La photo

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Trois noms, seulement trois noms, mais c’est déjà énorme, immense, impossible. Il regarde les lettres qu’il a étalées sur cette page un peu plus tôt, des lettres abstraites, finies, grandes. Il s’émerveille un peu de ce chantier de mots, emboités sur un morceau de papier et qui représentent des personnes ! Il y a des personnes derrière ces traits. Il doit maintenant trouver celle qu’il cherche.

Grégoire Lanchant jette un coup d’oeil sur l’étagère à sa gauche, cherche quelque chose, trouve. Il pousse un tas de paperasse sur le côté et découvre ainsi la carcasse rayée de son vieil ordinateur portable. Il le place au milieu de la table, essaie de l’allumer, appuie plus fort encore sur le bouton, relâche, appuie plus longtemps. “La batterie doit être à plat depuis le temps.” se dit-il. Il plonge un peu plus loin sous le tas de feuille et retrouve un câble sale. Un branchement au mur, un autre à l’ordinateur. Après un instant, une diode orange sur le côté de la machine confirme que le courant passe. La batterie est en charge. Une nouvelle pression. Le démarrage des vieux ventilateurs couvre un instant le réfrigérateur bancal qui grésille depuis la cuisine.

L’un des voisins ne restreint toujours pas son réseau sans fil ; il s’y connecte sans se poser de question et, quelques grognement de disque plus tard, commence ses recherches. Le peintre essaie les noms sur plusieurs sites, trouve quelques photos pour le premier, aucune pour le deuxième, et une assez floue pour le troisième. Puisque le premier ne convient visiblement pas et que l’on ne cherche que là où l’on voit, il entoure le troisième nom comme pour valider le succès de son investigation. Il se rappelle cette petite histoire qu’il avait lue… Où ? Ça, il ne savait plus. Un homme qui cherche ses clés la nuit sous un lampadaire. Un passant qui veut l’aider lui demande alors s’il est sûr de les avoir perdues ici. L’autre qui répond que non, mais que sous le lampadaire au moins on y voit plus clair.

Par cette histoire qu’il décrète loi, Lanchant auto-certifie donc que cette photo floue est celle de son modèle. Satisfait de ce raccourci logique, il arrache un support d’une pile de papiers jaunis et y fait naître quelques contours au fusain. Des contours flous comme la photo, agrandie au maximum sur son écran, ce qui ne la rend que plus pixelisée.

Il trempe ces contours dans son souvenir et en ressort une idée peut-être un peu plus précise, quoiqu’incertaine. Il continue ainsi son ébauche quelques minutes, pour s’arrêter brutalement et écraser la fin de son fusain en plein milieu de la feuille.

L’ébauche est mauvaise. Ce n’est plus le problème de la qualité du dessin, ni même celui de la ressemblance avec le modèle original. Il aurait pu tout inventer depuis le début, ça n’aurait pas changé son affaire. Ce qui crispe maintenant Grégoire Lanchant c’est que son portrait manque et manquera toujours de réalisme. Il s’en fout de la ressemblance, il lui faut de la réalité. Capturer la vie pour l’imprimer sur du plat. C’est une reproduction d’une reproduction qu’il voit devant lui, éclatée par un trou noir et de la poussière de fusain autour. De la personne à l’appareil photo, de l’appareil photo à l’image, de l’image à l’écran et de l’écran à ses yeux ; de la personne à ses yeux, de ses yeux à son cerveau, de sa mémoire à ses gestes. Plus il perçoit d’intermédiaires, plus son art s’éloigne.

D’autres recherches. Il rebondit de sites en sites, s’éloigne ou se rapproche à chaque lien pour finir sur la page d’un réseau social professionnel. Incroyable. Toutes les informations qu’on pourrait vouloir sont ici, même le numéro de téléphone portable qu’il n’aurait jamais pensé trouver. Voilà.

Jérémie Barreau. Négociant en vin. 89 contacts. Ville. Téléphone. Email. Réseaux. Groupes. Intérêts. Compétences. Recommandations.

Il note tout à une vitesse fulgurante sur une feuille de papier, comme si cet amas d’information allait disparaître dans les secondes suivantes. Tout y est.

Lanchant se prépare dans une lenteur pleine d’excitation pour enfin sortir, l’air paisible et le coeur tendu. Il s’arrête net juste après avoir ouvert la porte de son appartement.

