Les noms

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mUne table ronde avec une surface de verre couvrant l'immense logo d'une marque de bière. Un pied central en fonte. Des lumières qui commencent à s'allumer. Un patron au comptoir.

Lanchant commence à boire son café encore brûlant. De l’autre côté de la vitre sale, il garde un oeil sur la porte d'entrée de l'immeuble, à une cinquantaine de mètres en diagonale. Il ne cligne pas de l’oeil. La porte d'entrée. L'oeil. L'entrée. Il boit quelques autres gorgées. Il attend. Il regarde.

L’instant se noie dans l’inaction gelée du très petit matin. Sa tasse de café est maintenant vide depuis une vingtaine de minutes. Le serveur pose une coupelle sur la table pour que l'addition ne s'envole pas. Lanchant tourne la tête vers l’homme qui ne bouge plus trop, bloqué comme un automate qui attend une pièce pour s’animer de nouveau. Lanchant place de l’argent dans la coupelle et observe l’étrange manège du patron qui : 1) rentre jusqu’à sa caisse, 2) actionne des touches jusqu’à entendre un bruit de clochette, 3) range l’argent, 4) revient avec la monnaie sur la coupelle qu’il pose avec son dédain sur la table ronde de son client.

En dehors de ce spectacle à cinq sous, il ne se passe toujours rien. L'entrée est là, la porte aussi, l'oeil regarde toujours. Lanchant pose quelques pièces de monnaie et se lève. Il ne sait pas trop ce qu'il attendait de toute façon. Il se lève et traverse la rue.

Il regarde les contours du grand numéro en métal noir fixé sur un mur en pierre grise. Juste à côté, une porte de verre qu’il approche et pousse. Fermée. Un code, une serrure, des interphones, des noms, des noms… et une agence d'assurance. Il est maintenant un peu plus de huit heures, peut-être que… Il pose son index sur le bouton de l'agence qui doit être au rez-de-chaussée. Il appuie, entend un “clac” précis, pousse de nouveau la porte qui cette fois se laisse ouvrir.

Le hall est carrelé de blanc pâle et donne sur un bel escalier en bois qui devait être clair un jour. Un long couloir termine sur un minuscule ascenseur, près d’une porte donnant sur une cour intérieure. A droite il y a l’entrée de l'agence. A gauche, des boîtes aux lettres en aluminum qui tranchent avec le bois vieilli de l'escalier. Il y en a sept, en plus de celle de l'agence qui est plus grande et décorée d’un logo moderne, courbe et dynamique, brillamment rouge, vert et jaune. Ils l'auraient fait clignotant s'ils avaient pu.

Il passe en revue le nom des résidents : une mademoiselle, deux prénoms masculins, un monsieur, une mademoiselle encore, un prénom féminin, et un nom de famille seul. Il sort son carnet et note les noms sauf ceux des trois femmes. Il reste donc quatre noms, une moitié de page blanche et pas tellement d'autres idées. Alors qu’il terminait de noter, le vieil escalier grince jusqu’à ses oreilles. Des pas qui descendent jusqu’au rez-de-chaussée et disent « bonjour » en regardant bizarrement le peintre et son carnet. L’homme est rond, couronné de cheveux gras et vêtu d’un blouson de cuir qui l’emballe comme un paquet. Il prend son courrier, le souffle lourd et saccadé, puis referme sa boîte au lettres. Une fois le gobelin parti, Lanchant regarde la boîte. Il raye un nom.

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Recommandations

Défi
Gaelle Laurier

DESCRIPTION GÉNÉRALE :

