La soirée

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La vie ne change pas tellement. La télévision ne s'allume que quand on lui demande, le frigo ne se remplit toujours pas tout seul et le soleil se lève presque tous les jours. Un soir qu'il ne s'était pas levé, Lanchant se décide à sortir, s'amuser parmi ceux qui s'amusent puisqu'on doit s'amuser. Il ne se rappelle pas de cette invitation, mais son agenda, vide autrement, lui rappelle une heure et un lieu.

La soirée commence à dix-neuf heures. L’adresse et le code qu’il a notés n’auront pas empêché les rues d'être toutes identiques. Il s’est un peu perdu et arrive bien plus tard que la fourchette prévue par les hôtes. Mais plus tard reste tôt pour une nuit, et, quand on lui ouvre la porte, on est surpris de le voir, lui, et à cette heure. Seulement une poignée de personnes est déjà là, moment privilégié où les discussions ne commencent pas encore toute par "je" pour se relancer par "et toi". Dans ce coin de la cuisine, on prépare un gâteau et on n’a pas besoin d'aide. Dans le salon, trois personnes discutent, ou plus vraisemblablement, un discute, un écoute et le dernier s'en fout. Puisqu’un hocheur de tête supplémentaire n'ajouterait rien d’intéressant au format, il sort sur le balcon.

Il fait déjà nuit et c'est sûrement le point rouge de cette cigarette brûlante qu'il remarque en premier. Au bout du filtre, des lèvres roses lui disent bonjour, puis parlent de ce qui s'anime autour d'elles, de ce que font ces mains "... enfin, je fais ça pour l'alimentaire... et toi tu fais quoi ?", de ce que voient ces yeux "... ma-gni-fique, c'était juste incroyable ce..." et de ce que poussent ces jambes "... alors tu vois, j'attendais depuis vingt minutes et je me dis...". Lanchant se dit qu'on ne peut pas faire plus chorégraphié, répété et normé qu'un dialogue entre deux inconnus. On s'étale, on se définit, on calcule, on compare, on cherche. Puis on n’a plus grand chose à se dire.

"Je vais aller prendre un verre." dit-elle pour se sauver.

Elle l'a pris de court. Il pensait être celui qui s'ennuyait le plus dans cette conversation, mais apparemment elle avait une longueur d’avance. Il est un peu vexé. Et puis il s'en fout. Ça le fait chier quand même.

La porte de l'entrée s'ouvre et se referme plus fréquemment, comme si le salon cherchait à respirer. L'ascenseur avale des invités à la chaîne et les recrache souriants au troisième étage.

Le volume des voix monte, on augmente celui de la musique. C’est un nouvel univers qui s'est créé peu à peu dans le salon et qui déborde maintenant sur le balcon. Bientôt, c'est une quarantaine de personnes qui se tasse dans l'endroit. On boit, on boit encore, on parle fort, on répond fort, on rigole, on rigole aussi sans comprendre.

Lanchant est toujours sur le balcon, béton qui donne sur l'extérieur et qu'envahissent d'autres, recherchant un peu d'air, d'autres, tirant sur une cigarette, d'autres, socialisant avec les deux premières catégories. Tout le monde parle de soi. Il déteste tous ces gens qui ne parlent que d'eux. Lui il parle de lui, mais c'est différent. Quelques discussions plus tard où l'on apprit qu'un Liang était dentiste, qu'une Emmanuelle n'aimait pas le nouveau parcours du bus 17 et qu'un - dont personne n'avait compris le prénom et n'avait osé faire répéter - était allergique au gluten, c'est au tour de Grégoire Lanchant de parler de lui. Le problème, c'est qu'un Mark un peu trop vocal s'est empressé de cracher sur le marketing et toute forme de communication commercialisante. Lanchant est sonné. Il faut que ces gens autour ne sachent pas. Il doit leur cacher son nouveau travail. Il balbutie, il ne sait pas trop comment se présenter, il tente finalement une diversion sous la forme d'une perche que les accros de la plainte savent saisir : "Là, je donne des formations. Et vu que je dois aller donner mes cours au centre avec le 17, c'est une vraie galère avec les nouveaux parcours".