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Défi
Gaelle Laurier

DESCRIPTION GÉNÉRALE :

1 : Quel est ton nom ?
Gray, Alexander Gray.
2 : Utilises -tu un pseudo ? Que signifie-t-il ?
Non et j’ai horreur que l’on me donne des surnoms ridicules. Tel que Simba comme le fait régulièrement cette espèce d’andouille qui est mon frère d’adoption.
3 : Quelle est ta taille ?
Moyenne, un mètre soixante-dix-huit.
4 : Quel est ton poids ou ta corpulence ?
Cela fait un bail que l’idée de me peser ne m’a pas effleuré, pourtant j’ai de quoi faire au boulot. Je suis fin comme haricot.
5 : De quelle origine ethnique es-tu ?
Caucasienne, je suis originaire des îles britanniques.
6 : Quel est ton âge ? D’où viens-tu ?
J’ai trente ans, je suis né près de Cardiff.
7 : Décris tes cheveux : leur coupe, leur couleur...
Hé bien, on n’a pas fini avec vos questions. C’est pour quel genre de sondage déjà ? Une marque d’après-shampoing ? Bon, allons-y. Ils sont brun foncé, ils bouclent lorsque je les laisse trop pousser, ce que j’évite. Je dois tout de même paraître un minimum civilisé.
8 : De quelle couleur sont tes yeux ? Portes-tu des lunettes ou des lentilles de contact ?
Ils sont verts et non, pas de lunettes. Pas encore.
9 : Es-tu en bonne santé ? Possèdes-tu des caractéristiques physiques particulières ?
En bonne santé ? Ma foi, oui. Sauf les fois où je reviens amoché. Mais ça va, je régénère assez vite. Quant à mes caractéristiques, sérieusement, vous ne regardez jamais le journal ? Ni la presse ? Je suis un changelin, ça vous va comme caractéristique ou vous voulez un dessin ?
10 : As-tu des cicatrices, marques de naissance ou des tatouages ?
Quelques-unes. À force de me frotter aux suceurs de sang, difficile d’y échapper. Ces saletés font rarement de manucure, vous savez.
11 : Portes-tu des bijoux ou des accessoires ?
Une batte de cricket avec lame d’acier intégrée, ça compte ?
12 : De quelle façon es-tu généralement habillé ?
Ça dépend, je me balade parfois à poil si vous voulez tout savoir, mais cela m’étonnerait qu’en me voyant, ce soit la première chose qui vous choque. Sinon, normal. Jeans, chemise, classique et pas tape à l’œil. Je suis pas très mode.
13 : Quelle expression est le plus souvent affichée sur ton visage ?
La consternation.
14 : As-tu des habitudes gestuelles particulières ou des tics ?
Je fume beaucoup trop, mais là, j’essaie d’arrêter.
15 : Utilises-tu régulièrement une expression ou une citation particulière ?
Non, mais vous êtes sérieux ?
Heu… c’était ça la citation hein. FAMILLE ET PASSÉ :

16 : Qui sont ou étaient tes parents ? Parle-nous un peu d’eux.
Oh p****, je savais qu’on y viendrait. Bon… ma mère s’est barrée lorsque j’ai fait ma première transformation. Apparemment, élever un gosse ça allait, mais un lionceau, c’était un peu trop pour elle. Mon père m’a élevé, il a été tué par un vampire. On peut s’arrêter là ? Merci.
17 : As-tu des frères et sœurs ? Si oui, que peux-tu nous dire à leur sujet ?
Non. Enfin si, Jonah. Mon père est devenu son tuteur, ça compte comme un frère même s’il aime me taper sur les nerfs. Avec le temps, je crois qu’on est parvenus à se supporter.
18 : Parle-nous du reste de ta famille.
Pas grand-chose à dire, j’ai fais le tour. Je construis la mienne à présent.
19 : Comment décrirais-tu ton enfance ?
Pas terrible, j’ai assez mal vécu l’abandon de ma mère. J’ai pris ça pour moi, que c’était de ma faute. Ça m’a pourri la vie longtemps. De ce fait, j’étais assez souvent dans mon coin, m’écartant des autres.
20 : Quel est l’événement qui t’a le plus marqué jusqu’ici dans ta vie ?
Un seul ? Pas évident. Mon entrée à la Fac de médecine ? La fuite de ma copine lorsqu’elle a su ce que j’étais, la mort de mon père, celui de ma petite amie. Non, soyons un peu plus optimistes pour le coup. Ma rencontre avec Manon, la naissance de notre fils. Elle a chamboulé toute ma vie et m’a apporté ce qu’il me manquait.
SITUATION ACTUELLE :