1 : Quel est ton nom ?
Gray, Alexander Gray.
2 : Utilises -tu un pseudo ? Que signifie-t-il ?
Non et j’ai horreur que l’on me donne des surnoms ridicules. Tel que Simba comme le fait régulièrement cette espèce d’andouille qui est mon frère d’adoption.
3 : Quelle est ta taille ?
Moyenne, un mètre soixante-dix-huit.
4 : Quel est ton poids ou ta corpulence ?
Cela fait un bail que l’idée de me peser ne m’a pas effleuré, pourtant j’ai de quoi faire au boulot. Je suis fin comme haricot.
5 : De quelle origine ethnique es-tu ?
Caucasienne, je suis originaire des îles britanniques.
6 : Quel est ton âge ? D’où viens-tu ?
J’ai trente ans, je suis né près de Cardiff.
7 : Décris tes cheveux : leur coupe, leur couleur...
Hé bien, on n’a pas fini avec vos questions. C’est pour quel genre de sondage déjà ? Une marque d’après-shampoing ? Bon, allons-y. Ils sont brun foncé, ils bouclent lorsque je les laisse trop pousser, ce que j’évite. Je dois tout de même paraître un minimum civilisé.
8 : De quelle couleur sont tes yeux ? Portes-tu des lunettes ou des lentilles de contact ?
Ils sont verts et non, pas de lunettes. Pas encore.
9 : Es-tu en bonne santé ? Possèdes-tu des caractéristiques physiques particulières ?
En bonne santé ? Ma foi, oui. Sauf les fois où je reviens amoché. Mais ça va, je régénère assez vite. Quant à mes caractéristiques, sérieusement, vous ne regardez jamais le journal ? Ni la presse ? Je suis un changelin, ça vous va comme caractéristique ou vous voulez un dessin ?
10 : As-tu des cicatrices, marques de naissance ou des tatouages ?
Quelques-unes. À force de me frotter aux suceurs de sang, difficile d’y échapper. Ces saletés font rarement de manucure, vous savez.
11 : Portes-tu des bijoux ou des accessoires ?
Une batte de cricket avec lame d’acier intégrée, ça compte ?
12 : De quelle façon es-tu généralement habillé ?
Ça dépend, je me balade parfois à poil si vous voulez tout savoir, mais cela m’étonnerait qu’en me voyant, ce soit la première chose qui vous choque. Sinon, normal. Jeans, chemise, classique et pas tape à l’œil. Je suis pas très mode.
13 : Quelle expression est le plus souvent affichée sur ton visage ?
La consternation.
14 : As-tu des habitudes gestuelles particulières ou des tics ?
Je fume beaucoup trop, mais là, j’essaie d’arrêter.
15 : Utilises-tu régulièrement une expression ou une citation particulière ?
Non, mais vous êtes sérieux ?
Heu… c’était ça la citation hein. FAMILLE ET PASSÉ :

16 : Qui sont ou étaient tes parents ? Parle-nous un peu d’eux.
Oh p****, je savais qu’on y viendrait. Bon… ma mère s’est barrée lorsque j’ai fait ma première transformation. Apparemment, élever un gosse ça allait, mais un lionceau, c’était un peu trop pour elle. Mon père m’a élevé, il a été tué par un vampire. On peut s’arrêter là ? Merci.
17 : As-tu des frères et sœurs ? Si oui, que peux-tu nous dire à leur sujet ?
Non. Enfin si, Jonah. Mon père est devenu son tuteur, ça compte comme un frère même s’il aime me taper sur les nerfs. Avec le temps, je crois qu’on est parvenus à se supporter.
18 : Parle-nous du reste de ta famille.
Pas grand-chose à dire, j’ai fais le tour. Je construis la mienne à présent.
19 : Comment décrirais-tu ton enfance ?
Pas terrible, j’ai assez mal vécu l’abandon de ma mère. J’ai pris ça pour moi, que c’était de ma faute. Ça m’a pourri la vie longtemps. De ce fait, j’étais assez souvent dans mon coin, m’écartant des autres.
20 : Quel est l’événement qui t’a le plus marqué jusqu’ici dans ta vie ?
Un seul ? Pas évident. Mon entrée à la Fac de médecine ? La fuite de ma copine lorsqu’elle a su ce que j’étais, la mort de mon père, celui de ma petite amie. Non, soyons un peu plus optimistes pour le coup. Ma rencontre avec Manon, la naissance de notre fils. Elle a chamboulé toute ma vie et m’a apporté ce qu’il me manquait.
SITUATION ACTUELLE :

21 : Où vis-tu actuellement ?
Dans la périphérie de Londres, au manoir Rockwell. C’était un vieil ami de mon père, il m’a tout légué à sa mort.
22 : Que fais-tu dans la vie ?
J’ai commencé comme médecin urgentiste et je le suis toujours, mais des bruits courent sur une éventuelle promo.
23 : Appartiens-tu à un groupe ou à une organisation particulière (guilde, société secrète, équipe, armée, secte, etc) ? Y as-tu un rang particulier ?
Alors là… Oui, et ce malgré moi. Je me suis retrouvé à la tête de la résistance changeline contre vampire. Au départ, il s‘agissait surtout de nous regrouper pour empêcher d’autres meurtres. Puis on s‘est un petit peu fâchés.
24 : Quel est ton but dans la vie, tes objectifs à plus ou moins court terme ?
Après cette espèce de guerre interespèce, ce sang, ces morts, ces magouilles politiques : qu’on me foute la paix ! Je veux juste vivre pénard avec ma femme et mon fils. COMPÉTENCES :

