tu que certains groupes ou genres de personnes sont inférieurs ou supérieurs à toi ?
Sur le plan humain non. Au niveau de la compétence, c’est une autre affaire. GOÛTS PERSONNELS :

51 : As-tu des hobbies ? Quel est ton passe-temps favori ?
Quand j’ai du temps libre, c’est simple, je récupère. Je dors.
52 : Quelle est ta nourriture/boisson préférée ?
Les trucs salés qu’on picore sur le pouce. Le café. La tarte au citron depuis quelques temps.
53 : Quel genre de musique aimes-tu ?
Les vieux trucs qu'écoutait mon père. J’évite depuis quelques mois, ça me fout le cafard.
54 : Quel est ton genre de divertissement de masse préféré ? (cinéma, sport, jeux vidéos, concert, etc.)
C’est pas trop ma tasse de thé.
55 : Comment gères-tu le stress ? Y a-t-il quelque chose qui t’aide à te relaxer ?
Dormir. Ou alors, je laisse faire ma compagne, elle possède un effet relaxant inné. Et ce n’est pas ce à quoi vous pensez.
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Depuis 2012, parfois un haïku par mois, parfois un par jour, je m'essaye à cueillir ces micro aquarelles d'éphémères beautés. Ne sachant comment vous les présenter, j'ai adopté la méthode de @Romain Niam@ : un seul recueil d'haïkus, constitué d'un chapitre par poème, que je complèterai au fil des jours, s'ils vous plaisent, jusqu'à 30. Bonne découverte !
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    Ces cauchemars reviennent chaque nuit. Je me réveille en sursaut, en sueur, en pleurs, à la recherche de quelqu'un, de quelque chose, qui pourrait me calmer. Cette violence me renverse, me bat, me tue à petit feu, chaque jour. Je n'y arrive plus. J'essaye de continuer pourtant mais je boite. On m'a toujours dit que la vie était faite d'obstacles, et que l'objectif était de les surmonter un à un. Tu étais le premier à me dire de sourire à la vie, de tenter et d'oser. La vie est faite d'imprévus permettant d'embellir la vie. Tu étais le plus bel imprévu de ma vie.
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