21 : Où vis-tu actuellement ?
Dans la périphérie de Londres, au manoir Rockwell. C’était un vieil ami de mon père, il m’a tout légué à sa mort.
22 : Que fais-tu dans la vie ?
J’ai commencé comme médecin urgentiste et je le suis toujours, mais des bruits courent sur une éventuelle promo.
23 : Appartiens-tu à un groupe ou à une organisation particulière (guilde, société secrète, équipe, armée, secte, etc) ? Y as-tu un rang particulier ?
Alors là… Oui, et ce malgré moi. Je me suis retrouvé à la tête de la résistance changeline contre vampire. Au départ, il s‘agissait surtout de nous regrouper pour empêcher d’autres meurtres. Puis on s‘est un petit peu fâchés.
24 : Quel est ton but dans la vie, tes objectifs à plus ou moins court terme ?
Après cette espèce de guerre interespèce, ce sang, ces morts, ces magouilles politiques : qu’on me foute la paix ! Je veux juste vivre pénard avec ma femme et mon fils. COMPÉTENCES :

25 : Possèdes-tu des capacités ou des compétences particulières ? Quelle est ta spécialité ?
Je me transforme en lion. Ouais, moi aussi ça m’a surpris la première fois. Vous voulez voir ?
26 : As-tu des problèmes ou des difficultés dans certains domaines de compétences ?
Oui, je suis très peu sociable et j’en ai conscience. Mais je me soigne. RELATION :

27 : Qui est la personne la plus importante dans ta vie et pourquoi ?
A présent, Manon ma compagne ainsi que mon fils.
28 : Es-tu en couple ou as-tu des vus sur quelqu’un ?
Je suis en couple et malgré ma nature, je n’ai besoin de rien d’autre de ce côté-là.
29 : Es-tu du genre à juger rapidement les autres ? Combien de temps mets-tu pour.
Environ une bourde et demie. Je horreur de l’incompétence, dans ces cas la, oui je suis prompt à juger. Je suis médecin, une gaffe peut entrainer des conséquences irréversibles, je ne plaisante jamais avec ça.
30 : As-tu des rivaux ou des ennemis ? Si oui, de quelle nature ?
Les vampires. Je déteste ces saletés. Même si la plupart aujourd’hui se tiennent à carreau, qu’ils se tiennent loin de moi. Mon principal ennemi, hormis moi-même, fut celui à l’origine de l’infestation de Londres, un certain Lugosi.
31 : As-tu des amis ? Qui sont-ils ?
Oui. Et je les plains un peu de me supporter parfois. Jonah, Richard, Mike et d’autres. J’en ai perdu également.
32 : Es-tu plutôt du genre à argumenter ou essayes-tu plutôt d’éviter les conflits ?
Cinq minutes de discussions, en général si cela ne mène à rien, tant pis je fonce.
33 : Aimes-tu passer du temps seul ?
Oh que oui, j’adore flemmarder. Cela m’arrive pas souvent par contre. PERSONNALITÉ :

34 : Es-tu plutôt optimiste, réaliste ou pessimiste ?
Réaliste. Et ça me fait chier.
35 : Aimes-tu prendre des risques ou préfères-tu jouer la sécurité ?
La sécurité. C’est mignon de jouer aux héros, mais une fois mort, on ne peut plus faire grand-chose. Par contre, démolir quelques vampires ne m’a jamais fait peur.
36 : Aimes-tu faire des blagues ou préfères-tu rester sérieuse ?
Moi ? Des blagues ? *s’esclaffe et redevins sérieux* Question suivante.
37 : As-tu des peurs ou des phobies ? Quelle est ta plus grande peur ?
C’est bon, j’ai donné. Voir les gens que j’aime disparaitre. On passe à autre chose là ou bien ?
38 : Suis-tu un code de conduite qui guide ou régit ta vie et tes actes ?
Je régis ma vie et mes actes selon mes propres codes, rassurez-vous je suis capable de faire preuve de civisme. La plupart du temps.
39 : Es-tu du genre à faire des promesses ? Si oui, les tiens-tu ?
Rarement, mais oui, je m’y tiens.
40 : As-tu de lourds secrets ? Est-ce que quelqu’un les connaît et si c’est le cas, comment les a-t-il découverts ?
Bah au risque de me répéter, vu ma nature de changelin, oui. C’est assez pesant. A présent, tout le monde le sait, et j’ai appris à vivre avec.
41 : As-tu des vices quelconques ?
La cigarette.
42 : Si tu devais décrire ta personnalité en trois mots...
Perfectionniste, flemmard, ironique. CROYANCES :