Parfait. On ne lui demande pas de quelle formation il s'agit et on s'empresse de mâcher les bus entre les dents du c'était-mieux-avant.

Peut-être une demi-heure après ça, le froid finit par pousser Lanchant à l'intérieur. L'air est trop chaud, le son trop fort, heureusement les bières assez fraîches.

Pivotant d'un quart de tour, angle entre les bouteilles et les morceaux de fromage, il se retrouve en face d'un quelconque quelqu'un débordant pour le coup de phrases sociales. Prénoms, professions, loisirs, résidences, historiques, interrogatoire systématique et enrobé de bienveillante curiosité. L'autre trouve drôle de dire : "C'est drôle, j'ai connu un autre Grégoire, peintre aussi, mais c'était là où j'habitais avant d'arriver ici. Est-ce que tu connais... Enfin, tu vas me dire Grégoire c'est pas non plus super exotique comme prénom, mais bon, il était peintre aussi quoi ! Enfin, à part ça, je crois que vous vous ressemblez pas trop, pour ce que je m'en souviens en tout cas vu que..."

Lanchant porte un sourire amer sur son visage. Il déteste qu'on le confonde avec d'autres, qu’on mette en question son unicité. Le verre plein, il s'excuse pour aller se chercher à boire.

Ça doit être vers une heure du matin qu'il décide de rentrer chez lui. Il voit le dernier bus passer devant lui. L'arrêt est à cent mètres à peine, il pourrait encore l'avoir, mais il préfère le laisser passer. Courir une minute maintenant lui est plus pénible que l'idée de marcher une heure car il ne fonctionne qu'au moment présent. Il ne calcule plus ses coups à l'avance.

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Défi
Gaelle Laurier

DESCRIPTION GÉNÉRALE :

1 : Quel est ton nom ?
Gray, Alexander Gray.
2 : Utilises -tu un pseudo ? Que signifie-t-il ?
Non et j’ai horreur que l’on me donne des surnoms ridicules. Tel que Simba comme le fait régulièrement cette espèce d’andouille qui est mon frère d’adoption.
3 : Quelle est ta taille ?
Moyenne, un mètre soixante-dix-huit.
4 : Quel est ton poids ou ta corpulence ?
Cela fait un bail que l’idée de me peser ne m’a pas effleuré, pourtant j’ai de quoi faire au boulot. Je suis fin comme haricot.
5 : De quelle origine ethnique es-tu ?
Caucasienne, je suis originaire des îles britanniques.
6 : Quel est ton âge ? D’où viens-tu ?
J’ai trente ans, je suis né près de Cardiff.
7 : Décris tes cheveux : leur coupe, leur couleur...
Hé bien, on n’a pas fini avec vos questions. C’est pour quel genre de sondage déjà ? Une marque d’après-shampoing ? Bon, allons-y. Ils sont brun foncé, ils bouclent lorsque je les laisse trop pousser, ce que j’évite. Je dois tout de même paraître un minimum civilisé.
8 : De quelle couleur sont tes yeux ? Portes-tu des lunettes ou des lentilles de contact ?
Ils sont verts et non, pas de lunettes. Pas encore.
9 : Es-tu en bonne santé ? Possèdes-tu des caractéristiques physiques particulières ?
En bonne santé ? Ma foi, oui. Sauf les fois où je reviens amoché. Mais ça va, je régénère assez vite. Quant à mes caractéristiques, sérieusement, vous ne regardez jamais le journal ? Ni la presse ? Je suis un changelin, ça vous va comme caractéristique ou vous voulez un dessin ?
10 : As-tu des cicatrices, marques de naissance ou des tatouages ?
Quelques-unes. À force de me frotter aux suceurs de sang, difficile d’y échapper. Ces saletés font rarement de manucure, vous savez.
11 : Portes-tu des bijoux ou des accessoires ?
Une batte de cricket avec lame d’acier intégrée, ça compte ?
12 : De quelle façon es-tu généralement habillé ?
Ça dépend, je me balade parfois à poil si vous voulez tout savoir, mais cela m’étonnerait qu’en me voyant, ce soit la première chose qui vous choque. Sinon, normal. Jeans, chemise, classique et pas tape à l’œil. Je suis pas très mode.
13 : Quelle expression est le plus souvent affichée sur ton visage ?
La consternation.
14 : As-tu des habitudes gestuelles particulières ou des tics ?
Je fume beaucoup trop, mais là, j’essaie d’arrêter.
15 : Utilises-tu régulièrement une expression ou une citation particulière ?
Non, mais vous êtes sérieux ?
Heu… c’était ça la citation hein. FAMILLE ET PASSÉ :