25 : Possèdes-tu des capacités ou des compétences particulières ? Quelle est ta spécialité ?
Je me transforme en lion. Ouais, moi aussi ça m’a surpris la première fois. Vous voulez voir ?
26 : As-tu des problèmes ou des difficultés dans certains domaines de compétences ?
Oui, je suis très peu sociable et j’en ai conscience. Mais je me soigne. RELATION :

27 : Qui est la personne la plus importante dans ta vie et pourquoi ?
A présent, Manon ma compagne ainsi que mon fils.
28 : Es-tu en couple ou as-tu des vus sur quelqu’un ?
Je suis en couple et malgré ma nature, je n’ai besoin de rien d’autre de ce côté-là.
29 : Es-tu du genre à juger rapidement les autres ? Combien de temps mets-tu pour.
Environ une bourde et demie. Je horreur de l’incompétence, dans ces cas la, oui je suis prompt à juger. Je suis médecin, une gaffe peut entrainer des conséquences irréversibles, je ne plaisante jamais avec ça.
30 : As-tu des rivaux ou des ennemis ? Si oui, de quelle nature ?
Les vampires. Je déteste ces saletés. Même si la plupart aujourd’hui se tiennent à carreau, qu’ils se tiennent loin de moi. Mon principal ennemi, hormis moi-même, fut celui à l’origine de l’infestation de Londres, un certain Lugosi.
31 : As-tu des amis ? Qui sont-ils ?
Oui. Et je les plains un peu de me supporter parfois. Jonah, Richard, Mike et d’autres. J’en ai perdu également.
32 : Es-tu plutôt du genre à argumenter ou essayes-tu plutôt d’éviter les conflits ?
Cinq minutes de discussions, en général si cela ne mène à rien, tant pis je fonce.
33 : Aimes-tu passer du temps seul ?
Oh que oui, j’adore flemmarder. Cela m’arrive pas souvent par contre. PERSONNALITÉ :

34 : Es-tu plutôt optimiste, réaliste ou pessimiste ?
Réaliste. Et ça me fait chier.
35 : Aimes-tu prendre des risques ou préfères-tu jouer la sécurité ?
La sécurité. C’est mignon de jouer aux héros, mais une fois mort, on ne peut plus faire grand-chose. Par contre, démolir quelques vampires ne m’a jamais fait peur.
36 : Aimes-tu faire des blagues ou préfères-tu rester sérieuse ?
Moi ? Des blagues ? *s’esclaffe et redevins sérieux* Question suivante.
37 : As-tu des peurs ou des phobies ? Quelle est ta plus grande peur ?
C’est bon, j’ai donné. Voir les gens que j’aime disparaitre. On passe à autre chose là ou bien ?
38 : Suis-tu un code de conduite qui guide ou régit ta vie et tes actes ?
Je régis ma vie et mes actes selon mes propres codes, rassurez-vous je suis capable de faire preuve de civisme. La plupart du temps.
39 : Es-tu du genre à faire des promesses ? Si oui, les tiens-tu ?
Rarement, mais oui, je m’y tiens.
40 : As-tu de lourds secrets ? Est-ce que quelqu’un les connaît et si c’est le cas, comment les a-t-il découverts ?
Bah au risque de me répéter, vu ma nature de changelin, oui. C’est assez pesant. A présent, tout le monde le sait, et j’ai appris à vivre avec.
41 : As-tu des vices quelconques ?
La cigarette.
42 : Si tu devais décrire ta personnalité en trois mots...
Perfectionniste, flemmard, ironique. CROYANCES :

43 : Es-tu croyant ? Si oui, de quelle religion, croyance ou dieux ?
Houla joker.
44 : Es-tu superstitieux ?
Non. Sauf quand un vampire m’annonce le retour de son maître, j’ai tendance à le croire.
45 : Quelle valeur accordes-tu à l’argent ?
Ce qu’il vaut, il permet d’acquérir le nécessaire. Il n’apporte pas l’essentiel.
46 : Que penses-tu de la politique ?
Pfff… corrompue, malléable. Question suivante.
47 : Soutiens-tu une cause particulière ?
Celle de mon espèce et de sa survie.
48 : Que penses-tu du fait de voler ?
Plutôt pratique pour surveiller l’ennemi. Ah vous ne parlez pas de cette façon de voler. Bouh ! C’est mal !
49 : Que penses-tu du fait de tuer ?
J’ai fais le serment d’Hippocrate donc… mais les vampires n’y figuraient pas.
50 : Considères-tu que certains groupes ou genres de personnes sont inférieurs ou supérieurs à toi ?
Sur le plan humain non. Au niveau de la compétence, c’est une autre affaire. GOÛTS PERSONNELS :