43 : Es-tu croyant ? Si oui, de quelle religion, croyance ou dieux ?
Houla joker.
44 : Es-tu superstitieux ?
Non. Sauf quand un vampire m’annonce le retour de son maître, j’ai tendance à le croire.
45 : Quelle valeur accordes-tu à l’argent ?
Ce qu’il vaut, il permet d’acquérir le nécessaire. Il n’apporte pas l’essentiel.
46 : Que penses-tu de la politique ?
Pfff… corrompue, malléable. Question suivante.
47 : Soutiens-tu une cause particulière ?
Celle de mon espèce et de sa survie.
48 : Que penses-tu du fait de voler ?
Plutôt pratique pour surveiller l’ennemi. Ah vous ne parlez pas de cette façon de voler. Bouh ! C’est mal !
49 : Que penses-tu du fait de tuer ?
J’ai fais le serment d’Hippocrate donc… mais les vampires n’y figuraient pas.
50 : Considères-tu que certains groupes ou genres de personnes sont inférieurs ou supérieurs à toi ?
Sur le plan humain non. Au niveau de la compétence, c’est une autre affaire. GOÛTS PERSONNELS :

51 : As-tu des hobbies ? Quel est ton passe-temps favori ?
Quand j’ai du temps libre, c’est simple, je récupère. Je dors.
52 : Quelle est ta nourriture/boisson préférée ?
Les trucs salés qu’on picore sur le pouce. Le café. La tarte au citron depuis quelques temps.
53 : Quel genre de musique aimes-tu ?
Les vieux trucs qu'écoutait mon père. J’évite depuis quelques mois, ça me fout le cafard.
54 : Quel est ton genre de divertissement de masse préféré ? (cinéma, sport, jeux vidéos, concert, etc.)
C’est pas trop ma tasse de thé.
55 : Comment gères-tu le stress ? Y a-t-il quelque chose qui t’aide à te relaxer ?
Dormir. Ou alors, je laisse faire ma compagne, elle possède un effet relaxant inné. Et ce n’est pas ce à quoi vous pensez.
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Depuis 2012, parfois un haïku par mois, parfois un par jour, je m'essaye à cueillir ces micro aquarelles d'éphémères beautés. Ne sachant comment vous les présenter, j'ai adopté la méthode de @Romain Niam@ : un seul recueil d'haïkus, constitué d'un chapitre par poème, que je complèterai au fil des jours, s'ils vous plaisent, jusqu'à 30. Bonne découverte !
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    Ces cauchemars reviennent chaque nuit. Je me réveille en sursaut, en sueur, en pleurs, à la recherche de quelqu'un, de quelque chose, qui pourrait me calmer. Cette violence me renverse, me bat, me tue à petit feu, chaque jour. Je n'y arrive plus. J'essaye de continuer pourtant mais je boite. On m'a toujours dit que la vie était faite d'obstacles, et que l'objectif était de les surmonter un à un. Tu étais le premier à me dire de sourire à la vie, de tenter et d'oser. La vie est faite d'imprévus permettant d'embellir la vie. Tu étais le plus bel imprévu de ma vie.
    Mais seule, ça devient compliqué. Je voudrais te raconter ce choc. Ce choc qui a boulversé ma vie. Ce choc qui a fait naître en moi une haine si forte, une peur si immense. Je voudrais te raconter mes combats de chaque instant, contre lui, contre eux, contre la société, contre le monde. Je suis révoltée contre tant d'injustices. Ces injustices que l'on voit tous les jours : le harcèlement, les escroqueries, les vols et j'en passe. J'ai cette profonde volonté de changer le monde qui m'entoure, pour l'améliorer, le rendre meilleur. Je mets tout en oeuvre, constamment, je te le promets. Il faut que tout soit organisé, que tout corresponde à cette volonté. Que les gens se respectent, et qu'ils respectent les autres. Du bonheur, de la joie, à chaque rencontre, à chaque sourire. Je veux organiser tout ça. Je veux que tout soit plus léger, plus doux, que la vie soit simplement plus agréable à vivre pour tous. Améliorer ce monde. C'est ça l'idée.




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