16 : Qui sont ou étaient tes parents ? Parle-nous un peu d’eux.
Oh p****, je savais qu’on y viendrait. Bon… ma mère s’est barrée lorsque j’ai fait ma première transformation. Apparemment, élever un gosse ça allait, mais un lionceau, c’était un peu trop pour elle. Mon père m’a élevé, il a été tué par un vampire. On peut s’arrêter là ? Merci.
17 : As-tu des frères et sœurs ? Si oui, que peux-tu nous dire à leur sujet ?
Non. Enfin si, Jonah. Mon père est devenu son tuteur, ça compte comme un frère même s’il aime me taper sur les nerfs. Avec le temps, je crois qu’on est parvenus à se supporter.
18 : Parle-nous du reste de ta famille.
Pas grand-chose à dire, j’ai fais le tour. Je construis la mienne à présent.
19 : Comment décrirais-tu ton enfance ?
Pas terrible, j’ai assez mal vécu l’abandon de ma mère. J’ai pris ça pour moi, que c’était de ma faute. Ça m’a pourri la vie longtemps. De ce fait, j’étais assez souvent dans mon coin, m’écartant des autres.
20 : Quel est l’événement qui t’a le plus marqué jusqu’ici dans ta vie ?
Un seul ? Pas évident. Mon entrée à la Fac de médecine ? La fuite de ma copine lorsqu’elle a su ce que j’étais, la mort de mon père, celui de ma petite amie. Non, soyons un peu plus optimistes pour le coup. Ma rencontre avec Manon, la naissance de notre fils. Elle a chamboulé toute ma vie et m’a apporté ce qu’il me manquait.
SITUATION ACTUELLE :

21 : Où vis-tu actuellement ?
Dans la périphérie de Londres, au manoir Rockwell. C’était un vieil ami de mon père, il m’a tout légué à sa mort.
22 : Que fais-tu dans la vie ?
J’ai commencé comme médecin urgentiste et je le suis toujours, mais des bruits courent sur une éventuelle promo.
23 : Appartiens-tu à un groupe ou à une organisation particulière (guilde, société secrète, équipe, armée, secte, etc) ? Y as-tu un rang particulier ?
Alors là… Oui, et ce malgré moi. Je me suis retrouvé à la tête de la résistance changeline contre vampire. Au départ, il s‘agissait surtout de nous regrouper pour empêcher d’autres meurtres. Puis on s‘est un petit peu fâchés.
24 : Quel est ton but dans la vie, tes objectifs à plus ou moins court terme ?
Après cette espèce de guerre interespèce, ce sang, ces morts, ces magouilles politiques : qu’on me foute la paix ! Je veux juste vivre pénard avec ma femme et mon fils. COMPÉTENCES :

25 : Possèdes-tu des capacités ou des compétences particulières ? Quelle est ta spécialité ?
Je me transforme en lion. Ouais, moi aussi ça m’a surpris la première fois. Vous voulez voir ?
26 : As-tu des problèmes ou des difficultés dans certains domaines de compétences ?
Oui, je suis très peu sociable et j’en ai conscience. Mais je me soigne. RELATION :