51 : As-tu des hobbies ? Quel est ton passe-temps favori ?
Quand j’ai du temps libre, c’est simple, je récupère. Je dors.
52 : Quelle est ta nourriture/boisson préférée ?
Les trucs salés qu’on picore sur le pouce. Le café. La tarte au citron depuis quelques temps.
53 : Quel genre de musique aimes-tu ?
Les vieux trucs qu'écoutait mon père. J’évite depuis quelques mois, ça me fout le cafard.
54 : Quel est ton genre de divertissement de masse préféré ? (cinéma, sport, jeux vidéos, concert, etc.)
C’est pas trop ma tasse de thé.
55 : Comment gères-tu le stress ? Y a-t-il quelque chose qui t’aide à te relaxer ?
Dormir. Ou alors, je laisse faire ma compagne, elle possède un effet relaxant inné. Et ce n’est pas ce à quoi vous pensez.
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MissNode
Depuis 2012, parfois un haïku par mois, parfois un par jour, je m'essaye à cueillir ces micro aquarelles d'éphémères beautés. Ne sachant comment vous les présenter, j'ai adopté la méthode de @Romain Niam@ : un seul recueil d'haïkus, constitué d'un chapitre par poème, que je complèterai au fil des jours, s'ils vous plaisent, jusqu'à 30. Bonne découverte !
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Clem88 L

    Salut. C'est encore moi. J'espère que tu vas bien. 
    Me revoilà ici. A cet endroit lugubre. Je pensais que l'alcool m'aiderait à effacer tous ces cauchemars. Mais ça revient de plus belle. Une bouteille à la main, une robe trop courte, des talons trop hauts, je zigzague dans les rues à la recherche d'un miracle. Ou simplement que quelque chose m'apaise. Tu sais, quelque chose de doux, de léger, qui panse les blessures les plus profondes. 
Je fais vulgaire. Mais je m'en fous. Les gens s'arrêtent généralement aux apparences, ils ne creusent pas, de peur de trouver quelque chose d'effrayant, de rebutant. Ou peut-être seulement parce qu'ils n'ont pas envie, par fainéantise, se plaisant à regarder leur nombril. Je n'ai jamais compris cet égocentrisme. Il y a pourtant tellement à apprendre des autres. Où est passé cette humanité inhérente à chacun ? 
    Ces cauchemars reviennent chaque nuit. Je me réveille en sursaut, en sueur, en pleurs, à la recherche de quelqu'un, de quelque chose, qui pourrait me calmer. Cette violence me renverse, me bat, me tue à petit feu, chaque jour. Je n'y arrive plus. J'essaye de continuer pourtant mais je boite. On m'a toujours dit que la vie était faite d'obstacles, et que l'objectif était de les surmonter un à un. Tu étais le premier à me dire de sourire à la vie, de tenter et d'oser. La vie est faite d'imprévus permettant d'embellir la vie. Tu étais le plus bel imprévu de ma vie.
    Mais seule, ça devient compliqué. Je voudrais te raconter ce choc. Ce choc qui a boulversé ma vie. Ce choc qui a fait naître en moi une haine si forte, une peur si immense. Je voudrais te raconter mes combats de chaque instant, contre lui, contre eux, contre la société, contre le monde. Je suis révoltée contre tant d'injustices. Ces injustices que l'on voit tous les jours : le harcèlement, les escroqueries, les vols et j'en passe. J'ai cette profonde volonté de changer le monde qui m'entoure, pour l'améliorer, le rendre meilleur. Je mets tout en oeuvre, constamment, je te le promets. Il faut que tout soit organisé, que tout corresponde à cette volonté. Que les gens se respectent, et qu'ils respectent les autres. Du bonheur, de la joie, à chaque rencontre, à chaque sourire. Je veux organiser tout ça. Je veux que tout soit plus léger, plus doux, que la vie soit simplement plus agréable à vivre pour tous. Améliorer ce monde. C'est ça l'idée.




    Mais tu es parti et je suis seule. 
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