27 : Qui est la personne la plus importante dans ta vie et pourquoi ?
A présent, Manon ma compagne ainsi que mon fils.
28 : Es-tu en couple ou as-tu des vus sur quelqu’un ?
Je suis en couple et malgré ma nature, je n’ai besoin de rien d’autre de ce côté-là.
29 : Es-tu du genre à juger rapidement les autres ? Combien de temps mets-tu pour.
Environ une bourde et demie. Je horreur de l’incompétence, dans ces cas la, oui je suis prompt à juger. Je suis médecin, une gaffe peut entrainer des conséquences irréversibles, je ne plaisante jamais avec ça.
30 : As-tu des rivaux ou des ennemis ? Si oui, de quelle nature ?
Les vampires. Je déteste ces saletés. Même si la plupart aujourd’hui se tiennent à carreau, qu’ils se tiennent loin de moi. Mon principal ennemi, hormis moi-même, fut celui à l’origine de l’infestation de Londres, un certain Lugosi.
31 : As-tu des amis ? Qui sont-ils ?
Oui. Et je les plains un peu de me supporter parfois. Jonah, Richard, Mike et d’autres. J’en ai perdu également.
32 : Es-tu plutôt du genre à argumenter ou essayes-tu plutôt d’éviter les conflits ?
Cinq minutes de discussions, en général si cela ne mène à rien, tant pis je fonce.
33 : Aimes-tu passer du temps seul ?
Oh que oui, j’adore flemmarder. Cela m’arrive pas souvent par contre. PERSONNALITÉ :

34 : Es-tu plutôt optimiste, réaliste ou pessimiste ?
Réaliste. Et ça me fait chier.
35 : Aimes-tu prendre des risques ou préfères-tu jouer la sécurité ?
La sécurité. C’est mignon de jouer aux héros, mais une fois mort, on ne peut plus faire grand-chose. Par contre, démolir quelques vampires ne m’a jamais fait peur.
36 : Aimes-tu faire des blagues ou préfères-tu rester sérieuse ?
Moi ? Des blagues ? *s’esclaffe et redevins sérieux* Question suivante.
37 : As-tu des peurs ou des phobies ? Quelle est ta plus grande peur ?
C’est bon, j’ai donné. Voir les gens que j’aime disparaitre. On passe à autre chose là ou bien ?
38 : Suis-tu un code de conduite qui guide ou régit ta vie et tes actes ?
Je régis ma vie et mes actes selon mes propres codes, rassurez-vous je suis capable de faire preuve de civisme. La plupart du temps.
39 : Es-tu du genre à faire des promesses ? Si oui, les tiens-tu ?
Rarement, mais oui, je m’y tiens.
40 : As-tu de lourds secrets ? Est-ce que quelqu’un les connaît et si c’est le cas, comment les a-t-il découverts ?
Bah au risque de me répéter, vu ma nature de changelin, oui. C’est assez pesant. A présent, tout le monde le sait, et j’ai appris à vivre avec.
41 : As-tu des vices quelconques ?
La cigarette.
42 : Si tu devais décrire ta personnalité en trois mots...
Perfectionniste, flemmard, ironique. CROYANCES :

43 : Es-tu croyant ? Si oui, de quelle religion, croyance ou dieux ?
Houla joker.
44 : Es-tu superstitieux ?
Non. Sauf quand un vampire m’annonce le retour de son maître, j’ai tendance à le croire.
45 : Quelle valeur accordes-tu à l’argent ?
Ce qu’il vaut, il permet d’acquérir le nécessaire. Il n’apporte pas l’essentiel.
46 : Que penses-tu de la politique ?
Pfff… corrompue, malléable. Question suivante.
47 : Soutiens-tu une cause particulière ?
Celle de mon espèce et de sa survie.
48 : Que penses-tu du fait de voler ?
Plutôt pratique pour surveiller l’ennemi. Ah vous ne parlez pas de cette façon de voler. Bouh ! C’est mal !
49 : Que penses-tu du fait de tuer ?
J’ai fais le serment d’Hippocrate donc… mais les vampires n’y figuraient pas.
50 : Considères-tu que certains groupes ou genres de personnes sont inférieurs ou supérieurs à toi ?
Sur le plan humain non. Au niveau de la compétence, c’est une autre affaire. GOÛTS PERSONNELS :

51 : As-tu des hobbies ? Quel est ton passe-temps favori ?
Quand j’ai du temps libre, c’est simple, je récupère. Je dors.
52 : Quelle est ta nourriture/boisson préférée ?
Les trucs salés qu’on picore sur le pouce. Le café. La tarte au citron depuis quelques temps.
53 : Quel genre de musique aimes-tu ?
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54 : Quel est ton genre de divertissement de masse préféré ? (cinéma, sport, jeux vidéos, concert, etc.)
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